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RELATIONS FRANCO-ALLEMANDES

Fritz Behrendt : "Allemands et Français" (1988)
Le quotidien économique allemand Handelsblatt évoque dans un récent article qui s'étale sur pas moins de six pages les inquiétudes qui se manifestent au sein du gouvernement fédéral et des milieux d'affaires d'Outre-Rhin au sujet de la santé économique du voisin français.
Vu de Berlin, la liste des griefs formulés à l'encontre de Paris paraît encore plus longue que ce à quoi l'on pouvait s'attendre depuis qu'une polémique sourde et tenace enraye les relations entre les deux pays. Les divergences sur la façon d'aplanir les différences de compétitivité entre les économies du Sud et du Nord de l'Europe communautaire sont, on le sait, au cœur du débat et semblent pour l'instant encore écarter toute convergence de vues tant que l'Allemagne ne sera pas elle-même entraînée dans la dégringolade économique que connaissent déjà les nations du Sud européen qui sont par ailleurs ses principaux partenaires commerciaux.
Finira-t-on par aboutir à un consensus qui remettra en cause une bonne partie des législations sociales de notre continent afin de plaire à Madame Merkel et à ses suppots ultra-libéraux, ou alors par jeter par dessus bord l'euro fort qui ne rend en fin de compte service qu'aux seules entreprises allemandes ?
Le leadership économique européen de nos voisins germains commence à sérieusement poser problème, et il n'est pas dans ce contexte inutile de connaître, sous forme d'une synthèse issue de cet article du Handelsblatt, quels sont les grands axes de réorientation socio-économique que le patronat et les milieux financiers allemands souhaitent faire aboutir pour redresser la situation économique européenne dans le sens de leurs intérêts.
Chacun(e) comprendra vite à la lecture des lignes qui suivent que l'on pourrait parvenir à détruire d'un seul trait de paraphe tout un édifice social mis en place au lendemain du dramatique second conflit mondial si nous laissions nos gouvernants actuels se soumettre à ce dictat.
La Rédaction d"HENDAYENVIRONNEMENT
Traduction : Sirius
La Grande nation en crise
EN QUOI LA FRANCE EST- ELLE MALADE ?
- Compétitivité
La France se distingue par l'évolution défavorable de sa compétitivité .C'est pourquoi sa part de marché à l'exportation a diminué de manière significative sur le plan mondial amenant le pays d'un excédent de 2,6 pour cent du PIB à un déficit d'environ 2 pour cent depuis le début de la création de l'Union monétaire. Ainsi, sur une moyenne des trois dernières années, elle est parvenue au plus haut déficit des comptes courants de tous les pays fondateurs de l'Union européenne. Dans le classement du "Global Competitiveness Report 2012-2013", la France se situe seulement au 21ème rang des 144 pays qui sont comparativement listés alors qu'elle occupait encore la 15ème place en 2010. (Source :Enquête de printemps des principaux instituts de recherche économique allemands, ainsi que Commerzbank)
- Coûts salariaux unitaires
Ses coûts salariaux unitaires ont augmenté de 30 pour cent depuis 1999. La situation aujourd'hui : alors qu'une heure de coûts salariaux revient à 30,40 € aux employeurs allemands, ils atteignent à l'ouest du Rhin 34,20 €. Les victimes typiques de ce débordement sont les constructeurs automobiles." C'est en ce domaine que se manifestent principalement les problèmes français" déclare l'économiste en chef de la Commerzbank Joerg Kraemer. Le pays produit 40 pour cent de voitures de moins qu'en 2005, alors qu'en Allemagne cela correspond à 15 pour cent de plus.
- Chômage
Le développement économique ne peut guère permettre une réduction significative du chômage et de la dette publique. Le chômage devrait de ce fait rester à un niveau élevé, au-delà de 10 pour cent.
- Dette publique
Ce n'est pas la viabilité de la dette des investisseurs qui est à mettre en cause. Par contre, la dette publique de la France a considérablement augmentée depuis la dernière grande récession. Entre 2008 et 2012, le ratio d'endettement a augmenté d'environ 25 points pour s'établir à environ 90 pour cent. En 2012, le ratio de déficit reste nettement au-dessus de 3 pour cent et, pour l'année 2013, ce même taux est attendu. Ceci augmentera encore plus la dette publique.
COMPARAISONS FRANCO-ALLEMANDES
France: L'économie croît beaucoup plus lentement. La Commission européenne estime que la deuxième plus grande économie de la zone euro obtiendra, en 2013, une hausse de croissance d'environ 0,4 pour cent seulement . Cela est dû à la consommation atone ainsi qu'au chômage élevé.
Allemagne: La Commission européenne prédit une croissance de 0,8 pour cent pour 2013. Ceci est justifié par la consommation privée. qui est entraînée par une embellie de l'emploi ainsi qu'une augmentaion conséquente des salaires.
- DETTES
France: Seulement à partir de 2015 pourrait être atteinte la limite réglementaire de trois pour cent du produit intérieur brut fixée par l'UE en matière de déficit public. Ce déficit devrait encore atteindre 4,5 pour cent en 2013, puis 3,5 pour cent en 2014. La dette gonflera ainsi dans l'année en cours à 93,8 pour cent de la production économique.
Allemagne: L'objectif d'un budget équilibré n'est plus hors de portée. Les rentrée s fiscales record devraient le réduire à 0,2 pour cent en 2013 et l'amener à l'équilibre budgétaire en 2014. La dette publique devrait tomber à 78,4 pour cent du produit intérieur brut d'ici là.
- COMPÉTITIVITÉ
France: En termes de compétitivité la France a perdu trois places de classement, rétrogradant ainsi à la 21 place selon la comparaison des pays à travers le monde du Forum économique mondial. Nos plus petits voisins, les Pays-Bas (5) et la Belgique (17), sont toujours en avance sur la «Grande Nation». Bien que les infrastructures françaises fassent partie des meilleures au monde. Mais le marché du travail est perçu comme trop rigide, le système fiscal trop défavorable à l'économie. La France se classe ici seulement au 111ème rang sur 128.
Allemagne: Malgré la crise de l'euro, l'Allemagne glane une sixième place dans la comparaison mondiale du Forum économique mondial, dépassant ainsi les USA pour la première fois. Ses points positifs sont l' excellence des infrastructures et la performance innovante de ses sociétés qui savent cumuler de la valeur ajoutée à tous les stades, de la conception à la commercialisation des produits qu'elles proposent. Le point négatif étant par contre l'inflexibilité du marché du travail, considéré comme rigide. Particulièrement critiquable est également le manque de "flexibilité dans détermination des salaires" qui situe l'Allemagne à la 139 place d'un classement comprenant 144 pays.
- INDUSTRIE