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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 13:34

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                                                                                        Photo : Sirius

                                                                           Hendaye, décembre 2009

            Les sapins de Noël sont blancs et bleus de peur à l'annonce du réchauffement climatique. 

 

Échange de quotas d’émission

Le système communautaire d'échange de quotas d'émission (SCEQE) est l’une des mesures phares de l’UE dans la lutte contre le changement climatique. Le principe est simple: en donnant un prix aux émissions de carbone et en introduisant le principe de rareté sur le marché, le système encourage les grands émetteurs à réduire leurs émissions. Mais l’année dernière, le carbone s’est échangé à des prix inférieurs aux niveaux prévus, suscitant la question: le système est-il toujours efficace?

 

Le prix des quotas du SCEQE a considérablement chuté depuis juillet 2008. En 2008, le carbone s’est échangé, la plupart du temps, entre 20 et 25 EUR la tonne. Les prix ont dégringolé en février de cette année, atteignant le niveau plancher de 8 EUR la tonne. Mi-mars a enregistré une hausse à 12 EUR et l’augmentation progressive s’est poursuivie à l’approche de l’été, pour atteindre 14 EUR en juillet.

Pourquoi une telle dépréciation?

Selon les analystes, la cause de cette dépréciation est la vente, par les entreprises, de ce qu’elles considéraient comme des surplus de quota, c.à.d. des droits dont elles n’avaient pas besoin pour se conformer au SCEQE. Elle est, en résumé, le résultat des prévisions économiques revues à la lumière de la crise actuelle. Vendre des droits d’émission peut s’avérer une solution à court terme aux contraintes de liquidité, permettant d’améliorer les bilans pour l’année 2008-2009.

«Le résultat environnemental du SCEQE est défini par son plafond général et n’est pas lié aux prix du marché du carbone»

Mais cette déferlante semble avoir touché à sa fin. La part des transactions immédiates ayant diminué, celle des contrats à terme, avec livraison en décembre 2009, 2010, etc., a augmenté. Les compagnies ne se contentent plus d’encaisser des liquidités à cause de la crise, elles se prémunissent contre la future évolution des prix.

Une taxe sur le carbone est un instrument émoussé ne tenant pas compte des conditions ambiantes. Un marché du carbone, à l’opposé, représente un outil flexible qui adapte les coûts d’un objectif environnemental donné aux circonstances économiques du moment. Dans un marché en contraction, où les parts de marché ne peuvent souvent être maintenues que par une diminution des marges bénéficiaires, émettre du CO2 devient meilleur marché et contribue à tempérer les difficultés économiques. Dans un marché actif, les entreprises sont en mesure de payer davantage pour leurs émissions de CO2. L’option de marché amène donc également un élément de stabilisation économique, ce que ne fait pas une taxe rigide sur le carbone.

Objectifs à long terme

Le résultat environnemental du SCEQE est défini par son plafond général et n’est pas lié aux prix du marché du carbone. D’ici 2020, ce plafond assurera une réduction des émissions de 21 % par rapport à leur niveau de 2005. Une faible tarification du carbone n’affecte donc pas l’issue environnementale du SCEQE.

En principe, le niveau des prix pourrait avoir une incidence sur la part d’investissements dans les mesures d’abattement: un prix peu élevé du quota réduit les incitations à investir pour les entreprises, étant donné que moins d’investissements s’avèrent rentables ou justifiés. Mais les décisions d’investissement ne se basent habituellement pas sur les prévisions à court terme. C’est pourquoi les prix bas actuels n’ont pas d’impact de poids sur les stratégies d’investissement dans l’ensemble, bien que certaines décisions puissent être repoussées jusqu’à ce que la fin de la récession soit en vue.

La directive SCEQE révisée, actuellement en place, fixe un plafond à l’échelle de l’UE pour plus de 12 ans, avec application annuelle d’un coefficient de réduction linéaire. Cette stabilité et cette prévisibilité réglementaires accrues assurent un environnement propice à l'investissement. Dans la perspective de plafonds de plus en plus stricts à partir de 2013, le prix du carbone devrait augmenter, provoquant un retour de l’investissement dans les mesures d’abattement.

 

Source : http://ec.europa.eu/environment/news/efe/climate/20090820_carbonets_fr.htm

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