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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 20:57
L'INCROYABLE FÉBRILITÉ DES GRANDES DÉMOCRATIES OCCIDENTALES ... voir notre rubrique " RELATIONS EUROPÉENNES " - REPRÉSENTATION DU 36ième DESSOUS DE FERTILADOUR ... voir notre rubrique " NUISANCES DUES À L'ACTIVITÉ HUMAINE ".

 

LES PESTICIDES POINTÉS DU DOIGT DANS LA  DISPARITION DES OISEAUX DE NOS CAMPAGNES

 

Alors que le Jour de la Terre a été célébré partout dans le monde le 22 avril, nos responsables gouvernementaux donnent encore l'impression de croire que la disparition des oiseaux dans nos campagnes est essentiellement due à l'artificialisation des sols, engendrée par l'extension excessive de l'urbanisation.

 

Or, s'il est indéniable que le problème d'urbanisation altère profondément la vie de ces petits volatiles dans des contrées fortement urbanisées comme la capitale, les grandes métropoles de province ou encore leurs banlieues, il n'en est toutefois pas de même en ce qui concerne les lieux où dominent les paysages de terroir avec leurs sols largement cultivés. Et pourtant,  c'est justement là que les oiseaux se font de plus en plus rares, puisque environ 30 % des espèces ont disparu en une quinzaine d'années selon les comptages.

 

 

LES PHYTOSANITAIRES RESPONSABLES DU DÉCLIN DES OISEAUX

 

A la question brûlante de savoir ce qui a bien pu chasser et décimer cette population d'oiseaux de nos contrées rurales, les ornithologues et chercheurs évoquent que ces fragiles natures pâtissent de l'intensification des pratiques agricoles, larges utilisatrices de pesticides et herbicides qui ont une influence néfaste sur leur nourriture et donc leur santé. Pourquoi en est-on arrivé à ce stade de régression des espèces, sans même que les autorités françaises et celles d'autres pays prennent pleinement conscience de ce phénomène ?

 

Ces produits phytosanitaires furent pendant des décennies considérés par le monde agricole comme étant la solution miracle aux problèmes posés par la destruction partielle des récoltes due aux insectes et micro-organismes. Les producteurs de ces intrants firent alors espérer aux céréaliers, arboriculteurs, maraichers ou encore viticulteurs, que plus ils épandraient ces pesticides et fongicides sur leurs terres, plus ils auraient de chances de parvenir aux volumes de récoltes espérés. C'est ainsi que notre pays devint un des premiers consommateurs mondiaux de pesticides à l'hectare, sans même s'être un seul instant soucié de savoir si l'utilisation outrancière de cette chimie dans le temps, aboutirait un jour à dévoiler des contreparties négatives, les multinationales de l'agrochimie se permettant de leur côté de faussement rassurer tout le monde en affirmant avec audace que les produits phytosanitaires pouvaient même être considérés comme étant des régulateurs de la biodiversité !

 

Seulement voilà, la plupart des molécules chimiques contenues aussi bien dans ces pesticides qu'herbicides sont désormais répertoriées par la communauté scientifique indépendante à leurs justes valeurs, et qui ne correspondent pas nécessairement à l'idée que les producteurs d'intrants se font de leurs produits, ce qui amène ceux-ci à devoir engager des lobbyistes pour tenter de redorer leur image auprès de la société civile. Écornés par de multiples critiques, les intrants de l'agrochimie sont désignés comme représentant un danger manifeste pour l'humain et l'animal, particulièrement lorsqu'ils sont absorbés sur la durée, au même titre que le sont aussi les organismes génétiquement modifiés (OGM).

 

 

L'AGROCHIMIE EN QUÊTE D'UNE RÉHABILITATION DE SON IMAGE

 

Dans un contexte où les protestations fusent de toutes parts au sujet d'intrants du type Glyphosate (1), produit classé « cancérogène probable » par l'OMS, il n'est pas étonnant que des producteurs tels que BAYER ou BASF(2), groupes à la stature mondiale et aux immenses moyens financiers, cherchent par tous les moyens à réhabiliter leur image en essayant de discrètement influer sur le contenu des publications issues de la recherche publique française. Ainsi vient-on d'apprendre que des travaux de chercheurs du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) sur ces produits phytosanitaires ont été ces dernière années alternativement financés par les deux mastodontes chimiques  précités, et ce du fait de manque de moyens octroyés par notre pays à la recherche scientifique,(3) alors que pendant la nuit du 13 au 14 avril dernier chaque frappe de missile Scalp (coût unitaire 850 000 euros) envoyé en forme de représailles sur la Syrie équivalait à l'occupation d'un ingénieur en chimie organique à plein temps pendant 10 années.

 

Les chercheurs indépendants qui critiquent cette façon de procéder des multinationales de l'agrochimique voient dans cette entremise une atteinte à la déontologique de leur métier. Ils craignent que soit ainsi grande ouverte une voie à des manipulations de toutes sortes qui remettraient fondamentalement en cause les principes de transparence et d'impartialité sans lesquels la recherche scientifique ne pourra plus être prise au sérieux.

                       

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

 

(1) Voir notre précédent article : http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2016/05/le-glyphosate-un-tissu-de-mensonges.html

 

(2)  L'ancien groupe agrochimique américain MONSANTO, producteur entre autres du tristement célèbre glyphosate, herbicide initialement vendu sous la marque " Roundup ", est passé sous contrôle de l'allemand BAYER, second producteur chimique mondial derrière BASF.

BAYER continue à produire ce glyphosate qui est entre temps vendu sous de multiples marques commerciales.

 

(3)   http://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/04/17/liaisons-troubles-entre-recherche-publique-et-agrochimie_5286544_1650684.html

     

          

Lire aussi  : " Où sont passés les oiseaux de champs? "

analyse présentée par Le Journal du CNRS :

 

                      https://lejournal.cnrs.fr/articles/ou-sont-passes-les-oiseaux-des-champs

 

 

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