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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 14:13

 

Fondation-Abbe-Pierre.jpg

 

                       Vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=HVlGC675u6Q&feature=player_embedded        

 

La Fondation constate que l’impact de la crise économique fragilise la capacité des familles à assumer le
coût de leur logement.

 

Comme chaque année, le 15 mars verra la fin de la trêve des expulsions locatives et sera à nouveau une date difficile pourles familles sous la menace d’une procédure dont le nombre augmente année après année.

 

Le nombre d’assignations, toutes causes confondues (impayés, congés, etc) a encore progressé avec 158 329 procédures en 2010 (soit une augmentation de 26 % en 10 ans, et même de 7% depuis 2008). Le nombre d’expulsions par la force publique (11 670 en 2010), extrêmement traumatisantes, ne se tarit pas non plus. D’autant qu’au-delà des interventions de la force publique, on estime à près de 50 000 les ménages contraints de quitter leur logement. En effet, la plupart n’attendent pas la visite de la police pour libérer les lieux.

 

Des ménages très souvent victimes de la crise économique : le nombre de personnes entrées en contact avec la Fondation Abbé Pierre qui mettent en avant une dégradation de leur situation d’emploi comme cause de leur impayé est passé de 44 % à 54 % en un an. Ainsi, le nombre de 480 000 ménages en situation d’impayé en 2006 (dernière enquête Insee disponible)n’a pu que croître de manière importante.


Cette politique essentiellement répressive est incompréhensible car le coût des expulsions pour la collectivité est considérable. On sait notamment que les indemnités versées aux bailleurs, lorsque le préfet ne leur accorde pas le concours de la force publique demandé, se sont élevées à 55 millions d’euros en 2010. La mise à la rue des ménages et les conséquences dramatiques qui peuvent s’ensuivre sont une telle préoccupation que certains élus locaux prennent symboliquement des arrêtés anti-expulsion pour marquer leur désaccord avec cette politique brutale qui oublie la prévention indispensable.


Plus globalement, c’est la logique des politiques publiques dans ce domaine qui est largement insuffisante, incohérente voire inefficace – comme l’illustre la mise en place très tardive de commissions spécialisées (CCAPEX).

 

Consciente depuis bien longtemps de ces insuffisances, la Fondation Abbé Pierre a ouvert en 2009 une plateforme « ALLO PREVENTION EXPULSION » au 0 810 001 505, pour les personnes confrontées à ces problématiques (qu’elles soient locataires en difficulté ou propriétaires soucieux d’éviter le pire). Cette plateforme téléphonique a depuis lors conseillé 5000 ménages menacés d’expulsion.

 

                  

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 14:06

 

CIVILISATION

 

             CETTE IMAGE DOIT FAIRE LE TOUR DU MONDE !
 

J'ai beaucoup plus de respect pour un Guerrier qui protège la Vie - pour nous, pour nos enfants, nos petits-enfants et pour les générations futures - que pour une civilisation superficielle et ses intérêts personnels !


Pendant que les magazines et les chaînes de télévision parlent de la vie des célébrités, le Chef de la Tribu des Kayapo a reçu la pire nouvelle de sa vie : Dilma, la présidente du Brésil, a donné son approbation pour la construction d'une énorme centrale hydroélectrique (la 3ème plus grande au monde).


C'est la sentence de mort pour tous les peuples vivant prêt du fleuve, car le barrage inondera environ 400 000 hectares de forêt. Plus de 40 000 Indiens devront trouver de nouveaux endroits où vivre. La destruction de l'habitat naturel, la déforestation et la disparition de plusieurs espèces sont des faits !


Ce qui me retourne l'estomac, me fait honte de faire partie de cette culture occidentale, est la réaction du Chef de Tribu des Kayapo lorsqu'il apprend la décision - son geste d'impuissance devant l'avance du progrès du capitalisme, une civilisation moderne qui n'a aucun respect pour les cultures différentes de la leur... Mais nous savons qu'une image vaut mille mots, et montre le véritable prix à payer pour la "qualité de vie" de nos bourgeois.

Esplanade du Trocadéro à Paris : Le Chef Raoni plaide pour la préservation des Cultures amazonniennes.

Esplanade du Trocadéro à Paris : Le Chef Raoni plaide pour la préservation des Cultures amazonniennes.

Évidemment, à côté de millions de personnes, ce n'est rien. Et pourtant ! Ces indiens sont les derniers de civilisations anciennes, leur mode de vie diffère profondément des nôtres et sont ancrés dans des valeurs que nous méprisons parfois, nous qui sommes si fiers de produire, fiers d'avoir de l'argent, fiers de progrès dont on se demande si nous avons vraiment raison d'en tirer un orgueil quelconque. Eux vivent encore simplement, ne connaissent pas les smart phones ou autre gadget indispensable, mais leur vie est harmonieuse, dans une nature jusque-là préservée. Et au nom de quoi va-t-on leur enlever cela, les obligeant à partir, changer radicalement de mode de vie ?

 

Est-ce à dire qu'il n'y a plus dans notre monde de place pour ceux qui vivent différemment, que tout doit être aplani, que chacun, au nom de la mondialisation, doit perdre son identité, sa façon de vivre.


Je vous en prie, si cela vous indigne, copiez le texte ci-dessus et faites-le parvenir à tous ceux que vous connaissez et cliquez sur le lien : http://raoni.fr/signature-petition-1.php

 

Que cette image fasse le tour du monde ! Merci de partager ce message et de signer la pétition.

 

Christiane Dumont

 

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 11:25

 

800px-Bidasoa_ibaiaren_ahoa.jpg

                                                           L'aéroport urbain de Hondarribia face à Hendaye

 

 

L'aéroport de Hondarribia (Fontarrabie), situé près de Saint-Sébastien (Donostia) s'apprête à accueillir de nouveaux vols et de nouvelles compagnies aériennes. Pour le moment, cette hausse du trafic semble seulement entraîner une hausse des nuisances, mais pas du nombre des passagers.

 

La compagnie aérienne à bas prix Helitt a commencé ce mardi à desservir l'aéroport de Hondarribia. Le premier vol a décollé avec vingt minutes de retard et deux passagers à bord, en direction de Barcelone. L'avion de retour a atterri avec 12 passagers à bord.

 

Malgré ce faible remplissage de l'avion, le président de la compagnie, Abel Pizarro, s'est dit optimiste concernant l'avenir et a assuré que le nombre de réservations est plus élevé pour les semaines qui viennent. "Les prévisions sont bonnes", a-t-il assuré. La compagnie Helitt envisage même d'offrir, avant le mois de juin, un vol quotidien entre entre Hondarribia et les aéroports de Madrid et de Barcelone.

 

D'autres compagnies aériennes vont également augmenter leurs offres de vols depuis l'aéroport de Hondarribia: des vols de Vueling en direction de Barcelone sont prévus à partir du mois de mars, alors que la compagnie Air Nostrum (Iberia), va augmenter de 7 à 10 les vols quotidiens vers Madrid, tout en baissant les prix des billets.

 

Reste à savoir si les compagnies aériennes seront capables de remplir tant d'avions…

 

Quant aux nuisances, il existe moins de doutes. L'augmentation du trafic aérien entraînera inévitablement une augmentation de la nuisance subie par les riverains de la baie du Txingudi (Hondarribia, Irun, Hendaye,…).

 

04.01.2012

Source : eitb.com

 

 

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 11:30
Image remémorant la noyade dans la Seine à Paris de nombreux Algériens jetés à l'eau après leur participation à une manifestation pacifique le 17 octobre 1961.  Crédit photo : Wikipedia

Image remémorant la noyade dans la Seine à Paris de nombreux Algériens jetés à l'eau après leur participation à une manifestation pacifique le 17 octobre 1961. Crédit photo : Wikipedia

EN HOMMAGE AUX ALGÉRIENS JETÉS DANS LA SEINE EN MARGE D'UNE

MANIFESTATION PACIFIQUE DE CEUX-CI LE 17 OCTOBRE 1961 À PARIS

 

                                                                 Cinquantième anniversaire

 

 

ÉTRANGES ÉTRANGERS

 

Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel
hommes des pays loin
cobayes des colonies
Doux petits musiciens

 

soleils adolescents de la porte d’Italie
Boumians de la porte de Saint-Ouen
Apatrides d’Aubervilliers
brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris
ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied
au beau milieu des rues
Tunisiens de Grenelle
embauchés débauchés
manœuvres désœuvrés
Polacks du Marais du Temple des Rosiers

 

Cordonniers de Cordoue soutiers de Barcelone
pêcheurs des Baléares ou bien du Finisterre
rescapés de Franco
et déportés de France et de Navarre
pour avoir défendu en souvenir de la vôtre
la liberté des autres

 

Esclaves noirs de Fréjus
tiraillés et parqués
au bord d’une petite mer
où peu vous vous baignez

 

Esclaves noirs de Fréjus
qui évoquez chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille boîte à cigares
et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé
la prise de la Bastille le quatorze juillet

 

Enfants du Sénégal
dépatriés expatriés et naturalisés

 

Enfants indochinois
jongleurs aux innocents couteaux
qui vendiez autrefois aux terrasses des cafés
de jolis dragons d’or faits de papier plié
Enfants trop tôt grandis et si vite en allés
qui dormez aujourd’hui de retour au pays
le visage dans la terre
et des bombes incendiaires labourant vos rizières


On vous a renvoyé
la monnaie de vos papiers dorés
on vous a retourné
vos petits couteaux dans le dos

Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous en mourez.

 

Jacques PRÉVERT Grand bal du printemps
( La Guilde du Livre,1951 ; Éditions Gallimard,1976)

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Published by Sirius
5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 18:21
P1040762                                                                                       Photo : Sirius
                      Le WC à chiens adossé à l'abside de la chapelle Sainte-Anne du quartier de  la plage


Alors que la presse régionale nous rapporte que le WC à chiens installé au dos de l'église Sainte-Anne aurait permis une " nette amélioration de la propreté des espaces herbeux " et que cette expérience " semble convaincant(e) après quelques semaines de mise en service ", force est de constater que le problème des déjections canines autour de cette chapelle paraît maintenant avoir été déporté sur l'aire de repos nouvellement aménagée.

 

P1040786

                                                                                       Photo : Sirius

   À  croire que chiens et maîtres cherchent absolument à contredire ceux qui prétendent que celà va mieux .

 

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5 mars 2010 5 05 /03 /mars /2010 17:34

100 0483

                                                                                         Photo : Sirius

                               Il était la fierté du centre ville : Le splendide magnolia de la Place Durruty.

      100 1070

                                                                                         Photo :Sirius

                                                         À l'aurore d'une triste journée du 23 octobre 2006 ...

       100 1072

                                                                                      Photo : Sirius

                                                ... les tronçonneuses sont venues l'arracher à la vie.

 

                           Ces photos sont dédiées à la sensibilité environnementale d'un blogueur dénommé Kaska.

 

 

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 21:46

                                                                                   
 SOCIÉTÉ & SOLIDARITÉ
P1000975
                                                                                                                                                                                                                                                                             Photo : Sirius

Berlin, la plus aérée et verdoyante des grandes villes européennes. Dans cet immeuble un loyer froid coûte 6,05 €/m², un logement à l'achat 1.750 €/m².

 

Jamais les banques de notre pays et d'ailleurs n'ont connu une puissance aussi insolente. Pourtant, la débâcle financière de la fin 2008, provoquée essentiellement par les prêts octroyés aux millions d'emprunteurs non solvables qui s'étaient aventurés à faire l'acquisition de biens immobiliers vendus à des prix surfaits, a bien failli mener à la débâcle un nombre encore plus grand de banques sur lesquelles quasiment personne n'aurait osé parier un seul Kopeck quant à leurs chances de rétablissement financier. C'est donc pour empêcher un effondrement de ces dernières et éviter conséquemment une crise systémique qu'un redressement inattendu de situation a été opéré par le biais d'une injection massive de liquidités (de centaines de milliards d'euros) provenant des banques centrales des États qui sont pourtant déjà pour la plupart lourdement endettés.

 

Ainsi fonctionne le monde économique monopoliste qui, aidé par ses valets, régit notre planète et s'arroge le droit de considérer que les profits ne peuvent qu'êtres privatisés, alors que les pertes qui résultent de spéculations hasardeuses méritent quant à elles d'être "socialisées" par le biais d'interventions salvatrices menées à coups de deniers publics. Comme on le voit, les fondements de cette logique sont tout autant simplistes que pervers !

 

Alors que les États se sont bravement portés au secours des banques défaillantes, on relève simultanément que les finances publiques des pays concernés sont presque partout dans une situation désastreuse, caractérisée par :

 

  • des montants colossaux de dettes publiques qui dépassent déjà dans de nombreux cas le PIB annuel de ces pays,

     

  • des paiements des seuls intérêts des dettes publiques qui absorbent à eux seuls bien souvent déjà plus de 10% des budgets de fonctionnement de beaucoup d'entre eux.

 

On réalise ainsi sans la moindre peine que le gigantisme des dettes publiques de nombreux pays procure de nos jours aux banques des revenus forts consistants, ce qui leur évite d'encourir le risque de s'exposer aux vicissitudes des marchés boursiers ou financiers.

 

LA FONCTION ÉLÉMENTAIRE DE L'HABITAT DÉVOYÉE EN SOURCE DE PROFIT

 

Il existe dans notre pays, de même que chez certains de nos voisins européens (Espagne et Grande-Bretagne en tête), un domaine qui est financièrement déconnecté de toute réalité économique et qui alimente une fièvre spéculative encore plus irrationnelle et plus pernicieuse que celle des marchés financiers ou boursiers : c'est celui du foncier ainsi que de l'immobilier qui lui est étroitement lié.

 

Les prix des terrains à bâtir et de l'habitat se sont, depuis une quinzaine d'années, envolés pour atteindre des niveaux astronomiques qui impliquent l'abandon de toute notion de comparaison entre ce que coûte l'habitat d'aujourd'hui et ce que l'on doit épargner ou plus souvent encore emprunter si l'on veut échapper à la condition peu enviable du locataire continuellement oppressé par le coût d'un loyer surfait. Cette perversion économique est une triste réalité qui ne profite qu'à deux types de gagnants : ici encore et surtout de nouveau aux banques, mais également à ceux qui font métier de l'immobilier.

 

Ainsi, sur Paris, mais aussi dans de nombreuses autres villes et régions telles que la nôtre, il est courant et consternant de constater que le prix d'un appartement d'environ 75 m², nécessaire à l'hébergement d'une famille de 4 personnes, correspond bien souvent au gain brut cumulé de 21O salaires médians, ce qui équivaut à devoir travailler près de 18 années pour parvenir au quasi inaccessible rêve de pouvoir un jour faire l'acquisition d'un logement.

 

Partant de la constatation que de plus en plus de foyers ne peuvent même pas espérer pouvoir accéder à un appartement en HLM en raison de l'insuffisance de logements sociaux, ce sont donc fatidiquement toujours plus de familles et de jeunes qui sont exposés à devoir un jour affronter la précarité.

 

Pourtant, l'accès à l'habitat financièrement abordable et décent ne devrait pas fatalement être réduit à l'expression d'un inassouvissable voeu. Il suffit, pour se convaincre que cela peut fonctionner autrement, de jeter un coup d'œil au-delà de nos frontières, dans des pays où pourtant le niveau de vie et les acquis sociaux sont comparables aux nôtres.

 

Prenons à titre d'exemple le cas des prix immobiliers en Allemagne, pays qui nous est très proche en terme de développement socio-économique (les prix ci-après sont des moyennes représentatives établies à partir de centaines d'annonces d'appartements mis en vente) :

 

Les régions (Länder) les moins chères

Land (Région)

/m2

Sachsen-Anhalt

   998€

Thüringen

1.109€

Niedersachsen

1.225€

Sachsen

1.253€

Saarland

1.322€

Les régions (Länder) les plus chères

Land (Région)

/m2

Hamburg (statut de ville-région)

2.517€

Berlin (statut de ville-région)

1.995€

Bayern

1.845€

Baden-Württemberg

1.753€

Hessen

1.661€

Source : Site Internet de TROVIT-Deutschland. Relevé effectué le 16.02.2010.

 

Comparons ensuite ces prix avec les offres sur notre propre département :

 

Villes les moins chères de Pyrénées-Atlantiques

Villes

/m2

Orthez

1.648€

Mourenx

1.775€

Oloron-Sainte-Marie

1.798€

Pau

2.168€

Hasparren

2.286€

Villes les plus chères de Pyrénées-Atlantiques

Villes

/m2

Biarritz

4.989€

Ciboure

4.680€

Saint-Jean-De-Luz

4.517€

Hendaye

4.132€

Anglet

4.015€

Source : Site Internet de TROVIT-France. Relevé effectué le 16.02.2010

 

Qui pourra après cela prétendre que les prix de l'immobilier de notre pays sont fidèlement calqués sur la réalité économique de ce dernier, ou affirmer encore qu'ils n'ont aucun effet discriminatoire notoire sur ceux qui ne font pas partie des plus financièrement favorisés ?

 

 

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 16:10

 

P1040568.jpg
Photo : Sirius

La Fondation SURFRIDER s'intéresse de près à la situation environnementale de la Floride.

 

http://surfrider64.com/2010/02/22/pollution-dans-la-reserve-doiseaux-a-hendaye

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23 février 2010 2 23 /02 /février /2010 20:10
 P1040762

                                                                                                                                                                      


Par respect pour ce lieu de culte, mais également afin de dignement honorer le souvenir du valeureux Abbé Paul Simon, mort en déportation pour ne pas avoir capitulé sous la botte nazi lors de l'occupation d'Hendaye,  est-il permis d'espérer que le lieu d'aisance canin qui vient d'être adossé à l'abside de l'église Sainte-Anne de la plage disparaîtra promptement d'un endroit de notre commune si fortement chargé de symboles ?
         

P1040764                                                                                       Photos : Sirius


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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 13:47

 

 

Cette rubrique est destinée à présenter des Hendayais(es) vivants(es) ou disparus(ues) qui auront marqué la vie de leur quartier et de la ville pour avoir été des personnages hauts en couleurs et/ou exemplaires.

 

Si vous souhaitez faire connaître ou voir renaître des figures marquantes sur lesquelles vous possédez textes et photos, contactez-nous en utilisant l'adresse mail que vous trouverez sous la rubrique "Contact" ci-contre. Vous pourrez alors nous demander à ce que votre anonymat d'intervenant soit garanti, toutefois aucun envoi non clairement identifiable sera publié.

 

Le portrait ci-après dépeint une ancienne riveraine fort pittoreque du quartier de Caneta.                                           

                           

                                        Pascaline Belloc

                          Née LALANNE

                           1862-1946

               Un personnage truculent aux mille facettes

 

     Marainotte.JPG

          

                                                             Portrait établi par                                                           Louis Rivière*

                                                                         

Un seul mot suffit à camper Pascaline Belloc, notre grand-mère maternelle que nous appelions affectueusement Marrainotte : truculente. La définition qu’en  donne le « Petit Robert » me confirme dans ce choix : Haut en couleur, qui  étonne et réjouit par ses excès. Un personnage truculent - pittoresque.

 

Ce recueil donnera un aperçu de sa personnalité. Pour apprécier et comprendre le pourquoi de sa langue crue, il faut savoir qu’elle était la dernière-née d’une filiation de marchandes de légumes et de fruits, achetés à la campagne et revendus dans les rues du quartier Saint-Esprit de Bayonne. Situé sur la rive droite de l’Adour, il était essentiellement composé de familles modestes.

 

Une communauté juive, expulsée d’Espagne par Isabelle la Catholique, y avait trouvé refuge. Maman, dont un grand-oncle était le concierge de la synagogue, se remémorait la famille de René Cassin - son cadet de deux ans- qui fit adopter la Déclaration universelle des droits de l’homme ? Prix Nobel de la paix. Elle nous rappela, maintes fois, la bonté des Juifs à l'égard de leurs voisins dans la difficulté.

 

Elle n’avait aucun souvenir de ses arrière-grands-parents. Par contre, elle redonnait vie à la seule image rapportée par sa grand-mère, mamie Catichotte – diminutif de Catherine. Sur la fin de ses jours, l’aïeule continuait d’accompagner sa fille. Celle-ci entretenait son illusion de participer à leur petit commerce : chaque matin, elle glissait dans la poche de son tablier quelques souricots (piécettes d’un sou), qu’elle était heureuse de compter, recompter et de faire tinter.

 

Venant de Bayonne, nos grands-parents maternels s’installèrent à Hendaye en 1889, l’année de naissance de papa. Raimond avait trente et un ans, Pascaline vingt-sept, maman en avait quatre, son petit frère Justin deux. Tante Mayotte, la dernière des sept enfants, naîtrait en 1902. L’oncle Justin mourrait en 1910 à l’âge de vingt-deux ans, emporté par la tuberculose, suite à un refroidissement ; grand-père disparut d’une jaunisse en 1914 ; tante Thérèse décéda d’un cancer en 1ç36, à l’âge de quarante-sept ans. Elle laissait trois enfants, maman fut désignée comme leur subrogé tuteur.

                                                 Justin.jpg

                                     Justin assis à sa table de travail peu de temps avant sa mort.

                                La fabrique de sabots Hayet était située le long de la rue de la Gare.

 

Le jeune frère de Marrainotte, Bernardin, âgé de quinze ans, vint les rejoindre pour aider son beau-frère, bourrelier, associé à un coquin qui abusa de la confiance de notre grand-oncle, en fit son complice et mit la famille sur la paille. Elle se retrouva dans la pauvreté et subsista, aidée par la générosité de Madame Vic, la femme du docteur, maire de la commune. Trois fois par semaine, c’est maman qui allait chercher le plat préparé par la bonne de leur bienfaitrice. Les enfants marchaient pieds nus et des sabots de bois, réservés à leur assiduité à la grand-messe du dimanche, leur étaient fournis par le curé, sous le patronage de Saint-Antoine. Grand-père trouva un emploi de garçon de chai.

 

Maman, évoquant son papa, me disait que j’avais hérité de son sourire. C’est lui qui servait la soupe à chaque repas et, lorsqu’ils avaient pu acheter un morceau de fromage, le découpait en autant de « Tour Eiffel » qu’il y avait de bouches à nourrir autour de la table. Il était équitable, pacifiste, républicain affirmé. Marrainotte était autoritaire, entreprenante, dure au travail comme avec ses enfants. C’était une maîtresse femme qui portait la culotte.

 

Elle confectionnait des matelas, neufs pour les clientes aisées et, le plus souvent, les refaisait pour des pratiques démunies ou peu exigeantes pour leur literie. Elle installait son matériel dans les cours ou jardins des maisons cossues ou devant les portes en ville, dans les quartiers de la gare, de la plage, au bas-quartier. Je la revois, assise sur sa cardeuse, prenant, dans une grande toile, la laine à travailler qu’elle y avait déposée. Elle remplissait le fond de la machine de poignées de boules informes, tassées des années durant, dans un matelas fatigué, parfois même crevé.

                                Marainnotte-Cardeuse.jpg

                                                    Pascaline Belloc devant sa cardeuse

 

Puis, le peigne incurvé rabattu, elle les démêlait par un va-et-vient vigoureux et cadencé. Elle obtenait ainsi de gros flocons échevelés qu’elle déposait par poignées dans une autre toile. Après cette longue préparation, elle façonnait le matelas sur son métier, lui donnant son aspect de damier renflé, à l’aide d’une grosse aiguille recourbée. Sorti de ses mains, épais, moelleux, il fleurait bon la laine régénérée par l’air et le soleil. Sa tâche accomplie, elle s’en revenait, poussant sa cardeuse chargée du métier, harassée par sa longue journée de labeur. Enfant, il m’est arrivé d’actionner le peigne, m’appliquant à faire mousser les fibres davantage encore. Ce jeu tournait vite à la corvée.

 

À la mi-septembre, les bogues des châtaigniers ayant libéré les fruits arrivés à maturation, commençait la période des châtaignes grillées. En fin d’après-midi, Marrainotte disposait son brûlot dans le bas de la place de la République, à l’entrée de la rue du Port. Et à ses pieds, le sac de châtaignes que maman avait rapporté de Fontarabie, sur sa tête, ayant parcouru pieds nus, par le pont international, une bonne dizaine de kilomètres. La cuisson à point, elle conservait les marrons au chaud, protégés par un vieux sac à patates, plié en deux, qu’elle soulevait juste assez pour saisir les douzaines achetées par ses clients. Madame Belloc, à cette époque de l’année, redevenait la « castagne » (marchande de châtaignes en gascon).

 

Au mois de novembre, le jour de la fête du village, elle montait à Biriatou, assurée d’y faire une recette exceptionnelle. Une année, à l’approche de la nuit, elle s’en retournait le brûlot sur sa carriole à bras ; elle fut canardée des hauteurs du chemin pentu. De jeunes garçons ; frustes, en raison de l’éloignement des rares fermes de cette minuscule commune, et éméchés, lui jetaient des pierres. Marrainotte n’ignorait pas les risques courus en cette occasion de liesse. L’épisode révèle la forte femme, affrontant seule le danger, capable de se battre, son caractère et sa détermination hors du commun.

 

Je devais avoir neuf, dix ans, lorsqu’elle cessa de travailler, dans sa soixantaine, après avoir trimé toute sa vie. Toujours aussi précieuse pour les joueurs de rugby ou de pelote basque, qu’elle soignaient avec sa main de rebouteuse. À défaut d’huile ou d’alcool camphré, dont elle pouvait être démunie, elle lubrifiait son pouce et son index avec de la salive pour soigner leurs luxations, provoquant de brèves plaintes chez ces sportifs endurcis.

 

Au cours de sa vie, elle était devenue une figure hendayaise, familière tant avec la population qu’avec les notables. Elle ne s’embarrassait pas de considérations sociales qui auraient entravé sa liberté de parole.

 

Je l’ai toujours connue dans la maison «Bel Air» (rue du Jaïzquibel), où la famille emménagea, peu après son arrivée à Hendaye, et que jouxta, bien plus tard, le groupe scolaire inauguré en 1925, année où je fis mon entrée à l’école maternelle. En 1936, elle loua un appartement rue de la Barrière, au bas-quartier. En 1941-1942, sur la décision de maman, qui veillait attentivement sur elle, elle s’est retirée à «Camp de Prats», dans le haut du quartier de Mousserolles, la maison de retraite réservée par la ville aux personnes originaires de Bayonne.

 

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               Pascaline Belloc dans l’arrière-cour de la maison «Bel Air» qui était située rue du Jaïzquibel

 

Le 7 novembre 1946, maman et moi avons passé l’après-midi à son chevet, n’imaginant pas sa fin imminente. Au moment de la laisser, de son regard malicieux, elle m’a désigné le tiroir de la table de nuit. J’y ai pris la boîte de pastilles que maman avait garnie de petits morceaux de chocolat. Suçant sa gourmandise, elle m’a fait un clin d’œil - sa dernière connivence – et m’a soufflé, d’une voie à peine audible : «Ques boun! aco» (c’est bon! Ca). Nous l’avons embrassée, apaisée, détachée.

 

Le surlendemain matin, avertis de sa mort survenue le 8 à 10 heures, je suis allé la retrouver à la morgue. Le contact de mes lèvres avec son front glacé a établi le lien physique qui m’a intégré au cœur même de la chaîne ininterrompue entre les générations.

 

Elle a été enterrée le 11, dans la tombe surmontée par la croix de fer forgé, ouvragée à la mémoire de son neveu Justin par Bernardin, le frère à qui elle n’avait jamais pardonné. Ses obsèques furent aussi suivies, par des centaines de personnes, que celles de Monsieur Imatz, disparu peu avant, hôtelier réputé, catholique fervent, propriétaire du «Grand Hôtel Imatz», place de la République.

                                       Cimetière

                                  Sa tombe surmontée d'une croix en fer forgé au vieux cimetière

 

À quelque temps de là, il en fut de même pour celles de Monsieur Pardo, riche épicier, dépositaire des produits Félix Potin, qui drainait une clientèle estivale nantie et, avant le soulèvement factieux de Franco et la fermeture de la frontière, attirait la société espagnole fortunée, souvent titrée, le duc d’Albe, le marquis de Linarès, tant d’autres encore ….

 

Marrainotte avait quatre-vingt-quatre ans lorsqu‘elle s’est éteinte, telle la flamme vacillante d’une lampe à huile, consumée jusqu’à sa dernière goutte.

 

Pascaline Belloc, femme populaire, accompagnée avec la même sympathie, le même respect, réservés à ces deux personnalité :une manifestation d’estime qui réconforte dans le deuil

 

Je rapporte, aussi fidèlement que possible, quelques histoires, anecdotes et boutades entendues de sa bouche ou de celle de maman.

 

                                                              Le précieux crottin

 

Des géraniums ornaient les fenêtres de la cuisine et de la petite chambre ; des plantes aux verts intenses des prés du Pays basque, couvertes de fleurs éclatantes. Marrainotte avait un tour de main : du crottin, judicieusement éparpillé, renouvelé avec mesure.

 

On pouvait la voir, au carrefour de la rue du Jaïzquibel et du boulevard de la plage, avec un seau, la pelle de l’âtre et un moignon de balayette. Elle y ramassait les plus beaux crottins des chevaux de rares paysannes portant leur lait au porte-à-porte, de fiacres ou de quelques voitures, laissant le rebut aux envolées des moineaux.

 

                                                            Son matelas sur le dos

 

Dans l’hiver 1936-1937, maman alla chercher Marrainotte, alitée, et l’installa chez nous pour la soigner d’une broncho-pneumonie galopante.

 

Le matin, avant de partir à son travail, papa frappait à la porte de sa chambre, pour la forme, sa surdité l’empêchant d’entendre l’avertissement discret. Il lui apportait son bol de café, servi sur le petit plateau noir décoré.

Marrainotte, énergiquement traitée par sa fille, dorlotée par son gendre, se remettait de sa maladie. Son appétit revenu, elle coulait du bon temps, bien au chaud. Elle ne manifestait aucune impatience, ne faisait aucune allusion à sa maison, distante d’une centaine de mètres.


Un matin , papa toque, pousse la porte et reste interdit sur le seuil. Il se rend

à l’évidence : «La mère» a filé à l’anglaise par la porte donnant sur l’escalier de trois étages.

 

Un voisin l’avait aperçue, sur le coup de quatre heures, se dirigeant vers sa rue, portant un matelas sur son dos. C’est Jojo qui l’avait amené de chez elle pour remplacer celui que mamie avait prêté à des réfugiés espagnols.

 

L’indépendance de Marrainotte est tout entière révélée par ce fait, accompli aux risques d’une rechute, sans laisser paraître le moindre signe qui aurait pu alerter maman et papa.

 

Exemplaire de sa témérité, de sa ténacité, de sa force dans sa soixante-quinzième année.

 

                                                  L’au revoir de Jojo à Marrainotte

 

Depuis le conseil de révision où il a été reconnu «Bon pour les filles», Jojo(mon frère Georges)attend ce premier octobre 1937 plutôt avec impatience, comme la moitié du contingent de la classe 1936. Son affectation lui est parvenue depuis peu : la 62èmeescadrille de l’air basée à Mekhnès. En fin de journée, un paquebot à quai à Bordeaux, le «Ville d’Oran», va lever l’ancre pour Casablanca. Après les festivités du mois de juin, au cours desquelles ils ont fêté leur conscription par des libations débridées jusqu’au petit matin, il va endosser l’uniforme.

 

Il est six heures. Je l’accompagne pour les adieux à sa marraine. Cet appel sous les drapeaux de l’aîné de ses petits-enfants lui fait se remémorer l’incorporation de Raimond, son fiancé, pour l’accomplissement de sa période militaire en Algérie. Elle avait été menacée par son père d’une rouste avec une corde, si elle s’amusait à jouer avec la parole donnée à son promis. Il répéta, jusqu’à la fin de ses jours, qu’il ne voudrait pas mourir sans revoir son Algérie qui l’avait émerveillé.

 

Nous sommes assis tous les trois devant l’âtre éteint. Marrainotte a fait réchauffer le café sur le petit réchaud à alcool. L’aiguille du réveil est insensible à l’émotion des deux êtres qui ne se reverront peut-être jamais. Et le train de sept heurs impose l’impérieux moment de la séparation. Tout à coup, Marrainotte rompt le paisible dialogue : « Tu sais… petit…. Fais très attention là-bas !!» Elle sanglote. Imitant un fougueux bras d’honneur, elle hoquette : «Ton grand-père… me disait… ils ont le membre… long et gros comme çà !!»

 

Pauvre Marrainotte ! Nous l’embrassons – elle garde Jojo dans ses bras, la tête sur son épaule, pleurant de plus belle, rongée par une inquiétude que rien ne nous avait laissé deviner. Chère Marrainotte, bouleversée, gagnée par l’angoisse d’une grand-mère au bord du désespoir. Son filleul, le préféré de ses petits-enfants, s’éloignait d’elle pour la grande aventure dans cette lointaine Afrique, d’où son Raimond avait rapporté des souvenirs cauchemardesques d’une occupation coloniale, mortelle pour nombre de ses camardes de régiment.

 

Sa dernière saillie :

 

                                                           Les touches du piano

 

Jef était un ami de tante Charlotte, sœur de maman, mariée à un bruxellois, l’oncle Jean. En sa qualité d’organiste de la paroisse du Béguinage, il dirigeait la chorale à laquelle notre cousin Charles participait.

 

Venant de Bruxelles, qu’il avait fui lors de la débâcle provoquée par l’offensive allemande, puis chassé de Paris, il arriva à Hendaye le 25 mai 1940. Il se mit en quête des filles Belloc, le seul nom de famille qu’il avait retenu.

 

Faisant la connaissance de marrainotte chez nous, où il avait été accueilli à bras ouverts, il lui manifesta un attachement respectueux. Ils s’adoptèrent spontanément, tout heureux de s’entretenir familièrement. Marrainotte l’appelait «le pianiste».

 

À l été 1946, Jef, impatient de nous retrouver depuis son retour chez lui en septembre 1940, revint à Hendaye passer ses vacances avec nous. Les fils de nos sentiments et de nos pensées ne s’étaient pas distendus.

Dès son arrivée, sa première préoccupation fut de rencontrer marrainotte. Tous deux avons pris le train pour lui faire une visite dans sa maison de retraite. La grille de « Camp de Prats » à peine franchie, marrainotte, qui se dirigeait vers la sortie au cours de sa promenade, aperçut nos silhouettes au bout de l’allée rectiligne.

 

Tandis que nous nous approchions, elle abrita ses yeux, la main en visière, reconnut Jef et s’exclama : «Ou! lou Belge !... Dis petit ! Tu branles toujours les touches du piano ??»

 

Cette apostrophe résonne comme si je venais de l’entendre. Elle recèle la quintessence des boutades de notre inénarrable marrainotte.

 

  * Découvrir le portrait de Louis Rivière :   http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2013/06/portrait-de-louis-riviere.html                                                                

                      

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