BIENVENUE SUR NOTRE SITE SOCIO-ENVIRONNEMENTAL
Enclavé en milieu urbain, situé au pied d'une imposante montagne et au centre d'une zone de repos et de ravitaillement d'oiseaux migrateurs qui rendent son approche fort périlleuse, l'aéroport de Hondarribia (Fontarabie), face à Hendaye, est particulièrement dangereux parce qu'il ne respecte pas les normes de sécurité édictées par l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale (OACI). Cet aéroport est un défi permanent lancé à la sécurité aérienne et au bon sens. Il viole par ailleurs depuis des années déjà l'accord sur l'espace aérien signé le 18 mars 1992 entre les gouvernements français et espagnol du fait du non respect du nombre limite de mouvements quotidiens d'aéronefs que cet accord prévoit.
On voit, en retraçant succinctement sa problématique, que cet aéroport de Hondarribia était déjà parvenu au summum de l'accablement lorsque, le 28 septembre 2009, une énième
reprise de l'interminable feuilleton retraçant les multiples tentatives de mise aux normes internationales de sa piste remettait le sujet de sa légalité sur le devant de la scène. En effet, les
médias d'outre-Bidassoa se faisaient ce jour-là l'écho d'une bouillonnante intervention de Arantza Tapia, "députée à la mobilité et l'aménagement" de la province du Gipuzkoa, fonction que cette
dernière cumule avec celle de la présidence d'une société dénommée Ortzibia et qui assume la promotion de ce même aéroport.
Campée devant les représentants des médias dans une attitude de consciencieuse lobbyiste, ralliée aux seules vues du monde économique, Arantza Tapia orienta son intervention sur des réflexions
concernant l'avenir de cet aéroport, affirmant avec force, que si des contingences environnementales (Natura 2000) venaient à empêcher l'allongement de sa piste et rendre impossible sa mise en
adéquation avec les normes de l'OACI, il resterait alors, en ultime recours, la possibilité de parvenir à faire classifier cet aéroport comme ayant un caractère "exceptionnel", ce qui
n'imposerait plus qu'une "formation spécifique" des pilotes censés devoir opérer sur Hondarribia. Ainsi, aux yeux de cette intervenante, la possibilité de pouvoir habilement contourner le
problème majeur de la mise aux normes internationales de cet aéroport, en usant du seul artifice de changement de sa classification, devrait selon elle, faire taire une fois pour toutes la
polémique que l'existence de cet aéroport alimente.
Ce nouvel épisode de la saga de l'aéroport de Hondarribia démontre on ne peut mieux à quel point les représentants des autorités provinciales du Guipuzkoa se moquent des contraintes qui collent à la sécurité aérienne pour ne s'intéresser qu'aux seuls attentes et intérêts du monde économique. C'est d'ailleurs en ce sens qu' Arantza Tapia s'est, lors de cette même conférence de presse, évertuée à nous annoncer que des pourparlers étaient en cours avec des acteurs économiques capables de pouvoir enrayer le déclin programmé de cet aéroport du fait de l'entrée en service, dès 2013, de la ligne à grande vitesse qui reliera Madrid à Irun.
S'attardant assez longuement sur ce dernier volet du sujet, Arantza Tapia fit, par ailleurs, valoir qu'il était de l'intérêt général de chercher à combler cette perte d'activité en faisant appel
à la venue de nouvelles compagnies aériennes en ce lieu. Chacun pouvant alors comprendre qu'elle entendait ainsi poursuivre les contacts déjà noués avec une demi-douzaine de compagnies charters
censées pouvoir venir réoccuper les créneaux de vols qu'Ibéria abandonnera en raison de la perte du monopole d'activité dont elle a jusqu'à ce jour bénéficié.
Si l'on connaît le mode de fonctionnement habituel des compagnies charters qui consiste à ne venir opérer sur un aéroport qu'à compter du moment où les collectivités
locales sont disposées à financer leurs venues à coups de deniers publics (de 1 à 3 millions d'euros par compagnie/an pour des aéroports similaires à la taille de celui de Hondarribia), puis
exiger ensuite que des dérogations aux plages horaires habituelles de vols leurs soient généreusement accordées, il est alors légitime de se demander ce qu'il va advenir des riverains de cet
aéroport si, dès la perte du monopole d'Ibéria, rien n'est entrepris pour empêcher une dégradation cauchemardesque de nos conditions d'existence en tant que riverains de cette activité bruyante
et polluante.
De quoi sera fait l'avenir
?