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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 15:01

 

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                                                             Le maïs transgénique NK603 mis en cause

                                                                        par une étude du prof. Séralini

 

 

 

HENDAYENVIRONNEMENT a contacté l'Efsa par mail le 11 octobre afin de poser à cette autorité européenne une question qui découle de l'intervention de Guillaume Malaurie (journaliste au Nouvel Observateur) que nous rapportons ci-après.

 

OGM : l'agence européenne aux doubles casquettes


Pour rédiger son préavis sur l'étude de Gilles-Eric Séralini sur le maïs NK 603, l'Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa), avait montré patte blanche : elle assurait que les rédacteurs n'étaient pas membres du "panel" (le groupe scientifique) qui avait autorisé la mise sur le marché de ce même NK 603.

Logique : être juge et partie rendait ipso facto l'avis suspect. Comment en effet se déjuger sur ce qu'on a déjà jugé ? Sauf qu'une fois de plus, l'Efsa se prend les pieds dans la déontologie.

Explication :

L'un des deux scientifiques consultés ("peer reviewers" (1)) pour rédiger le préavis assassin de l'Efsa sur la recherche de Gilles-Eric Séralini le 3 octobre dernier est le britannique Andrew Chesson.

Or c'est le même Andrew Chesson qui, avec Gijs Kleter, avait préparé le brouillon d'avis (draft) sur lequel le panel de l'Efsa avait voté positivement le 25 novembre 2003. Et qui concluait à l'autorisation de mise sur le marché du maïs NK 603hantal Jouanno ex secrétaire.

Andrew Chesson était en effet remercié en toute fin de l'avis favorable de novembre 2003 en ces termes : "Le groupe scientifique sur les organismes génétiquement modifiés tient à remercier Andrew Chesson et Kleter Gijs pour leur contribution au projet d'avis."

Ainsi le même expert qui prépare l'argumentaire de l'Avis en faveur du feu vert à la commercialisation du NK 603 est précisément le conseil scientifique, le Pair, de ceux qui doivent se prononcer sur l'étude qui met en évidence sa toxicité !

Après les conflits d'intérêt qui ont affaibli considérablement l'autorité de l'Efsa, voilà le temps des faux nez, du cache-cache et des mensonges par omission.

Ça fait beaucoup pour un organisme qui a en charge la santé de 300 millions d'Européens. Et dont on attendrait une conduite et des procédures au-dessus de tout soupçon.

Guillaume Malaurie - 6 octobre 2012

 

 

Question posée à l'Efsa par HENDAYENVIRONNEMENT  

 

Bonjour, Comment pourriez-vous réfuter les affirmations avancées par ce journaliste du Nouvel Observateur qui semble ne pas vous accorder un statut d'entière indépendance scientifique ?

 

Voici, en date du 17 octobre,  la réponse de l'Efsa qui élude la question posée, se contentant d'un texte standardisé :

Cher Monsieur ...... ,


Nous vous remercions pour votre courriel et pour l’intérêt que vous témoignez à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).


Le rôle de l’EFSA est de fournir des avis scientifiques indépendants sur des questions liées à la sécurité de l’alimentation humaine et animale. Les évaluations des risques conduites par l’EFSA permettent aux gestionnaires des risques – la Commission européenne, le Parlement européen et les États membres de l’UE – de se baser sur des fondements scientifiques solides pour les aider à prendre les décisions réglementaires ou législatives requises pour assurer la sécurité de l’alimentation pour tous les citoyens européens. Les décideurs peuvent aussi tenir compte d’autres critères (par exemple socio-économiques) lorsqu’ils prennent une décision ; c’est la raison pour laquelle nous vous conseillons de vous adresser directement à eux si vous avez des questions à ce sujet.


En ce qui concerne l’étude par Séralini et al. à laquelle vous faites référence, l’EFSA a reçu, le 26 septembre 2012, une requête officielle de la Commission européenne qui contenait un certain nombre d’éléments sur lesquels la Commission lui a demandé de se pencher : réaliser une évaluation scientifique de l’article, solliciter toute clarification nécessaire auprès des auteurs de l’article et examiner si l’article contenait des éléments scientifiques qui pourraient amener l’EFSA à reconsidérer les évaluations précédentes réalisées sur la sécurité du maïs génétiquement modifié (GM) NK603.


Dans son évaluation initiale, l’EFSA a conclu que l’article de Séralini et al. était d’une qualité scientifique insuffisante pour être considéré comme valide dans le cadre de l’évaluation des risques. Elle a également estimé que la conception, le système de rapport des données et d’analyse de l’étude, tels que présentés dans l’article, étaient inadéquats. L'EFSA a invité les auteurs Séralini et al. à partager certaines informations additionnelles essentielles afin de lui permettre d’acquérir la compréhension la plus complète possible de l'étude. Si ces informations lui sont communiquées, elles contribueront à la seconde étape du processus d’évaluation par l’EFSA dont les résultats seront publiés dans les semaines à venir.


Nous vous invitons à consulter le lien ci-après pour obtenir de plus amples informations sur l’évaluation initiale de l’EFSA et ses résultats :  http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/121004.htm


Dans le cadre de la mise sur le marché d’OGM dont le champ d’application inclut l’alimentation humaine et animale, l’EFSA réalise une évaluation des risques conformément à la directive 2001/18/CE et au règlement CE 1829/2003. À la fin du processus d’évaluation, un avis scientifique  est adopté et communiqué à la Commission européenne. Après la publication de l’avis par l’EFSA, c’est à la Commission européenne et aux États membres de l’Union européenne que revient la responsabilité de décider s’ils autorisent ou non l’OGM en question.


En 2009, le groupe scientifique de l’EFSA sur les organismes génétiquement modifiés (groupe GMO) a réalisé l’évaluation de la sécurité associée à une demande d’autorisation pour la culture, l’importation et la transformation du maïs génétiquement modifié NK603 – le maïs utilisé dans l’étude de Séralini et al. Le groupe GMO de l’EFSA a conclu que le maïs NK603 était aussi sûr que son équivalent traditionnel (non GM) en ce qui concerne les effets directs potentiels sur la santé de l’homme et de l’animal, et sur l’environnement.


Veuillez recevoir, Monsieur, nos salutations distinguées.

Le Service Ask EFSA


European Food Safety Authority


Via Carlo Magno 1A, 43126 Parme, Italie


www.efsa.europa.eu/fr/contact/askefsa.htm  

____________________________________________

Dear recipient, this message is sent from a no-reply mailbox. Please do not reply to this message, as emails received to this email address are not processed. If you have a question for EFSA, please send it using the Ask EFSA service.

 


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