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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 09:07
L'agriculture productiviste française est la 4ème consommatrice mondiale de pesticides.

L'agriculture productiviste française est la 4ème consommatrice mondiale de pesticides.

Alors que le tristement célèbre groupe américain de biotechnologie agricole Monsanto est en cours d'être racheté par le géant allemand de la chimie Bayer (1), l'Union européenne vient de renouveler pour dix-huit mois l'autorisation d'utilisation du glyphosate, une substance controversée aux potentialités cancérogènes (2), utilisée notamment pour la fabrication de l'herbicide Round Up, produit phare de Monsanto.

 

Cet herbicide mis sur le marché dans le courant des années 70 est un des produits les plus contestés que cherche à réutiliser l'agriculture productiviste qui ne parvient pas à se défaire des mauvaises habitudes inhérentes à la capitalisation du marché agricole qui attire des investissements venus de fonds spéculatifs, mais cherche en contrepartie à dégager de forts dividendes qui sont réalisés aux dépends de la qualité des produits.

 

Regarder un petit didacticiel sur ce sujet : https://www.youtube.co/watch?v=NoAM8SVumOc   

                                                                      

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

    

     

(1)  Bayer en chiffres : Créée en 1863, la holding Bayer emploie 116 800 personnes et réalise un chiffre d'affaires de 46,324 Mrd d'euros (2015). Bayer est aussi bien active dans les produits pharmaceutiques que dans les plastiques ou encore les herbicides.

 

Pendant le 1er Conflit mondial, Bayer fut le producteur des gaz de combat Chlorpikrin (6 000 tonnes) ainsi que " Lost " (gaz moutarde) dont 45 000 tonnes furent également produites. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Bayer bénéficiera du statut d' " entreprise indispensable à l'effort de guerre ", ce qui lui valut d'employer une main-d’œuvre gratuite composée de déportés et prisonniers de guerre.

 

(2)  Les pesticides et l'eau en France : Selon l'IFEN, ce sont 36% des rivières françaises qui comportent des pesticides à un niveau de seuil considéré comme "mauvais" et plus de 90% des rivières françaises qui sont polluées

 

En 2004, les pesticides ont été présents sur 96% des points de mesure des cours d’eau en France.

 

> 61% des points de mesure des eaux souterraines contenaient des pesticides

 

> 27% des points d'en eau souterraine devrait être traités pour éliminer les pesticides s’ils étaient utilisés pour la production d’eau potable en eaux de surface,

 

> 49% des points de mesure ont une qualité moyenne à mauvaise.

 

Source : http://www.planetoscope.com/agriculture-alimentation/885-consommation-de-pesticides-dans-le-monde.html

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 08:43
LE SÉNAT ET LES INSECTICIDES NÉONICOTINOÏDES

750 abeilles meurent chaque seconde en France depuis l'apparition des insecticides néonicotinoïdes.

Pourtant, le 12 mai 2016, une majorité de sénateurs s'est opposée à l'interdiction totale des insecticides néonicotinoïdes, dit "tueurs d'abeilles".


Même la date lointaine de 2020 (plutôt que celle de 2018 votée par les députés), a été rejetée par une majorité de "sénaTUEURS d'abeilles" !!!

 

Il est temps que les sénateurs assument leurs responsabilités. L'opacité entourant les débats semble amener certains élus à se comporter en fidèle porte-parole du lobby agro-chimique.

Fort de ce constat, Agir pour l'Environnement a décidé de rendre public un trombinoscope des "sénaTUEURS d'abeilles".

 

Découvrez comment le/la sénateur/trice qui représente votre territoire à la Haute-Assemblée a voté http://reponses.agirpourlenvironnement.org/neonicotinoides-senateurs/

 

 

 

 

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14 mai 2016 6 14 /05 /mai /2016 08:20
QUE PENSER DES NOUVEAUX COMPTEURS LINKY ?
              À propos du compteur communiquant Linky

 

 

ERDF [1] a programmé, d’ici 2021, le remplacement des 35 millions de compteurs électriques électromécaniques et électroniques actuellement en service par le nouveau compteur électronique Linky pour un coût annoncé de 5 milliards d’euros à minima.

 

Ce compteur communique via des signaux électroniques d’abord portés par les lignes électriques [2] jusqu’à un concentrateur puis via un système de téléphonie jusqu’au centre de traitements des informations.

 

Le système de communication est comparable à celui utilisé aujourd’hui pour les quatre basculements journaliers des compteurs relevant les consommations pour la tarification « heure pleine » et « heure creuse »

 

Ce nouveau compteur permettra d’effectuer à distance grâce à un signal électronique de quelques secondes :

 

- un relevé quotidien de consommation, la facturation sera faite sur la base de données réelles et non plus estimées, ce qui évitera les rattrapages de facture ou les trop payés.

 

- les modifications de puissance souscrite

 

- les coupures et ouvertures de lignes

 

- la détection de pannes, fuites électriques, branchements sauvages … de nouvelles fonctionnalités qui permettraient de gérer sa consommation en fonction du niveau de production des énergies renouvelables et en lien avec des incitations financières. Par exemple un signal envoyé au compteur pourrait inciter à un effacement de puissance lors de faible production des renouvelables.

 

Ce compteur est-il dangereux pour la santé ?

 

La situation est loin d’être claire, même pour des personnes averties sur les nuisances électromagnétiques. Une étude indépendante, comme le réclame le CRIIREM est indispensable [3].

 

Néanmoins la technologie CPL est celle qui émet le moins de rayonnement électromagnétique et la possibilité de placer un filtre électronique à la sortie du compteur permet d’éviter que le rayonnement se propage dans le logement.

 

De plus les émissions étant de durée très courtes, le niveau de perturbation électromagnétique est bien plus faible que celui de la téléphonie mobile ou du WiFi. [4]

 
Risque de « flicage » ?

 

A partir du moment où le relevé de consommation est effectué une fois par jour, on pourrait éventuellement en déduire que le logement était occupé le jour précédent mais rien de plus.

 

Et si des relevés étaient effectués de façon plus fréquentes le compteur ne ferait pas la différence entre la consommation de différents appareils de même puissance.

 
Conséquences sociales

 

Il n’y aura plus besoin de personnels pour toutes les taches qui vont être effectuées à distance, des milliers d’emplois vont être supprimés dans les entreprises de sous traitance pour le relevé des compteurs mais aussi au service clientèle d’ERDF.

 

Les coupures d’électricité pour des impayés ou autre pourront techniquement être effectuées d’un clic à partir d’un ordinateur, quelle déshumanisation sociale !

 
Gaspillage économique et écologique ?

 

Depuis plus de 20 ans, ERDF remplace progressivement, en fonction des demandes, les vieux compteurs électromécaniques (ceux avec un disque qui tourne) par des compteurs électroniques.

 

Pourquoi ne pas procéder de la même manière avec ces nouveaux compteurs Linky ?

 

Le coût du remplacement serait étalé sur une période plus longue et des compteurs encore en bon état ne seraient pas jetés !

 

Ces nouveaux compteurs Linky n’ont d’intérêt pour le consommateur que si son installation électrique est domotisée. C’est à dire que la mise en service de chaque appareil du logement peut être commandée à partir du compteur et ou d’une centrale de commande (mini ordinateur qui gère la distribution électrique dans le logement).

 

L’Allemagne qui est bien plus avancée que la France dans le domaine des énergies renouvelables et dans les économies ne fait pas le remplacement de tous les compteurs électriques.

 

Refusons le remplacement systématique de tous nos compteurs électriques par le Linky

 

[1] ERDF : Electricité Réseau Distribution France.

 

[2] appelés courants porteurs en ligne (CPL)

 

[3] http://www.criirem.org/publications/compteur-linky-lettre-ouverte Centre de Recherche et d’Information Indépendant sur les rayonnements électromagnétiques

 

[4] les perturbations électromagnétiques sont plus importantes avec les compteurs communicants pour l’eau ou pour le gaz qui n’utilisent pas la technologie CPL (voir la dernière lettre d’info du CRIIREM)

 

Source : (texte + photo) : http://www.sortirdunucleaire.org

QUE PENSER DES NOUVEAUX COMPTEURS LINKY ?
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19 avril 2016 2 19 /04 /avril /2016 17:26
Résidence au Bas-quartier d'Hendaye : Une ligne HT de 153 kV passe au-dessus de toute une série d' habitations.  Il serait indispensable que des mesures de champs magnétiques soient menées afin de déterminer où des valeurs d’au moins 0.4 μ T (Tesla), considérées comme pouvant doubler les risques de cancers infantiles, sont présentes ?

Résidence au Bas-quartier d'Hendaye : Une ligne HT de 153 kV passe au-dessus de toute une série d' habitations. Il serait indispensable que des mesures de champs magnétiques soient menées afin de déterminer où des valeurs d’au moins 0.4 μ T (Tesla), considérées comme pouvant doubler les risques de cancers infantiles, sont présentes ?

Cancers infantiles en lien avec la distance aux lignes hautes tensions de distribution de l’électricité en Angleterre et au Pays de Galles : une étude cas - témoins

 

 

Gerald Draper, Directeur de recherche (honorary senior research fellow),Tim Vincent, Chargé de recherche (research officer)1, Mary E Kroll, Statisticien (statistician)1, John Swanson, Conseiller scientifique (scientific adviser) 2

1 Groupe de recherche sur le cancer infantile ( Childhood Cancer Research Group ), University of Oxford, Oxford OX2 6HJ, 2 National Grid Transco plc, London WC2N 5EH

 

Résumé

Objectif : Déterminer s’il y a une association entre la distance de résidence à la naissance par rapport aux lignes hautes tensions de transport de l’électricité et l’incidence de la leucémie et d’autres cancers infantiles en Angleterre et au Pays de Galles.

 

Type d’étude : Etude cas-témoins

 

Bases d’identification : Registre du Cancer (Cancer registry) et Réseau National d’Enregistrement (National Grid records)

 

Sujets : 29 081 enfants atteints de cancer, incluant 9700 atteints de leucémie. Enfants de moins de 14 ans et nés en Angleterre et au Pays de Galles entre 1962 et 1995. Les sujets témoins étaient individuellement appariés* sur le sexe, la date de naissance approximative et la zone d’enregistrement de la naissance. Aucune participation active n’a été requise.

 

Principal indicateur mesurant l’événement : La distance de résidence à la naissance avec la ligne aérienne de transport haute tension de l’électricité la plus proche existante au moment de l’étude.

 

Résultats : Comparé aux enfants qui vivent à plus de 600 m d’une ligne à la naissance, les enfants vivant à moins de 200 m ont un risque relatif de leucémie de 1.69 (95 % intervalle de confiance 1.13 à 2.53) ; Pour ceux nés à des distances comprises entre 200 et 600 m, le risque relatif est de 1.23 (1.02 à 1.49). Il y a une variation significative du risque (P<0.01) avec l’inverse de la distance à la ligne. Aucun excès de risque en lien avec la proximité des lignes n’a été trouvé pour les autres cancers infantiles.

 

Conclusions : Il y a une association entre la leucémie infantile et la proximité de résidence à la naissance aux lignes hautes tensions de transport de l’électricité, et le risque apparent s’étend pour des distances plus grandes que ne le laissait attendre les précédentes études. Environ 4% des enfants en Angleterre et au Pays de Galles vivent à la naissance à moins de 600 m d’une ligne haute tension. Si l’association est causale, environ 1% des leucémies de l’enfant en Angleterre et au Pays de Galles seraient attribuable à ces lignes, bien que cette estimation présente de considérables incertitudes statistiques. Il n’y aucun mécanisme biologique reconnu qui explique ce résultat épidémiologique ; en fait, la relation peut être due au hasard ou aux facteurs de confusion.

 

Introduction

Le réseau de distribution électrique produit un champ électrique et un champ magnétique d’extrêmement basses fréquences. Depuis 1979, des inquiétudes se posent sur le fait que ces champs peuvent être associés au cancer(1) Les interrogations se sont concentrées sur les champs magnétiques plutôt que les champs électriques et sur la leucémie de l’enfant en particulier. Une analyse groupée ** de 9 études répondant à des critères spécifiques de qualité à montré que les enfants vivant 24 heures durant dans des maisons exposées à des champs d’au moins 0.4 μ T avaient deux fois plus de risques d’être atteint de leucémie (2). En 2001, le Centre International de Recherche sur le Cancer a classifié les Champs magnétiques (à fréquences extrêmement basses) comme « peut-être cancérogènes pour l'homme » sur la base d’indications limitées de cancérogénicité chez l’homme, et d’indications insuffisantes de cancérogénicité chez l’animal de laboratoire.

 

Les champs magnétiques dans les maisons proviennent essentiellement du réseau basse tension de distribution électrique, du réseau électrique intramuros et des appareils électro-domestiques. Seul une petite partie des habitations est proche du réseau aérien de lignes hautes tensions (distribution et transport de l’électricité), mais dans ces maisons la ligne haute tension constitue la principale source de champ magnétique.

 

Nous avons étudié si la proximité de la résidence de naissance par rapport aux lignes de distribution de l’électricité en Angleterre et au Pays de Galles est associée à l’augmentation du risque d’atteinte de cancers infantiles. Il n’est pas connu de période particulière de vie, s’il y en a une, à associer au développement de cancers par les champs magnétiques. De précédentes recherches ont considéré l’adresse de résidence au diagnostic ou tout au long de périodes spécifiques. Plus de la moitié des cas (55 %) de leucémies de l’enfant et 43 % des autres cancers de l’enfant se produisent à l’âge de 5 ans.

 

** Analyse groupée (pooled analysis): Technique statistique qui retraite les données individuelles utilisées dans plusieurs études, pour n’en fournir qu’une seule estimation. Méta analyse de données publiées (meta-analysis): Technique statistique qui analyse et résume les résultats de plusieurs études en une seule estimation. Blettner M and al. “Traditional reviews, meta-analyses and pooled analyses in epidemiology”. International Journal of Epidemiology; 1999 ; 28 : 1-9.

 

Méthodes

 

Cas et témoins

Les enfants âgés de 0 à 14 ans atteints d’un cancer (néoplasmes malins et tumeurs du système nerveux central et du cerveau) en Angleterre, Ecosse et Pays de Galles, identifiés par plusieurs sources incluant le Système National d’enregistrement du cancer (National Cancer Registration System) et le Groupe d’études du cancer infantile du Royaume Uni (UK Children's Cancer Study Group), sont inclus au Registre national des tumeurs infantiles (National Registry of Childhood Tumours) du Groupe de recherche du cancer infantile (Childhood Cancer Research Group).

 

Nous avons identifié environ 33 000 cas de cancers chez les enfants nés en Angleterre et au Pays de Galles, entre 1962 et 1995, et diagnostiqués en Angleterre, au Pays de Galles ou en Ecosses sur la même période. Nous avons obtenu des informations sur la naissance pour un peu plus de 31 000 cas, 1700 ont été exclus de l’étude parce que les enfants ont été adoptés ou lorsque l’enregistrement de la naissance ne pouvait être retrouvé. Pour chaque cas nous avons sélectionné à partir des registres de naissances un témoin apparié sur le sexe, la date de naissance (à six mois près), et la zone d’enregistrement de la naissance. Les zones d’enregistrement des naissances varient beaucoup entailles et sont fréquemment redéfinies ; il y en a actuellement environ 400. Nous nous sommes efforcés de trouver le code postal et la référence de réseau approximative de l'adresse à la naissance pour tous les cas et les témoins, mais cela n’a pas été toujours possible. Le set de donnée final comprenait 29081 paires de cas/témoins appariées (9700 pour la leucémie) que nous pourrions localiser au regard des lignes de distribution de l’électricité.

 

Calcul des distances aux lignes de distribution électrique

Nous avons identifié les lignes de distribution de l’électricité formant le réseau national de distribution de l’électricité en Angleterre et au Pays de Galles – c’est à dire, toutes les lignes aériennes hautes tensions de 275 et 400 kV (la tension la plus élevée utilisée) plus une petite partie des lignes 132 kV, représentant au total 7000 km de lignes. A partir des enregistrements du Réseau national Transco (National Grid Transco), nous avons obtenu une grille de référence des 21800 pylônes. En utilisant le code postal à la naissance nous avons identifié les sujets vivant à moins de 1 km d’une ligne de distribution électrique. Pour 93 % de ces adresses nous avons obtenu, du département gouvernemental de cartographie (Ordnance Survey) qui produit les coordonnées des adresses (AddressPoint), un réseau de référence de 0,1 m et de là nous avons calculé la distance la plus courte à la ligne de distribution électrique existante à l’année de naissance, recréant d’ancienne localisation de lignes quand s’était nécessaire et possible. Pour calculer les distances inférieures à 50 m, nous avons pris la moyenne des points les plus proches et les plus éloignés des bâtiments par rapport à la ligne de distribution de l’électricité, en utilisant des cartes de grandes échelles. Nous avons cherché à obtenir un ensemble complet de distances précises pour tous les sujets vivant à moins de 600 m d’une ligne, distance identifiée comme étant au-delà de la distance pour laquelle le champ magnétique est considéré comme important.

 

Analyse statistique

Nous avons utilisé une régression logistique conditionnelle sur la paire appariée cas/témoin pour calculer les risques relatifs et les valeurs. (2)

.

Résultats

L'étude montre la distribution des distances à la ligne la plus proche pour les sujets cas, subdivisés en leucémies, cancers du système nerveux central/cerveau, et “autres diagnostics”, et pour les sujets témoins. La plupart (97%) de ces distances sont supérieures à 600 mètres. Le risque relatif est une estimation de l’incidence comparée en cela aux distances supérieures à 600 mètres. Pour la leucémie, à chaque catégorie de distances inférieures à 600 m, le risque relatif est supérieur à 1.0 ; il y a une évidence certaine que le risque varie avec la distance à la ligne, bien qu’il n’y ai aucune progression régulière. Pour les autres diagnostics, nos données ne suggèrent aucune augmentation du risque.

 

En général, le niveau de rayonnement issu d’une ligne de source de courant est supposé diminuer comme l’inverse de la distance, mais le champ magnétique d’une ligne à haute tension décroît comme l’inverse de la distance au carré ou parfois comme l’inverse du cube de la distance.(3) Pour chaque groupe de diagnostics, nous avons testé si le risque est fonction de la distance (d) de la ligne la plus proche, en utilisant 3 modèles : lorsque le risque dépend du rang de la catégorie de bande de distance, de la distance inverse (1/d) ou de l’inverse de la distance au carré (1/d2). Il n’y avait aucun résultats significatifs pour les tumeurs du système nerveux central/cerveau ou pour les « autres tumeurs ». Pour la leucémie, les résultats de 2 des analyses de tendances sont significatives (P<0.01) ; ces analyses suggèrent que le risque puisse dépendre ou bien du rang de la catégorie de bande de distance ou bien encore de l’inverse de la distance. Cette dernière semble plus plausible. Nous avons donc recalculé les résultats pour la leucémie infantile à des rangs correspondant à des intervalles environ réguliers de 1/d. Cette modification dans le groupement des données n’a pas modifié le modèle du risque relatif estimé ni la significativité du test pour la tendance avec 1/d. Pour simplifier, nous avons aussi analysé le risque de leucémie dans les bandes 0-199 m et 200-599 m. Le risque relatif par rapport aux distances supérieures à 600 m est de 1.69 et 1.23 ;la tendance avec 1/d était significative (P<0.01).

 

Nous avons étudié la possibilité qu’un lien entre la distance et le risque de leucémie soit une conséquence de la relation entre la distance et le statut socioéconomique. Nous avons utilisé l'indice de pauvreté Carstairs (Carstairs deprivation index) pour allouer une mesure du statut économique aux zones de recensement dans laquelle chaque enfant vivait à la naissance.(4) Comme précédemment rapporté, les résultats confirment l’association entre la richesse et le risque de leucémie de l’enfant (P pour la tendance <0.01). L’ajustement sur le statut socioéconomique n’a pas d’influence sur le risque relatif par rapport à la distance.

 

Les lignes à hautes tensions produisent des ions dans l’air par un processus appelé «effet couronne ». Fews et al suggèrent que cela pourrait conduire à des effets sur la santé quand les vents soufflent les ions au delà des lignes électriques.(6) Nous avons fait un test initial de ces hypothèses en utilisant un modèle simplifié suggéré par Preece et al (communication personnelle), considérant que le vent prévalant est d’orientation Sud-Est. Le taux de cas/témoins n’était pas supérieur sous le vent et à l’opposé du vent par rapport aux lignes hautes tensions, aussi, considérant cette approche simplifiée admise, nous n’avons pas de mise en évidence pour appuyer cette hypothèse.

 

Discussion

A ce jour, cette étude est la plus vaste étude sur le cancer infantile et les lignes de distribution de l’électricité, avec environ 2 fois plus d’enfants vivants à proximité des lignes que dans la précédente plus vaste étude sur le sujet (7) . Nous avons trouvé que le risque relatif de leucémie était de 1.69 (95% intervalle de confiance 1.13 à 2.53) pour les enfants dont l’adresse de résidence à la naissance était à moins de 200 m d’une ligne à haute tension, comparé avec ceux se situant à plus de 600 m de la ligne la plus proche. Pour les distances comprises entre 200 et 600 m, le risque relatif était de 1.23 (1.02 to 1.49). Les résultats montrant une augmentation du risque de leucémie qui s’étend aussi loin de la ligne sont surprenants compte tenu du très faible niveau de champ magnétique que peut générer une ligne haute tension à ces distances.

 

Explication possible des résultats obtenus

Il n'y a aucune source évidente de biais dans le choix des cas ou des témoins. L’étude est basée sur l’enregistrement des cancers infantiles en Angleterre et au Pays de Galles sur la majeure partie de la période d’existence du réseau national. Les enregistrements des cancers de l’enfant sont quasiment complets et il semble improbable que la possibilité d'enregistrement soit en lien avec la proximité de l'adresse de la résidence de naissance aux lignes de distribution. Les sujets témoins ont été sélectionnés à partir de la compilation des registres en regards du processus légal requit pour l’enregistrement des naissances. Aucune participation des sujets cas ou des sujets témoins n’a été exigée. Nous avons calculé les distances sans connaître l’état cas/témoins, et nous avons pu inclure 88 % des cas sélectionnés, chacun avec un témoin apparié.

 

Les populations proches des lignes hautes tensions peuvent avoir des caractéristiques différentes du reste de la population. Dans nos données témoins, il y a une légère tendance de plus grande richesse dans les zones urbaines (mesure par l’index Carstairs) à proximité des lignes, bien que pour les zones rurales, il n’y ai pas de tendance claire. Il est connu qu’il y a une association positive entre la richesse et le taux de leucémie de l’enfant plus élevé dans les familles plus riches. Cependant, l’ajustement des critères socioéconomiques sur le recensement de l’adresse de résidence à la naissance n’explique pas nos résultats. Le mixage des populations a été associé à la leucémie de l’enfant8 , mais dans notre cas, la mobilité individuelle, déterminée par le changement des codes postaux entre la naissance et le diagnostic, n’était pas plus fréquente pour ceux dont la résidence à la maison était proche des lignes. Les autres caractéristiques de la population (par exemple le nombre d’enfants d’une fratrie, qui a été parfois trouvé pour être associé à la leucémie de l’enfant (9) peuvent varier avec la proximité des lignes hautes tensions, mais nous n'avons pas les données pour déterminer si ceux-ci expliquent notre résultat.

 

Les résultats sont grandement significatifs mais pourraient être néanmoins dus au hasard – par exemple, si les sujets témoins/leucémies ne sont pas suffisamment représentatifs de la population de référence. Quelques appuis à cette explication peuvent être dérivés de la distribution des distances entre les sujets atteints ou non de leucémie. La comparaison des cas de leucémie avec ces derniers suggère encore qu’il y a une augmentation du risque de leucémie mais c’est bien moins qu’avec les témoins appariés. Nous soulignons, cependant, que l’utilisation des témoins appariés est l’approche la plus appropriée.

 

Six des études incluses dans l’analyse groupée mentionnée ci-dessus tiennent, ou ont été étendues pour inclure des analyses de la proximité des lignes hautes tensions (7-10-14). Parmi celle-ci, une précédente étude anglaise (10), avec 1582 cas de leucémie diagnostiquée de 1992 à 1996 (dont la plupart seront partie de nos 9700), a trouvé un risque relatif de 1.42 (0.85 à 2.37) d’atteinte de leucémies aiguës lymphoblastiques à moins de 400 m de lignes de 275 et 400 kV ; cela conforte nos résultats. Des études au Canada (11) et en Suède(7) ont trouvé aussi une augmentation du risque pour la leucémie de l’enfant (Canada : risque relatif de 1.8 (0.7 à 4.7) pour les résidences à moins de 100 m d’une ligne de distribution de 50 kV et plus, et 1.3 à moins de 50 m ; Suède : 2.9 (1.0 à 7.3) pour les habitations à moins de 50 m contre 101-300 m d’une ligne de distribution de 220 et 400 kV, avec aucune augmentation des autres cancers de l’enfant). Des études du Danemark (7) , de Norvège (13) et des Etats Unis(14) ont trouvé un risque relatif inférieur à 1.0 mais elles étaient basées sur un nombre plus petit de sujets. Aucune de ces études n’a évalué de distances aussi grandes que dans notre étude ; quelques-unes ont utilisé une catégorie de référence qui correspond aux distances où nous avons trouvé un risque augmenté.

 

Notre étude traite des adresses de résidences à la naissance, tandis que beaucoup des précédentes études épidémiologiques sur les champs magnétiques ont traité d’adresses à d’autres périodes. La moitié des enfants atteints de leucémie dans cette étude ont la même adresse de résidence à la naissance et au moment du diagnostic ; nous n’avons pas d’information correspondante pour le groupe témoin.

 

L'explication la plus évidente de l'association avec la distance à une ligne est que c’est en fait une conséquence de l’exposition aux champs magnétiques. Pour les champs magnétiques dans la maison, l’analyse groupé de Ahlbom et al. donnait un risque relatif de 2.00 (1.27 à 3.13) pour des expositions >= 0.4 μ T en regards à des expositions < 0.1μ T ; Le risque pour des champs < 0.4μ T était proche du niveau de non-effet (2) . Une autre analyse groupée, incluant des études additionnelles, donnait des résultats similaires avec un niveau de 0.3 μ T(15). Pour les lignes hautes tensions investiguées, le niveau de champ magnétique est de 0.4 μ T pour une moyenne d’environ 60 m de distance à la ligne (Basé sur des calculs exploitant un an de charges enregistrées pour un échantillon de 42 lignes). Notre augmentation de risque semble s’étendre à au moins 200 m, et à cette distance les niveaux de champs typiquement calculés pour les lignes à hautes tensions sont < 0.1 μ T, et souvent < 0.01 μ T – ce qui représente moins que le niveau de champs généré dans les habitations par les autres sources. Ainsi nos résultats ne semblent pas compatibles avec la relation entre les champs magnétiques et le risque. Le risque relatif estimé était plus proche d’un lien avec l’inverse de la distance aux lignes que de l’inverse du carré de la distance.

 

Conclusions

Tandis que peu d'enfants en Angleterre et au Pays de galles vivent à proximité des lignes hautes tensions à la naissance, il y a une légère tendance pour les adresses de résidence à la naissance d'enfants atteints de leucémies infantiles à être plus proche de ces lignes que pour les témoins appariés. Une association entre la leucémie de l’enfant et les lignes de distribution a été rapportée dans plusieurs études, mais il est néanmoins surprenant de trouver des effets pour d’aussi importantes distances aux lignes de distribution d’électricité. Nous n'avons aucune explication satisfaisante de nos résultats en termes de causalité par les champs magnétiques ou l'association avec d'autres facteurs. Ni l'association trouvée ici, ni les précédentes études se rapportant au niveau d'exposition aux champs magnétiques ne sont corroborées par des données convaincantes de laboratoire ou par n'importe quel mécanisme biologique reconnu.

 

Considérant que le risque le plus élevé aux alentours des lignes hautes tensions est en effet une conséquence de la proximité de ces lignes nous pouvons estimer le nombre annuel attribuable de cas de leucémie infantile en Angleterre et au Pays de galles. L'incidence annuelle de leucémie de l'enfant en Angleterre et au Pays de galles est d’environ 42 par million ; les excès de risques relatifs aux distances de 0-199 m et 200-599 m sont d’environ 0.69 et 0.23, respectivement cela donne des taux d'excès de 28 et 10 par million. (Ces deux estimations tiennent compte du fait que l'incidence pour l'Angleterre et le Pays de galles est elle-même partiellement basée sur des cas se produisant à proximité des lignes hautes tensions) Nous estimons que sur les 9.7 millions d'enfants dans la population (estimation de 2003), à la naissance environ 80 000 devraient vivre à 199 m d'une ligne et 320 000 entre 200 et 599 m. Ainsi, des 400-420 cas de leucémie infantile se déclarant annuellement, environ cinq pourraient être associés aux lignes hautes tensions, bien que cette évaluation soit imprécise. Nous soulignons de nouveau l'incertitude quant au fait que cette association statistique présente une relation causale.

 

Ce que l’on connaît déjà sur le sujet

Les champs magnétiques, générés par les dispositifs d'énergie électrique, sont "probablement cancérigènes" Une analyse groupée d'études cas/témoins a constaté que les enfants vivant dans des maisons exposées à des champs magnétiques important (> 0.4 μ T) avaient un risque de développer une leucémie infantile multipliée par deux Les lignes hautes tensions sont une source de champs parmi d’autres

 

Qu’est ce que cette étude apporte

Cette étude du Royaume-Uni, constituée de 29 000 cas de cancer infantile, incluant 9700 cas de leucémie, a montré un risque élevé de leucémie chez les enfants ayant vécu à la naissance à moins de 200 m de lignes hautes tensions, en comparaison à ceux ayant vécu au-delà de 600m (risque relatif 1.7)

 

Il y avait aussi un risque légèrement augmenté pour ceux vivant à la naissance entre 200 et 600 m de distance aux lignes (risque relatif 1.2, P pour la tendance < 0.01); comme c'est plus éloigné que ce qui peut être aisément expliqué par les champs magnétiques cela peut être dû à d'autres facteurs étiologiques associés aux lignes hautes tensions.

 

Nos remerciements aux collègues du Groupe de recherche sur le cancer infantile et du Réseau national Transco pour l'aide à cette étude et aux registres du cancers et au Groupe d’étude sur le cancer infantile du Royaume Uni pour les notifications des cas de cancer de l'enfant.

Contributeurs : GD était responsable de la direction complète de l'étude et de la publication. GD et JS ont eu l'idée initiale et ont conçu l'étude. TV et MEK ont collecté les informations sur les cas et les témoins et ont réalisé l'analyse statistique. JS l'évaluation des expositions. GD et JS sont les garants.

 

Financement : Cette étude a été entreprise comme partie d'un projet financé par le programme de radio-protection du département de la santé du Royaume Uni (United Kingdom Department of Health Radiation Protection Programme). Le Groupe de recherche sur le cancer infantile reçoit aussi des financements du Ministère de la Santé et des Ministres Écossais. Les vues exprimées ici sont celle des auteurs et non nécessairement celle du Ministère de la Santé et des Ministres Écossais. Le Réseau national Transco fourni du temps de personnel mais aucun autre financement.

 

Intérêts de concurrence : JS est employé par le Réseau national Transco et travaillait sur ce projet avec leur autorisation. Un contrat écrit existe entre le Groupe de recherche sur le cancer infantile et le Réseau national Transco spécifiant que le Groupe de recherche sur le cancer infantile a le contrôle complet de la conduite, l'interprétation et la publication de cette étude ;

Cette publication n'a été approuvée par aucune personne du Réseau national Transco autre que JS en sa qualité d'auteur et ne représente pas nécessairement les vues du Réseau national Transco.

 

Approbation morale : le Groupe de recherche sur le cancer infantile a l'approbation des comités d'éthique locale et, par l'adhésion de l'Association des registres du cancer du Royaume Uni (UK Association of Cancer Registries), a l'approbation du Groupe consultatif de l’information des patients (Patient Information Advisory Group) en respect des principes de l'enregistrement des cancers.

Source (Extraits) :   http://www.criirem.org/                         

 

Bibliographie

1. Wertheimer N, Leeper E. Electrical wiring configurations and childhood cancer. Am Jepidemiol 1979;109: 273-84. [Abstract]

2. Ahlbom A, Day N, Feychting M, Rockerty J, et al. A pooled analysis of magnetic fields and childhood leukaemia Br J Cancer 2000;83: 698.

[CrossRef][ISI][Medline]

3. Maddock BJ. Overhead line design in relation to electric and magnetic field limits. Power Engineering 1992;Sep:217- 24.

4. Morris R, Carstairs V. Which deprivation? A comparison of selected deprivation indexes. J Public Health Med 1991;13: 318-26. [Abstract]

5. Draper GJ, Stiller CA, O'Connor CM, Vincent TJ, Elliott P, McGale P, et al.

The geographical epidemiology of childhood leukaemia and non-Hodgkin lymphomas in Great Britain, 1966-83. London: Office for Population Census and Surveys, 1991. (OPCS Studies on Medical and Population Subjects N° 53.)

6. Fews AP, Henshaw DL, Wilding RJ, Keitch PA. Corona ions from powerlines and increased exposure to pollutant aerosols. Int J Radiat Biol 1999;75: 1523-31. [CrossRef][ISI][Medline]

7. Feychting M, Ahlbom A. Magnetic fields and cancer in children residing near Swedish high-voltage power lines. Am J Epidemiol 1993;138: 467-81. [Abstract]

8. Kinlen L, Doll R. Population mixing and childhood leukaemia: Fallon and other US clusters. Br J Cancer 2004;91: 1-3. [CrossRef][ISI][Medline]

9. Dockerty JD, Draper GJ, Vincent TJ, Rowan SD, Bunch KJ. Case-control study of parental age, parity and socioeconomic level in relation to childhood cancers. Int J Epidemiol 2001;30: 1428-37.[Abstract/Free Full Text]

10.UK Childhood Cancer Study Investigators. Childhood cancer and residential proximity to power lines. Br J Cancer 2000;83: 1573-80. [CrossRef][ISI][Medline]

11. McBride ML, Gallagher RP, Thériault G, Armstrong BG, Tamaro S, Spinelli JJ, et al. Power-frequency electric and magnetic fields and risk of childhood leukemia in Canada. Am J Epidemiol 1999;149: 831-42. [Abstract]

12. Olsen JH, Nielsen A, Schulgen G. Residence near high voltage facilities and risk of cancer in children. BMJ 1993;307: 891-5. [ISI][Medline]

13. Tynes T, Haldorsen T. Electromagnetic fields and cancer in children residing near Norwegian high-voltage power lines. Am J Epidemiol 1997;145: 219-26.

[Abstract]

14. Kleinerman RA, Kaune WT, Hatch EE, Wacholder S, Linet MS, Robison LL, et al. Are children living near high-voltage power lines at increased risk of acute lymphoblastic leukemia? Am J Epidemiol 2000;151: 512-5. [Abstract]

15. Greenland S, Sheppard AR, Kaune WT, Poole C, Kelsh MA. A pooled analysis of magnetic fields, wire codes, and childhood leukemia. Epidemiology 2000;11: 624-34. [CrossRef] [ISI][Medline] BMJ Vol. 330 ; 4 Juin 2005 ; page 1290.

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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 20:42
VOLKSWAGEN  : 11 millions de véhicules vendus en mentant sciemment aux automobilistes.  Photo : AFP

VOLKSWAGEN : 11 millions de véhicules vendus en mentant sciemment aux automobilistes. Photo : AFP

LA COMMISSION EUROPÉENNE ET LE SCANDALE VOLKSWAGEN

 

 

Encore sous le coup d'une procédure d'enquête de l'agence américaine de protection de l'environnement pour avoir installé un logiciel fraudeur à bord de ses véhicules afin d'embellir les résultats des contrôles techniques sur les rejets nocifs de plus de 11 millions d'automobiles vendues non conformes à ce qui était affirmé, le groupe automobile allemand Volkswagen, conglomérat aux 11 marques (1), semble bénéficier de beaucoup de mensuétude et d'une certaine complicité passive de la part de la Commission européenne. Cette dernière a,  au lieu de s'emparer de ce scandale environnemental doublé d'une tromperie des consommateurs et punir ce constructeur, préféré rehausser de 110% les normes d'émissions de monoxyde de carbone (CO), mais également celles concernant les rejets d'oxydes d'azote (NOx) du diesel qui est 40 fois plus polluants que le CO.

 

Le député européen Patrick Le Hayric a interrogé le 23 septembre 2015 la Commission européenne au sujet de cette fraude du groupe Volkswagen, puis conséquement voté le 21 janvier, au parlement de Strasbourg, pour que soit créée une commission d'enquête qui devra établir l'étendue de ces pratiques frauduleuses et tenter de faire la lumière sur d'éventuelles protections dont Volkswagen et d'autres constructeurs bénéficieraient de la part des régulateurs européens et des législateurs nationaux.

 

Questions de Patrick Le Hayric, groupe groupe Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique (devise : "Une autre Europe est possible" http://www.guengl.eu/) :

 

1) Comment la Commission explique-t-elle, la défaillance collective des 28 autorités nationales chargées de surveiller la bonne application des standards européens de pollution ?

 

2) Devant cet échec collectif la création d’une autorité européenne chargée d’homologuer les émissions des véhicules permettrait-elle de se soustraire à l’influence des constructeurs automobiles ?

 

3) Quelle est la stratégie de la Commission pour s’attaquer aux logiciels espions qui permettent ce genre de fraude, sans pour autant remettre en cause la protection nécessaire du droit d’auteur ?

 

Réponse de Mme Bieńkowska, commissaire européenne au Marché intérieur et à l’Industrie, ancienne ministre du premier gouvernement du libéral-conservateur Donald Tusk (Pologne) :

 

" La Commission n’a pas eu connaissance de cas concrets d’utilisation de dispositifs d’invalidation.

 

Le suivi du respect des règles relève de la responsabilité des États membres.

 

En plus des contrôles des émissions en condition de conduite réelle, la Commission compte également que la mise en œuvre de la procédure d’essai mondiale harmonisée pour les voitures particulières et les véhicules utilitaires légers (WLTP) permettra de garantir des conditions plus solides et plus précises pour les contrôles des émissions en laboratoire. "

 

On voit que les éléments de cette réponse ainsi que ceux recueillis depuis plus de 6 mois sur cette affaire laissent désormais planer peu de doutes sur l'intention qu'avait la DG industrie de la Commission européenne menée par Mme Bieńkowska de vouloir étouffer ce scandale sur ces logiciels truqueurs, ce qui montre à quel point cette industrie et d'autres exercent un lobbyisme efficient auprès des plus hautes instances européennes.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

 

(1) Volkswagen, Audi, Bugatti, Seat, Škoda, Porsche, Lamborghini, Bentley, Ducati, Scania et MAN .

 

Nota : HENDAYENVIRONNEMENT rapportait dès le 19 décembre 2014 (soit près d'un an avant que l'on parle du scandale Volkswagen) que le mensonge et l'hypocrisie régnaient autour des normes d'émissions européennes Euro 6 édictées à seule fin de donner une bonne conscience environnementale aux automobilistes et favoriser ainsi la production de toujours plus grands et plus coûteux véhicules : http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2014/12/ongi-etorri-bienvenue-sur-notre-site-socio-environnemental.html

 

 

 

 

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14 avril 2016 4 14 /04 /avril /2016 09:50

 

Deux mots au sujet du documentaire ainsi que du débat qui a suivi :

 

La soirée consacrée à la commémoration du 71ème anniversaire de la libération des camps de concentration nazis et à la problématique de l'extermination de millions de déportés internés dans ces camps a été l'occasion de projeter un beau documentaire réalisé par la Municipalité d’Hendaye et dans lequel témoignèrent l'ultime déportée encore vivante de notre ville, ainsi que 4 descendants de familles hendayaises frappées par la mort d'un parent en déportation.

 

La salle du cinéma " Les Variétés " était quasi comble et empreinte d'une charge émotionnelle que tout un chacun à pu mesurer au cours du débat qui suivit la projection du film. Les interventions du public reflétèrent que " l'inimaginable " qui s'est déroulé sur ce continent il y a seulement sept décennies pourrait fort bien un jour se reproduire si nous ne prenons à cœur de combattre la xénophobie, le racisme, et ne faisons rien pour stopper le dénigrement de groupes ainsi que le rejet de " l'autre " qui caractérisent de nos jours l'absence de tolérance dans de nombreuses sociétés européennes dont la nôtre.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

UN DEVOIR DE MÉMOIRE : &quot;PLUS JAMAIS ÇA&quot;

AVEC LES TÉMOIGNAGES DE :

 

Simone Vilalta, déportée au camp de concentration de
Ravensbruck, raconte l'enfer des camps, aujourd'hui dernière rescapée hendayaise elle témoigne encore et toujours "pour arriver à produire des effets intéressants pour la Jeunesse".

Maïté Faget, fille de Jérôme Faget, déporté au camp de Dachau le 28 Juin 1944 décédé au camp le 26 février 1945.

Visi Busto, fille de Mariano Busto, déporté au camp de
Buckenwald le 27 Janvier 1944, décédé le 4 Avril 1944.

Angèle Peyrelongue, épouse de René Peyrelongue déporté au camp de Sachsenhausen en mars 1943, libéré en mai 1945.

Ces quatre témoins n'ont pas hésité à participer à la réalisation de ce documentaire, mais pour elles c'est une suite logique de leur investissement auprès des enfants des établissements
scolaires
.

Pierre Thillaud, petit fils de Léon Lannepouquet maire de Hendaye, déporté au camp de Dachau le 28 juin 1944, décédé au camp le 7 janvier 1945, historien adhérent d'Oroitza intervient sur le contexte général de la vie hendayaise.


Déportés décédés dans les camps de concentration : Sur 68 Hendayais déportés dans des camps de concentration, 37 ne reviendront pas.

 

 

                                          Soirée organisée par la MUNICIPALITÉ D'HENDAYE

                                                                                    en liaison avec

                                             OROITZA - Cercle de Recherches sur l 'Histoire de Hendaye

 

 

Note de la rédaction :

 

HENDAYENVIRONNEMENT salue l'initiative menée par les organisateurs de cette soirée commémorative qui tend à perpétuer notre devoir de mémoire envers les millions d'hommes et femmes qui s'opposérent au totalitarisme du III ème Reich.

 

La souffrance infinie infligée à beaucoup de peuples et de pays lors de l'invasion nazie, et que le chancelier Willy Brandt (prix Nobel de la paix 1971) a implicitement reconnue en accomplissant au nom du peuple allemand une génuflexion à Varsovie le 7 décembre 1970, ne doit pas nous empêcher de méditer ce que la grande philosophe allemande Hannah Arendt écrivait au sujet des culpabilités dans ce conflit guerrier : « l’admission spontanée de cette responsabilité collective a eu pour résultat le blanchiment très efficace, quoique inattendu de ceux qui avaient fait quelque chose […]. Quand tous sont coupables, personne ne l’est. […] La culpabilité et l’innocence n’ont de sens qu’appliquées à des individus.* »

 

* Extrait de Responsabilité personnelle et régime dictatorial in Responsabilité et jugement, tr. fr. Jean-Luc Fidel, Payot 1964, pp. 68-70. Hannah Arendt (1906 -1975) fut internée au camp de Gurs (64) en mai 1940..

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 13:48

 

HISTOIRE

 

85ème COMMÉMORATION DE LA PROCLAMATION DE LA SECONDE RÉPUBLIQUE ESPAGNOLE

 

Le 14 avril 1931 est proclamée la Seconde République espagnole suite aux élections qui portèrent la gauche au pouvoir. Le roi Alphonse XIII abandonne Madrid et part en exil sans avoir abdiqué. Nos amis républicains d'Irun et de toute la péninsule Ibérique s'apprêtent à commémorer pour la 85ème fois cette courte phase de transformation de l'ordre social et économique de leur pays par voie législative.

 

                                                                 Calendrier des cérémonies :

                              http://www.asociacionrepublicanairunesa.org/fra/actividades.php

                                         

                                                          Ecouter l'hymne " Irun Républicain " :

            http://www.asociacionrepublicanairunesa.org/down/himno-irun-republicano.mp3

PROCLAMATION DE LA SECONDE RÉPUBLIQUE ESPAGNOLE
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3 avril 2016 7 03 /04 /avril /2016 09:04
BALEINES EN DIRECT

Nos cousins québécois qui ont dans un passé pas si lointain tant massacré de cétacés à l'image des pêcheurs jadis venus de notre région qui ravagèrent avant eux l'estuaire du fleuve Saint-Laurent, font de nos jours d'importants efforts pour tenter de désormais sauver l'ensemble des espèces de mammifères marins que cette grandiose région de la " Belle Province " abrite.

 

Nous ne pouvons que conseiller à nos visiteurs de découvrir et gratuitement s'abonner à un des plus informatifs sites que le net puisse offrir sur ces animaux mythiques :  http://baleinesendirect.org/

 

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 00:09
Centrale nucléaire de Cattenom (Moselle). Les investisseurs fuient le nucléaire puisque 57% des nouvelles capacités de production électricitque installées dans le monde se font à partir de sources renouvelables (Photovoltaïque, éoliennes, biomasse etc...), alors que le nucléaire n'atteint plus désormais que 3% de parts de marché.

Centrale nucléaire de Cattenom (Moselle). Les investisseurs fuient le nucléaire puisque 57% des nouvelles capacités de production électricitque installées dans le monde se font à partir de sources renouvelables (Photovoltaïque, éoliennes, biomasse etc...), alors que le nucléaire n'atteint plus désormais que 3% de parts de marché.

 

APRÈS AREVA, EDF À SON TOUR

AU BORD DU GOUFFRE

 

 

Interviewé par le quotidien Libération le jeudi 3 mars 2016, Pierre-Frank Chevet, président de l'autorité de sûreté nucléaire (ASN) reconnaissait : " Il faut imaginer qu'un accident de type Fukushima puisse survenir en Europe. Je ne sais pas donner la probabilité et on fait un maximum pour éviter que ça arrive, mais malgré tout, on pose le principe que ça peut arriver ". (1)

 

Voilà pour le volet de la sûreté de nos centrales qui vieillissent et créaient, à côté du développement de nouvelles technologies nucléaires, d'insolubles problèmes de trésorerie à Thomas Piquemal, directeur financier d'EDF, qui vient de démissionner pour manifester son opposition au risque gigantesque encouru par l'électricien dans la construction en Grande-Bretagne de deux EPR (2) dont on estime le coût à plus de 23 milliards d'euros. Son geste a été aussitôt salué par le secrétaire du comité central d'entreprise (CCE), Jean-Luc Magnaval, qui estime que " si le directeur financier d'AREVA avait agi de même, peut-être aurait-il sauvé l'entreprise ".

 

En effet, la crise de trésorerie que connaît actuellement EDF et qui porte sur un endettement de 37,5 milliards d'euros plombe, tant sur le plan de la sécurisation des centrales nucléaires que sur celui du développement de formes alternatives de production faisant appel aux énergies renouvelables, toute capacité d'investissement de cette société encore majoritairement détenue par l'État. La faute à cela revenant aux coûts d'exploitation exorbitants que le nucléaire occasionne et aux déboires financiers rencontrés dans les chantiers EPR.

Aux côtés d'EDF, jadis fleuron de notre économie nationale, une autre grande société à capitaux publics et également liée au nucléaire, AREVA, traverse elle aussi de graves difficultés. Elle cumule 9 milliards d'euros de dettes malgré une cession d'actifs 7 milliards d'euros, et rencontre une succession de nouveaux déboires financiers suite aux surcoûts liés aux problèmes techniques et pénalités de retards rencontrés dans la construction de l'EPR de 3ème génération d'Olkiluoto (Finlande), ainsi qu'à la dépréciation massive de la société canadienne URAMIN qu'elle avait racheté à un prix follement injustifié alors que le nucléaire traversait déjà une grave crise de confiance mondiale après les accidents successifs majeurs de Tchernobyl et Fukushima.

 

On ne sait donc pas trop comment ces deux sociétés qui cumulent une dette de près de 48 milliards d'euros pourront un jour se refaire une santé financière sans devoir faire appel aux contribuables ou à une explosion des tarifs de l'électricité. Cela est d'autant plus préoccupant qu'un autre grand chantier EPR, celui de Flamanville (3) (Manche), dont le coût initial estimé à 4 milliards d'euros aura entre temps atteint près de 10 milliards, connaît des problèmes similaires à ceux de la centrale d'Olkiluoto, alors que les concurrents sud coréens et chinois d'AREVA ont moins de difficultés à vendre leurs centrales nucléaires classiques auprès des pays qui souhaitent encore se doter de cette forme de production d'énergie.

 

Au-delà des déconvenues technologiques et financières ici décrites il est également utile de se remémorer le problème ardu que pose le stockage sur le long terme des déchets radioactifs pour lesquels aucune solution vraiment fiable d'enfouissement semble avoir été trouvée (4). Ceci aide à mieux prendre conscience qu'il est devenu urgent de chercher à enfin tourner la page du nucléaire qui n'a pas fini de nous réserver de nouvelles et douloureuses surprises dans la lignée des nombreuses déjà vécues : https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_d'accidents_nucléaires

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

(1)     Lire à ce sujet l'incident plus grave qu'initialement dévoilé qui s'est déroulé en 2014 à la centrale nucléaire alsacienne de Fessenheim : http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/incident-la-centrale-de-fessenheim-en-2014-la-presse-allemande-s-inquiete-943547.html

 

(2)     Initialement : European Pressurized Reactor (réacteur pressurisé européen).

 

(3) http://hendaye.environnement.over-blog.fr/article-epr-de-flamanville-un-gouffre-financier-113161925.html

 

(4)    http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/01/26/bure-un-mort-dans-un-eboulement-sur-le-site-d-enfouissement-de-dechets-nucleaires_4853984_3224.html

 

 

                                                                         Lire également

         

  Essais nucléaires en Polynésie : la France doit réparation aux habitants !  

 

http://www.sortirdunucleaire.org/article46353?origine_sujet=LI201602.

                  

Essai nucléaire atmosphérique en Polynésie française. Est-ce en toute conscience de leurs impacts sanitaires que la France a procédé dans le passé à 193 tirs nucléaires dans le Pacifique ?  Photo : AVEN

Essai nucléaire atmosphérique en Polynésie française. Est-ce en toute conscience de leurs impacts sanitaires que la France a procédé dans le passé à 193 tirs nucléaires dans le Pacifique ? Photo : AVEN

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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 13:50
Aperçu aérien des principales constructions qui, au fil du temps, ont fini par toujours plus contracter l'estuaire de la Bidassoa et diminuer l'effet auto-régulateur des marées : aéroport d'Hondarribia, gare de triage d'Hendaye, ports de plaisance de part et d'autre du chenal d'accès, île aux oiseaux devenue entre-temps une presqu' 'ïle, etc...

Aperçu aérien des principales constructions qui, au fil du temps, ont fini par toujours plus contracter l'estuaire de la Bidassoa et diminuer l'effet auto-régulateur des marées : aéroport d'Hondarribia, gare de triage d'Hendaye, ports de plaisance de part et d'autre du chenal d'accès, île aux oiseaux devenue entre-temps une presqu' 'ïle, etc...

L’amoncellement des vases dans la baie de Txingudi transforme depuis déjà des années ce vaste plan aquatique en une plaine boueuse. L'île aux oiseaux, artificiellement créée afin de favoriser le ravitaillement des migrateurs, n'est plus la plupart du temps qu'une presqu'île tellement le lit de l'estuaire s'est surélévé. On constate ainsi à quel point les erreurs successives d'aménagements irréfléchis des berges situées au Nord et au Sud du bassin empêchent des centaines de milliers de tonnes de vases et de sable d'être évacués vers l'océan.

 

L'artificialisation de la baie de Txingudi débuta dès l'année 1955 par la création sur l'emplacement du lit du fleuve de l'aéroport de Fontarabie (Hondarribia), puis fut  ensuite poursuivie sur la berge opposée par l'édification d'un vaste terrain-plein destiné à accueillir l'extension de la gare de triage d'Hendaye. Il faudra attendre le courant des années 90 pour voir entreprendre de nouveaux et imposants travaux d'aménagement des rives de l'estuaire au niveau de son embouchure. Ce fut cette fois un complexe liant habitats, Hôtellerie, commerces et port de plaisance que l'on construisit au lieu dit La pointe, et qui fut promptement débaptisé en Sokoburu afin de donner un nom à consonance locale si prisée par les promoteurs à cette extrémité du quartier de La plage. On sait ce qu'il advint ensuite de l'immense espace inoccupé situé sur la  rive Sud de ce même chenal d'accès que l'on bétonna à son tour peu de temps après afin de créer un second port de plaisance distant d'à peine 600 mètres du premier. 

 

Les initiateurs de ces divers projets furent longtemps insensibles à l'influence que ces constructions ne manqueraient pas d'exercer sur le flux et reflux des marées. Il faudra attendre le courant de la premère décennie de ce siècle pour que l'on prenne; à la lumière des informations divulguées sur l'irrésistible montée du niveau des océans, enfin conscience de l'insuffisante évacuation des sédiments bloqués par la multiplication des constructions opérées sur le lit ainsi que sur les berges du bassin. On constatera alors la spectacculaire progresion des vases sur le lit de l'estuaire et l'on découvrit par ailleurs que ces dernières étaient chargées de pollutions chimiques multiples.

 

Une étude destinée à mesurer l'ampleur de ces divers problèmes ainsi que les risques potentiels de submersions marines sur les quartiers des Joncaux et de La plage fut alors diligentée et conjointement financée par le Gouvernement de Navarre, la Diputaciőn du Guipuzkoa ainsi que le Conseil général des Pyrénées-Atlantiques.  Elle détermina des zones de possibles aléas, mais ne porta aucun jugement sur l'emprise croissante que les multiples bâtiments et aménagements portuaires et aéroportuaires exercent sur le cours de la Bidassoa et de son estuiare. Ainsi, personne n'osant ou pouvant ouvertement se prononcer sur les effets indésirables engendrés par l'artificialisation de la baie, il revient à chacun de s'en remettre à sa propre imagination pour penser qu'un remodelage des berges au niveau par exemple de la piste de cet aéroport urbain pourrait aider à recréer la libre circulation des flux marins sur l'estuaire et donc auto-réguler son lit en facilitant l'évacuation des vases.

Photo de l'aéroport d'Hondarribia (Fontarabie) montrant clairement l'immensité de l'espace conquis sur le lit de l'estuaire, puisque l'ensemble du terrain ici représenté sur le versant Sud du bassin faisait initialement partie du plan d'eau.

Photo de l'aéroport d'Hondarribia (Fontarabie) montrant clairement l'immensité de l'espace conquis sur le lit de l'estuaire, puisque l'ensemble du terrain ici représenté sur le versant Sud du bassin faisait initialement partie du plan d'eau.

Voir également la carte montrant la délimitation des frontières étatiques qui permet de se faire une idée des terrains aménagés de part et d'autre par rapport au plan d'eau initialement existant : https://www.google.fr/maps/@43.360739,-1.7843108,14.64z

 

Il est à propos de l'avenir réservé à l'aéroport d'Hondarribia déjà possible d'estimer que celui-ci va entamer une phase de déclin commercial du fait de la très prochaine entrée en service de la LGV Madrid-Irun qui mettra ces deux villes à 2H30 de distance. Aussi serait-il judicieux de chercher à parvenir enfin à un regroupement du trafic aérien sur Biarritz-Parme, et ce en opérant un croisement des participations financières des deux sociétés mixtes qui gèrent actuellement ces aéroports. Cette centralisation aurait un impact environnemental positif sur le bassin de Txingudi et permettrait par la même occasion de compenser la perte d'activité également attendue sur l'aéroport de Biarritz-Parme avec l'arrivée de la LGV jusqu'à Bordeaux qui raccourcira notoirement le temps de parcours Paris-Hendaye dès la mi-2017.

 

Les communes limitrophes du bassin de Txingudi ainsi que les gouvernements régionaux des deux flancs des Pyrénées ne pourront encore longtemps repousser la fermeture de la piste de l'aéroport urbain d'Hondarribia et son démantèlement. Cet immense terrain, gagné sur le lit de l'estuaire, représentant une des principales entraves à la libre circulation des flux marins. Ces élus devront également s'atteler à l'épineux problème du coûteux dragage d'environ un million de m³ de vases polluées qui accroissent les risques de submersions marines en des temps où l'irréversible montée du niveau des océans provoquée par la fonte des calottes polaires devient toujours plus menaçante pour de nombreux littoraux.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT    

 

 

Voir nos autres articles sur le même sujet :

 

http://hendaye.environnement.over-blog.fr/article-les-sources-de-pollution-de-la-baie-de-txingudi-39015987.html

 

http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2015/05/ongi-etorri-bienvenue-sur-notre-site-socio-environnemental.html

 

http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2016/02/illustration-des-risques-annonces-dans-le-pprl.html

 

 

                          

Extrait du Conseil municipal du 20 mai 2015 annonçant une volonté partielle de changements:

 

 

SUR RAPPORTS DE Mme Chantal KEHRIG COTTENÇON   

062.2015 – OPERATIONS DE DESENVASEMENT –

DESENSABLEMENT DE LA BAIE DE TXINGUDI DEMANDES DE SUBVENTIONS ET AUTORISATIONS DIVERSES

 

" Afin de pouvoir réaliser les opérations d’entretien de la baie de Txingudi particulièrement complexes et onéreuses, la ville d’Hendaye s’est portée volontaire pour faire établir une étude de faisabilité complète. Différents partenaires institutionnels sont concernés par cette opération en terme de financement et de co-maîtrise d’ouvrage délimitée dans le cadre d’une étude juridique financée par le Conseil Départemental des P.A..

 

Le montant du dossier complet de faisabilité (4 phases : étude de faisabilité, études techniques, demandes d’autorisations, accompagnement de la maîtrise d’ouvrage) est estimé à 130 000 € HT et pourrait se dérouler sur 2 ans.

 

M.DESTRUHAUT : Nous voterons pour ce dossier qui est capital et important pour la ville d’Hendaye. C’est dans la continuité de ce qui avait été lancé par la municipalité précédente au travers d’une étude réalisée par la CASAGEC. Il faut effectivement faire bouger ce dossier stratégique pour l’avenir de la ville.

 

Monsieur le Maire : Effectivement l’étude CASAGEC avait été lancée par le Conseil Départemental et aujourd’hui l’équipe municipale a souhaité réactiver ce dossier en 5 temps forts :

 

- le 9 juillet 2014 : nous avons tenu une réunion en Sous-Préfecture avec le Département, la Marine Nationale, la délégation de la Mer et du Littoral. 3 engagements de Monsieur le Sous-Préfet consistaient à :

 

1. Interroger la DREAL (Services de l’État) sur les procédures assez compliquées à mettre en  oeuvre pour obtenir l’autorisation de dragage de la Bidassoa. Souvent on nous demande pourquoi il est possible de draguer dans le port de Saint Jean de Luz et pas dans la Bidassoa. Il faut rappeler que nous sommes sur des eaux non pas internationales mais sur des eaux communes. Il y a plusieurs partenaires autour de la Baie.

 

2. Interpeller le SGAR sur la possibilité de flécher des fonds européens pour réaliser ces travaux

 

3. Inscrire cette thématique dans la partie transition écologique du Contrat de Plan État/Région.

 

- le 30 octobre 2014 : le Département a acté la décision de faire financer l’étude juridique par la Conférence Atlantique Transfrontalière, dont j’étais le Président jusqu’aux dernières élections départementales. Je rappelle qu’au sein de cette Conférence Atlantique siègent à la fois le Département, l’État, la Région, le Gouvernement d’Euskadi, la Diputación de Guipuzcoa.

 

- le 09 décembre 2014 : nous avons saisi Monsieur le Sous-Préfet pour faire établir une étude de faisabilité complète, ce que vient d’évoquer Mme KEHRIG, concernant les dispositions à prévoir pour remettre à niveau le site et obtenir les autorisations de dragage de la Bidassoa.

 

- janvier 2015 : la commune d’Hendaye a lancé une consultation pour la réalisation d’une étude d’impact en vue du dragage de la Bidassoa.

 

- le 20 mai 2015 : aujourd’hui nous délibérons pour obtenir les subventions et acter que nous souhaitons être les maîtres d’ouvrage de l’opération.

 

Je vous livre quelques informations qui nous ont été communiquées par la Marine Nationale suite à la réunion de la 40ème CIP (Commission Interministérielle des Pyrénées) qui s’est réunie le 7 décembre 2014 à Paris. Cette commission s’est tournée à la fois vers Madrid et Paris afin de saisir les deux Etats de cette problématique. Il a été noté une pollution de la Bidassoa au TBT (oxydes de tributylétain) *, autrement dit une pollution due aux peintures. Enfin, le dernier élément surprenant et intéressant, est de constater que de 2012 à 2013 le taux de vase aurait diminué de moitié selon une étude de l’IFREMER.

 

Donc rien n’est fait, mais nous avançons sereinement et de manière concertée avec les différents services de l’État. Bien sûr se posera la question des financements. Nous ne souhaitons pas forcément un dragage systématique de la Baie, comme cela se faisait il y a une trentaine d’années, mais souhaitons retrouver les usages de la Baie. Il s’agit plutôt de proposer des dragages sectorisés pour retrouver le chenal, les liaisons autour du port de pêche, de Caneta, autour de l’île aux oiseaux et sécuriser également le quartier des Joncaux. Nous n’exigeons pas un dragage général puisqu’il a été dit ici et là - même si nous ne sommes pas obligés de croire tous les ingénieurs ou techniciens - qu’aujourd’hui les fonds s’étaient stabilisés, qu’il n’y avait pas de risque de submersion ou d’inondation. Nous restons très vigilants et insistons sur le fait que nous souhaitons procéder à quelques dragages, même s’ils ne sont que sélectifs."

 

* Note de la Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT : L'oxyde de tributylétain (TBTO) est un composé chimique organostannique qui se présente sous la forme d'un liquide inflammable incolore à faible viscosité et non volatil, pratiquement insoluble dans l'eau mais soluble dans les solvants organiques. Il est principalement utilisé comme biocide (fongicide et molluscicide) dans les traitements conservateurs des bois des embarcations de loisir. C'est un composé très irritant pour la peau.

 

Les dérivés du tributylétain ont longtemps été utilisés comme produits ant-fouling. Cependant, ces composés sont suspectés d'être particulièrement toxiques, peut-être avec des effets sensibles sur les organismes aquatiques dès une concentration de 1ng L, ce qui leur a valu une interdiction mondiale par l'organisation maritime internationale 4. L'oxyde de tributylétain est aujourd'hui considéré comme un polluant maritime dangereux et comme substance extrêmement préoccupante par l'Union européenne.

 

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