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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 12:33

 

 

SOCIÉTÉ

         Armut.jpg

                                    Une image qui saute partout au yeux dans l'Allemagne d'aujourd'hui

 

 

C'est sous ce titre (1) tout autant interrogatif que prémonitoire que l'hebdomadaire allemand DIE ZEIT analyse dans son N° 2 de janvier 2013 le message de vœux du président de la République à la nation française. Profitant de cette circonstance, il nous remémore le nom d'un chancelier social-démocrate qui aura été en son temps l'artisan d'un retour à la compétitivité des entreprises de son pays, mais qui contraignit en contrepartie plus de 12 millions de ses concitoyens/nes à devoir se contenter de vivre sous le seuil de pauvreté du fait des changements draconiens qu'il opéra dans la réglementation du travail et la législation sociale. (2)

 

Connu pour ses positions libérales, l'hebdomadaire DIE ZEIT argumente que le droit du travail et la législation sociale doivent désormais être harmonisés dans le sens restrictif déjà suivi par l'Allemagne si l'on veut éviter une mise en danger de l'euro et une dislocation des institutions européennes que pourrait engendrer l'approfondissement actuel du fossé économique entre les membres de l'UE. C'est donc pour cette raison qu'il sous-titre son article en affirmant qu' "Hollande doit devenir un réformateur", incantation qu'il prend toutefois soin de tempérer d'un certain réalisme en reconnaissant que "cela sera difficile".

 

L'économie d'outre-Rhin s'essouffle depuis déjà plusieurs mois du fait d'un fort recul des exportations de ce pays vers l'ensemble de ceux de l'UE. Nos partenaires allemands s'impatientent donc de voir leurs biens d'équipements industriels prendre le relais d'une consommation atone des ménages européens. Ils redoutent par ailleurs que l'actuel marasme des économies du continent vienne provoquer un décrochage de la parité de l'euro par rapport au dollar, ce qui porterait alors un coup vraisemblablement sévère à leur économie qui a cumulé un  surplus commercial de 169 milliards d'euros en 2012 et est, avec la néerlandaise, la seule à tirer véritablement parti du haut niveau de la monnaie commune européenne. (3)

 

L' asymétrie des balances commerciales au sein de la zone euro a été récemment montrée du doigt par diverses institutions économiques et financières internationales. L'Allemagne, en menant dès les années 2000 une compression des coûts du travail sans concertation avec ses partenaires, a conduit à l'accentuation des maux économiques de ses voisins. Ainsi constate-t-on que le démontage social et salarial unilatéralement mené au début du nouveau millénaire par l'ancien chancelier social-démocrate Gerhard Schröder (1998-2005), a non seulement uniquement profité à l'économie allemande, mais aura aussi crée de profondes distorsions économiques avec le reste de l'UE.

 

On s'aperçoit, en ce jour commémoratif du 50ème anniversaire de la signature du Traité de l'Elysée qui mena l'Europe de l'état de décombres à celui d'un continent pacifié et coopératif, que l'état d'esprit qui prévalait en ce 22 janvier 1963 semble désormais fort éloigné des préoccupations présentes du monde politique et économique. Le magazine DIE ZEIT illustre à sa façon ce manque de cohésion en concluant son article d'un point de vue consternant lorsqu'il affirme: que le président Hollande "ne serait pas le premier social-démocrate d'Europe centrale à irriter ses camarades" s'il décidait à son tour à se lancer dans un bradage social et salarial. 

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT 

 

 

Énumération des principales réformes qui ont été mises en place sous la gouvernance du chancelier Schröder  :


  • Report de l'âge de départ à la retraite de 65 à 67 ans, avec planification progressive des départs jusqu'à 70 ans afin de répondre aux demandes pressantes du monde économique (4),

  • Diminution de la durée d'indemnisation du chômage de 32 à 12 mois,

  • Réduction étagée des prestations pour chômeurs arrivés en fin de droits. L'équivalent allemand du RSA (Hartz IV) (5) est au 01.01.2013 de 382 euros/mois pour une personne majeure vivant seule,

  • Réduction massive des prestations de la sécurité sociale, ce qui a permis de dégager un excédent de fonctionnement de 12 milliards d'euros sur l'année 2012 et créer ainsi une nouvelle source de financement budgétaire étatique,

  • Réduction des dépenses publiques de 49,3 à 45,6 % du PIB en 10 ans,

  • Institution de "jobs à 1 euro/heure", sortes d'emplois d'insertion imposés qui sont destinés aux chômeurs de longue durée qui perçoivent parallèlement à cela leurs indemnités de RSA,

  • Propagation massive des "mini-jobs", bien souvent rémunérés à moins de 8 euros/h pour un maximum de 15 heures hebdomadaires (ou 400 euros/mois) et dégrèvement conséquent des charges patronales attenantes,

  • Dérégulation sociale quasi généralisée dans les métiers de bouche et l'hôtellerie avec 75% des jobs qui sont désormais précaires,

  • Désindexation des retraites et pensions par rapport à l'inflation.

               Hartz IV 2                                          Manifestation contre la loi Hartz IV en Allemagne. Photo DPA

 

Principaux changements qui en résultèrent :


  • 10% des ménages les plus aisés se répartissent désormais 53% de la richesse privée allemande,

  • Les travailleurs pauvres représentent aujourd'hui 22% de la population active,

  • La population vivant sous le seuil de pauvreté (moins de 952,10 euros/mois) atteint actuellement un taux de 15,9%, contre 13,8% en France.

  • On assiste à une mise à l'écart des retraités qui souffrent de la désindexation de leurs   revenus par rapport à l'inflation.

  • Les besoins mensuels vitaux des populations arrivées en fin de droits chômage ont été administrativement établis (au dernier pointage publié) selon le tableau ci-après :

Postes

Répartition des besoins mensuels vitaux

Répartition  

   % 

   1

Alimentaires et boissons non-alcoolisées

128,46 Euro

35,50%

   2

Boissons alcoolisées, tabac et drogues

    0,00 Euro

  0,00%

   3

Vêtements et chaussures

  30,40 Euro

  8,40%

   4

Habitat, énergies et réparations

  30,24 Euro

  8,36%

   5

Aménagement, équipement ménager

  27,41 Euro

  7,58%

   6

Soins de santé

  15,55 Euro

  4,30%

   7

Transports

  22,78 Euro

  6,30%

   8

Information

  31,96 Euro

  8,83%

   9

Temps libre, distraction, Culture

  39,96 Euro

11,04%

  10

Éducation

    1,39 Euro

  0,38%

  11

Hébergement et gastronomie

    7,16 Euro

  1,98%

  12

Autres objets et services

  26,50 Euro

  7,32%

 

                                                       Somme = 

361,81 Euro

    *(6)

* L'allocation a été depuis portée à 382 €/mois suite à un jugement rendu par le tribunal constitutionnel fédéral de Karlsruhe qui a été saisi par de très nombreux allocataires plaignants.

 

 

(1) Lire le texte original : http://www.zeit.de/2013/02/Frankreich-Hollande-Reformen 

Le titre original de l'article "Der Schröder von Paris" semble être un jeu de mots faisant appel à l'histoire de Charles-Henri Sanson (1739-1806), popularisé par Alexandre Dumas sous l'appellation "Le bourreau de Paris" (Der Henker von Paris) pour avoir décapité le roi Louis XVI ainsi que différents révolutionnaires comme Danton ou Robespierre et qui fut le quatrième bourreau issu d'une dynastie familiale d'exécuteurs officiels. Charles-Henri Sanson avait pour ami un dénommé Tobias Schmidt, fabricant allemand d'instruments de musique, qui allait par la suite construire la guillotine de Sanson, d'où la notoriété de ce dernier personnage en Allemagne.

(2) Voir notre article "L'Allemagne s'enfonce dans les inégalités et la pauvreté" sous la rubrique "Société & solidarité".

(3) Voir notre article "Le mythe de la concurrence libre et non faussée" sous la rubrique "Société & solidarité".

(4) Tout un chacun est en Allemagne parfaitement conscient que cette mesure de nouveau report d'âge n'a absolument aucun sens, hormis celui de permettre de délester le patronat du fardeau financier lié au paiement des cotisations sociales.

(5) Brève chronologie des Lois Hartz I à IV: http://www.lagazettedeberlin.de/5906.html

(6) Source : http://www.sozialleistungen.info/hartz-iv-4-alg-ii-2/alg-ii-leistungen.html


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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 20:44

 

SOCIÉTÉ 

 

Le Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique (GUE/NGL) profita de la prise de présidence tournante de l'Union européenne par la Belgique, au second semestre 2010, pour donner une conférence de presse sur des thèmes qui sont encore aujourd'hui d'une actualité brûlante.

 

Lors de cette conférence de presse, Patrick le Hayric, député européen et vice-président France du Front de gauche pour changer d’Europe, exprima ses inquiétudes sur l'ampleur de la crise économique de notre continent et l'absence de mesures communes permettant de la juguler. Il dénonça par ailleurs le contrôle a priori exercé sur les budgets nationaux par les institutions européennes qui correspondent à une ingérence dans les souverainetés nationales, ainsi que le rôle négatif joué par la Banque centrale européenne (BCE) dans cette crise. Voyons son intervention :

 

Patrick-le-Hyaric.jpg                 

                                        http://www.youtube.com/watch?v=gpl_jE6JEo8

                                                                        Cliquer le lien ci-dessus

 

 

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 10:44

                                                   CPIE

 

 

 

Enquête publique concernant le

Projet de plan directeur des infrastructures du port de Pasajes situé en Espagne”

 

 

Communiqué de Presse

 

Dans quelques jours, le 28 janvier 2013, sera close l'enquête publique concernant le projet de port extérieur de Pasajes développé au pied des falaises du Jaizkibel.

Par ce communiqué le CPIE Littoral Basque*invite l'ensemble de la population à exprimer son avis sur les registres disponibles au siège de la Communauté d'Agglomération Sud Pays Basque à Urrugne (5, 7 rue Putillenea), soit à la Communauté d’Agglomération Côte Basque-Adour, soit à la Sous-Préfecture à Bayonne.

Pour notre part nous exprimons notre opposition à ce projet tant il est impactant pour l'environnement sur sa zone d'implantation mais également vis-à-vis des sites naturels protégés voisins de quelques centaines de mètres à peine : le Domaine d’Abbadia et la Corniche basque notamment. Ces deux espaces naturels sont protégés en tant que sites classés au titre de la loi de 1930 et de surcroît intégrés dans le réseau Natura 2000.

Bien que situés en territoire français, ces deux sites sont écologiquement en interconnexion directe avec les sites naturels du Jaizkibel et du Monte Ullia, eux-mêmes intégrés par l’Espagne au réseau Natura 2000.

Tout impact environnemental porté à l’un des sites naturels amène de facto des effets négatifs aux autres en terme de connectivité biologique, de dégradation de la qualité des milieux et d'impacts sur la santé des populations animales et végétales.

 

Par ailleurs l’impact produit par une extension portuaire au large des côtes du Jaizkibel est un facteur négatif dans notre capacité à développer l’image de notre territoire au regard d’une valorisation publique et touristique de toute la région.

 

Une perte de qualité d’image peut avoir des répercussions fortes sur notre économie locale fortement développée autour du nautisme de la plaisance, du surf et tout simplement de la baignade.

 

Par ailleurs, les travaux prévus pour mettre en place un port à l’extérieur de la baie de Pasajes vont sans aucun doute altérer durant plusieurs mois la qualité de l’eau en augmentant la présence des sédiments dans l’eau.

 

L'accroissement de cette turbidité ne pourra que nuire à toutes les espèces animales et végétales marines héliophiles qui pâtiront d'un obscurcissement lié à la turbidité de l'eau, de même qu'aux espèces filtreuses qui ne peuvent vivre que dans des eaux relativement claires.

Ces sédiments poussés par la houle, les vents et les courants dominants viendront ensuite irrémédiablement se déposer sur les estrans rocheux du Domaine d’Abbadia et de la Corniche basque en modifiant les milieux, et en portant atteinte à la biodiversité marine locale, voire même en la condamnant selon les quantités de matériaux ainsi mis en suspension lors des travaux. Cela au moment même où le projet d’une Aire marine Protégée le long de nos côtes est en bonne voie.

 

Enfin, si un tel projet se met en place, il est fort probable qu'il entraînera une augmentation de la fréquentation du port par de nombreux navires commerciaux et industriels. Ceci aurait alors pour effet direct l’augmentation des risques d'avaries et d'accidents maritimes aux conséquences néfastes tant pour le territoire espagnol que, sous l'effet des vents et courants dominants, pour le territoire français, ses zones naturelles protégées et ses populations littorales permanentes et estivales.

 

Compte tenu des dégâts environnementaux irrémédiables,

compte tenu des risques qu'il peut faire peser sur le développement économique et touristique,

compte tenu des risques majeurs industriels qu'auront à subir les populations,

parce que nous exigeons que les zones Natura 2000 situées sur le littoral de part et d'autres de la Bidassoa soient intégralement et durablement respectées,

nous exprimons notre opposition au projet présenté et appelons la population à exprimer également massivement son avis et ses requêtes avant le 28 janvier prochain.

 

 

* Le CPIE Littoral basque(Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement) est une association    qui contribue au Développement Durable du Littoral Basque en proposant un regard croisé sur les territoires, l’espace maritime et le patrimoine humain, en conjuguant les approches scientifique, environnementale et artistique.

C'est ainsi qu'elle encourage en autre la responsabilité citoyenne, contribue au bien être social et veille à la protection de l’environnement.

A ce titre, le CPIE Littoral basqueest partenaire des acteurs de la protection de la Corniche basque et plus généralement de la valorisation du littoral basque en général et est (avec la Commune d’Hendaye et le Conseil Général des Pyrénées Atlantiques) gestionnaire du Domaine d’Abbadia, propriété du Conservatoire du littoral.


05.59.20.37.20

cpie.littoral.basque@hendayecom

www.cpie-littoral-basque.eu

 

 

 

                                                     Centre Permanent d'Initiatives pour l'Environnement

INGURUMEN ALDEKO EKIMEN ZENTRO IRAUNKORRA

www.cpie-littoral-basque.eu cpie.littoral.basque@hendaye.com

Amis d'Abbadia / Abbadiako Adixkideak - "Larretxea" - 64700 Hendaye /Hendaia - Tél. 05.59.20.37.20 - Fax : 05.59.20.54.20

Association loi 1901 ~ Siren n° : 381.899.780.00013-9103Z

agréée Jeunesse et Education Populaire sous le n° 64.0730 et Protection de la Nature sous le n° 19/ENV/10

 

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 19:15

 

 

SANTÉ & ENVIRONNEMENT

efsa-pesticides-abeilles.jpg

                                                 Les abeilles du monde entier sont en train de mourir,                                                 ce qui menace la chaîne alimentaire et la biodiversité.

 

 

Selon l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa), certains pesticides entraînent bel et bien la mort des abeilles.


Depuis plusieurs années, les études scientifiques ont montré que les pesticides "systémiques" ou "néonicotinoïdes" désorientent les abeilles. En affectant le système nerveux des butineuses, ces substances chimiques ont tué 30 % d’abeilles soit 25 % de plus qu’il y a 15 ans.

 

L’EFSA s’est penchée sur la question et a rendu mercredi ses conclusions. Selon elle, trois produits ont un impact sur le nectar et le pollen, a expliqué Frédéric Vincent, porte-parole de Tonio Borg, commissaire européen en charge de la Santé et des Consommateurs. Produits par les groupes allemand Bayer et suisse Syngenta, les pesticides incriminés contiennent trois néonicotinoïdes : le clothianidin, l’imidacloprid et le thiamethoxam. Les groupes auront jusqu'au 25 janvier pour répondre au rapport et à la lettre que l’EFSA va leur adresser cette semaine.

 

La Commission européenne prend le taureau par les cornes et a décidé d’inscrire le sujet à l'ordre du jour de la réunion du 31 janvier.

 

Pour l’heure, la France a déjà retiré le 29 juillet dernier l'autorisation de mise sur le marché du Cruiser OSR utilisé pour traiter le colza (son usage pour le maïs reste autorisé pour l’instant) tandis que l’Italie et l'Allemagne interdisent l'usage des pesticides incriminés seulement pour le maïs. De leur côté, les Pays-Bas les interdits pour traiter les plantes qui attirent les abeilles et la Slovénie pour toutes les plantes.

 

L’EFSA pourrait bien interdire les pesticides en cause et ce malgré la pression des fabricants qui insistent sur l'impact économique de la suppression de leurs produits.

 

Source : http://www.maxisciences.com

 

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 14:01

 

SOLIDARITÉ


Aide-alimentaire.jpg       L'aide alimentaire d'urgence peine à trouver des financements du fait de l'égoïsme de certains États membres de l'UE.

 
Nombreux sont ceux qui, souvent par ignorance, se font de fausses idées sur les allocataires de l'aide alimentaire d'urgence. Derrière les bénéficiaires de cette aide se cachent essentiellement des enfants et adultes issus de familles monoparentales (1), des personnes âgées, des travailleurs pauvres (2), des chômeurs en fin de droits, des jeunes sans attache familiale et sans emploi, des gens de passage (SDF, demandeurs d'asiles, apatrides, réfugiés …). La précarité et la pauvreté sont devenues un problème majeur de notre société qui mène les plus démunis à faire appel à l'allocation de nourriture. La situation est d'autant plus critique que le nombre d'exclus augmente sans cesse et que personne ne peut, compte tenu des bouleversements économiques actuellement en cours, raisonnablement prétendre ne jamais devoir faire appel à cette aide.

 

Les ménages français jettent en moyenne 1 300 000 tonnes de denrées par an, soit 20 kilos par foyer dont 7 kilos d’aliments périmés et 13 kilos de restes, auxquels s’ajoutent 600 000 tonnes de denrées jetées par les circuits de la grande et moyenne distribution. La Banque alimentaire, la Croix-Rouge française, les Restaurants du cœur et le Secours populaire français s'emploient à collecter cette nourriture délaissée, pour la distribuer ensuite aux nécessiteux.

 

Seulement voilà, cette aide n'a jamais suffi à nourrir la totalité des plus pauvres. C'est pour cette raison que l'Union européenne a créé, à l'initiative de Jacques Delors et du comique Coluche en 1987, un programme d'aide alimentaire aux plus démunis (PEAD) et qui fut approvisionné par les excédents de la politique agricole commune (PAC), ainsi qu'un apport direct des États membres. Depuis le démantèlement progressif de la PAC, un groupe de 7 pays membres de l'UE (Royaume-Uni, Suède, Autriche, Danemark, Pays-Bas et République tchèque) emmenés par l'Allemagne, ont saisi la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), arguant que l'on ne pouvait continuer à "payer" une partie importante du budget social de l'Union à partir d'une PAC dégageant de moins en moins de surplus. En avril 2011, les juges de la CJUE donnèrent raison sur un plan purement juridique et comptable aux plaignants, ce qui entraîna une continuelle régression des fonds alloués dans le cadre de ce PEAD et mettra fin à l'aide alimentaire d'urgence sous sa forme actuelle à la fin 2013.

 

Au PEAD devrait toutefois succéder le Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD) qui, s'il est voté par le Conseil européen, correspondra à une enveloppe de 2,5 milliards d’euros sur 7 ans, soit bien moins que le montant de l’enveloppe initiale du PEAD qui était comparativement de 3,5 milliards d’euros. Les associations caritatives chargées de distribuer l'aide alimentaire d'urgence constatent avec amertume que ces mesures vont à l'encontre des besoins alimentaires grandissants des populations appauvries, puisque 18 millions d'Européens dépendent désormais de cette aide.(3)  Les 7 pays du "bloc du refus" souhaitent, quant à eux, voir disparaître toute aide européenne en la matière de façon à ce que ce financement soit dorénavant assumé par les seuls budgets nationaux. 

 

On constate que l'esprit de solidarité qui a un temps prévalu au sein de l'UE fait maintenant place à des attitudes individualistes et égoïstes de la part de ceux qui profitent pourtant le plus des échanges économiques intra-communautaires puisque, hormis le Royaume-Uni et la République tchèque, les 5 autres pays réfractaires envers une aide aux populations européennes les plus démunies sont largement bénéficiaires de ces échanges. (4)

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

(1) Les aspects psycho-sociaux des familles monoparentales en Europe :http://www.coe.int/t/dg3/health/Reportsingleparents_fr.asp 

(2) Voir sur Eurostat les statistiques des bas salaires dans l'Europe des 27 : http://epp.eurostat.ec.europa.eu/cache/ITY_PUBLIC/3-20122012-AP/FR/3-20122012-AP-FR.PDF

(3) Lire l'appel des Restaurants du coeur à ce sujet : http://www.restosducoeur.org/content/pour-un-fonds-europ%C3%A9en-d%E2%80%99aide-aux-plus-d%C3%A9munis-%C3%A0-la-hauteur-de-la-situation

(4) Solde par pays de la balance des paiements des 27 de l'UE 2004-2010 ( en milliards d'euros):      

           UE27-copie-1.jpg      Source : Eurostat                                                                                                                              

 


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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 10:49

 

SOCIÉTÉ 


                           UNA SOCIEDAD CORTADA EN DOS MUNDOS

 todopor                    Menú del congreso de los diputados. Dos platos, postre, bebida y café todo 3'55 €.                               Menu au parlement. Deux plats, un dessert, boisson et café. Le tout pour 3,55 eurosutilizarestecomedor.jpg

Nos enteramos también de que le cuesta menos la comida a un senador o diputado de lo que paga      cualquier escolar en Madrid por llevar su comida de casa en una fiambrera, que paga 3,80€ por el uso del comedor y del horno microondas en que se la calienta. Nous cherchons ensuite à savoir ce que coûte un  repas, pas d'un sénateur ou d'un député, mais celui d'un écolier madrilène qui apporte sa nourriture de la maison dans une gamelle. Il paye 3,80 pour la seule utilisation du réfectoire  et du four à micro-ondes dans lequel il la réchauffe.

 


Basta ya de casta de privilegiados que sólo conocen la crísis por que han oido hablar de ella. C'en est assez des castes de privilégiés qui ne connaissent la crise que parce qu'ils ont entendu parler d'elle. 

 

                                                         Source :  http://lorechip-cem.blogspot.fr/

                Comunidad de Esclerosis Múltiple /Communauté de malades de la sclérose en plaques

 

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 10:00

   

SOCIÉTÉ 

          Caricature

                                  Retrouverons-nous bientôt le niveau des débats franco-allemands d'avant 1914 ?

  
La campagne de dénigrement lancée par une partie de la presse allemande envers la classe politique française, mais aussi envers certains capitaines de l'économie hexagonale chancelante, n'en finit plus d'assomer les lecteurs d'outre-Rhin.  

 

Nous rapportions dernièrement (1) les accusations de "protectionnisme" portées à l'encontre de François Hollande par l'influent et conservateur quotidien "DIE WELT". Ce journal relance dans un autre article la polémique, s'attaquant cette fois au personnel politique français qu'il traite, toutes tendances confondues, "d'élitiste et incompétent". Il s'en prend par ailleurs à "la gauche  caviar  nationaliste" qui, selon lui, ne songerait qu'à étatiser l'économie.  Pas même la presse française "étatiquement subventionnée", et qui ne compterait de ce fait plus que quelques "derniers journalistes critiques", n'est épargnée par ce journal. Cette dernière réflexion est d'autant plus amusante et paradoxale, que la dépendance rédactionnelle des journalistes du groupe de médias Axel Springer qui publie entre autres le quotidien "DIE WELT" est bien connue.  

 

La dépréciation répétitive du statut du partenaire français vise probablement aussi à infléchir l'opinion allemande, afin de mieux lui faire comprendre que l'axe franco-allemand n'offre plus de cohésion et garanties suffisantes pour contrebalancer les problèmes économiques de la Zone euro. Les critiques acerbes formulées à l'encontre du voisin français résument par ailleurs assez explicitement le souci des sphères politico-économiques néolibérales d'outre-Rhin, qui semblent désormais vouloir ne plus compter que sur leurs propres forces. Cela est d'autant plus perceptible que l'on prend lentement conscience qu'une aggravation de la situation économique française viendrait fortement perturber l'économie allemande, sachant que l'hexagone importe d'Allemagne autant que les USA et la Grande-Bretagne réunis. 102 milliards d'euros de biens et de services ont été achetés outre-Rhin en 2011, alors que nous y exportons moins qu'un petit pays comme les Pays-Bas (66 contre 82 milliards d'euro).  

 

Le déséquilibre abyssal des échanges commerciaux franco-allemands va largement dépasser les 40 milliards d'euros sur la seule année 2012. Ceci ne laisse présager rien de bon quant à la capacité française à préserver encore longtemps son rang de seconde puissance économique européenne. Les Allemands sont conscients de ce problème et estiment que l'actuel déficit commercial français ira crescendo, affaiblissant encore plus la position hexagonale et par voie de conséquence les exportations allemandes vers ce pays. Cette conjugaison de facteurs pourrait alors conduire à une réaction en chaîne qui dépréciera l'euro, élément moteur de l'économie allemande qui parvient à exporter ses produits et services quel qu'en soit le taux. Nous comprenons ainsi mieux pourquoi nos voisins germains regrettent finalement le temps où la valeur de leur monnaie et de leur économie ne dépendaient que de leur seule ardeur au travail ainsi que de leur propre discipline collective.

 

Les bouleversements en cours amènent donc à penser que nous sommes parvenus à un virement dans les rapports franco-allemands. L'historien et sociologue américain Perry Anderson considère pour sa part (2) que la crise présente va accélérer un processus d'évolution devant mener du stade "de la solidarité à la suzeraineté" dans les relations entre nos deux pays (3). Voilà matière à réflexion dont on mesurera le bien-fondé au fil des mois et années à venir.

 

La Rédaction de HENDAYENVIRONNEMENT                                                                                                     

                                                                                                Assignat.jpg              L'Assignat, contre-valeur de biens nationaux : symbole d'épouvante économique pour nos voisins germains.

                                                                            (Collection privée Sirius)

 

  AVEC LE BEAUJOLAIS ET LA BAGUETTE POUR

  SEULES ARMES CONTRE LA FAILLITE ÉTATIQUE

 

                                                                    Par Markus Martin* (4)+(5)

                                              

Markus Martin* est  également connu pour sa collaboration à la rédaction d'un blog ultra-conservateur et anti-islamiste dénommé " L'axe du bien " (Die Achse des Guten :http://www.achgut.com/dadgdx/ ). Il a également été rédacteur au quotidien berlinois " Tageszeitung " (Taz) qui est proche du parti Vert allemand.

 

Traduction : Sirius

 

C'est vraiment étrange : Il y a déjà des années qu'économistes et sociologues se penchent sur le sort des pays en crise du Sud de l'Europe pour nous communiquer ensuite leurs mauvaises nouvelles, toutes plus troublantes les unes que les autres, alors que pendant ce temps se poursuit le bavardage sur le "moteur franco-allemand",  "noyau dur" de l'Europe qui ne devrait pas "cafouiller".

 

Entre temps, en raison de la dette publique française faramineuse (elle se monte actuellement à 90% du PIB), une question se pose : avons-nous ici affaire à un grave problème de communication, une cécité naïve généralisée, ou peut-être encore à une dernière victoire à la Pyrrhus dans l'art bien français de jouer avec des écrans de fumée ?


Quand la France pourra-t-elle être prise au sérieux ?

Il ne semble pas que ce soit pour une question d'éventuel complexe de culpabilité allemande que le persistant malaise français a, jusqu'à ce jour, été à peine évoqué. Combien d'argent des contribuables a été gaspillé dans d'absurdes congrès routiniers et projets de recherches destinés à la "réconciliation franco-allemande" qui est continuellement et pathétiquement implorée, alors qu'elle n'a, en réalité, depuis longtemps déjà plus qu'une signification des plus banales. Tout ceci correspond, sans faire de theâtralité conférencière, à la situation actuelle, pour laquelle l'on pourrait ne rien trouver à redire si ce pays voisin n'était en fait le prochain candidat à la déstabilisation.

 

Pourquoi personne n'a cherché à y regarder de plus près ? Louis Gallois, ancien patron au nom expressivement français du consortium EADS a, il y a deux semaines, livré involontairement une explication indirecte en formulant un jugement cinglant sur l'économie française et en prônant des réformes radicales. Un "choc de confiance est nécessaire", a poétisé celui qui a jadis fait une carrière lucrative grâce aux contrats publics. Son trémolo sur la crise était renouvelé sur un ton ponctué de bolchévisme et de fausse élégance, ce qui est aussi exactement le registre du pourfendeur déclaré de la mondialisation qu'est Arnaud Montebourg, "ministre du redressement productif" de son état.

 

"Le style, c'est l'homme" exprima jadis Madame de Staël, ce qui pourrait aussi se laisser décliner au collectif dans une société française qui offre l'inquiétante image globale d'être prisonnière d'un mode de fonctionnement axé sur le papotage. Ainsi, la façon dont fonctionnait le couple Sarkozy, a semblé intéresser bien d'avantage pendant toute la durée de son pouvoir quinquennal, que le mépris qu'il affichait ouvertement pour la répartition démocratique des pouvoirs ou l'instrumentalisation scandaleuse des services secrets mis à contribution pour faire surveiller les derniers journalistes encore critiques (en France, les médias écrits et électroniques sont subventionnées à coups de millions par l'État, lui-même au bord de l'abîme, d'où les prévisibles sujets tabous dans leurs reportages).

 

L'énigmatique semblant de servilité envers la Cour se poursuit : À peine François Hollande trahissait-il dans son langage des signes un peu plus d'audace réformiste, qu'Ayrault, en sa qualité de Premier ministre et ancien professeur d'Allemand, lançait sur un ton cassant : "Madame Mérkel", s'estimant être l'intermédiaire obligé ?

 

La "Gauche caviar" et son passé  

Même le papotage issu des cercles politiques parisiens se doit de respecter des frontières clairement tracées. Dans le cas contraire, on aurait peut-être pu faire remarquer que, malgré le chômage de masse, Monsieur le ministre de la réindustrialisation (M. Montebourg NDLR) était avant toutes choses préoccupé d'installer son attractive épouse dans le fauteuil directorial du légendaire magazine musical "Les Inrocks". On aurait par ailleurs pu rappeler au ministre des Affaires étrangères actuellement en poste, Laurent Fabius, représentant classique de la "Gauche caviar" nationaliste, son passé de Premier ministre sous Mitterrand : à l'époque, trois mille français se sont vu sciemment injecter du sang contaminé au VIH par l'entremise d'un institut étatisé de transfusion sanguine, sans que pour autant le dossier de ce scandale pourtant assez rapidement révélé et déposé sur les fauteuils Louis VXI des hommes politiques de premier rang ait pu être traité avant d'avoir dû patienter une éternité.

D'innombrables victimes décédèrent dans l'entre-temps, alors que Laurent Fabius et ses ministres furent ensuite relaxés par une Justice seulement partiellement indépendante du politique. À propos de l'intervention menée aux airs d'une rhapsodie par Dominique de Villepin contre Washington lors de la guerre en Irak, sait-on quelle part d'aide logistique au génocide de millions de Tutsis dans le Ruanda de 1994 cet ancien délégué à l'Afrique du réformiste ministre des affaires étrangères Alain Juppé avait-il assumée ? 

 

Nul besoin d'être un "anglo-saxon" méfiant envers l'État (une insulte plus grave dans la France d'aujourd'hui que le qualificatif "boche" utilisé jadis à l'égard des Allemands) pour considérer comme explosif ce mélange de refoulement du présent et de l'Histoire, et constater que l'éternelle inamovibilité d'un personnel politique élitiste et incompétent est la raison profonde de la crise.

 

Un État bâti sur des illusions

Les alternatives à cette situation sont comptées. La France n'a pas de démocratie chrétienne ou de social-démocratie, si bien bien que la Gauche et la Droite sont unies dans leur penchant pour l'étatisme, leur minimisation des initiatives privées issues des rangs de la classe moyenne, ainsi qu'une tendance partagée par tous les camps pour le protectionnisme qui sert d'une façon effrontée la rhétorique anticapitaliste de l' "égalité toujours"(6). Pendant ce temps, les exportations françaises reculent, le chômage des jeunes explose (de nouveaux emplois improductifs doivent être "créés" dans l'administration pour apporter de l'apaisement), l'antisémitisme musulman sévit dans les banlieues, la sécurité sociale est au bord de l'effondrement et l'État est menacé de faillite.

Mais, où se cachent donc les essayistes français qui pourraient régler leurs comptes avec le caractère quasi-socialisant de leur pays ? Où sont les politologues capables d'examiner en profondeur le tissu  relationnel noué entre les diverses institutions et appeler à la séparation des pouvoirs préconisée par Montesquieu ? C'est curieusement dans un pays où se sont déroulés les événements estudiantins tumultueux de 1968 que la société est restée la plus autoritaire d'Europe occidentale.

 

Aujourd'hui encore, les jeunes dans leur immense majorité expriment le souhait de devenir "fonctionnaires"(7), une place en or dans un appareil administratif qu'ils chérissent autant qu'ils le haïssent ! Pendant ce temps, les cinémas continuent de projeter des films sentimentaux finement ciselés, tout à fait dans l'esprit de l'incontestable succès que fut "Amélie Poulain": un retour rêvé au jardin clos de l'idylle gauloise où le Beaujolais a éternellement bon goût et où même la baguette de pain est subventionnée.

 

(1) Voir notre premier article "Remous franco-allemands" sous la rubrique "Société & Solidarité".

(2) Lire dans le "Diplo" de décembre 2012 : "L'Europe face à l'hégémonie allemande" de Perry Anderson.  http://www.monde-diplomatique.fr/2012/12/ANDERSON/48468  (pour l'instant seulement sous forme d'aperçu)

(3) Voir une étude de 2010 sur les relations économiques franco-allemandes et performance comparée des deux     pays:http://www.strategy-action-international.com/dante/repo/tmp /1311774792.VKBJGGIHGGHDSVRAIQOPBTNQLQBHSATA/88468_0Extrait_RACCFA2010_web.pdf
(4) Dans "DIE WELT" du 18 novembre 2012 : http://www.welt.de/debatte/kommentare/article111303463/Mit-Beaujolais-und-Baguette-in-die-Staatspleite.html

(5) Le contenu de cet article a été analysé et critiqué dans le quotidien économique "La Tribune" :http://www.latribune.fr/espace-abonnes/economie/20121120trib000732120/l-inconscient-allemand-et-le-french-bashing-.html   

(6)+(7) : en français dans le texte          

Nota :  Les illustrations et leurs légendes ne sont pas du quotidien "DIE WELT".

 

 


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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 09:08

 

ENVIRONNEMENT / Port extéieur de Pasaia/Pasajes


Pasajes.jpg

                  Le port extérieur de Pasaia serait un monstre de béton aux implications environnementales "sévères".

 

 

Amis lectrices et lecteurs,

 

Notre environnement immédiat est en passe de subir une destruction majeure de plus du fait de l'activité humaine. Le majestueux Mont Jaizkibel pourrait en effet devenir la prochaine victime d'une action à caractère irréversible qui, si trop peu d'opposition à ce projet se manifeste, viendrait pour toujours massacrer un des endroits parmi les plus grandioses et les plus sauvages de tout le littoral du Golfe de Gascogne.

 

Le coupable de ce drame serait un port extérieur que nos voisins d'outre-Bidassoa ambitionnent de construire au pied du flanc extérieur de cette magnifique montagne, à moins de deux kilomètres d'Hendaye. Ce projet de port industriel extérieur de Pasaia/Pasajes (1) aurait une surface de près de 300 hectares, serait composé d'une gigantesque dalle de béton entrecoupée de longs créneaux d'accostage pour navires rouliers, vraquiers, pétroliers et porte-conteneurs. Il accueillerait par ailleurs des entrepôts minéraliers, de gigantesques réservoirs à produits pétroliers, ainsi qu'une centrale thermoélectrique. Les voies d'accès au port, qui seraient à créer en cheminant par un itinéraire non clairement défini dans le projet, représentent à elles seules un scandale quant à la façon dont on dissimule les informations les plus élémentaires !


delfinak-pasaian11.jpg                    Un dauphin appartenant à un des groupes qui viennent régulièrement en visite à Pasaia / Pasajes.

 

L'autorité portuaire de Pasaia/Pasajes ambitionne de lancer ce monstrueux projet avec l'aide financière d'investisseurs privés qui, ainsi que l'on pouvait s'y attendre, n'hésiteront pas un seul instant à investir près d'un milliard d'euros dans cette opération de grande envergure de laquelle ils escomptent soutirer de juteux profits, pour eux bien plus vitaux que les retombées environnementales néfastes. 

 

L'enquête publique concernant ce projet (2) est ouverte jusqu'au 28 janvier 2013 inclus. Prenez ici-même la peine de comparer ce que les défenseurs de l'environnement pensent de ce projet et ce que l'autorité portuaire de Pasaia/Pasajes dissimule au public dans son rapport de viabilité environnementale.  Déplacez-vous nombreux pour formuler vos objections envers cette réalisation qui est dans la pure lignée d'un développement effréné qui mène notre planète droit à la catastrophe.  

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

(1) Voir sous la rubrique "PORT EXTÉRIEUR DE PASAIA" l'article "Port extérieur de Pasaia : Illégal et incohérent" qui analyse les véritables problèmes environnementaux que soulèverait le construction de ce port extérieur.  

      Voir aussi le site Jaizkibel Bizirik des opposants au projet : http://www.nodo50.org/jaizkibel/          

(2) Papport officiel de viabilité environnementale ainsi que lieux, jours et horaires auxquels vous pouvez effectuer vos dépositions : http://www.pyrenees-atlantiques.pref.gouv.fr/Politiques-publiques/Amenagement-du-territoire-construction-logement/Enquetes-publiques/Port-de-PASAJES-situe-en-Espagne 


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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 08:42

 

À 20 heures lundi 31 décembre 2012, alors que le président François Hollande prononçait ses voeux aux Français pour la nouvelle année, Ahmed Sohail, 23 ans, en France depuis l’âge de 15 ans, était dans l’avion qui le ramenait de force vers le Pakistan. Il raconte.


expulsion.jpg

 

Arrivé à 1h41 du matin à Karachi, le jeune homme a décrit son vol dans un message téléphonique que nous nous sommes procurés : «Ils m’ont renvoyé comme un chien, j’avais la bouche scotchée, les pieds attachés». Menotté dans le dos, Ahmed est escorté par quatre policiers. Visiblement déboussolé à son arrivée à Karachi - à plus de 1200 kms de son village natal près d’Islamabad - Ahmed ne cesse de répéter «Je ne sais pas quoi faire maintenant».

 

                                                   Ecouter son message en cliquant sur le lien ci-dessous

                             Ahmed Sohail, en France depuis 8 ans, renvoyé par la France au Pakistan

 

Le jeune homme est arrivé seul en France à 15 ans, via un passeur payé par ses parents. Pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance jusqu’à ses 21 ans, il obtient un CAP plomberie et bénéficie d’un titre de séjour étudiant. Un employeur veut l'engager, mais finit par se désister face à la longueur de l’examen du dossier en préfecture. La suite est un long acharnement pour le renvoyer au Pakistan où il n'a plus aucune attache. "Même sous Sarkozy, on n’est jamais arrivé jusqu’à ce stade là", soupire Malika Chemmah, militante au Réseau éducation sans frontières (RESF).


Marie Barbier

Source : Quotidien L'Humanité 

 


 

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 10:18

 

SOCIÉTÉ

 

La militante basque Aurore Martin a été libérée samedi 22 décembre 2012 de la prison de Soto del Real (près de Madrid) après avoir été incarcérée pendant 52 jours et versé une caution de 15 000 euros. Cette dernière n'a plus maintenant qu'à attendre le déroulement de son procès et la proclamation de son jugement pour connaître l'avenir qui lui sera réservé.

 

L'affaire tragico-rocambolesque d'Aurore Martin met en lumière les carences inhérentes à l'existence même du Mandat d'arrêt européen (MAE). Elle montre également, d'une façon évidente, à quel point ce MAE peut facilement être dévoyé à des fins politiques, alors qu'il n'avait été prétendument introduit que pour combattre la grande criminalité au sein de l'UE.

 

Le sociologue belge Jean-Claude Paye analyse ci-après quelle est la véritable dimension politique du MAE. Il explique pourquoi il est devenu indispensable d'abroger ce texte afin de pouvoir remettre en place l'ancienne procédure d'extradition qui offrait de meilleures garanties sur le plan des libertés individuelles. 

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

Camp de Gurs " Quand tous sont coupables, personne ne l’est " nous enseigne Hannah Arendt, philosophe allemande, internée au camp de Gurs (64) par le régime de Vichy en tant qu' " indésirable " alors qu'elle avait fui l'Allemagne nazie dès 1933.    

 

              LE VRAI VISAGE DU MANDAT D'ARRÊT EUROPÉEN

 

                                                                       Par Jean-Claude Paye

                                      Sociologue belge, auteur de "La fin de l’État de droit". 
Éditions La Dispute.

 

Le rejet par la Cour de cassation du pourvoi déposé par Aurore Martin rend ainsi possible sa remise aux autorités judiciaires espagnoles pour « participation à une organisation terroriste ». Cette décision montre la nature directement politique du mandat d'arrêt européen. Aurore Martin est poursuivie pour appartenance à Batasuna, une organisation politique interdite en Espagne, mais légale en France. Cette double décision judiciaire : la validation du mandat espagnol par la cour d'appel de Pau et le rejet du pourvoi par la Cour de cassation, constitue une première en France. Cette affaire dévoile ce que permet le mandat d'arrêt européen et que n'autorisait pas l’ancienne procédure d'extradition. Pour bien comprendre 
la dimension du changement, un petit retour aux sources s’impose.

 

Profitant des attentats du 11 septembre 2001, la Commission de l’Union européenne avait ressorti de ses cartons un double projet de décision-cadre, l’un relatif à l’incrimination du terrorisme, l'autre à l’installation d’un mandat d'arrêt européen devant se substituer à la procédure d'extradition.

 

Adoptées toutes deux le 6 décembre 2001 et ensuite intégrées dans les codes pénaux des États membres, ces deux décisions-cadres sont intimement liées. Le mandat d'arrêt prend toute sa dimension liberticide dans le cadre de « la lutte contre le terrorisme ». Rappelons que l'incrimination du terrorisme est immédiatement d’ordre politique. Ce qui spécifie un acte comme tel est l’intention attribuée à l’inculpé de faire pression sur un gouvernement. Ainsi, c’est le pouvoir lui-même qui détermine le type d’opposition qu'il accepte ou celle qu’il criminalise.

 

Le mandat d’arrêt met en place un mécanisme de solidarité entre gouvernements européens vis-à-vis des oppositions qu'ils désignent comme criminelles. Cependant, au contraire de l’ancienne procédure d'extradition, la décision de remettre la personne demandée échappe formellement au gouvernement du pays qui reçoit la demande. Dans la procédure d’extradition, le contrôle judiciaire portait sur la matérialité des faits et la légalité de la demande. En ce qui concerne le mandat d’arrêt, le contrôle judiciaire ne porte plus que sur la régularité formelle du document. L’abandon des procédures de vérification fait que la remise a un caractère quasiment automatique. Ce mode opératoire renverse celui de l'extradition dans lequel la décision revenait in fine au pouvoir politique.

 

La procédure d’extradition reposait également sur l’exigence d’une double incrimination : l’extradition n’était possible que si le fait poursuivi constituait un délit tant dans le pays demandeur de la personne incriminée que dans le pays sollicité. Le mandat européen abandonne cette condition : il suffit que le comportement mis en cause constitue une infraction dans l’État demandeur. Ceci explique pourquoi Aurore Martin est remise à l’Espagne pour appartenance à une organisation politique illégale en Espagne, mais légale en France. Cette possibilité découle du mécanisme psychotique du mandat d’arrêt européen. À la réalité des actes du pays demandeur est substituée la légalité présupposée de ceux-ci. Il s’agit là d'une conséquence du principe de confiance mutuelle. Il est posé, a priori, que les systèmes pénaux des pays de l’Union respectent la démocratie et l’État de droit. La mise en œuvre du mandat ne peut être suspendue « qu’en cas de violation grave et répétée par les États membres des droits fondamentaux ». L'autorisation du transfert d’Aurore Martin nous montre que l’existence de juridictions d'exception ainsi que l’utilisation systématique de la torture vis-à-vis des militants basques ne constituent plus, pour la France, « une violation grave » remettant en cause l’extradition d’un ressortissant français.

 

La revendication d’une « utilisation non politique » du mandat d’arrêt européen, par nature politique, est en soi un non-sens. On ne peut faire face à l’ampleur du déni de démocratie que constitue cette réforme qu'en réclamant sa suppression et le retour à l'ancienne procédure d’extradition.

    

Source : Quotidien "L'Humanité". La photo et sa légende ne sont pas du journal.

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