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5 novembre 2009 4 05 /11 /novembre /2009 08:46

 

 

                                                                               Photo : Sirius

                                     Une baie à l'image d'un monde idyllique, et pourtant...

 

On sait que la Baie de Txingudi n’est plus draguée depuis près d’une vingtaine d’années, ce qui a engendré un important envasement de cette dernière. Aussi les quartiers de Belcenia et des Joncaux sont-ils exposés à des risques d’inondations qui pourraient résulter de la conjonction d’une forte pluviométrie et de gros coefficients de marées, comme cela s’est déjà produit dans le courant de l’été 2002 et avait alors entraîné une classification de notre ville en "État de catastrophe naturelle".


C’est pour mieux classifier le type de pollution de cet envasement et fournir une orientation sur la destination des 1,6 millions de m³ qui devront tôt ou tard être évacués que l'ancienne municipalité avait fait réaliser, le 11 février 2008, dans la baie et la partie avale de la Bidassoa une campagne de prélèvements. Ces mesures permirent également d'apporter une évaluation des demandes de financement aux niveaux régional, national, transfrontalier et européen qu’une opération d'une telle envergure ne manque pas d’engendrer.


 

UNE POLLUTION AUX MÉTAUX LOURDS VARIABLE D'UN POINT À L'AUTRE

L'étude a été effectuée sur une zone divisée en 3 secteurs, regroupant 12 points de prélèvements.


 

            Les 12 points* de prélèvements de l'étude de sédimentation effectuée par GEOCIAM


Le rapport de synthèse sur la caractérisation physico-chimique de sédiments prélevés en cette circonstance laisse apparaître une pollution aux polychlorobiphényles (PCB) qui ne dépasse pas le niveau N1 réglementé sur l’ensemble des points étudiés, ce qui traduit une absence de contamination chimique majeure sur l’ensemble de la baie. Toutefois, une pollution mineure due aux hydrocarbures polycycliques aromatiques (HAP) tels le chrysène, fluoranthène, pyrène, benzo(a)anthracène, et benzo(b)fluoranthène s’avère être un peu plus prononcée aux points P5 et P12 de ces prélèvements. Ces deux derniers points pouvant très bien correspondre aux activités d'entretien et de réparation des bateaux qui sont effectuées sur les deux principales aires aménagées à cet effet à la Floride (P5), ainsi qu’à des activités de traitement de surfaces des métaux accomplies sur des sites industriels situés outre-Bidassoa, en amont de Behobia. (P12)

 

Photo : Sirius

Les particules et poussières de peintures et antifoulings

                                            finissent par se mêler aux sédiments de la baie.

 

 

Du point de vue de la contamination par les métaux lourds, les concentrations de ces derniers sont situées à des degrés bien souvent supérieurs au niveau N1 de la réglementation, ce qui est préoccupant. Cela est particulièrement le cas en ce qui concerne l’arsenic, le chrome, le cuivre, le nickel, le plomb et le zinc. Là encore, les concentrations varient d’un point à un autre et sont particulièrement accentuées à proximité des lieux où les embarcations sont entretenues, réparées ou démantelées. C'est donc également le cas face aux aires de carénage de la Floride et, dans une bien moindre mesure, de Caneta (P4, P5, P6 et P8). Ceci revient à supposer que les particules et poussières de peintures et antifoulings détachées des coques des embarcations lors des opérations de décapage ou sablage effectuées en ces lieux finissent très probablement par partiellement s’envoler et/ou ruisseler pour se mêler aux eaux et sédiments de la baie. On sait à ce sujet que quasiment toutes ces activités s'opérent en plein air et que la dispersion des particules et poussières est d'autant plus aisée que les aires concernées sont bien souvent soumises au vent .


Photo : Sirius

Le démantèlement des bateaux s'effectue en plein air et les eaux de ruissellement

emportent les plus fins des éléments nocifs vers la baie.


Notre réclamons conséquemment depuis déjà des années un encadrement strict des activités polluantes liées à l’entretien, la réparation et le démantèlement des bateaux de plaisance et autres embarcations. Cette mesure est devenue incontournable . Elle devrait permettre de réglementer ce type d'activités qui ne peut plus longtemps échapper à une mise en adéquation avec la préservation de notre milieu naturel qui en a tant besoin et, en conséquence, être incluse dans la Charte environnementale en cours d'élaboration.

Malheureusement, pas un seul des élus qui se sont jusqu'à ce jour succédés en mairie n’a véritablement souhaité s’attaquer de front à ce problème et parvenir à un changement comportemental des pollueurs majeurs de la baie.

Alors qu'aujourd'hui la quasi totalité des eaux usées des villes riveraines de la Baie de Txingudi transite enfin par des stations d'épuration censées réduire d'une façon drastique la pollution bactériologique et qu'un tant attendu dragage devrait enfin permettre de décontaminer les sédiments de celle-ci, doit-on stupidement croiser les bras et laisser les pollueurs continuer à perpétrer leurs néfastes méfaits ?


 

* Le point de prélèvement P12 est situé hors carte et se trouve au niveau du pont de Béhobie/behobia

 

 

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