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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 08:39

 

SOCIÉTÉ  


La situation économique française

vue au travers d'un exemple nous venant de Berlin

 

Ce n'est pas en parcourant les vitrines ou les sites Internet des nombreux agents immobiliers du Pays Basque que l'on peut prendre conscience des difficultés économiques et financières majeures que traverse actuellement notre pays. En effet, les prix incroyablement surévalués du foncier et de l'habitat de régions comme la nôtre ne permettent pas de se faire une idée précise des difficultés majeures dans lesquelles nos finances publiques ainsi que notre économie productive se trouvent. La seule façon de se rendre compte des problèmes sociétaux qui nous entourent est de tendre l'oreille, afin d'écouter les cris d'alertes lancés par ceux qui ne vivent que de leurs maigres revenus salariaux ou de leurs insuffisantes retraites.

 

Notre société tocquevilienne actuelle (celle qui baigne dans l'individualisme pensé au XIXe siècle et se situe aux antipodes d'une société solidaire puisqu'elle dénigre tout développement graduel de l'égalité) mène notre pays à la paupérisation du plus grand nombre et, par voie de conséquence, à l'enrichissement exponentiel d'une minorité de nantis. Cette amère constatation s'observe au quotidien avec l'effarante multiplication des imposantes limousines ou 4x4/SUV (véhicules presque toujours de fabrication allemande parce que seuls à pouvoir symboliser le luxe et la suffisance) qui sillonnent sans relâche nos rues et stationnent désinvoltement sur nos trottoirs.

 

Ce ceusement des inégalités se révèle encore par le croissant et pernicieux décalage qui existe entre les prix de l'immobilier et les revenus du citoyen moyen. Ceci nous amène à affirmer que, seuls ceux qui vivent d'activités liées au marché de l'immobilier ou/et aux placements financiers (et savent par ailleurs adroitement utiliser les multiples leviers de l'évasion fiscale), parviennent à tirer leur épingle du jeu et souhaitent bien entendu que cette situation puisse, si possible, se prolonger ad vitam æternam.

 

Aujourd'hui, le nombre de personnes marginalisées par le dysfonctionnement économique du pays ne cesse de croître. L'écart entre ceux qui bénéficient de cette situation et ceux qui en souffrent ne cesse d'augmenter. Faisons donc mentir Alexis de Tocqueville en revendiquant tout haut notre droit à une réduction drastique du fossé social qui n'a en fait jamais été une fatalité.  

 

Exigeons de nos élus ainsi que de nos institutions étatiques encore existantes qu'ils lèvent équitablement et efficacement l'impôt, au lieu de s'accomoder du continuel déclin de la puissance publique qui se mesure de mille façons : telle celle ci-après qui nous parvient de Berlin . 

 

La Rédaction dHENDAYENVIRONNEMENT 

 

                                                              

L'Institut français sacrifié à Berlin

                                                      

P1070575.JPG

                                          Exposition Miss.Tic à L'Institut français de Berlin - Juillet 2011.  

                                                                                      Photo : Sirius

 

 
Par VINCENT NOCE

 

         La fermeture et la vente - sur ordre de Paris - de la Maison de France suscite des protestations.

 

Classé monument historique, l’immeuble qui représente la France dans la capitale prussienne depuis 1950, sur le Kurfürstendamm, doit être vendu dans les deux ans. L’argent serait en partie utilisé pour des restaurations au siège de l’ambassade, à côté de la porte de Brandebourg, où l’Institut est prié de rapatrier ses services. Proposant des activités culturelles et cours de langues, il abrite également une bibliothèque et une médiathèque. Le sort du cinéma Paris, bien connu dans la ville pour être le seul à présenter des films en français, est inconnu. Les prix de l’immobilier ont grimpé ; vingt ans après l’ouverture du Mur, le Kurfürstendamm est en train de redevenir l’avenue chic de la ville, où se logent les marques de luxe. 

«Un bout de France disparaît», s’insurge le journal local Berliner Zeitung. «C’est une mauvaise idée», renchérit, en français, le maire socialiste de l’arrondissement de Charlottensburg, Reinhard Naumann.

 

Le personnel de l’Institut a émis un communiqué pour dire «Non à la fermeture de cette maison, symbole de l'amitié franco-allemande et emblème de la culture française à Berlin». Il souligne combien paraît «déplacé de supprimer ce bel établissement tellement implanté dans le paysage culturel», en pleine célébration du cinquantième anniversaire du pacte franco-allemand. Et de s’interroger sur la réaction des Français si, au même moment, l’Allemagne fermerait l’Institut Goethe, avenue d’Iéna.

 

C’est dans cette maison que s’était installée la conservatrice Rose Valland après la guerre pour s’occuper du rapatriement des biens artistiques pillés par les nazis récupérés par les Alliés sur tout le territoire. Acquise par la France dans un quartier alors tenu par les forces britanniques, elle avait été inaugurée par le général de Gaulle. Tout le temps de la partition du pays, elle abritait la représentation française à Berlin-Ouest. En 1983, elle a été l’une des cibles de la campagne d’attentats contre la France lancée par Carlos, une bombe ayant partiellement détruit l’édifice et fait un mort et 23 blessés.

 

Cette initiative malheureuse confirme que le gouvernement socialiste n’est pas décidé à revenir sur le massacre des budgets de l’action culturelle dans le monde, qui avait été lancé par Bernard Kouchner et son bras droit, Eric Chevalier. Décidément, le quai d’Orsay n’est pas un fan du «soft power».

 

Source : Quotidien Libération 24 avril 2013

http://next.liberation.fr/arts/2013/04/24/l-institut-francais-sacrifie-a-berlin_898593 

 

 

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