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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 08:15

 

  _Le Collectif citoyen contre les dettes publiques illégitimes   

  affiche-Hendaye-unitaire-27-sept-copie-1.jpg                                   Contact : cac64paysbasque@audit-citoyen.org

 

Pour dire NON à la ratification du nouveau traité européen TSCG "Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance", et en parallèle à l'appel à la grande manifestation unitaire du 30 septembre à Paris

 

Les collectifs locaux du Pays basque, du Béarn, des Hautes-Pyrénées et des Landes avec des organisations du Pays basque Sud organisent 


  UN RASSEMBLEMENT TRANSFRONTALIER

SUR LE PONT St JACQUES à HENDAYE

SAMEDI 29 SEPTEMBRE 2012 à 11H00

 

Dans une démarche de  solidarité  européenne, ce  rassemblement  sera l'occasion de dénoncer le Pacte budgétaire et l'austérité qui en découlera. 

 

     _L'austérité n'est pas une fatalité       

        Refusons le pacte budgétaire !      _

 

                               Dès maintenant, vous pouvez agir : 

                Interpellons nos députés : Lettre type, adresses des députés ... 

 

  Voir aussi sous la rubrique "Société & Solidarité"  l'argumentaire "NON au pacte budgétaire".


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22 septembre 2012 6 22 /09 /septembre /2012 12:10

 

 

   Prochaine réunion du collectif dette publique

                                 ouverte à toutes et à tous
 
                     Mardi 23 octobre à 18h
                 au local élus d'opposition, rue Menignes-Saube-Le-Bile
                  (en face du tribunal de grande instance de Bayonne)

  Le Collectif citoyen contre les dettes publiques illégitimes   
 Contact : cac64paysbasque@audit-citoyen.org ou  Guy Barbeyrac : 06 88 74 30 19



L'austérité n'est pas une fatalité
Refusons le pacte budgétaire ! 
    ...à diffuser largement...à diffuser largement...à diffuser largement...

 Le Collectif citoyen contre les dettes publiques illégitimes
Premiers membres du collectif local Pays basque : Attac Pays Basque, Bizi!, CGT Cheminots          Hendaye, CGT Educ'action 64, FSU 64 et Soutiens : Association Pixso, Batasuna, Eliane Pibouleau-Blain (Conseillère Municipale d' Opposition de Gauche à Bayonne), Estuaire Adour Errobi-Europe Ecologie Les Verts, des indigné-e-s, Gauche Anticapitaliste (GA), LAB, NPA, Parti de Gauche (PG),  Marche Paris 2012

 

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 10:37

 

SOCIÉTÉ – En direct de Berlin par Sirius

 

 
Les médias allemands ressassent que les responsables de la faillite financière étatique grecque sont à chercher du côté des citoyens de ce pays prétendus inciviques, fainéants et profiteurs. Ces affirmations simplistes dissimulent mal qu'une bonne partie des problèmes existants sont dus à l'abondance des armes que les USA, l'Allemagne mais aussi la France, fournissent depuis des décennies à ce pays.


 

Petit rappel historique

 

La Wehrmacht et les SS occupèrent la Grèce (non sans avoir rencontré une résistance farouche) de 1941 à 1944. Cette agression entraîna la mort de 160 000 civils et fit 1,2 millions de sans-abri ainsi que des dégâts économiques considérables que les occidentaux estimèrent à 7 milliards de dollars de l'époque, soit l'équivalent de 50 milliards de nos actuels euros. Les séquelles de cette guerre marqueront durablement l'économie grecque qui ne percevra pas la moindre réparation de guerre de son envahisseur.

 

Ce drame national fut, un quart de siècle plus tard, suivi d'une cinglante dictature dite "des colonels", junte d'officiers conduite par Yeóryos Papadópoulos qui, en s'emparant du pouvoir en 1967, se lança aussitôt dans une consolidation de l'armée afin de mieux asseoir son autorité et celle des siens. Au lendemain du retour des factieux dans leurs casernes, en 1974, la Turquie jugea opportun de profiter du vacuum politique crée pour se lancer dans la partition de Chypre, dont on connaît les liens historiques et culturels traditionnels avec la Grèce. Ce nouveau conflit prit, dès lors, la tournure d'une folle surenchère militaire entre Grecs et Turcs qui s'affrontèrent déjà plus d'une fois dans le passé.

 

Domokos

     Image d'une paranoïa collective grecque: La bataille de Domokos (guerre gréco-turque de 1897).

 

La Grèce enrôlera au fil des décennies qui suivront une armée de 160 000 soldats. Elle se dotera, avec 1 600 tanks (dont plus un millier de fabrication allemande), du plus grand nombre de blindés lourds de toutes les nations d'Europe . Le pays passera par ailleurs des commandes successives de sous-marins à l'Allemagne, ainsi que d'une flottille de frégates à la France. Les effectifs et les équipements de cette armée occasionneront des coûts qui s'avéreront être exorbitants en regard des maigres moyens financiers de ce petit pays dont le budget de la défense atteindra ainsi jusqu'à 12 milliards d'euros/an pour une population d'un peu moins de 11 millions d'habitants.

 

Ce surarmement de la Grèce placera ce pays non seulement dans le peloton de tête des nations qui consacrent une forte proportion de leur budget d'État à leur défense, mais le classera également parmi ceux qui accusent les plus hauts taux de déficits publics au monde. Avec un cumul de dettes de 375 milliards d'euros, qui correspondent à 162% de son PIB, la Grèce est ainsi la plus endettée des nations du continent européen.

 

char-copie-1.jpg               L'Allemagne a vendu plus de 1000 chars de Type Léopard I et II à la Grèce, ce qui classe

                le pays en tête des armées européennes pour le nombre de blindés lourds détenus.

                                                        

Une partie de l'écroulement financier du pays s'est donc opéré avec la complicité fautive de fournisseurs d'armes tels les USA, l'Allemagne mais également la France qui ont, chacun à tour de rôle, adroitement profité des antagonismes séculaires existants entre Grecs et Turcs pour armer simultanément les deux camps. Pas un seul de ces pourvoyeurs d'armes n'a cherché à faire comprendre aux deux camps historiquement opposés, à quel point le surarmement auquel ils se prêtaient était tout autant inutile qu'irrationnel contenu de leur appartenance commune à l'OTAN qui est un pacte de défense mutuelle imposant à ses affiliés de se porter mutuellement assistance en cas d'une quelconque agression extérieure.

 

L'énormité de la dette grecque incombe aussi aux fournisseurs d'armes

 

La dette souveraine moyenne des pays de la zone euro était de 78,2 % en 2011. La Grèce, maillon économique le plus faible d'une chaîne de pays européens tous lourdement endettés est, avec un déficit étatique de 162 % de son PIB, la plus déficitaire des nations du continent. Ses dépenses militaires classent le pays au quatrième rang des importateurs d'armes au monde et expliquent pourquoi son endettement, rapporté à son PIB, est plus du double de la moyenne de l'ensemble des pays de l'UE.

 

L’Allemagne, habituellement si prompte à donner des leçons aux autres en matière d'équilibre financier a, de par sa politique de vente d'armes à crédit à la Grèce, contribué à appauvrir financièrement ce pays et à endosser une partie de la responsabilité de sa dette publique abyssale. C'est entre autres par le biais de ventes monumentales de tanks de Type Léopard I et II, ainsi que de sous-marins de Type 122 et 124 et de leurs coûteuses munitions que le gigantisme du déficit étatique hellénique s'est opéré. Selon une étude du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute), 25,3% du matériel militaire acheté par la Grèce en 2011 a été vendu par des sociétés allemandes, les sociétés françaises détenant pour leur compte 12,8 % de parts de ce marché.

 

sous-marin.jpg

       La remise en cause (faute de moyens de paiement) d'un contrat de fourniture de submersibles                         d'un montant de 2,8 milliards d'euro fit hausser le ton des autorités allemandes.

                                                           

Pourquoi vouloir, compte tenu de ce qui précède, polariser la culpabilité de la faillite financière grecque sur les seuls citoyens de ce pays, si ce n'est que pour mieux chercher à se défiler devant ses propres responsabilités ? Que penser par ailleurs de l'attitude moralement douteuse des deux principaux contributeurs financiers de l'UE que sont l'Allemagne et la France lorsqu'ils ouvrent de nouvelles lignes de crédits à l'État hellénique pour "l'aider" à échapper à la faillite, à la condition expresse que ce dernier honore ses engagements pris en matière d’achats d’armements à crédit !

 

La dette grecque, mais également celles d'autres pays de l'UE tels que la France, n'auraient pu en effet enfler à ce point si elles n'avaient été confrontées aux déséquilibres économiques majeurs qui règnent entre les États de l'Union et font que l'impressionnant excédent commercial allemand provient en grande partie des déficits compétitifs de ses partenaires européens. On sait que ce déséquilibre est de surcroît amplifié par le fait qu'étant l'un des derniers îlots encore économiquement prospères au sein d'une UE sinistrée, l'Allemagne parvient à bénéficier de taux de prêts historiquement bas d'environ 1% sur les marchés financiers.

 

Ces taux d'emprunt représentent à eux-seuls un bonus économique sans précédent pour échelonner le remboursement de la dette allemande et permettent aussi à ce pays d'engranger de substantiels bénéfices lorsque ses banques prêtent à des États lourdement déclassés par les agences de notations comme la Grèce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne ou encore même l'Italie qui doivent s'acquitter de taux d'emprunts élevés lorsqu'ils font appel aux marchés financiers. On comprend mieux ainsi pourquoi l'Allemagne de la chancelière Merkel s'est jusqu'à ce jour égoïstement opposée à une mutualisation des dettes et donc une uniformisation de ses taux en refusant une intervention de la BCE pour remplacer les marchés financiers dans ce rôle.

 

Des remous occasionnés par des "versements"nébuleux

 

Les groupes industriels de défense allemands ne se situent pas dans cette affaire uniquement au second rang mondial des fournisseurs d'armement à la Grèce derrière les USA. Ils se placent également au top du management en ce qui concerne les modalités de conclusion des contrats passés. Ainsi, Reinhard Siekazcek, ancien haut-cadre de Siemens, avoua-t-il lors d'une déposition faite en 2008, avoir dû verser à plusieurs reprises 15 millions d'euro de pots-de-vin à des donneurs d'ordres grecs afin de parvenir à la conclusion de contrats pour le compte de son ancien employeur. Ne parle-t-on pas également d'autres versements de plusieurs millions d'euros qui auraient été effectués par les coalisés ThyssenKrupp + Ferrostaal à l'ancien ministre grec de la défense, Akis Tsochatzopoulos, lors de la passation de commande à ces sociétés du très convoité et controversé contrat des six sous-marins de type 124 ?

 

Fregate.jpg    Une des frégates françaises à 300 millions d'euros construites pour le compte de la marine grecque.                                                               (Photo : DCNS)

 

Une vente de frégates qui mène à une dispute franco-allemande

 

La Grèce a régulièrement payé, selon le calendrier de remboursement préétabli, ses fournisseurs allemands jusqu'en 2009. Elle a, après cette date et suite à l'aggravation de sa dette souveraine, cherché à renégocier ses dus et à renoncer à une partie de ses commandes d'armements signées avec ses fournisseurs d'Outre-Rhin.

 

Cela fut particulièrement le cas en ce qui concerne les sous-marins de type 124 ci-dessus évoqués. Cette demande des Grecs fit alors hausser le ton des autorités allemandes qui avaient cautionné le crédit de plus de 2,8 milliards d'euros correspondant à cet achat. Aussi, lorsque les Allemands apprirent qu'un constructeur français d'armement naval* vendit à son tour (appuyé par son actionnaire étatique majoritaire) des frégates à crédit afin de permettre aux Grecs de pouvoir les payer, ThyssenKrupp accusa aussitôt les français de déstabiliser les finances grecques et d'exposer ainsi l'ensemble de la zone euro à des risques financiers aggravés. On remarquera que ThyssenKrupp avait paradoxalement adopté une position contraire lors de la vente similaire de ses propres submersibles à la marine grecque.

 

On voit ainsi, par le biais de ces rudes échanges qui illustrent assez bien que les fondements de l'économie libérale sont incompatibles avec la recherche d'une harmonisation des politiques socio-économiques aux sein des pays de l'UE, que nous ne sommes pas encore à la veille de pouvoir espérer parvenir à l'émergence d'une Europe où régnerait bien plus d'entente cordiale et de solidarité.


*DCNS (Direction des Constructions Navales, Systèmes et Services) dont l'État français détient la majorité du capital.

 

 

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 13:54

 

  manif_bigger.jpg

 

10 RAISONS DE DIRE NON AU PACTE BUDGÉTAIRE

 « Le poids de la dette est devenu écrasant. L’État verse ainsi près de 50 milliards d’euros par an à ses créanciers. Cette somme représente la première dépense, juste devant le budget de la recherche, de la justice et de la sécurité réunis. C’est inacceptable ! La dette, c’est moins d’écoles, moins de crèches, moins d’hôpitaux, moins de transports publics...»

 

Ainsi parlait Jean-Marc Ayrault de la dette publique dans son discours de politique générale en juillet dernier.

Mais que fait-il pour remédier à cette situation ? Il s’obstine à viser l’objectif affiché par François Hollande, une réduction à marche forcée du déficit public, visant 3% du PIB dès 2013 et le déficit « zéro » en 2017.

Ce n’est pas un hasard : le déficit « zéro » est l’objectif n°1 du Pacte budgétaire, le traité négocié par Sarkozy et Merkel pour imposer définitivement l’austérité comme seule politique possible en Europe.

 

François Hollande avait promis lors de sa campagne de rompre avec cette logique mortifère. Mais, à l’issue du sommet européen des 28 et 29 juin, il a finalement accepté de ratifier le Pacte. Il affirme avoir obtenu des mesures de croissance permettant de « réorienter l’Europe ».

 

C’est faux : le Pacte budgétaire, inchangé, est toujours aussi nocif, et le pseudo-« Pacte de croissance » adopté le 29 juin n’est que poudre aux yeux. Au moment où l’Europe s’enfonce dans une inquiétante récession provoquée par les politiques d’austérité, ratifier le Pacte budgétaire signifie accélérer la course à la catastrophe. La révision à la baisse des prévisions officielles de croissance pour 2013 va très vite obliger le gouvernement français à un nouveau tour de vis sur le budget s’il veut respecter ces objectifs absurdes.

 

Députés et sénateurs doivent refuser l’austérité perpétuelle et relancer le débat en Europe en rejetant le Pacte budgétaire début octobre.

 

Agissons !

 

Pour interpeller vos élus, ou vous renseigner sur la campagne menée par Attac et ses partenaires contre la ratification du Pacte budgétaire, rendez-vous sur :

 

pacte-budgetaire.org

france.attac.org

 

1. Des coupes injustes et inefficaces 

La soi-disant « règle d’or » stipule que l’État ne doit pas dépenser plus que ce qu’il ne gagne. Plus précisément : la différence entre les dépenses et les recettes de l’État ne doit pas dépasser 0,5 % du PIB, hors fluctuations conjoncturelles. La crise financière a été provoquée par la finance dérégulée. Mais à peine sauvés par l’ État, les banquiers ont profité des déficits publics causés par la crise pour lancer un nouvel assaut contre l’ État social.

Avec leurs alliés (instances européennes, chefs d’État et de gouvernement), ils ont décidé de réduire brutalement les droits sociaux. Le Pacte budgétaire s’inscrit ainsi dans la lignée des plans d’austérité menés dans toute l’Europe, qui se ressemblent tous : coupes pour les fonctionnaires (suppressions de postes, gel ou réduction des salaires) et pour les collectivités locales (baisse des transferts) ; coupes dans la protection sociale (retraites, assurance maladie, chômage…) ; coupes dans les services publics (fermetures d’hôpitaux, de classes…).

Ces mesures sont socialement injustes car elles touchent en priorité les populations les plus précaires, les femmes, les jeunes, les classes populaires. Pas ceux qui ont organisé et profité de la spéculation et des profits boursiers et immobiliers !

Elles sont aussi économiquement désastreuses. En voulant réduire le déficit à 3% du PIB en 2013 pour atteindre le déficit zéro en 2017, François Hollande et Jean-Marc Ayrault vont aggraver la récession et le chômage. Selon le FMI, 300 000 emplois seront de ce seul fait détruits en 2013, et presque autant les années suivantes. La baisse des dépenses publiques accentue la récession qui diminue les rentrées d’impôts et de cotisations : le déficit augmente au lieu de diminuer. La règle de plomb de l’austérité ne freine pas l’endettement… elle l’accélère ! Elle a déjà laminé les économies grecque, portugaise, espagnole, britannique…

 

2. Des hausses d’impôts... sans effrayer les riches

Pour réduire le déficit, les gouvernements disposent d’une autre option : augmenter les impôts. Les hausses d’impôts votées par le Parlement en juillet touchent davantage les plus riches et les grandes entreprises, et c’est une bonne chose. Mais pour les « économistes à gages » et le récent « audit » de la Cour des Comptes, il serait dangereux d’aller plus loin. En effet, le Pacte budgétaire conserve bien sûr la liberté totale de circulation des capitaux en Europe, ainsi qu’entre l’Europe et le reste du monde. Augmenter davantage les taxes sur le capital ferait fuir les fortunes…

Pour respecter la « règle d’or », c’est la hausse de la TVA qui est prônée par la Commission européenne,. Elle est déjà intervenue dans tous les pays du Sud de l’Europe. En France, après l’annulation de la TVA sociale de Sarkozy, c’est une hausse de la CSG qui est sans doute programmée par le gouvernement pour « alléger le coût du travail ». Mais pourquoi réduire encore les cotisations patronales, alors qu’elles bénéficient déjà d’allègements considérables et inefficaces, qui coûtent 30 milliards d’euros par an à la collectivité ?

 

3. Austérité-compétitivité : un cocktail toxique

Réduire les dépenses publiques à marche forcée ne leur suffit pas : les instances européennes poussent partout au détricotage du droit du travail pour « améliorer la compétitivité ». Pouvoir licencier plus facilement, réduire les droits et accords collectifs, favoriser la négociation individuelle des salaires et des contrats de travail… c’est ce que prône le « Pacte de compétitivité », adopté par le Conseil européen en mars dernier, en même temps que le Pacte budgétaire. Ainsi reviendraient à terme la compétitivité des entreprises et la sacrosainte-sainte croissance !

En réalité, cela signifierait plus de précarité et d’inégalités, dans le droit fil de trois décennies de mondialisation néolibérale. Si croissance il y a, elle sera plus inégalitaire et prédatrice de la nature que jamais. Ne parle-t-on pas déjà en haut lieu de la reprise possible des expérimentations sur l’extraction des gaz de schistes, ou du nucléaire comme énergie d’avenir ?

 

4. Une compétition mortifère dans la zone euro

La recherche effrénée de compétitivité alimente elle aussi le cercle vicieux de l’austérité. L’Allemagne, depuis les années 2000, a réduit ses coûts salariaux et délocalisé à l’Est. Sa politique hyper-compétitive ainsi accomplie lui a permis de réaliser des excédents commerciaux énormes.

Mais si l’Allemagne exporte, c’est que ses partenaires importent : par nature, les excédents des uns sont les déficits des autres. Les pays moins compétitifs doivent alors s’endetter pour maintenir leur niveau de vie… et, lorsque ce n’est plus possible, s’imposer une « dévaluation interne » par une baisse massive des salaires et des budgets sociaux.

Le Mécanisme européen de stabilité (MES), qui complète le Pacte budgétaire, a ainsi été bâti comme un FMI européen : il « aide » les pays surendettés à rembourser leurs créanciers, avec en contrepartie une brutale cure d’austérité.

Ces saignées ruinent les populations. Les exportations allemandes - pourtant si « compétitives » - n’y trouveront bientôt plus d’acheteurs. En outre la demande interne allemande a été durablement affaiblie par la stagnation des salaires. Le résultat, c’est que l’Allemagne risque fort elle-même d’entrer en récession en 2012 et peut-être même de commencer elle aussi à inquiéter les spéculateurs…

 

5. Un indicateur technocratique, arbitraire et instable

La règle d’or s’applique au « déficit structurel », le déficit public calculé en dehors des fluctuations économiques. Cet indicateur, issu de calculs complexes et pour une large part conventionnels, donne aux saignées budgétaires l’apparence d’une « rigueur » scientifique. Mais aucune méthode de calcul ne fait consensus au plan international, ni même à l’échelle européenne. Le FMI, l’OCDE, la Banque centrale européenne, la Commission, les gouvernements nationaux, les instituts économiques indépendants utilisent des méthodes différentes et parviennent à des résultats différents. Ces résultats sont eux-mêmes instables, sujets à des révisions d’une ampleur considérable au bout de quelques mois. Avec le Pacte budgétaire, les experts de la Commission auront toujours le dernier mot, quitte à se contredire dès l’année suivante. Comment inscrire une telle règle dans une Constitution ou une loi organique supposée intouchable ?

 

6. Une « règle d’or » absurde et injustifiable

L’objectif de la règle d’or – le déficit zéro – n’a aucune justification économique. D’une part, la crise ne provient pas d’un endettement excessif des États : l’Espagne et l’Irlande avaient des budgets publics excédentaires avant la crise. Surtout, les déficits et l’endettement publics peuvent être parfaitement légitimes : l’État peut ainsi étaler des recettes et des dépenses (dont des remboursements d’emprunts) dans le temps pour financer des investissements d’avenir qui bénéficieront aussi aux générations futures. Aujourd’hui, il est plus que jamais nécessaire d’investir pour la transition écologique et sociale de l’économie ; l’État ne peut le faire sur la base de ses seules recettes courantes (les impôts).

C’est d’autant plus nécessaire dans un contexte de crise. Depuis les années 1930 on sait que l’État est le seul acteur susceptible de relancer l’activité économique quand les entreprises diminuent leurs investissements et que la consommation chute. Et pourtant l’Europe répète aujourd’hui les politiques déflationnistes de cette époque !

La « règle d’or » n’est pas une règle économique mais purement idéologique, elle reflète un ultra-libéralisme qui vise à ôter à l’État toute marge de manoeuvre. Mais le cercle vicieux de l’austérité - austérité, récession, déficits, dette, austérité… - peut avoir des conséquences politiques imprévisibles en Europe.

 

7. Une démocratie bafouée

Car le Pacte budgétaire n’est pas seulement lourd de menaces sur le plan économique et social. Jürgen Habermas, philosophe allemand qui avait soutenu le Traité constitutionnel européen, estime désormais que les réformes actuelles ouvrent une période de « domination post-démocratique ».

Avec le Pacte budgétaire et les nouvelles procédures européennes s’imposant aux budgets nationaux, ceux-ci doivent donner la priorité absolue au désendettement et à la réduction des déficits, et s’attaquer aux « déséquilibres » identifiés par la Commission… comme par exemple, un manque de « compétitivité ». Dans le cas où un gouvernement proposerait un budget considéré comme trop laxiste, des sanctions seront décidées par la Commission. Seule une majorité qualifiée des pays signataires (très difficile à obtenir) pourra s’y opposer. Les sanctions, jusqu’à 0,1 % du PIB (2 milliards d’euros pour la France), seront donc quasi automatiques. Pis encore : le pays « accusé » n’aura pas le droit de participer au vote ! En outre tout État pourra porter plainte auprès de la Cour de justice européenne contre un autre État qu’il jugerait trop laxiste.

Ce traité renforce considérablement les pouvoirs des instances européennes – Commission, Conseil, Cour de Justice – au détriment des Parlements nationaux, le Parlement européen demeurant hors jeu. Le Conseil Constitutionnel, en dispensant le gouvernement de réformer la Constitution, a préféré fermer pudiquement les yeux sur ce nouveau transfert de souveraineté.

 

8. L’austérité à perpétuité

Le Pacte budgétaire prévoit que la règle d’or ne puisse être remise en cause. Comme l’indiquait Angela Merkel, s’appuyant sur le texte du Pacte budgétaire : « la règle d’or va être contraignante et s’appliquer de manière permanente. Les règles ne doivent en aucun cas pouvoir être changées par une nouvelle majorité parlementaire. »

Selon le Pacte il faudra en effet adopter « des dispositions contraignantes et permanentes, de préférence constitutionnelles ». Et cela sans aucune limite temporelle : c’est donc bien l’austérité à perpétuité que garantit le nouveau traité. Pierre Moscovici, Ministre de l’économie, vient d’annoncer la mise en place d’un « Haut Conseil des Finances Publiques » composé d’« experts indépendants » et adossé à la Cour des Comptes, afin de contrôler le respect de la discipline budgétaire par le gouvernement français.

Ces politiques seront rejetées par les peuples et ne peuvent qu’aboutir au discrédit de l’Union européenne. Les courants xénophobes et chauvins en seront terriblement renforcés.

 

9. Un « Pacte de croissance » illusionniste

Le 6 mai 2012, le soir de sa victoire, François Hollande annonçait que son élection représentait pour l’Europe l’espoir « qu’enfin l’austérité pouvait ne plus être une fatalité ». Il appelait à la renégociation du Pacte budgétaire. Pourtant, à peine deux mois plus tard, à l’issue du Sommet européen des 28 et 29 juin, il juge que « l’Europe a été réorientée » et annonce la « ratification rapide » du Pacte budgétaire négocié par Nicolas Sarkozy.

Pour justifier ce revirement brutal, François Hollande met en avant le soi-disant « pacte de croissance » : 60 milliards redéployés à partir de fonds déjà votés et programmés pour 2012-2013, et 60 milliards d’hypothétiques nouveaux prêts au secteur privé par la Banque européenne d’investissement. Un véritable tour de passe-passe, pour des montants fictifs qui n’atteignent même pas 1% du PIB européen !

Lors de la campagne présidentielle, il avait pourtant annoncé trois conditions à la ratification du Pacte :

la mise en place d’euro-obligations, pour que les pays de la zone euro les

plus fragiles puissent emprunter à des taux non prohibitifs ;

la réforme de la Banque centrale européenne, pour donner aux États la possibilité de se financer en dehors des marchés ;

des mesures de relance de la croissance en Europe.

Il n’a obtenu aucune avancée sur les deux premiers points. Sur le troisième, le marketing politique ne saurait faire illusion : les mesures annoncées sont dérisoires, voire imaginaires. Alors que l’application du Pacte budgétaire signifiera des coupes bien réelles dans les budgets publics, à hauteur d’au moins 60 milliards d’euros rien que pour la France d’ici à 2017.

 

10. Il y a pourtant des alternatives à l’austérité

Rejeter le Pacte budgétaire est indispensable mais ce ne sera qu’un premier pas. Il faut imposer dans tous les pays un véritable débat démocratique autour des enjeux de la dette publique, des alternatives à l’austérité. Face à la menace de reculs démocratiques, sociaux, écologiques sans précédents, il est plus que jamais nécessaire de mettre en avant les alternatives. Il faut répondre aux questions essentielles : d’où vient cette dette ? Comment éviter l’austérité, et la destruction de l’État social ? Le réseau des Attac d’Europe fait une proposition à l’Assemblée européenne des mouvements sociaux qui se tiendra à Florence du 8 au 11 novembre : organisons ensemble dans tous les pays de l’Union un processus de « Tribunal de la dette et de l’austérité » pour juger les coupables de la crise et mobiliser les citoyens européens. Nous sommes également engagés dans le processus de préparation de l’Altersummit* qui se tiendra au printemps 2013 en Grèce.

 

Àtoutes ces occasions, nous poserons les bases de l’autre Europe que nous voulons :

Désarmer les marchés financiers : les paradis fiscaux, et tous les mécanismes spéculatifs comme le trading à haute fréquence, la vente à découvert, les marchés de gré à gré, les CDS et la spéculation sur les produits dérivés doivent être définitivement interdits. Une taxe ambitieuse sur les transactions financières doit voir le jour dans l’Union européenne ou au moins dans la zone euro.

Sortir le financement public des marchés financiers avec une intervention directe de la BCE pour dissuader la spéculation et sortir de l’asphyxie les économies des pays surendettés : la BCE doit financer directement les États au lieu de financer à taux presque nul les banques privées pour que celles-ci prêtent ensuite aux États à des taux abusifs. Dans le même temps, des audits de la dette doivent aboutir à des restructurations importantes, avec participation du secteur privé.

Lancer une révolution fiscale à l’échelle européenne : en taxant les riches et les profits et en mettant un terme à l’évasion fiscale et aux paradis fiscaux pour redonner des marges de manoeuvre à l’action publique.

Financer l’écologie et l’emploi : des mesures de relance publique et d’investissements massifs sont urgentes pour satisfaire les besoins sociaux, renforcer la convergence vers le haut des droits sociaux en Europe et engager partout la transition écologique qui devient dramatiquement urgente.

Mettre les banques au service de la société : dissocier clairement les activités de banques de détail de celles d’investissement, de financement et de spéculation, mettre sous contrôle public et démocratique les banques et assurances dans le cadre d’un secteur bancaire socialisé.

 •Sommet alternatif européen. Pour en savoir plus : altersummit.eu

 

Pour une Europe démocratique, écologique et solidaire !

 

On nous dit : « la France essaie, mais l’Allemagne ne veut pas bouger » ; « il faut éviter la crise institutionnelle », « créer la confiance entre les dirigeants européens et avec les marchés financiers », « avoir de la patience »…

Mais la confrontation politique n’est pas entre l’Allemagne et la France ou l’Europe du Sud. Elle est entre un projet de construction européenne pour et par les marchés, et un projet d’Europe démocratique, écologique et solidaire.

L’adoption du Pacte budgétaire signifierait un renoncement à cette confrontation. Ce serait le premier acte politique majeur du quinquennat et l’abandon de toute perspective alternative, alors même que l’extrême gravité de la crise la rend si nécessaire.

 

En Grèce, en Espagne, en France mais aussi en Allemagne des forces sociales potentiellement majoritaires ont un intérêt commun à réorienter radicalement l’Europe pour éviter le désastre social et démocratique en cours. La condition décisive : enclencher un vaste débat démocratique qui lève l’obstacle de la passivité et de la résignation populaire. En France, l’organisation par les pouvoirs publics d’un débat référendaire, et à défaut d’un référendum d’initiative citoyenne par la société civile, en serait un outil précieux. Le Parlement ne doit pas voter ce texte au mépris des promesses électorales et de l’opinion des Français, qui souhaitent à 72% pouvoir s’exprimer par référendum (sondage CSA pour L’Humanité du 27 août 2012).

 

Un rejet du Pacte budgétaire par la France serait le signal décisif pour enclencher une dynamique de refondation démocratique de la construction européenne. Aidons les députés et sénateurs de la majorité présidentielle à le comprendre ! Pour en savoir plus et vous impliquer dans cette campagne, rendez-vous sur le site : pacte-budgetaire.org.

 

Source : Attac France

 


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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 13:43

  ATT000011-copie-1.jpg

                                                                        Faucheurs de maïs transgénique

 

Une équipe scientifique française vient de démontrer les effets gravissimes constatés sur des rats de laboratoires soumis à une alimentation à base de maïs génétiquement modifié (OGM).

 

Lire le contenu de cette étude exposée sur le site Internet de GREENPEACE :

 

http://ogm.greenpeace.fr/nocivite-des-ogm-pour-la-sante-de-nouveaux-resultats-accablants

 

 

 

 

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 12:29

 

 

Chantier_LGV.jpg

                                                                 Un chantier de ligne à grande vitesse

 

Infrastructures de transport, mobilité et croissance : Rechercher la vérité sur l'utilité d'une création de ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Hendaye en s'aident du document  E.P.I.N.E.

 

                                               Cliquer pour cela sur chacun des liens ci-après :

 

                      http://www.urrugne.info/epine/  ou  www.voiesnouvellestgv.webou.net

 


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27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 08:07

  Centrale-nucleaire.jpg

                         La centrale nucléaire de Garoña (proche de Vitoria-Gasteiz) semblable à celle de Fukushima.

                                                           

La compagnie Nuclenor, propriétaire de la centrale nucléaire de Garoña, à 134 kilomètres du Pays Basque nord, n’a pas demandé le renouvellement de son autorisation, alors que la date limite pour cette demande de prolongation -jusqu’en 2019- était fixée à mercredi soir.

 

La centrale nucléaire pourrait donc cesser son activité en juillet 2013 . C’est ce qu’une chaîne humaine de 500 personnes organisée par Bizi avait réclamé le dimanche 11 mars 2012 à Bayonne, à l’occasion du premier anniversaire de l’accident survenu à Fukushima, centrale du même type que celle de Garoña, cette dernière fonctionnant depuis plus de 40 ans maintenant ! Elle est donc bien plus ancienne que la centrale de Fessenheim.

Bizi ! se réjouit de cette nouvelle mais reste prudent et suivra avec vigilance l’évolution de cette affaire. En effet, plusieurs éléments indiquent qu’on assiste là à un bras de fer de la Compagnie Nuclenor avec le gouvernement espagnol pour que ce dernier revoie à la baisse les conditions d’investissement en travaux de sécurisation exigées (par le Conseil de Securité Nucléaire) pour la prolongation de vie des centrales nucléaires espagnoles. Ces investissements s’élevaient à un coût de 120 millions d’euros dans le cas de Garoña.

A l’heure où la situation sur le site de Fukushima est loin d’être réglée, Bizi ! appelle à s’engager ici et maintenant dans une politique ambitieuse de transition énergétique, s’inspirant du scénario Negawatt et visant à sortir du nucléaire, réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre et changer de modèle énergétique dans les années à venir.

 

Source : Bizi

 


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6 août 2012 1 06 /08 /août /2012 10:09

 

SOCIÉTÉ – En direct de Berlin

 

C'est sous ce titre inattendu que l'influent quotidien berlinois de centre gauche DER TAGESSPIEGEL a, mardi 7 août 2012, publié sous la plume de Harald Schumann un article qui aborde le problème d'une nécessaire justice fiscale sans laquelle nos économies continentales n'ont aucune chance de contenir la récession provoquée par la mondialisation et la spéculation financière. Ce plaidoyer de dernière heure en faveur du sauvetage de la monnaie unique en dit long sur le désarroi dans lequel se trouvent les partisans habituels de la libre entreprise et de la libre circulation des biens et services. Voici un extrait de cet article, traduit par Sirius :

 


L'apparence trompe. La progression des inégalités entre les revenus du travail et ceux du capital que l'on constate depuis de nombreuses années n'est plus uniquement une simple question de justice. Elle est devenue l'une des principales causes des crises bancaires et de l'endettement. Ainsi, du fait que toujours plus de richesses se concentrent entre les mains d'une petite minorité, il résulte qu'une fraction toujours plus importante de nos économies nationales se trouve confrontée à l'absence de demande de biens de consommation et services, ce qui incite ainsi les capitaux existants à se diriger vers les seuls placements financiers.


Sesena dans la périphérie de MadridErreur d'investissement dans l'immobilier : Seseña, ville fantôme située au sud  de Madrid a été érigée pour faire fructifier des capitaux spéculatifs internationaux.



C'est essentiellement pour cette raison que les Européens fortunés ont dirigé leur argent vers de profitables placements immobiliers et bancaires, mais également vers des emprunts d'États à hauts taux de rendements émis par l'Irlande, le Portugal, la Grèce ou encore l'Espagne. Cet afflux massif d'argent provoqua ainsi de gigantesques erreurs d'investissements dans des domaines tels que l'immobilier qui resta sans acheteurs, les autoroutes sans automobilistes, ou encore dans d'absurdes achats d'armements qui auraient été impensables s'il avait uniquement été question de les réaliser avec les seuls moyens financiers des pays concernés.

 

Tanks Erreur d'investissement dans les armements : La Grèce a englouti des sommes colossales dans l'achat de  tanks allemands vendus en seconde main avec de multiples défauts.



Il découle de ces erreurs que les crédits octroyés aux pays de la Zone Euro par le biais des fonds communautaires destinés à combattre la crise économique européenne, servent en fait uniquement à éviter une perte de solvabilité des États et des banques qui se sont endettés lors de ces errements financiers. Ceci revenant à dire que ce ne sont pas les Allemands (les Hollandais ou encore Finlandais, etc...) qui sauvent financièrement les Grecs, les Irlandais ou encore les Espagnols, mais que ce sont en réalité les seules classes moyennes européennes mises à contribution par le paiement de l'impôt qui viennent au secours des Européens fortunés, les riches se contentant de participer médiocrement au financement des budgets étatiques déficitaires.

 

Autoroute.jpg

Exemple d'erreur d'investissement dans les infrastructures : Autoroute du centre de                       l'Espagne et dont l'exploitation est chroniquement déficitaire.


On sait que l'adoption de l'Euro déboucha sur une union monétaire, sans pour autant qu'une politique fiscale commune ait pu voir le jour. C'est tout au contraire la voie d'une course effrénée aux allégements fiscaux destinés à attirer les capitaux qui a été privilégiée. Cette diminution constante de fiscalité sur ces revenus de capitaux a, partout en Europe, permis une envolée du volume des fortunes privées qui est ainsi parvenu à augmenter deux à trois fois plus vite que les dettes souveraines. Aussi, et dans pareil contexte, est-il désormais devenu inévitable de demander aux riches de s'impliquer dans le paiement des coûts inhérents à leurs erreurs d'investissements.

 


Flughafen-Cuidad-Real.jpgAutre erreur d'investissement dans les infrastructures : L'aéroport fantôme de Cuidad Real à 230 km au sud de Madrid.

 

Le recouvrement des dettes ainsi créées a, jusqu'à ce jour, uniquement été articulé autour du démontage social et de l'augmentation des contributions fiscales des petites gens des pays de l'Union européenne en crise. Pas plus les armateurs grecs que les rois de l'immobilier irlandais ou encore les Espagnols très fortunés ont été suffisamment mis à contribution, lorsqu'ils n'ont pas d'ailleurs délibérément transféré leur argent vers les paradis fiscaux afin de ne rien devoir payer.

 

Combattre cette situation intenable doit désormais être la première des priorités des sauveteurs de l'Euro. Les fonctionnaires haïs de la Troïka (Commission+BCE+FMI n.d.l.r.) pourraient devenir des héros européens s'ils s'attachaient enfin à mener cette nécessaire besogne.

 


Nota: Les photos et leurs légendes ne sont pas extraites de l'article du journal.

 

 


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24 juin 2012 7 24 /06 /juin /2012 09:58

 

SOCIÉTÉ

En direct de Berlin par Sirius

           

P1080584.JPG          Berlin, juin 2012 : Allemands et Turcs protestent ensemble contre les augmentations successives           

des loyers suite à la privatisation de la GSW, une des plus grandes sociétés de HLM de la ville.

 .                                                                                   (Photo. Sirius) 

 

Le traité instituant une Constitution pour l'Europe (aussi appelé traité de Rome II) est un texte qui sacralise la primauté du système économique libéral. Il stipule, entre autres, que la privatisation de l'ensemble des Services publics et la libéralisation du marché du travail sont des mesures incontournables de toute politique économique européenne.

 

Ces dogmes de la privatisation et de la libéralisation visent à mettre les salariés de l'Union européenne en concurrence frontale par le biais du dumping salarial et du démantèlement social et permettre ainsi de tirer des profits supplémentaires de l'économie. Aussi ne faut-il pas s'étonner que ces mesures mènent à une progression constante des inégalités et à l'explosion de la pauvreté partout eu Europe, ce dont semblent nullement se soucier la Commission européenne et les autres grandes institutions néolibérales que sont l'OMS, le FMI ainsi que la BCE qui sont les instigatrices de ces changements.

 

Alors que cette Commission européenne n'a aucune légitimité démocratique (puisque aucun de ses membres peut se prévaloir d'avoir été élu), elle dispose toutefois de pouvoirs étendus qui concordent généralement avec ceux des autres grandes institutions néolibérales ci-dessus énumérées. Il n'est par ailleurs pas inhabituel de constater que cette Commission européenne transgresse les règles qu'elle a elle-même édictée, dès lors qu'il s'agit de répondre aux attentes pressantes du monde économique.

    Appels pour un salaire mini.

                     Berlin 2012 : Revendication pour l'instauration d'un salaire minimum en Allemagne.

                                                                                  (Photo : Sirius)

 

Ainsi s'est elle acharnée à faire démanteler le code de la mutualité française afin de favoriser les assureurs privés, alors qu'elle a paradoxalement tu le fait que le constructeur automobile Volkswagen (WV) venait d'échapper au paiement de 1,5 milliards d'impôts sur les sociétés et taxe foncière en usant d'une lacune du code fiscal allemand. N'y avait-il pas là matière à exiger qu'elle ordonne une actualisation de ce code et enjoigne un redressement fiscal, si l'on sait qu'elle est habituellement si prompte à se faire le chantre d'une "concurrence libre et non faussée" ?

 

On pourrait ici multiplier à loisir les exemples de non-intervention de la Commission européenne dès lors qu'il s'agit de préserver les intérêts de la finance et de l'économie, alors qu'elle se montre particulièrement incisive en regard des citoyens des pays dits "endettés", en prônant à leur encontre l'instauration de politiques d'austérité.

 

Il résulte de ce comportement partisan qu'il est grand temps de remettre en cause les prérogatives de cette Commission européenne avant qu'elle ne mène l'Europe à l'implosion sociale et à la révolte des peuples. On sait que toute une panoplie de moyens existent pour parvenir à ce changement, ainsi que l'exemple ci-après qui nous vient de Berlin le montre :

 

     Scandale autour de la privatisation de la gestion de l'eau à Berlin

 

Avant-propos

 

Berlin : Des citoyens(nes) engagés luttent depuis des années pour parvenir à une recommunalisation de la gestion de l'eau dans leur ville. Un référendum local d'initiative populaire mené à la fin de l'an dernier avec succès (666 232 votants et 98,2 % de voix favorables à cette finalité) a permis d'obtenir une divulgation partielle du contrat jusqu'alors maintenu secret qui a mené à la privatisation de la gestion de l'eau. Encouragés par ce résultat partiel, ces citoyens(nes) exigent maintenant - au grand dam des deux partis actuellement coalisés au pouvoir et qui sont les mêmes que ceux qui ont jadis avalisé cette privatisation – que soit constituée une commission d'enquête parlementaire à laquelle il reviendra la tâche de faire toute la lumière sur les conditions hors-normes de cette affaire.

BWB

     Au centre du scandale : Siège de la Berliner Wasserbetriebe (Société berlinoise de gestion de l'eau)

                                                                                   (Photo : Sirius)

 

L'arrière plan du scandale

 

Une coalition parlementaire composée de Chrétiens-démocrates (CDU) et Sociaux-démocrates (SPD) vend, en 1999, 49,9% des parts de la société communale locale de gestion de l'eau dénommée Berliner Wasserbetriebe à un consortium composé du géant allemand de l'électricité RWE (24,95% de participation), de la française VEOLIA (24,95%) ainsi que de l'assureur allemand ALLIANZ (10%).

 

Alors que ces investisseurs privés sont arithmétiquement minoritaires dans le nouvel ensemble ainsi crée, ils obtiennent curieusement la quasi totalité des sièges d'importance au sein de son nouveau directoire, le vendeur jugeant préférable de confier la gouvernance de ce nouvel ensemble à des "décideurs privés", estimant que ces derniers ont une meilleure aptitude à bien gérer.

 

Toutefois, quelques mois après cette privatisation, les prix de l'eau au robinet se mirent à grimper d'une façon exorbitante. La raison de cette augmentation étant due, on l'apprendra seulement par la suite, au fait que les termes tenus secrets du contrat contenaient une clause inhabituelle garantissant, indépendamment de la quantité d'eau consommée et des possibles aléas d'exploitation qui pouvaient se produire, un niveau de gains constants aux nouveaux actionnaires.

 

Cette clause inique va s'avérer être particulièrement profitable pour ces derniers. Ils s'aperçurent en effet très vite qu'en augmentant régulièrement le prix de l'eau, ils parvenaient à une diminution bien compréhensible de sa consommation, ce qui leur offrait le double avantage de tirer bénéfice des augmentations successives des prix, mais également des moindres coûts d'exploitation puisqu'il y avait, à bénéfices constants, moins d'eau à traiter et à distribuer.

 

pixlie.php                    Recommunaliser la gestion de l'eau sans offrir de nouveaux profits aux actionnaires.

                                                                  (Photo : Berliner Wassertisch)

 

Une telle évolution des choses n'a bien entendu pas manqué d'éveiller l'attention de l'association citoyenne Berliner Wassertisch (Eau de table berlinoise), qui se bat depuis le début de cette privatisation pour obtenir une recommunalisation de sa gestion. Elle a donc conséquemment saisi l'Autorité fédérale de la concurrence (Bundeskartellamt), faisant valoir que le prix du m d'eau avait explosé depuis la privatisation de sa gestion.

 

Convaincu du bienfondé de ce recours, le Bundeskartellamt a ordonné, début juin 2012, une baisse rétroactive du prix de l'eau de 18% à compter de janvier 2012, puis à nouveau de 17% à partir de 2013, motivant son injonction par le fait que l'eau est proposée sur Berlin à un "prix abusif ". Ce point de vue semble toutefois ne pas correspondre à celui des investisseurs privés qui récusent la compétence du Bundeskartellamten en matière de détermination des prix, et font donc appel de sa décision.

 

Vers une recommunalisation de la gestion de l'eau

 

L'association citoyenne Berliner Wassertisch s'attend ainsi à une recommunalisation prochaine de la gestion de l'eau. Elle souhaite que celle-ci s'opère par le biais d'une "déclaration de nullité" du contrat de vente signé dans la semi-légalité en 1999. Elle exige qu'un remboursement des sommes "illégitimement perçues" par les nouveaux actionnaires auprès des consommateurs ait impérativement lieu, jugeant "inconcevable et immoral" que ces investisseurs puissent prétendre par ailleurs pouvoir tirer un quelconque bénéfice financier supplémentaire de cette rétro-vente dans un contexte où la Ville de Berlin croule sous une dette publique de plus de 61 milliards d'euros. Elle réclame enfin que l'intégralité des clauses du contrat soient rendues publiques et qu'une commission d'enquête "impartiale" soit créée afin d'établir les diverses responsabilités politiques dans ce scandale.

 

pixlie 2.php

Collecte de signatures pour pouvoir mener un référendum d'initiative populaire dans le but de recommunaliser la gestion de l'eau de distribution.

  (Photo : Berliner Wassertisch)

 

C'est à partir du dernier point de cette liste de revendications que la polémique en cours va, selon toutes vraisemblances, finir par détonner. En effet, les coalisés de la CDU et du SPD actuellement au pouvoir à Berlin, et qui étaient déjà dans ce rôle lorsque ce contrat fut avalisé en 1999, viennent de lancer une bataille de procédure afin de tenter de faire obstruction à la constitution de cette commission d'enquête parlementaire, créant ainsi une situation qui promet de nous réserver d'autres surprises...

 

Ainsi s'étalent en plein jour et en plein cœur de l'Europe les mécanismes qui contribuent à endetter les collectivités territoriales, à jeter le discrédit sur les partis politiques et la Commission européenne dont on sait qu'elle est non-interventionniste dès lors qu'il s'agit de s'attaquer aux injustices et aux inégalités.

RÉBELLION ANTI-LIBÉRALE EN EUROPE

Le référendum fut un véritable succès populaire puisque 666 232 Berlinois votèrent à 98,2% pour une recommunalisation de la gestion de l'eau de distribution. Le Land de Berlin fut donc contraint de racheter entre octobre 2012 et novembre 2013 les actions détenues en commun par les groupes RWE, VEOLIA et l'assureur ALLIANZ.

         

 

                          Parcourir le site (en langue allemande) de l'association citoyenne victorieuse :

                                                                    https://berliner-wassertisch.net/

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 20:25

 

 

 

AÉROPORT DE FONTARABIE (Hondarribia-San Sebastián)

 

P1000880-copie-1.jpg

                                         L'aéroport situé en milieu urbain est un cauchemar pour les riverains

                         

 

La presse régionale nous a dernièrement rapporté que les autorités aéroportuaires espagnoles souhaitaient pouvoir continuer à exploiter l'aéroport d'Hondarribia-San Sebastián sans devoir créer les zones de sécurité en extrémités de piste que la réglementation internationale imposent. En fait, c'est avant tout pour des raisons d'incertitudes concernant la survie de cet aéroport que ces autorités cherchent à retarder la mise en conformité de cet aéroport.

 

 

La fermeture de l'aéroport de Fontarabie est vivement souhaitable parce qu'il est inadaptable aux normes internationales par manque d'espace. Il offre par ailleurs des conditions d'atterrissage qui font de sa piste l'une des plus redoutées du continent du fait de son positionnement géographique malencontreusement situé au fond d'une cuvette bordée de montagnes souvent ennuagées.

 

Une fois cet aéroport fermé, ce n'est pas pour autant qu'il faudra alors reporter le trafic de ce dernier vers l'aéroport voisin de Biarritz-Parme. L'aéroport de Biarritz se trouve en effet également dans une zone très urbanisée, et il va sans dire que si la fréquentation de se dernier devait un jour manifestement augmenter suite à la fermeture de Fontarabie, la population biarrotte ne laisserait probablement pas cet acte s'accomplir sans énergiquement réagir.

 

Il y a longtemps déjà que nous suggérons aux autorités régionales de créer - entre Dax et Bayonne par exemple - un aéroport qui viendrait remplacer celui de Parme et de Fontarabie. Il serait alors l'unique aéroport côtier inter-régional entre Bordeaux et Bilbao. Toutefois, faudrait-il encore que la mairie de Biarritz et la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Bayonne abandonnent enfin leurs prérogatives concernant l'aéroport de Biarritz-Parme, et que nos voisins d'Outre-Bidassoa acceptent à leur tour de se plier à une démarche similaire concernant Fontarabie.

 

La crise économique actuelle a très sensiblement réduit la fréquentation de l'aéroport de Fontarabie. On sait déjà qu'une imparable concurrence du rail va encore plus malmener sa viabilté avec la mise en service du TGV qui reliera Irun à Madrid à l'horizon 2016. Compte tenu que plus de 50% du trafic de l'aéroport de Fontarabie s'effectue uniquement avec la capitale espagnole, il est certain que cet aéroport doit s'attendre à des jours difficiles qui pourraient mettre un terme à sa survie:

 

Les chiffres ci-dessous montrent les ravages accomplis par la seule rétraction des moyens économiques de la clientèle de cet aéroport lors des trois dernières années de crise. C'est donc avec sérénité que les riverains de cet aéroport attendent patiemment la venue du TGV qui finira bien par mettre un terme au fonctionnement de cet aéroport qui n'a plus sa place en milieu urbanisé.

 

Statistiques sur la perte d'activité de l'aéroport de Fontarabie entre 2009 et 2014 :

 

                                                 Année 2009     Année 2014      Variations

Nombre passagers                       315 254           245 422        -  22,15 %

Nombre de mouvements                  9 743               6 056         -  37,84 %

 

 

 

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