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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 18:01

 

SOCIÉTÉ

 

L'inédite régression sociétale qui frappe actuellement notre pays se manifeste aussi sous la forme d'un névrotique besoin d'une partie de nos "élites", mais aussi de certains élus politiques, d'exprimer à tout bout de champ leur racisme. Ces nauséabonds positionnements sont bien entendu situés aux antipodes de notre héritage républicain, et il suffisait d'écouter ces derniers jours la députée européenne Nadine Morano pour parvenir aisément à s'en convaincre. Cherchant à justifier son intolérable propos, Mme Morano a même tenté de lier le général de Gaulle à ses vues racialistes, citant un texte dont les spécialistes du général contestent l'authenticité.

 

Jamais depuis les années 30 la société française n'avait connu une telle profusion de voix aussi xénophobes. Il faut se souvenir qu'en 1937, un dénommé Félix Eboué * avait, alors que le racisme était parvenu à son paroxisme partout en Europe, appelé les écoliers de Pointe-à-Pitre à " piétiner les préjugés, tous les préjugés, et (à) apprendre à baser l'échelle des valeurs uniquement sur les critères de l'esprit " poursuivant : " Les pauvres humains perdent leurs temps à ne vouloir considérer que les nuances qui les différencient pour ne pas réfléchir à trois choses précises qui les réunissent : les larmes, le sang, l'intelligence." (1)

 

La multiplication des dérapages raciaux auxquels nous assistons aujourd'hui créée une dynamique faisant grandement le lit de l'extrême droite nationaliste et fragilise les fondements du vivre-ensemble que notre République place en premier plan dans notre Constitution : " la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale " et " elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion." (Article 1er de ce texte fondateur).

 

Les motivations des exilés d'aujourd'hui, qui viennent essentiellement de pays non européens plongés dans des conflits guerriers ou encore de contrées où règne une profonde misère, ne sont en réalité pas différentes de celles qui enclenchèrent les migrations successives d'antan, ces humains s'exilant avant tout pour échapper aux massacres ou encore éviter la famine. On ne peut donc que blâmer ceux qui cherchent à déformer ou étouffer ces cruelles réalités par des propos inappropriés qui sont propices à instaurer la confusion et l'oubli dans notre mémoire collective.

 

La stigmatisation régulière de " l'étranger " à laquelle on assiste de nouveau aujourd'hui remet en cause le principe de fraternité sans lequel aucune vie en communauté est possible. Elle est aussi une redoutable arme déstabilisatrice qui participe à faire basculer le pays entre les mains des ennemis de la République. De nombreux antécédents historiques retracent ce risque, ainsi que l'analyse la chronique ci-après écrite par le fils d’un ancien combattant républicain espagnol de la Guerre d'Espagne qui fut par la suite résistant sous l'Occupation nazie dans l’Aveyron.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

* Félix Éboué, né en 1884 à Cayenne, décédé en 1944 au Caire. Humaniste et littéraire, il fut gouverneur du Tchad, alors colonie française. Résistant de la première heure durant la Seconde Guerre mondiale, sa dépouille repose depuis 1949 au Panthéon.

 

(1)  Citation rapportée par le quotidien Le Monde du mardi 6 octobre 2015.

La députée européenne Nadine Morano alors qu'elle était encore en campagne de soutien à la candidature de Nicolas Sarkosy pour la présidentielle de 2017. Photo : lesinrocks.com

La députée européenne Nadine Morano alors qu'elle était encore en campagne de soutien à la candidature de Nicolas Sarkosy pour la présidentielle de 2017. Photo : lesinrocks.com

                                                                            Par Jean Ortiz **

 

 

Des dizaines de milliers de descendants de Républicains espagnols, fils, filles, petits-fils (filles) du premier exode massif du 20 siècle, vivent avec douleur l’attitude de « la France officielle », macronisée, dans la « crise des migrants »... que nous sommes tous.

 

Cette France des classes dominantes, prêtes à tout, et d’abord aux « réponses sécuritaires », pour conserver pouvoir, privilèges, hégémonie, est celle des féodaux, des Versaillais, des émigrés de Coblentz, de la Cagoule, des Maîtres des Forges, des « Croix de Feu », des anti-Dreyfusards, de la « milice », des pétainistes, celle qui depuis le début des années 1930, fascinée par le « modèle allemand », prépara la fascisation de la démocratie et la liquidation de la République, cette « gueuse ».

 

Tout fut volontaire, organisé, délibéré... Le vernis démocratique vite jeté aux orties par intérêt de classe.

 

Lorsque nos parents, ces premiers antifascistes, vaincus, abandonnés par toutes les « démocraties », arrivèrent par milliers à la frontière catalane, la France officielle ne fut pas dépassée. Elle savait que la Catalogne tombée, la « Retirada » provoquerait un exode très nombreux. Face au drame annoncé, Elle, qui par la « non intervention » préféra Franco au « Frente-crapular », promut le « chaos », la xénophobie, parlant y compris « d’invasion »... au lieu de simple humanité. Les mêmes, toujours les mêmes !

 

La France des « élites » avait depuis longtemps, par « anti-bolchévisme », choisi la défaite, donc son camp : celui de Franco. Voilà pourquoi elle humilia nos parents et en parqua 275.000, sur près de 500.000, dans des camps dits à l’époque « de concentration », entourés de barbelés et surveillés par d’arrogants gendarmes et des forces militaires « coloniales » fanatisées. Ces camps : Argelès, Barcarès, Gurs, Collioure, le Vernet, Setfonds, Saint-Cyprien, Rieucros... Aujourd’hui , nous les « héritiers », portons encore en nous cette blessure originelle, et ce traumatisme fondateur.

 

Le gouvernement Daladier, « de gauche », « queue du Front populaire », à majorité radical-socialiste, investi le 10 avril 1938, menait à la fois une guerre anti-ouvrière (« Plan de redressement économique et financier », « assouplissement de la loi des 40 heures », tiens , tiens !), une répression ciblée, contre les communistes, et criminalisait les « étrangers », surtout « les mauvais étrangers », les « rouges ». Valls n’a rien inventé...

 

Dès le 12 avril 1938, (puis en novembre) des décrets répriment les « propagandes étrangères » et engagent la chasse à tous les « mauvais étrangers », aux « indésirables »... Plus tard, les décrets-lois des 12 et 19 avril 1939, renforcent cette traque aux « indésirables » : les antifascistes de la MOI, les militants de diverses nationalités réfugiés en France, traités comme des chiens, et qui seront les premiers à prendre les armes (en France, cette France qui foula aux pieds leur dignité), pour continuer un combat antifasciste sans frontière, porteurs d’une « patrie d’idéal ». Ces « envahisseurs » furent, par internationalisme, par antifascisme, plus « patriotes » que beaucoup de Français « de souche » !

 

Par haine de classe, le 12 novembre 1938, fut adopté un décret sur « l’internement des étrangers indésirables » dans des « centres (bien) spéciaux » (déjà !). La première réaction de cette France des « élites », de la « synarchie », des collabos, et de quelques brebis « de gauche » faussement égarées, fut de renvoyer ces « rouges dangereux » en Espagne, donc à la mort. A la fin 1939, les deux-tiers des réfugiés des « camps de la honte », avaient, le plus souvent sous la contrainte, repris le chemin du retour. Les autres furent contraints au travail forcé, dans des « Groupes de travailleurs étrangers » (GTE) militarisés, surveillés par les services français, les franquistes et les agents nazis.

 

La France versaillaise, fébrilement « germanophile », nomma ambassadeur en Espagne franquiste (choix ô combien symbolique), un certain Philippe Pétain. Choix délibéré. La France reconnut le gouvernement putschiste de Burgos avant même la fin officielle de la Guerre (premier avril 1939). Un inédit dans les relations internationales ! Par les «accords Bérard-Jordana » (27 février 1939) , un « deuxième Munich », la France de « la bonne société » une nouvelle fois capitula délibérément, devança même la demande, et s’engagea à livrer à Franco les 50 tonnes d’or que les autorités espagnoles avaient déposé en 1931 à Mont-de-Marsan (annexe de la Banque de France), et qu’elle avait refusé aux gouvernements républicains (au nom de la « non intervention » !) lorsqu’ils en firent la demande. Ah, la farce de cette si interventionniste « non intervention » !!

 

Pétain ambassadeur allait « s’occuper » de ces antifascistes étrangers gênants, « subversifs », et travailler à ce que des milliers soient refoulés et livrés de force à l’ami, l’allié, Franco. Pétain alla jusqu’à vanter le régime franquiste. Début août 1939, il adressa un message officiel au « caudillo » « par la grâce de Dieu » et d’Hitler, louant l’architecture d’une Espagne « pacifiée et pacifique, une, grande, libre » (Voir le lumineux « De Munich à Vichy », de Annie Lacroix-Riz, éditions Armand Colin, p. 121)

 

La « grande presse » française se déchaînait contre ces « hordes d’envahisseurs » espagnols. Le 9 février, la semaine même où des milliers de combattants de la liberté, de femmes, d’enfants, épuisés, affamés, bombardés en permanence, arrivaient à la frontière de ce qu’ils croyaient « le pays des droits de l’homme », l’éditorialiste du « Patriote des Pyrénées », quotidien à grand tirage, écrivait : « En un siècle où ne règne que la force, où la moindre faiblesse se paie par le sang, il est déjà bien que nous n’ayons pas refoulé la « horde wisigothique ». Pagès dénonçait « le danger de contagion morale et physique, sans compter les femmes, plus indésirables que leurs compagnons, qui vont rôder dans tout le sud-ouest ». La France vit les événements d’Espagne par procuration. La guerre idéologique fait rage. L’opinion publique, chauffée à blanc, est majoritairement hostile à « l’invasion », avale la xénophobie officielle et l’austérité pour les « classes dangereuses ». Seules la CGT, beaucoup de mairies de gauche, le parti communiste, des militants d’autres partis de gauche, le Secours Rouge, des associations et organisations humanitaires, le Comité international pour l’aide à l’Espagne républicaine, des intellectuels comme Paul Langevin, le libertaire comité « Solidarité internationale antifasciste », etc. sauvent l’honneur de la France en organisant, par solidarité de classe, et/ou simple humanisme, un accueil solidaire.

 

Oui, disons-le et répétons-le, crions-le jusqu’à satiété, les mêmes, toujours les mêmes !

 

 

 

** Jean Ortiz a fait des études supérieures à Montpellier et Toulouse. Il est maître de conférences, syndicaliste et parfois homme politique. Il est spécialiste des littératures des Amériques et des littératures de langue espagnole. Également journaliste, il est chroniqueur à la revue altermondialiste Mémoire des luttes ainsi qu'au quotidien L'Humanité duquel le texte ci-dessus a été extrait le 26 septembre 2015.

 

 

 

 

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22 octobre 2015 4 22 /10 /octobre /2015 15:49
ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE RÉMI FRAISSE

        À Rémi Fraisse, notre fils mort il y a un an

 

                                                                     Le Monde | 22.10.2015 à 12h24

 

Nous avons appris que l’État en France pouvait tuer. Rémi, notre fils et notre frère, a été tué par une grenade offensive lancée par un gendarme alors qu’il était venu à Sivens pour faire la fête et pour discuter d'environnement. Il n’a pas réalisé que les affrontements entre les forces de l’ordre et les opposants étaient devenus violents et dangereux. Il s’est approché. Pourquoi ?

 

Après les débats et les concerts, vers 1 heure du matin, Rémi a été voir ce qui se passait près de la zone de chantier, il a suivi le mouvement qui partait de la métairie. Il était avec Anna, son amie. Près de la zone de chantier, il y avait des jeunes comme lui, des moins jeunes, des militants, des pacifistes, des personnes cagoulées.

 

Le bruit des grenades assourdissantes, des grenades offensives, les gaz lacrymogènes, tout était sûrement très impressionnant. Des personnes se faisaient tirer dessus, il y avait beaucoup de blessés. Il a dû se dire, avec certains, il faut y aller, il faut leur dire d’arrêter, il faut aller aider les collègues.

 

Traîné comme un chien

 

Il s’est approché. C’était le mauvais moment. Plusieurs tirs de grenades à ce moment-là. Rémi tombe au sol. Il est 1 heure 45 du matin. Les gendarmes voient un corps, ils viennent le chercher, ils comprennent que Rémi est mort, ils le traînent comme un chien sur plusieurs dizaines de mètres, sa tête rebondit sur le sol. Les médias parlent d’un corps retrouvé dans la forêt !

 

Un capitaine de gendarmerie nous appelle au téléphone. Personne ne nous dit rien. On nous pose des questions, on nous demande si nous savons où Rémi se trouve, si nous avons des photos de lui. Nous apprenons son décès. Pendant trois jours, le silence, les doutes, les craintes, le mensonge. Rien sur les causes de sa mort, sur les raisons, les circonstances. Y a-t-il une enquête, un juge est-il saisi ? Pourquoi ?

 

L’instruction est finalement ouverte, deux juges sont désignées. L’autopsie révèle qu’il est mort à la suite de l’explosion d’une grenade offensive au niveau de son dos. Cette grenade aurait été lancée par un gendarme mobile non pas depuis la zone de chantier, où les forces de l’ordre étaient positionnées en défense, mais en dehors de cette zone, en mouvement sur le côté sud-est, près de lui.

 

La zone de chantier est située sur un terrain privé déjà entièrement saccagé par les bulldozers du propriétaire, le conseil départemental du Tarn lui-même, sur lequel il n’y a absolument rien à défendre et que l’on a entouré de douves comme au Moyen Age.

 

Vital Michalon quarante ans plus tôt

 

Les gendarmes mobiles ont utilisé contre nos enfants de France des armes qui tuent, grenades de guerre inventées pendant la guerre de 1914-1918. Elles avaient pourtant déjà tué le militant écologiste Vitam Michalon quarante ans plus tôt. Pourquoi ?

 

Nous voulons savoir ce qui s’est passé. Nous voulons savoir comment Rémi est mort, pourquoi il est mort. Toutes les victimes de ce soir-là doivent être entendues. Toutes les personnes présentes à côté de lui et qui peuvent nous expliquer comment cela s’est passé, où il était, ce qu’il a dit. Nous leur demandons, en son nom, pour lui, pour que de tels actes ne se reproduisent jamais sur notre sol, de venir courageusement témoigner pour nous aider à faire toute la lumière sur cet événement dramatique pour la nation tout entière. Nous voulons comprendre

 

Nous voulons comprendre comment un gendarme peut envoyer une grenade mortelle dans de telles circonstances, comment des commandants de gendarmerie ont pu donner l’ordre d’user de ces armes, alors que leur métier est de circonscrire la violence. Nous voulons savoir qui est responsable. Un non-lieu serait terrible.

 

Jean-Pierre Fraisse, Véronique Voiturier et Chloé Fraisse sont les parents et la sœur de Rémi Fraisse

 

 

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 19:17
Marcello Usabiaga,  vétéran républicain qui fut de tous les combats pour défendre la Liberté.

Marcello Usabiaga, vétéran républicain qui fut de tous les combats pour défendre la Liberté.

Nos amis de l'association irunaise Nicolás Guerendiain ont, lors d'une cérémonie qui s'est traditionnellement tenue le 18 octobre 2015 à Pikoketa, rendu hommage aux fusillés républicains espagnols qui furent lâchement exécutés en ce lieu par les troupes franquistes.

 

Cette commémoration incluait exceptionnellement cette année un autre hommage rendu à Marcelo Usabiaga Jauregi, militant de toujours des partis communistes basque et espagnol, qui s'est éteint le 23 juillet 2015 et dont le frère Bernardo faisait justement partie des 13 fusillés de Pikoketa.

 

Voir la vidéo de cette cérémonie commémorative : https://youtu.be/nSMmSjPvWv0?list=PLosYUj256FiOEWmfUKgY4R7aIaPTKlUnnhttp://

 

Suivre une interview de Marcelo Usabiaga : https://youtu.be/GemzCfs_ovE

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 19:15
250 000 protestataires dans les rues de Berlin samedi 10 octobre 2015 contre les accords de "libre échange"TTIP-CETA;

250 000 protestataires dans les rues de Berlin samedi 10 octobre 2015 contre les accords de "libre échange"TTIP-CETA;

Une foule impressionnante, estimée à 250 000 personnes, est descendue hier samedi 10 octobre 2015 dans les rues du quartier gouvernemental de Berlin pour s’opposer à l'entêtement que manifeste l’UE d’adopter les accords transatlantiques de type ultra-libéral baptisés TTIP et CETA qui suscitent de fortes inquiétudes au sein des populations des pays de l'Union.

 

 

Voir la vidéo de la manif : https://youtu.be/I0fTAwwq1Ww

 

 

Ainsi que nos divers articles déjà parus à ce sujet :

 

http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2013/05/derive-transatlantique.html

 

http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2014/11/ongi-etorri-bienvenue-sur-notre-site-socio-environnemental-4.html

 

http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2015/05/tafta-les-eurodeputes-contre-l-attente-des-citoyens.html

 

 

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 11:25
Symbole de la toute puissance d'un constructeur automobile qui produit 10 millions de véhicules par an et possède pas moins de 12 marques, ce qui ne l'empêche pas de ne rien refuser pour tenter par n'importe quel moyen d'étendre encore plus son empire.  Photo : Sirius

Symbole de la toute puissance d'un constructeur automobile qui produit 10 millions de véhicules par an et possède pas moins de 12 marques, ce qui ne l'empêche pas de ne rien refuser pour tenter par n'importe quel moyen d'étendre encore plus son empire. Photo : Sirius

Nous rapportions dans l'un de nos articles daté du 19 décembre 2014 qui traitait des mauvaises performances environnementales des actuels véhicules automobiles (http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2014/12/ongi-etorri-bienvenue-sur-notre-site-socio-environnemental.html) que la triche autour des normes anti-pollution était une pratique courante chez bon nombre de constructeurs automobiles, et plus particulièrement chez ceux d'outre-Rhin qui cherchent ainsi à dissimuler les nuisances de leurs véhicules de plus ou moins grandes tailles qui sont fort polluants.

 

Nous ne pouvions pour autant imaginer un seul instant qu'une énergie si foncièrement criminelle (celle qui consiste à manipuler les logiciels embarqués des véhicules) était utilisée par Volkswagen pour tromper les consommateurs et manifester un tel dédain envers notre environnement. La suite à donner à cette affaire est désormais entre les mains de la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal qui a dénoncé "une forme de vol du contribuable et de l'Etat", sachant que les véhicules réputés propres bénéficiaent de bonus étatiques.

Alors que l'utilisation frauduleuse de logiciels manipulateurs d'émissions réelles d'oxydes d'azote, de dioxyde de carbone et de consommation de carburant déstabilise actuellement le géant Volkswagen, voici, selon des éléménts d'enquête fournis par l'organisation " Transport and Environement ", de combien les constructeurs trichent lorsqu'ils fournissent les rejets en CO2 de certains de leurs véhicules. Source : www.transportenvironment.org. Cartographie : Les Echos.

Alors que l'utilisation frauduleuse de logiciels manipulateurs d'émissions réelles d'oxydes d'azote, de dioxyde de carbone et de consommation de carburant déstabilise actuellement le géant Volkswagen, voici, selon des éléménts d'enquête fournis par l'organisation " Transport and Environement ", de combien les constructeurs trichent lorsqu'ils fournissent les rejets en CO2 de certains de leurs véhicules. Source : www.transportenvironment.org. Cartographie : Les Echos.

Cette falsification des résultats de tests semble désormais prendre le chemin d'une procédure judiciaire qui pourrait coûter jusqu'à 16 milliards d'euros de pénalités financières au constructeur allemand Volkswagen (VW), ce dernier venant de se faire épingler par l'Agence de protection environnementale américaine pour avoir grossièrement manipulé les tests et communiqué des chiffres totalement erronés concernant, entre autres, les rejets d'oxydes d'azote de ses véhicules dernièrement mis sur le marché. Voici cette autre révélation : //http://www.francetvinfo.fr/internet/tricherie-aux-controles-anti-pollution-c-est-quoi-la-combine-volkswagen_1093409.html

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT continuera de scruter les médias internationaux connus pour être généralement bien informés sur ces problèmes liés aux mensonges environnementaux afin d'offrir la primeur de nouvelles informations à ses visiteurs .. 

 

 

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 10:28
HENDAYE : HOMMAGE À ARISTIDES DE SOUSA MENDES

      Voir le site de l'association historique OROITZA : http://www.oroitza-histoire-d-hendaye.fr/

 

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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 12:04
Considérée comme l'arrière-cour des pays qui donnent le ton au sein de l'Union européenne, la Grèce va devoir brader son patrimoine national (ici 14 de ses aéroports) afin de satisfaire les exigences de ses créanciers. Graphique : Magazine politique "MONITOR" de la 1ère chaîne télévisée publique allemande

Considérée comme l'arrière-cour des pays qui donnent le ton au sein de l'Union européenne, la Grèce va devoir brader son patrimoine national (ici 14 de ses aéroports) afin de satisfaire les exigences de ses créanciers. Graphique : Magazine politique "MONITOR" de la 1ère chaîne télévisée publique allemande

 

La crise financière grecque est révélatrice du fonctionnement ordo-libéral de l'Union européenne et de la cassure qui existe entre les pays qui profitent ou subissent cette doctrine socio-économique venue d'outre-Rhin il y a 70 années. Les vagues de privatisations de bien publics qu'imposent les tenants de cette orthodoxie sont humiliantes pour des pays qui sont au bord du gouffre comme la Grèce, mais pourraient également se révéler redoutables pour d'autres membres de l'Union qui sont économiquement affaiblis et/ou fortement endettés.

           

                                                  

                                                                                      Par Sirius                                                                                                                        notre envoyé spécial à Berlin

 

 

Nous évoquions dans nos précédents articles les causes de la situation financière grecque qui sont à rapprocher du fait que Berlin à accru son avantage compétitif par rapport aux autres membres de l'UE en amputant sa propre demande intérieure et en comprimant les salaires afin de dégager des surplus financiers qui lui permirent de devenir le principal prêteur de capitaux et fournisseur de biens de consommation en Europe. L'énorme endettement de la Grèce n'offrant désormais plus la possibilité de pouvoir continuer à exporter vers ce pays sans encourir le risque de défauts de paiements, l'ordolibéralisme allemand, appuyé par les États conservateurs de l'Eurogroupe, escompte qu'une vague de privatisations d'entreprises étatisées grecques soulagera Athènes d'une partie de sa dette souveraine et relancera les exportations de biens "Made in Germany" vers ce pays. Au-delà de cette espérance, la possibilité d'acquérir à vil prix des pans entiers de l'économie hellénique fait aussi partie du calcul des tenants de cette orthodoxie.  

 

 

Riche de son insolente santé économique ainsi que du gigantesque et constant excédent de sa balance commerciale qui a atteint 217 milliards d'euros en 2014, l'Allemagne fait partie du cercle très restreint des pays susceptibles de se porter candidats à des rachats massifs du secteur étatique grec. Nos voisins d'outre-Rhin possèdent en la matière une inégalable expérience, acquise lors des privatisations d'une multitude de grandes entreprises et infrastructures effectuées sous le regard ébahi des anciens dirigeants de la RDA. On se souvient que le démembrement des entreprises d'État de ce défunt pays tendait à effacer au plus vite tout souvenir du passé historique Est-allemand, tout en visant à simultanément démonter la supériorité ainsi que l'irréversibilité de l'idéologie ordo-libérale sur laquelle repose le capitalisme rhénan. Nombreuses furent les entreprises ouest-allemandes, mais aussi parfois étrangères, qui parvinrent à récupérer ainsi à bas prix les fleurons de la chimie, de l'optique, de la construction navale, ainsi que des mines ou encore de l'énergie fossile de l'ancienne RDA. Ces privatisations  accomplies, les accusations de distorsions concurrentielles émises par le monde entrepreneurial européen fusèrent de toutes parts.  

 

 

C'est en escomptant pouvoir réitérer ce scénario d'acquisitions effectuées à bon compte que les créanciers allemands, principaux bailleurs de fonds du gouvernement grec par l'entremise de la BCE qui a recapitalisé les banques privées prêteuses afin de contourner le problème des pertes essuyées par celles-ci suite aux défauts de remboursements d'Athènes, que le Ministère allemand des Finances appuie la privatisation quasi généralisée des biens publics grecs. Ce processus a débuté par la vente aux enchères du port du Pirée aux Chinois courant 2014, puis par celle de 14 des aéroports aux bilans bénéficiaires qui devaient être vendus à la fin de l'année dernière pour la somme de 1,2 milliards d'euros à la société qui gère l'aéroport de Francfort (Fraport) et qui, paradoxalement, est majoritairement détenue par des capitaux publics allemands.  

 

 

Élu confortablement début 2015, le nouveau gouvernement de gauche mené par Alexis Tsipras gèle depuis son arrivée au pouvoir le bradage des biens publics grecs et cherche à renégocier les contrats de privatisations avalisés par l'équipe précédente. Estimant que ces privatisations doivent avant tout "servir l'intérêt général", Alekos Flambouraris, ministre d'État à la coordination gouvernementale, s'exprime sans ambage sur le processus en cours : "Dans cette privatisation l'État grec doit vendre 14 aéroports qui dégagent des profits et conserverait les 30 autres qui perdent de l'argent et sont donc tributaires des subventions. Ceci est un modèle qui n'a été utilisé nulle part ailleurs en Europe et colle mieux au statut d'une colonie qu'à celui d'un pays membre de l'UE", objecte-t-il.

 

 

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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 12:14

 

UN NOUVEAU TON POLITIQUE

 

Des voix issues des influents milieux économiques allemands s'élèvent avec toujours plus d'insistance pour demander un "Dexit" (ndlr: Deutschland exit), ce qui équivaudrait à réintroduire le DM comme monnaie nationale outre-Rhin, et donc ne plus devoir partager une communauté de destin avec les pays mal-en-point du flanc méditerranéen de l'UE. Horrifiée par cette perspective, ainsi que par la confrontation qui vient d'avoir lieu entre le premier ministre grec Alexis Tsipras et les autorités allemandes et européennes, l'ancienne vice-présidente du Bundestag*, Antje Vollmer (Verts allemands), rapproche cet épisode de celui auquel s'était trouvé mêlé le secrétaire général du parti communiste tchécoslovaque, Alexander Dubcek, lors des événements du Printemps de Prague en 1968. Elle exprime au passage des critiques amères sur l'actuel ton politique allemand, mais aussi sur le déficit démocratique qui règne au sein des institutions de l'Union européenne.

                          

 

                                  Interview réalisée par Markus Decker / Berliner Zeitung du 15.07.2015

                                                                   Traduction : Sirius, en direct de Berlin

 

 

Madame Vollmer, les appréciations concernant le troisième paquet d'aide financière à la Grèce sont très différenciées. Le camp conservateur dit : les grecs peuvent s'estimer encore heureux. La gauche politique parle par contre d'une mise sous tutelle. Qu'en pensez-vous ?

 

Beaucoup de gens ont été figés de torpeur par ce choc. Nous avons été contraints, réduits en un rôle de voyeurs, d'assister à une sombre et excessive pédagogie où personne ne pouvait intervenir. Certains essayant de comprendre pourquoi on s'en prenait à un gouvernement librement élu afin de statuer par une décision qui se voulait exemplaire. Les acteurs ainsi que les médias complaisants contournèrent cet ordre du jour tout en sachant pertinemment qu'il s'agissait d'un acte détestable. Les cours boursiers réagirent aussitôt à la hausse.

 

 

Vous appartenez au camp de ceux qui considèrent que tout cela est un acte d'asservissement ?

 

Tout cela me rappelle un événement historique du début de ma biographie politique: Le Printemps de Prague de 1968. Il s'agissait alors d'empêcher un petit État de chercher sa voie hors d'un système préétabli, à savoir: opter pour un "socialisme à visage humain". En ce temps là déjà le secrétaire général des communistes tchèques, Alexander Dubcek, fut massivement contraint d'accepter le diktat des cinq membres du Pacte de Varsovie, ou de disparaître de la scène politique. J'ai, comme d'autres, entendu Tsipras dire lui aussi "je ne vais pas signer l'acte de décès de la Grèce", et chercher ensuite l'appui d'un référendum qui fut aussitôt dénoncé par Angela Merkel comme étant un acte menant à "une perte de confiance". Et dire qu'un parlement librement élu est contraint d'avaliser en l'espace de deux jours un paquet de lois que dans d'autres pays mettent trois à cinq à promulguer. La Grèce devient un protectorat de la Zone euro. J'assiste à tout cela avec un sentiment d'inconsolable impuissance.

Antje Vollmer, ancienne vice-présidente du Bundestag, ne ménage pas ses critiques sur la façon dont le problème de la dette souveraine grecque est traité par le monde politique de son pays, ainsi que sur le déficit démocratique qui règne au sein des institutions de l'UE.

Antje Vollmer, ancienne vice-présidente du Bundestag, ne ménage pas ses critiques sur la façon dont le problème de la dette souveraine grecque est traité par le monde politique de son pays, ainsi que sur le déficit démocratique qui règne au sein des institutions de l'UE.

Lorsque vous faites des parallèles avec Prague, le camp conservateur vous répond que Dubcek ne cherchait pas à vouloir tracer une nouvelle voie avec l'argent des autres.

 

Cet argument repose sur un non-sens. Wolfgang Schäuble** sait parfaitement que son budget fédéral est uniquement en équilibre du fait des conditions d'intérêts avantageuses dont notre pays bénéficie dans cette crise de l'euro par rapport aux autres, et cela est aussi dû au déséquilibre économique qui résulte de la supériorité exportatrice allemande vers les pays faibles. Même s'il pouvait ne s'agir que de tactique et de mise en scène, Schäuble est allé trop loin avec sa proposition de Grexit. Je sais que la vie de Schäuble n'est marquée que de rigueur personnelle et d'humiliation politique. Il a ainsi détruit de sa propre main sa chance d'être un grand européen.

 

La finalité de cette controverse n'est-elle pas aussi simplement la marque d'une absence de patience face à des tiraillements qui se prolongent déjà depuis plusieurs années ?

 

Tous les programmes d'aides et contournements statuaires précédents ont été tracés et réalisés entre autres par Goldman Sachs, puis avalisés par l'irremplaçable Troïka***. Mais leurs conséquences sont maintenant mises sur le compte d'un gouvernement grec qui n'est en fait parvenu au pouvoir que parce qu'il avait justement promis de sortir de ce système. C'est la raison pour laquelle de nombreux jeunes et retraités grecs qui sont tout autant lassés de la Troïka que de leur système oligarchique interne ont voté pour ce gouvernement. Contrairement à cela, la Zone euro démontre que les élections démocratiques sont devenues inutiles, puisque le seul fait de songer à transformer l'actuel système équivaut déjà à commettre un crime de lèse majesté.

 

 

 

*    Chambre parlementaire basse équivalente à notre Assemblée nationale

**   Ministre fédéral allemand des finances

*** Troïka = CE+BCE+FMI

 

 

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 12:03
Plus néolibéral que pouvait le laisser supposer son étiquette social-démocrate (SPD), l'ancien chancelier fédéral Gerhard Schröder, père spirituel d'une dérégulation du marché du travail ainsi que d'une politique de dumping social connus sous les appellations "Agenda 2010" et "Hartz IV", aura été l' idole des marchés financiers ainsi que le mentor de nombreux hommes politiques européens en quête de redressements budgétaires effectués sur le dos des salariés. Il quitta la scène politique après un second mandat houleux et des élections perdues, mais parvint aussitôt à se faire engager au sein de conseils d'administration de diverses grandes sociétés, tout en menant parallèlement à cela des activités de lobbyiste.

Plus néolibéral que pouvait le laisser supposer son étiquette social-démocrate (SPD), l'ancien chancelier fédéral Gerhard Schröder, père spirituel d'une dérégulation du marché du travail ainsi que d'une politique de dumping social connus sous les appellations "Agenda 2010" et "Hartz IV", aura été l' idole des marchés financiers ainsi que le mentor de nombreux hommes politiques européens en quête de redressements budgétaires effectués sur le dos des salariés. Il quitta la scène politique après un second mandat houleux et des élections perdues, mais parvint aussitôt à se faire engager au sein de conseils d'administration de diverses grandes sociétés, tout en menant parallèlement à cela des activités de lobbyiste.

                                                                      En direct de Berlin par Sirius

 

 

Alors que les milieux financiers internationaux appuyés par les instances de l'UE ainsi que les nombreux gouvernements conservateurs européens cherchent à faire plier le nouveau gouvernement grec afin de lui imposer une rigueur budgétaire dont on sait qu'elle aura des effets dévastateurs sur les couches sociales déjà les plus défavorisées de ce pays, Athènes attend toujours que les institutions européennes ainsi que des pays comme l'Allemagne ou la France reconnaissent enfin la part de responsabilité qu'ils portent en regard de la situation financière particulièrement dramatique de la Grèce (voir nos divers articles traitant de ce point sous notre rubrique "SOCIÉTÉ & SOLIDARITÉ"). Pendant ce temps, outre-Rhin, une contestation populaire grandissante dénonce la politique d'austérité salariale et sociale que mène le gouvernement de Mme Merkel, et qui entraîne une vague sans précédent de suicides et drames familiaux, tellement la gestion économique autoritaire du pays est inégalitaire.

L'Allemagne, recordman mondial du dumping salarial. Le pouvoir d'achat des salariés percevant un salaire médian à diminué de 4,5% entre 2000 et 2010, alors que le pays possède les industries les plus modernes et l'une des économies les plus productivistes de la planète.

L'Allemagne, recordman mondial du dumping salarial. Le pouvoir d'achat des salariés percevant un salaire médian à diminué de 4,5% entre 2000 et 2010, alors que le pays possède les industries les plus modernes et l'une des économies les plus productivistes de la planète.

C'est dans ce contexte de déstabilisation sociale européenne généralisée et de marginalisation économique de plus en plus prononcée des pays constituant le flanc sud de l'UE que le peuple grec a, par voie référendaire, largement repoussé la poursuite de la politique d'austérité sociale et budgétaire voulue par les technocrates néoconservateurs de Bruxelles et les expansionnistes économiques d'outre-Rhin. 

Pourcentage des bas salaires dans l'ensemble du monde salarié européen.

Pourcentage des bas salaires dans l'ensemble du monde salarié européen.

Face à la pensée uniformisée qui règne dans les cercles politico-économiques européens et s'éloigne toujours plus des aspirations sociales des peuples de l'Union, Yanis Varoufakis, ancien ministre des finances de l'actuel gouvernement Tsipras, exprime ce qui pourrait demain basculer sur notre continent * :

 

"La crise sociale a atteint les sociétés à cause de l' architecture mal bâtie de la zone euro, offrant ainsi aux européens de bonnes raisons de rendre l'Europe responsable de cette situation et de refuser d'accepter que l'UE puisse se retrancher derrière des positions légalistes, étant donné qu'il n'est pas du devoir des citoyens de prévoir quels coûts sociaux les institutions européennes bancales peuvent engendrer." , puis d'en conclure : " Si l'UE ne réagit pas, alors l'Europe courra le risque d'assister à une montée des extrémismes, du racisme et de la xénophobie, voire encore d'un nazisme revendicatif."

 

 

* A modest proposal for resolving the Eurozone crisis (Une modeste proposition pour résoudre la crise de la Zone euro), ouvrage collectif de Yanis Varoufakis, Stuart Holland et James K. Galbraith – 2015

                         

Note
Griefs des opposants à l' Agenda 2010 et les lois Hartz IV  
                                    Source : http://www.die-opfer-der-agenda-2010.de/


L’Agenda 2010, ainsi que la législation qui résulte du régime Hartz IV (équivalent du RSA en Allemagne), engendrent sciemment la pauvreté ainsi que la privation de droits. Ceci nous concerne tous, directement ou indirectement, aujourd’hui ou demain.


Nous exigeons la suppression immédiate du travail obligatoire et des sanctions inscrites dans le code de la Sécurité sociale allemand § 31 und § 32 SGB II, non conformes à la Loi fondamentale allemande et aux droits de l’Homme.

 

L’Agenda 2010, et notamment les lois Hartz IV, ne touchent pas seulement les 10 millions de personnes directement concernées. En effet, au travers de la pression exercée sur les salaires et les contrats de travail, les lois Hartz IV déploient leurs forces destructrices sur toute la société.


Les chômeurs sont contraints d’accepter des mesures d’emplois précaires ou inappropriées pour pouvoir subsister. Le dumping salarial et les bas salaires ont engendré une spirale concurrentielle qui tire les salaires vers le bas. Des emplois précaires et mal payés se développent de manière épidermique et remplacent les contrats de travail réglementés.


Cette expansion du secteur des bas salaires et cet appauvrissement d’une grande partie de la population sont voulus par les décideurs politiques allemands et s’exportent maintenant dans une grande partie de l’Europe. L’Allemagne contraint des États membres comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne à diminuer les salaires. Le modèle Hartz IV est également recommandé à d’autres pays. Le président français François Hollande a ainsi rencontré fin janvier Peter Hartz, le père de la dérégulation du marché du travail en Allemagne. Hartz IV devient le modèle à exporter dans toute l’Europe.


Nous voulons supprimer les lois Hartz IV qui méprisent la dignité humaine en vantant la mise en place de services „modernes“ sur le marché du travail. Nous exigeons le droit à un revenu d’existence inconditionnel.

 

 

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20 juin 2015 6 20 /06 /juin /2015 10:19
Parlement européen de Strasbourg : une instance supranationale dont les pouvoirs décisionnels sont bien moindres que ceux de la Commission européenne, sorte de gouvernement non démocratiquement désigné de l'Union.

Parlement européen de Strasbourg : une instance supranationale dont les pouvoirs décisionnels sont bien moindres que ceux de la Commission européenne, sorte de gouvernement non démocratiquement désigné de l'Union.

 

La dérégulation du marché du travail qui est actuellement mise en place dans l'ensemble de l'Union européenne passe par une légalisation des licenciements de masse censés faciliter la délocalisation des emplois ainsi qu'une privatisation généralisée des Services publics. Ces mesures sont présentées comme devant redynamiser la compétitivité économique de l'UE par rapport au reste du monde, et les conservateurs ainsi que les sociaux-libéraux (encore trompeusement appelés "socialistes" par certains) défendent à l'unisson cette piètre vision sociale que la troïka (CE+BCE+FMI), codirigée par la chancelière Merkel, cherche à imposer aux citoyens européens.

 

C'est dans ce contexte que le nouveau gouvernement d'Athènes tente aujourd'hui de tenir tête au tandem Troïka-Merkel au sujet de la dette souveraine grecque initialement contractée auprès de banques privées (essentiellement allemandes et françaises) qui escomptaient pouvoir soutirer trois à quatre fois plus d'agios de ce pays que d'autres placements obligataires du fait du discrédit dont la Grèce pâtissait auprès des agences de notations financières. Malgré les risques encourus, ces banques privées se lancèrent dans l'octroi de prêts tout autant colossaux que lucratifs envers ce pays (1), sachant qu'elles pouvaient toujours compter sur un rachat de la dette grecque par la BCE soumise aux ordres du tandem Troïka-Merkel. Ce présumé scénario fut, comme l'on pouvait s'en douter, transcrit dans les faits, et la trame de cette affaire oppose désormais un gouvernement grec au reste de l'Europe devenue subitement crèancière de la Grèce à seule fin de rattraper les errements spéculatifs des banques.

 

On voit bien que l'austérité budgétaire voulue par la chancelière ne repose pas sur l'implacable logique économique qu'on lui prête, puisque l'intransigeance de Mme Merkel, associée en cette circonstance à Mme Lagarde, patronne du FMI, est fort différente selon que cette dernière s'adresse à un gouvernement de gauche grec ou à des banquiers envers lesquels ces dames  saventt faire preuve de laxisme, voire de connivence. C'est là le fond du débat au sujet duquel l'actuel premier ministre grec, Alexis Tsipras, livre une résistance acharnée envers Mmes Merkel-Lagarde, leur reprochant de chercher à étrangler financièrement la Grèce, ce qui pourrait permettre à la chancelière d'offrir des pans entiers de l'économie hellénique au moindre coût aux entreprises allemandes ainsi qu'à d'autres requins aux aguets si Alexis Tsipras venait par malheur à capituler .

 

Cette affaire de l'endettement grec soulève désormais la question de savoir si l'Union européenne est en mesure d'admettre que des gouvernements démocratiquement élus peuvent mettre en place des politiques de gestion qui cherchent à servir l'intérêt de leur pays, et si ces élections ont en fin de compte encore un quelconque sens dans l'espace communautaire ?

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

(1) Lire à ce sujet notre article : http://hendaye.environnement.over-blog.fr/article-dettes-souveraines-108856827.html concernant l'utilisation qui a parfois été faite de ces crédits.

 

 

                MOBILISONS-NOUS AVEC LES GRECS DU 20 AU 27 JUIN

 

                                                                       Collectif Audit Citoyen           

 

 

Les événements s’accélèrent dans les négociations entre le gouvernement grec et ses créanciers. Dans ce contexte critique, la solidarité avec le peuple grec doit plus que jamais s'exprimer !

 

 

Mais il ne s'agit pas seulement de faire preuve de solidarité : en écrasant la Grèce, les créanciers veulent effacer de la carte européenne la possibilité même d'une alternative aux politiques austéritaires. C'est pourquoi la semaine d'action prévue du 20 au 27 juin sera aussi une semaine de résistance européenne :

 

 

- A Paris, une manifestation est organisée samedi 20 juin au départ de Stalingrad à 15h en direction de République, où des festivités et débats seront organisés. Soyons nombreux ! Le même jour, des manifestations se tiendront à Londres, Berlin, Rome et dans de nombreuses autres villes en Europe et en France…

 

 

- Un outil est à votre disposition pour interpeller vos députés « Ne soyez pas les complices de l'étouffement de la Grèce ! » : http://www.audit-citoyen.org/?p=6477

 

 

- Une vidéo grand public de mobilisation, «Trois idées reçues sur la crise grecque», à visionner et diffuser largement, est disponible ici : http://www.audit-citoyen.org/?p=6466

 

 

- Le rapport préliminaire de la Commission pour la vérité sur la dette grecque a été rendu public mercredi 17 juin à Athènes, en présence des plus hautes autorités grecques. Il sera bientôt mis en ligne. Une première analyse est disponible ici : http://www.okeanews.fr/20150617-la-dette-grecque-illegale-illegitime-et-odieuse-selon-le-rapport-preliminaire-du-comite-sur-la-dette

 

 

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