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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 08:10
Hémicycle de l'Assemblée nationale aux trois quarts vide lors du vote sur la révision constitutionnelle du 8 février 2016. Photo : AFP

Hémicycle de l'Assemblée nationale aux trois quarts vide lors du vote sur la révision constitutionnelle du 8 février 2016. Photo : AFP

Le très controversé projet de révision constitutionnelle qui vise à inscrire l'état d'urgence ainsi que la déchéance de nationalité dans notre Loi fondamentale a laissé en ce lundi 8 février 2016 vers 22h15 un sentiment de déliquescence de notre démocratie dans les esprits de nos concitoyens. En effet, chacun de nous a pu assister à l'acceptation de la modification de l'article 1er du projet de révision constitutionnelle par 103 voix contre 26, alors que seuls 136 députés sur les 577 que compte l'Assemblée nationale étaient présents dans l'hémicycle.

 

Jamais depuis le tristement célèbre jour du 10 juillet 1940 où les chambres votèrent une révision de la Constitution attribuant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain une telle démonstration de poltronnerie civique ne s'était reproduite, nos députés donnant cette fois l'impression d'avoir fui l'hémicycle pour des considérations électorales dictées par les états-majors de certains partis qui punissent d'un non-renouvellement d'investiture ceux des élus qui ne votent pas dans le sens attendu. Même jadis, alors que le pays venait de subitement basculer dans une longue période d'occupation étrangère et de collaboration avilissante, 80 des parlementaires qui ne jugèrent pas salutaire de fuir le péril nazi après la débâcle militaire française manifestèrent néanmoins le courage de ne pas accorder leur confiance à Pétain !

 

Ne pouvant désormais octroyer qu'un crédit limité à un grand nombre d'élus nationaux, laissons s'exprimer un de ceux qui expliquent sans détours pourquoi ils désapprouvent cette révision constitutionnelle prétendument destinée à "protéger" nos concitoyens et à "assurer le rassemblement et l'unité nationale", alors qu'elle nous mènera au contraire vers une accentuation de la division du pays et une gouvernance toujours plus autocratique et policée.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

" La révolution est la guerre de la liberté contre ses ennemis, la Constitution est le régime de la liberté victorieuse et paisible."  ( Robespierre )

" La révolution est la guerre de la liberté contre ses ennemis, la Constitution est le régime de la liberté victorieuse et paisible." ( Robespierre )

   La révision de la Constitution n'est-elle pas anticonstitutionnelle ?

                

                                                       par Patrick Le Hyaric *

 

 

« La volonté générale est dans chaque individu un acte pur de l’entendement qui raisonne dans le silence de ses passions sur ce que l’homme peut exiger de son semblable et sur ce que son semblable est en droit d’exiger de lui » écrivait Jean-Jacques Rousseau dans le Contrat Social.

 

Notre droit, depuis 1789, est imprégné de cette prévention à nous déjouer des pulsions pour que vive le contrat implicite qui permet la vie en commun, au-delà de nos différences. Faire société n’est pas chose aisée. Cela réclame du sang froid ; de ne pas jouer avec le droit à des fins électoralistes, qui plus est avec notre Loi fondamentale ; de ne pas s’enferrer dans le temps court des chamailleries politiques pour penser le temps long de la construction d’une société réellement fondée sur la Liberté, l’Egalité et la Fraternité.

 

Depuis les terribles attentats du 13 novembre dernier, cette prévention est rudement mise à l’épreuve. Si bien qu’il apparaît que le gouvernement pousse le peuple à penser, non pas dans le silence de ses passions, mais dans le vacarme de ses angoisses. N’est-ce pas dans les moments exceptionnels qu’il convient justement de protéger les fondements du contrat social, de se convaincre et de convaincre l’ensemble des citoyens de ne pas céder à la peur ?

 

Notre droit, aussi imparfait soit-il, a intégré cette exigence de prudence en stipulant dans son article 89 que la Constitution ne peut être révisée lorsque l’intégrité du pays est menacée. Or, le Président et le Premier ministre ne cessent de clamer que notre pays serait en guerre.

 

Si notre Constitution ne peut être révisée lorsque le pays est en guerre, c’est justement pour éviter que ne se prenne, sous le coup d’une émotion mauvaise conseillère ou dans un contexte de suspension des libertés, des décisions qui contreviendraient aux principes fondamentaux qui régissent la vie en commun.

 

En ânonnant que la France était en guerre – alors que la Constitution indique, dans son article 35, que seul le Parlement peut autoriser la « déclaration de guerre » -, le Président et le gouvernement ont entretenu le climat de panique que les terroristes ont cherché à introduire dans le pays et légitimé les coups de canif portés aux principes fondamentaux de la République.

 

Ce climat particulièrement délétère qui se propage dans les interstices de la société conduit à une puissante dérive de « l’état de droit » vers un « état de sécurité » permanent : état d‘urgence constitutionnalisé pour un recours sans frein aux mesures d’exception, agrémenté de l’inscription dans la norme suprême du droit de la déchéance de nationalité belle et bien réservée aux binationaux, puis d’une réforme majeure de la procédure pénale au détriment de l’autorité judiciaire, attentatoire au principe cardinal de séparation des pouvoirs. Or, l’article 66 de la Constitution prévoit que c’est l’autorité judiciaire seule qui est garante des libertés individuelles, et non le Conseil d’Etat ou toute autre autorité administrative dépendante du pouvoir politique. Ce cocktail explosif menace l’équilibre sur lequel repose le droit républicain. Mais surtout, n’agissent-ils pas en dépit de la Constitution, en bravant aussi bien ses lettres que son esprit ?

 

Concernant la déchéance de nationalité, même ses plus farouches partisans s’accordent à reconnaitre son inutilité dans la lutte contre le terrorisme. Sa seule « qualité » sera, malgré les artifices rédactionnels visant à ôter le mot « binational », de créer en France deux catégories de citoyens. Ce n’est plus le citoyen sujet universel de droit mais l’individu selon son origine ou celle de ses parents qui comparaitra devant la loi, pour le même crime et désormais pour le même délit, avec un traitement différencié.

 

Dans le brouhaha des débats, certains ont même avancé l’idée d’envoyer les terroristes en Apatridie ! Il y a tout juste cinq cent ans, l’érudit humaniste anglais Thomas More imaginait l’Utopie, un pays fondé sur la stricte égalité entre les êtres, sans propriété ni argent. Aujourd’hui nos gouvernants s’ingénient à inventer l’envers de cela, l’Apatridie, « pays-décharge » pour les déchus, où seraient parqués les indésirables réels ou supposés, et les criminels que notre monde n’ose plus regarder en face. On a l’imagination que les époques nous prêtent.

 

Le droit, s’il reste toujours à parfaire et s’il reste trop souvent au service des puissants, est un instrument pour sortir les individus de leur communauté respective, de leur condition de naissance, et pour penser l’universel.

 

Il faut de toutes nos forces refuser cette fuite en avant. Il est dès aujourd’hui possible de fédérer largement contre le projet de révision de la Constitution. Ce n’est pas qu’un problème de droit ; c’est l’idée même d’une citoyenneté mise sous couvercle qui nous inquiète, une dépossession grandissante des citoyens et de leurs prérogatives au profit de leurs représentants. Pour que la vraie politique retrouve ses droits et pour préserver nos libertés, refusons cette révision de la Constitution !

 

 

* Député européen, directeur du quotidien L"Humanité  http://www.humanite.fr/

 

 

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 11:26
HENDAYE : Le Boulevard de la Mer après une des nombreuses tempêtes. Photo Tumorapa by Céline

HENDAYE : Le Boulevard de la Mer après une des nombreuses tempêtes. Photo Tumorapa by Céline

 

Le lundi 18 janvier 2016 à 18h s'est tenue à l’auditorium de Sokoburu une réunion publique organisée par les Services de l'État et qui avait pour but de présenter le Plan de Prévention des Risques Littoraux (PPRL-Submersion marine) élaboré à l'initiative de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

 

Confrontés à une assistance majoritairement sceptique quant aux évaluations des risques encourus dans le cas de submersions partielles des quartiers des Joncaux et de La plage, les orateurs commentèrent l'étude menée par un comité scientifique en concluant qu'aucun argumentaire fondé pouvait désormais exclure ce type d'aléas dans les zones concernées et donc d'échapper à un classement catégoriel des risques

 

Les probabilités évoquées dans ce plan devinrent à peine 3 semaines plus tard d'une actualité brûlante puisque, dans la nuit du 8 au 9 février 2016, suite à la rupture sous l'effet de puissantes vagues d'une fraction du perré de fixation du trait de côte, l'eau marine dévala la Rue d'Irun sur le quartier de La plage ainsi que cela était précisément envisagé dans le PPRL ci-dessous rapporté *.

 

De ce fait, l'étude qui mena à l'élaboration de ce Plan de Prévention des Risques Littoraux doit être bien plus prise au sérieux que ce que prétendent les riverains des quartiers concernés qui, compréhensiblement envahis d'amertume, essayent de relativiser les risques potentiels qu'une submersion marine pourrait avoir sur les humains et leurs biens. Ainsi, si une contre-expertise devait avoir lieu, on ne voit pas bien comment une nouvelle commission d'évaluation pourrait désavouer l'étude précédemment menée, partant du principe que contrairement à ce qui se passe dans les grands projets inutiles du genre de celui d'une nouvelle trace de ligne à grande vitesse entre par exemple Bordeaux et Hendaye, aucun lobbyiste n'exerce ici de pression pour chercher à faire classer sans raison ces zones en lieux de risques potentiels.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

* Extrait du PPRL d'Hendaye : " D’autre part, les résultats des simulations ont montré que des franchissements par paquets de mer sur le front de mer d’Hendaye pouvaient générer une submersion marine avec des entrées d’eau préférentielles au droit de la rue d’Irun à proximité du Casino." Voir également la cartographie des possibles aléas à partir de la page 59 : http://www.pyrenees-atlantiques.gouv.fr/content/download/14028/93913/file/HENDAYE_Projet%20de%20rapport%20de%20presentation1.pdf  (ce dossier a subitement été retiré du site de la préfecture des Pyrénées-Atlantiques)

 

Lire sur le même sujet notre article " ENVASEMENT DE LA BAIE DE TXINGUDI & MONTÉE DU NIVEAU DES OCÉANS " : http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2015/05/ongi-etorri-bienvenue-sur-notre-site-socio-environnemental.html

 

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 09:26

 

Les lobbyistes du monde économique se sont infiltrés partout, depuis les parlements régionaux et nationaux jusqu'aux institutions européennes et même internationales. Ces lobbyistes étaient donc évidemment omniprésents dans les couloirs de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21) qui s'est tenue du 20 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget. La mobilisation d'une soixantaine de multinationales (dont de très nombreuses françaises) qui contribuèrent à la réussite de cette conférence en jouant le rôle de mécènes chargés de cofinancer cet événement d'un coût de 187 millions d'euros, ce qui représente beaucoup d'argent en des temps où les caisses étatiques sont vides,  soulève une fois encore la légitime question de savoir si l'on ne se complaît pas dans le non-sens et l'on n'alimente pas le discrédit en allant courir après l'argent de sponsors dont les domaines d'activités sont particulièrement responsables des dérèglements climatiques majeurs auxquels nous assistons.

 

On est ainsi en droit de se demander si des sociétés comme Aéroports de Paris, Air France, Colas, EDF, Engie, Michelin ou encore Renault Nissan et bien d'autres avaient vraiment leur place en tant que mécènes d'une conférence censée vouloir sauver notre planète du désastre écologique et humain que représente l'actuel réchauffement climatique. Ces sociétés ne symbolisent-elles pas l'insouciance consumériste dans laquelle nous sommes englués et qui porte une large part de responsabilité dans les fondements nos problèmes ? Il n'est pas aisé d'évoquer ce sujet dans nos pays où le productivisme est érigé en dogme sociétal et où les sponsors de la COP21 pouvèrent ainsi s'en donner à cœur joie de chercher à nous persuader que notre matérialisme outrancier se conciliait fort bien avec la préservation environnementale.

 

Le meneur de la campagne d'éco-blanchiment à laquelle nous avons assisté pendant toute la durée de cette COP21 fut EDF. Cette société cherchant à se faire passer pour le " partenaire officiel d’un monde bas carbone ", alors que l'on sait que ses centrales thermiques ou nucléaires sont tout, sauf respectueuses de notre environnement, les unes rejetant des nuées de gaz à effets de serre, les autres produisant des dizaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs dont on ne sait que faire (1).

Une sélection des représentants d'un monde mirifique où plus l'on produit, plus l'on est contraint d'user des artifices de l'éco-blanchiment.

Une sélection des représentants d'un monde mirifique où plus l'on produit, plus l'on est contraint d'user des artifices de l'éco-blanchiment.

L'affirmation erronée ici évoquée ne pouvait toutefois rester longtemps inpunie. La société EDF vient en effet d'être épinglée par le Jury de déontologie publicitaire (JDP) suite à sa campagne publicitaire de désinformation menée pendant la COP21. Saisie par l'association Réseau Sortir du nucléaire, le JDP reproche vertement à l'électricien de ne pas avoir respecté la recommandation "Développement durable" de l'Autorité de la régulation professionnelle de la publicité (ARPP) qui dispose notamment que :

 

- " 1.1 La publicité ne doit pas induire le public en erreur sur la réalité des actions de l'annonceur ni sur les propriétés de ses produits en matière de développement durable."

 

Ce JDP fait par ailleurs grief à EDF d'affirmer " que la production d'électricité à base d'énergie nucléaire n'émet pas de CO2 " ou encore que " 98% de la production électrique française est sans CO2 ". Il note par ailleurs l'inopportunité qu'il y a à occulter " toutes les incidences environnementales " qu'une production nucléaire engendre, ce qui va manifestement à l'encontre des recommandations émises par l'ARPP.

 

Nous ne pouvons que nous réjouir de la décision du JDP qui marque une étape supplémentaire en direction d'une reconnaissance officielle des nuisances environnementales et sanitaires qu'engendre la production d'électricité nucléaire. Ce verdict nous rapproche ainsi toujours plus d'une prise de conscience nationale sur les dangers que pose l'insoluble problème du stockage des déchets radioactifs à la population et représente un risque qui n'est pas moindre que la toujours possible explosion d'une centrale nucléaire. 

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

(1) Voir à ce sujet les risques encourus avec l'enfouissement des déchets radioactifs : http://www.publicsenat.fr/lcp/politique/eboulement-mortel-site-denfouissement-bure-quels-risques-dechets-nucleaires-1212263

 

(2) Lire aussi l'intégralité de la décison du Jury de déontologie publicitaire (JDP) qui est d’avis que la publicité diffusée sur son site internet par la société EDF, n’est pas conforme aux dispositions 1.1, 3.3 , 3.4 et 6.5 de la Recommandation Développement durable de l’ARPP :        

                                                        http://www.jdp-pub.org/EDF-Internet.html

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 08:43
POURQUOI UN BLANC QUI IMMIGRE EST UN " EXPATRIÉ ", QUAND UN NOIR QUI IMMIGRE RESTE UN " IMMIGRÉ " ?

POURQUOI UN BLANC QUI IMMIGRE EST UN " EXPATRIÉ ", QUAND UN NOIR QUI IMMIGRE RESTE UN " IMMIGRÉ " ?

Dans un contexte où la pensée nationale-républicaine dévoilée par les propos d'un nombre non négligeable de nos "élites" cherche à nous présenter l'immigration sous un angle confrontatoire qui reflète à quel point la décolonisation à pu marquer et frustrer bien des esprits dans notre pays, l'historien Benjamin Stora a, en décembre dernier, répondu indirectement à ces derniers lors d'un débat organisé à l'occasion du 1er anniversaire de la réouverture du Musée national de l'histoire de l'immigration en louant la nécessité de nouer de la fraternité avec ces immigrés venus bien souvent de pays anciennement colonisés.

 

                                                      Découvrir son intervention

                                     https://www.youtube.com/watch?v=h2-SnPpJqJo

 

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 08:22
REFUSONS  " LA FRANCE MOCHE "

Pétition relayée pour le compte de l'association

nationale citoyenne  Agir Pour l'Environnement

 

 

 // Panneaux publicitaires : refusons la « France moche » de Macron !

 

Dans le cadre de la loi « Croissance » dite Loi Macron, le gouvernement s’apprête à adopter en catimini un décret assouplissant fortement les règles d’implantation des panneaux publicitaires.

 

Au travers de dérogations écrites sur mesure par et pour le lobby de la publicité, des centaines de milliers de panneaux illégaux vont être légalisés !

 

Une consultation publique, qui se terminera le 09 février à minuit, vous permet de vous opposer à ce projet de décret.

 

                                   Nous comptons sur vous : signez la pétition !

                                   http://decret-macron.agirpourlenvironnement.org/

 
NON à l'installation de panneaux publicitaires géants de 50 m² à proximité de nombreux stades !

Ce décret prévoit de généraliser les panneaux de 50 m² (contre 12 m² actuellement) situés à proximité des 53 stades de plus de 15 000 places. Initialement, cette mesure avait été envisagée dans le cadre de l’EURO2016. Or, seule une dizaine de stades accueillera les équipes européennes… !

 
NON à l’installation de panneaux scellés au sol de grand format dans plus 1500 villes de France !

Pire, le projet de décret prévoit de généraliser les panneaux de 4x3 mètres dans les villes de moins de 10 000 habitants, espace où ils étaient jusqu’à présent interdits !

Plus de 1500 villes seraient ainsi concernées par cette modification.

 
NON au passage de 12 m2 à 16 m2 de la surface maximale des panneaux publicitaires

Enfin, depuis la loi Grenelle, la surface dédiée à la publicité ne peut excéder 12 m² (ce qui est déjà trop !). Depuis le 13 juillet 2015, plusieurs centaines de milliers de publicités sont ainsi devenues illégales. Le projet de décret soumis à la consultation du public indique, en son article 4 que « la surface totale des publicités de 12 m² ne peut en tout état de cause dépasser 16 m² ». En gros, ce qui est illégal ne peut en tout état de cause être illégal !

 
NON à la multiplication des publicités lumineuses dans de très nombreuses agglomérations de moins de 10 000 habitants.

Parce que rien n’est trop beau pour faire les yeux doux au lobby de la publicité, l’installation des publicités lumineuses seraient facilitée ! Moins d’un mois et demi après la Conférence climatique de Paris, la loi Macron s’apprête donc à généraliser des dispositifs publicitaires dont la consommation électrique représente l’équivalent de 3 familles de 4 personnes ! Gaspillage pour les uns, appel à la responsabilité pour les autres.

 
NON à l'augmentation de la surface de la quasi-totalité des panneaux publicitaires et enseignes !

Ce projet de décret est inacceptable et risque, s’il est adopté en l’état, d’enlaidir encore un peu plus l’entrée de nos villes.

 

       La mobilisation citoyenne doit faire plier le Gouvernement : signez la pétition

                                                                      ou

                                    http://decret-macron.agirpourlenvironnement.org/


Ne doutez jamais qu'un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c'est toujours comme cela que ça s'est passé.★ - Margaret Mead (1901 - 1978) - Anthropologue.



Stéphen, Martin, Mickaël, Julie, Benjamin, Magali, Mathias et toute l'équipe d'Agir pour l'Environnement.
contact@agirpourlenvironnement.org
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http://www.agirpourlenvironnement.org
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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 01:02
" La déchéance de nationalité touche aux principes mêmes fondamentaux de notre République " fustige le Défenseur des Droits, jacques Toubon. Photo : AFP

" La déchéance de nationalité touche aux principes mêmes fondamentaux de notre République " fustige le Défenseur des Droits, jacques Toubon. Photo : AFP

LES OPPOSANTS À LA DIVISION DE CITOYENNETÉ ET L'INSCRIPTION DE L'ÉTAT D'URGENCE DANS NOTRE CONSTITUTION

 

 

Le projet de modification de la Constitution que dans la foulée des attentats de Paris du 13 novembre 2015 l'actuel gouvernement est en train de nous concocter semble loin de faire l'unanimité au sein de notre société civile. L'un des premiers à être monté au créneau pour dénoncer cette idée de révision constitutionnelle est le représentant d'une autorité indépendante de la plus symbolique importance, puisqu'il s'agit de celle qui est en charge de la défense de nos droits. Son représentant, Jacques Toubon, exprime sans ambages toute l'ambiguité que soulève l'extension de la déchéance de nationalité envers nos concitoyens binationaux, ainsi que les dangers que recèle l'inscription de l'état d'urgence dans notre Constitution, relevant que l'on touche ici aux principes fondamentaux de notre république : http://www.dailymotion.com/video/x3j636z_jacques-toubon-defenseur-des-droits-la-decheance-de-nationalite-touche-aux-principes-memes-fondament_news

 

De son côté, Christiane Taubira, garde des Sceaux, personnage dont la stature morale et le déterminisme républicain sont appréciés bien au-delà des rangs de son propre parti,  tient à son tour des propos cruels de vérité lorsqu'elle clame conjointement son opposition à ce projet de déchéance de nationalité, tout en notant d'une façon désabusée que " la dernière parole est celle du président ", faisant ainsi allusion au système politique monarchique qui préside aux destinées de notre pays : http://www.dailymotion.com/video/x3j5gr1_christiane-taubira-sur-la-decheance-de-nationalite-la-parole-derniere-est-celle-du-president-de-la-r_new

 

 

 

Christiane Taubira, garde des Sceaux, fragilisée dans ses fonctions depuis qu'elle a également osé manifester son opposition à ce projet de révision constitutionnelle.

Christiane Taubira, garde des Sceaux, fragilisée dans ses fonctions depuis qu'elle a également osé manifester son opposition à ce projet de révision constitutionnelle.

UN THÈME EMPRUNTÉ AUX SPHÈRES TRADITIONNELLES DE L'EXTRÊME DROITE

 

Comment ces deux personnages, pourtant situés sur des lignes politiques si différentes, en arrivent-ils à concomitamment dénoncer les intentions de nos gouvernants actuels qui sont en passe de créer une hiérarchisation entre nos concitoyens, au détriment des 3 millions de binationaux qui vivent parmi nous ?  Notre pays traverse actuellement une phase difficile, liée à son déclassement économique qui engendre une perte de repères. Il se laisse aller à fantasmer et développer un mouvement d'opinion fortement imprégné de l'esprit maurrassien qui avait déjà eu cours lors de la grande crise économique de l'entre deux guerres. Cette crise identitaire d'alors voyait dans le "nationalisme intégral" des vertus bienfaisantes qui devaient permettre d'exclure les juifs, les protestants, les francs-maçons, les étrangers (que Maurras appelait "métèques"), ainsi que les adeptes d'idéologies venues de l'étranger (communisme) de la nation française. Ces exclusions devant se faire au profit des seuls nationaux éduqués selon les principes chers à l'Église catholique romaine qui servait de ciment unificateur au modèle d'ordre national que Maurras ne parvint heureusement pas à imposer. Est-ce là la voie vers laquelle on cherche de nouveau à nous orienter aujourd'hui ?  Si tel était le cas, cela nous ramènerait à une situation comparable à celle de la sombre période du Régime de Vichy qui trouva le moyen de déchoir de sa nationalité française un dénommé Charles de Gaulle pour le punir de ne pas avoir voulu se plier à collaborer avec l'occupant nazi ! 

 

La lepénisation galopante des esprits - que l'on doit à un mélange de vulnérabilité de nos concitoyens à la tentation du héros providentiel et au fait que trop de nos politiques et médias passent leur temps à paraphraser le FN - n'a pas fini de nous faire frissonner. Elle nous remémore que c'est au prétexte d'un nationalisme à visage prétendument social que la plus sanglante des dictatures des temps modernes embrasa l'Europe et extermina des dizaines de millions d'humains sous l'impulsion d'un psychopathe enragé il y a de cela à peine trois quarts de siècle.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 21:08
" Si se puede " (Oui on le peut) scandent les détracteurs de la politique d'austérité après avoir pris connaissance des résultats du scrutin historique du 20 décembre 2015 en Espagne.

" Si se puede " (Oui on le peut) scandent les détracteurs de la politique d'austérité après avoir pris connaissance des résultats du scrutin historique du 20 décembre 2015 en Espagne.

Jamais depuis la proclamation de l'abolition de la monarchie qui conduisit à l'avènement de la Seconde République espagnole le 14 avril 1931 on avait assisté à un tel engouement populaire pour que soit enfin tiré un trait sur la monarchie parlementaire impulsée par le dictateur Franco à la veille de sa mort en novembre 1975. Le scrutin national qui s'est tenu hier annonce donc non seulement le début de la fin du bipartisme qui aura présidé à 40 années de parlementarisme ponctué d'innombrables cuisines électorales copieusement assaisonnées de problèmes de corruption, mais exprime également une incontournable attente citoyenne au sujet d'un renouvellement institutionnel du pays .

 

Ce qui est particulièrement remarquable dans l'attitude de nos amis ibériques, c'est qu'ils sont bien plus aptes que leurs voisins français à imaginer en quoi devrait consister l'évolution étatique qu'ils appellent de leurs vœux, mais refusent qu'elle puisse être inspirée par des forces politiques démagogiques et mystificatrices comme cela est par exemple le cas de ce côté-ci des Pyrénées .

 

Malraux écrivait que "le mépris des hommes est fréquent chez les politiques, mais confidentiel", ce qui porte aussitôt à croire que c'est justement parce qu'ils furent confrontés dans un passé pas si lointain à un régime tyrannique que les citoyens du pays de cervantes savent mieux que d'autres faire front aux dangers d'une remise en cause de leurs conquêtes démocratiques.

 

Vive les peuples qui savent scander "SI se puede" !

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

André Malraux lors d'un meeting en faveur de la République espagnole, juillet 1936  © AFP

André Malraux lors d'un meeting en faveur de la République espagnole, juillet 1936 © AFP

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 19:34
Bernard Cazeneuve, Ministre de l'Intérieur, lors d'un déplacement à Strasbourg. Photo : AFP

Bernard Cazeneuve, Ministre de l'Intérieur, lors d'un déplacement à Strasbourg. Photo : AFP

 

Action collective

 

 

Dénonçant les "dérives" liées à l'application de l'état d'urgence qui règne actuellement sur notre pays, une centaine d'organisations ont rendu public le texte suivant au cours d'une conférence de presse qui s'est tenue le 17 décembre 2015 à Paris.

 

 

                                           Sortir de l'état d'urgence

 

En réaction à l’horreur des attentats, l’état d’urgence a été décrété par le gouvernement, puis aggravé et prolongé pour une durée de trois mois. Nos organisations ont immédiatement exprimé leurs craintes vis-à-vis de ce régime d’exception ; ces craintes sont aujourd’hui confirmées par l’ampleur des atteintes aux libertés constatées depuis quelques semaines. Nous assistons à un véritable détournement de l’état d’urgence qui cible également des personnes sans aucun lien avec des risques d’attentat. Ces abus doivent cesser.

La volonté de se rassembler et de manifester ensemble a prévalu après les attentats commis à Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes, en janvier 2015. Elle prévaut encore. Or, depuis le 13 novembre 2015, les interdictions visant les mobilisations sur la voie publique se multiplient. Manifester n’est plus un droit, et les rares concessions accordées par les préfectures, qui attendent souvent le dernier moment pour informer de leurs intentions, entravent dans les faits son exercice.

Le ministère de l’Intérieur justifie tout cela par son incapacité à sécuriser les parcours alors même qu’il autorise, dans le même temps, les rencontres sportives et des événements tels que les marchés de Noël, qui se tiennent sur la voie publique. L’interdiction des rassemblements et manifestations entraîne la multiplication des arrestations, des gardes à vue, des assignations à résidence, un fichage policier des militants, et, pour quelques-uns, des condamnations. Qui peut croire que cela soulage les autorités ?
La censure, ici, s’avère doublement contreproductive…

L’état d’urgence autorise par ailleurs des perquisitions sur ordre des préfectures, de jour comme de nuit, en dehors de tout cadre judiciaire, sur le fondement de fiches possiblement erronées, de dénonciations, d’informations et de soupçons sujets à caution. Plus de deux mille six cents intrusions discrétionnaires sont intervenues à domicile, dans des mosquées, des commerces, interventions souvent violentes, sans qu’aucune mise en examen pour terrorisme n’ait eu lieu. Rien n’indique qu’une telle frénésie va s’arrêter, chacun peut en être victime.

Les assignations à résidence se multiplient sur la base de motifs aussi vagues que la présence sur le lieu d’une manifestation ou le fait de « connaître » tel ou tel individu. Ces graves restrictions sont appliquées, sans distinction, et de manière massive, d’autant que les juridictions administratives ont montré qu’elles s’en accommodent, quitte à ce que les libertés en souffrent. Elles reprennent à leur compte toutes les allégations du ministère de l’Intérieur et, comble de la démission, sont nombreuses à considérer qu’il n’y aurait pas d’urgence à statuer sur l’état d’urgence.

L’état d’urgence et le climat de guerre intérieure alimenté par le gouvernement contribuent au renforcement des amalgames et aux pratiques discriminantes, notamment de la part des forces de police. Ce ne sont pas « les terroristes qui sont terrorisés », ce sont des jeunes et des populations victimes de l’arbitraire en raison de leur origine et/ou de leur religion qui voient leur situation encore davantage fragilisée.

Reprenant à son compte les exigences de l’extrême droite, FN en tête, le gouvernement s’engage honteusement dans une modification de la Constitution visant à étendre la déchéance de la nationalité aux binationaux nés en France.

Ces multiples atteintes portées au contrat démocratique sont une mauvaise réponse aux actes terroristes. Notre pays a été blessé, mais loin d’en apaiser les plaies, l’état d’urgence risque de les exacerber en appauvrissant notre démocratie, en délégitimant notre liberté.

Dans ces circonstances, nous appelons les pouvoirs publics à :

- jouer leur rôle de garants de la défense des droits et des libertés publiques ;
- rétablir, sans délai, le droit plein et entier de manifester ;
- cesser les perquisitions et les assignations à résidence arbitraires et à agir dans le cadre de procédures judiciaires ;
- mettre en place des garanties effectives de contrôle ;
- lever l’état d’urgence ;
- renoncer à une réforme constitutionnelle préparée dans l’urgence et au contenu inacceptable.


Paris, le 17 décembre 2015



Signataires :


AFD International, Agir pour le changement démocratique en Algérie (Acda), Altertour, L’Appel des appels, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (Acort), Association démocratique des Tunisiens en France (ADTF), Association française des juristes démocrates (AFJD), Association France Palestine solidarité (AFPS), Association Grèce France Résistance, Association interculturelle de production, de documentation et de diffusion audiovisuelles (AIDDA), Association des Marocains en France (AMF), Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes (ARDLFM), Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association des Tunisiens en France (ATF), Association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (Aurdip), Attac, Cadac, Cedetim, Centre islamique Philippe Grenier (CIPG), Centre de recherche et d’information pour le développement (Crid), CGT-Police Paris, Collectif 3C, Collectif des 39, Collectif CGT Insertion-Probation (UGFF-CGT), Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP), Collectif Stop le contrôle au faciès, Confédération générale du travail (CGT), Confédération nationale du logement (CNL), Confédération paysanne, Conseil national des associations familiales laïques (Cnafal), Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), Collectif des féministes pour l’égalité (CFPE), Collectif Memorial 98, Collectif des musulmans de France (CMF), Collectif national pour les droits des femmes (CNDF), Comité pour le développement et le patrimoine (CDP), Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Commission islam et laïcité, Confédération syndicale des familles (CSF), Coordination de l’action non-violente de l’Arche (Canva), Coordination des collectifs AC !, Droits devant !, Droit au logement (Dal), Droit solidarité, Emmaüs France, Emmaüs International, Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH), Fédération nationale de la Libre pensée, Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives (FTCR), Femmes Solidaires, Filles et fils de la République (FFR), Fondation Copernic, Fondation Danielle Mitterrand France Libertés, Genepi, Ipam, La Cimade, La Ligue de l’enseignement, La Quadrature du Net, Le Gisti, Le Mouvement de la paix, Les Amoureux au ban public, Les Céméa, Ligue des droits de l’Homme (LDH), Maison des potes, Mamans toutes égales (MTE), Minga-agir ensemble pour une économie équitable, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Observatoire international des prisons (OIP) – section française, Organisation de femmes égalité, Osez le féminisme !, Planning familial, Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RaidH), Réseau éducation sans frontières (RESF), Réseau euromaghrébin culture et citoyenneté (REMCC), Réseau Euromed France (REF), Réseau Immigration Développement Démocratie (IDD), SNPES-PJJ/FSU, Solidaires étudiant-e-s, Solidarité laïque, Sud Intérieur, Syndicat des avocats de France (Saf), Syndicat français des artistes interprètes (SFA), Syndicat de la magistrature, Syndicat de la médecine générale, Syndicat national des arts vivants (Synavi), Syndicat national des journalistes (SNJ), Syndicat national unitaire interministériel des territoires, de l’agriculture et de la mer (SNUITAM – FSU), SNJ-CGT, Unef, Union générale des fédérations de fonctionnaires CGT (UGFF-CGT), Union juive française pour la paix (UJFP), Union nationale lycéenne (UNL), Union syndicale de la psychiatrie (USP), Union syndicale Solidaires, Union des travailleurs immigrés tunisiens (Utit).

Associations locales et autres :


Asti 93, Collectif 07 stop au gaz et huile de schiste, Collectif BDS Saint-Etienne, Collectif Justice & Libertés (Strasbourg), Collectif Maquis de Corrèze, Collectif Romeurope 94, la revue Ecole émancipée, Espace franco-algérien, Faucheurs volontaires de la Loire, la revue Inprecor, le journal Regards, Réseaux citoyens Saint-Etienne, Vigilance OGM 18.

 

En savoir plus sur les "dérives" :

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/des-derives-a-l-etat-d-urgence-175730

 

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15 décembre 2015 2 15 /12 /décembre /2015 15:58
IRUN 25 septembre 2004 : une des manifestations communes avec nos amis et alliés de l'association Txingudi Bizirik et à laquelle participèrent près de 10 000 personnes.

IRUN 25 septembre 2004 : une des manifestations communes avec nos amis et alliés de l'association Txingudi Bizirik et à laquelle participèrent près de 10 000 personnes.

Xème ANNIVERSAIRE DE L'ABANDON DU PROJET D'INCINÉRATEUR

 

 

La lettre ouverte reproduite ci-dessous symbolise le début de la fin d'un combat mené pendant près de 5 années par l'association hendayaise " NON à l'Incinérateur de Déchets du Bassin de Txingudy " (NIDBT) et son alliée irunaise " Txingudi Bizirik " pour faire échouer le projet de construction d'un incinérateur de déchets ménagers et assimilés qui devait être construit dans le cadre d'un partenariat transfrontalier entre les villes d'Irun, Hondarribia et Hendaye.

 

En effet, ce n'est qu'après avoir découvert la Directive européenne 75/442/CEE qui stipule que les États membres doivent individuellement éliminer les déchets qu'ils produisent et ne peuvent valoriser, que l'association NIDBT parvint à prendre conscience qu'en faisant jouer  cette Directive avec l' Arrêt C-458/00 de la Cour européenne de justice (1) qui considère que la technique d’incinération des déchets ne correspond pas à une valorisation de ces derniers mais à leur élimination, elle tenait alors entre les mains l'arme absolue capable d'empêcher ces déchets destinés à être éliminés de passer la frontière.  

 

La participation financière de la ville d'Hendaye dans la construction de cet incinérateur devant représenter une quote-part de 27,64% des coûts, les porteurs du projet se rendirent alors vite compte qu'ils n'avaient que peu d'espoir de pouvoir équilibrer les comptes d'exploitation de cette usine en l'absence de la municipalité hendayaise, ce qui mena finalement à l'abandon de ce rêve mythique du feu éliminateur qui pose tant de problèmes sanitaires à cause des rejets de dioxine qu'il émet ainsi que des résidus nocifs qu'il produit.

 

La  Ville d'Hendaye qui était alors partie prenante dans la construction de cet incinérateur récoltera - dès l'annonce d'un report de ce projet sur la commune de Zubieta (limitrophe à San-Sebastian) - une volée de bois vert par de la part du quotidien régional Diario Vasco (2) qui fera valoir que notre municipalité ne pouvait s'estimer être en bonne posture pour pouvoir bénéficier d'un maintien de son droit d'usage sur ce nouveau site du fait " ... de sa position obstructionniste concernant l'augmentation de l'activité sur l'aéroport frontalier de Hondarribia " (Fontarabie).

 

La reproduction de la lettre ci-après a pour seul objectif de nous remémorer qu'une lutte citoyenne contre une certaine forme d'aheurtement administratif peut, non seulement mener à des solutions alternatives susceptibles de servir l'intérêt général, mais également démontrer qu'une société démocratique apaisée ne peut se passer de concertation et de transparence.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT                                                   

                                                                                                                                                            

(1) http://www.arnaudgossement.com/archive/2016/07/29/dechets-la-cour-de-justice-de-l-union-europeenne-precise-les-5831595.html

 

(2) http://www.diariovasco.com/prensa/20070611/aldia/mancomunidad-txingudi-renunciara-primera_20070611.html                                                                                                               

 

Lettre ouverte

décembre 2004

 

 

Monsieur le Maire,

 

Cela fait plus d’un an que nous essayons d’ouvrir le dialogue avec vous et que vous déclinez toutes nos demandes. C‘est pourquoi nous tenons à rendre publique la correspondance que nous vous adressons aujourd’hui.

 

Nous savions que vous refusez de dialoguer avec les Hendayais réunis en association et qui ne partagent pas votre point de vue sur la gestion de nos déchets ménagers, mais nous étions loin de nous douter que vous pouviez vous prêter à un semblant de débat démocratique sur ce même sujet en d’autres communes. Ainsi êtes-vous intervenu devant nos amis de la plate-forme anti-incinération Txingudi Bizirik lors d’une audience obtenue par ceux-ci en mairie d’Irun le vendredi 5 novembre 2004, alors que ces derniers n’avaient même pas souhaité votre présence. Vous refusez donc d’un côté tout contact avec une association hendayaise, mais vous êtes en mesure de vous montrer magnanime ailleurs, ce qui ne va pas sans dévoiler un comportement incohérent et un évident manque de considération envers vos concitoyens !

 

Cette attitude corrobore d’ailleurs ce que l’on avait déjà observé dans le courant du mois de mai dernier alors que vous receviez en mairie Monsieur Sarazin, connu pour être un expert en matière de traitement des déchets par incinération et également un fervent détracteur de cette méthode de traitement. A croire que les précieuses informations que Monsieur Sarazin venait ce jour-là verser au dossier de l’incinérateur n’étaient censées devoir intéresser que quelques privilégiés, puisque vous n’aviez réuni qu’un comité restreint pour l’accueillir et pas jugé utile de convier les élus majoritaires de base ainsi que ceux de l’opposition !

 

En fait, ce comportement isolationniste et cette façon semi-autocratique de gérer les affaires municipales se prêtent mal aux souhaits des administrés qui savent pertinemment qu’une politique de gestion des déchets réussie commence toujours par une information et consultation citoyennes. Notre association a pu prendre la mesure de cette attente lors des conférences-débats qu’elle a organisées sur ce sujet avec le professeur d’université Paul CONNETT (2 juin 2004 à l’IUT de Bayonne) et le maire alsacien Daniel DIETMANN (19 octobre à l’autoport des Joncaux). Les salles étaient chaque fois combles et le public particulièrement participatif.

 

Dans cette affaire de l’incinérateur de déchets nous constatons un farouche acharnement à faire, coûte que coûte, aboutir ce projet. Si tant est que le mandat que vous exercez est impératif, c’est-à-dire que vous n’avez pas, au quotidien, de compte à rendre sur votre gestion de notre cité, il ne vous permet en aucun cas de déborder du cadre de la loi. Nous entendons parfaitement que vous et l’ensemble du Conseil municipal ayez reçu une délégation de la part des concitoyens. Toutefois, ces derniers n’ont jamais été prévenus de vos projets concernant la gestion des déchets de la ville d’Hendaye et votre programme électoral était muet sur ce sujet. Car, de fait, il n’existe aucune gestion planifiée des déchets et, après être sorti du Syndicat Intercommunal d’Elimination des Déchets (SIED), Hendaye se trouve sans solution immédiate pour le traitement de ces derniers.

 

Ainsi aujourd’hui, en toute illégalité, nos déchets sont mis en décharge à Vera de Bidassoa en territoire espagnol, ce qui représente une entorse à la loi du fait que cette décision n’a pas été prise par le Conseil municipal mais par vous seul. Vous avez donc outrepassé vos compétences en ce domaine et ne pouvez justifier de tels agissements en vous retranchant derrière une décision prise dans l’urgence, car en décidant de quitter de votre propre gré le SIED, vous avez de vous-même créé une nécessité d’agir dans la précipitation. Le second grief que nous vous adressons tient au fait que la législation européenne vise à mettre en œuvre le principe de priorité à la valorisation des déchets, et préconise par ailleurs la règle d’autosuffisance concernant les déchets qui ne peuvent-être valorisés. Cela signifie que c’est aux Etats membres de tendre individuellement à l’élimination des déchets qu’ils produisent et ne peuvent valoriser (Directive 75/442/CEE). Ainsi, tout transfert de déchets entre pays de l’Union qui ne serait pas effectué dans un but de valorisation, ce qui est actuellement le cas pour les déchets hendayais qui sont enfouis à Vera de Bidassoa, ne va pas dans le sens souhaité par cette Directive . Il est à noter qu’il en sera de même si l’incinérateur est un jour construit, puisque la jurisprudence de la Cour européenne de justice considère que la technique d’incinération des déchets ne correspond pas à une valorisation de ces derniers mais à leur élimination (Arrêt C-458/00).

 

Enfin, vous n’êtes pas sans savoir que le Syndicat Bil ta Garbi qui regroupe quelques 200 communes de la partie occidentale du Pays Basque a, par une décision prise le 9 décembre 2004, définitivement repoussé la technique de l’incinération pour se tourner vers la solution de l’enfouissement des déchets ultimes. Ce choix va exactement dans le sens préconisé par le Conseil de développement économique qui prône la politique de gestion dite des 3 R : Réduction, Réutilisation, Recyclage.

 

La ville d’Hendaye serait-elle la dernière à vouloir s’accrocher à son incinérateur et nier à ses citoyennes et citoyens, ainsi qu’à leurs organisations associatives, un droit consultatif sur ce sujet ? Il semblerait qu’en revanche pour notre mairie, seuls les avis des techniciens plus ou moins dépendants des multinationales de l’industrie de l‘incinération soient écoutés et suivis !

 

Association NON à l’Incinérateur de Déchets du Bassin de Txingudy

BP 336 - 64703 Hendaye cedex

 

 

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 09:44

 

Les scrutins régionaux qui viennent de se dérouler ces 6 et 13 décembre 2015 laissent augurer une possible rupture avec les grands principes républicains qui régissent notre vie collective. En effet, la place tenue par l'extrême droite dans les résultats de ces élections est devenue tellement incontournable que l'on peut raisonnablement craindre que, dès la publication des résultats de la présidentielle de 2017, un régime calqué sur celui dit de "Révolution nationale" qu'institua le maréchal Pétain au début de sa collaboration avec le IIIᵄ Reich soit instauré. Ce passé peu glorieux qu'a connu notre pays ne représente pas pour autant un sujet de déshonneur pour l'extrême droite française qui brocarde les "larmoyantes tergisversations du parlementarisme" et ne rêve que d'introniser un "guide-monarque" semblable à celui du tristement célèbre Régime de Vichy. 

 

Seul l'avenir nous dira si nous aurons été capables, d'ici à 2017, de sauver nos fondements démocratiques qui font de ce pays un État de droit, capable d'assurer un traitement impartial et égalitaire à ses habitants, quels que soient l'origine et le statut social de chacun d'eux. Toutefois, compte tenu du contexte de crise socitale sans précédent que connaît le pays, ainsi que le peu de temps qui nous sépare de la tenue de la prochaine présidentielle, il est peu probable qu'un renversement majeur de tendance puisse d'ici là nous garantir qu'un régime autoritaire, raciste et xénophobe ne finisse par s'imposer. Ce possible bouleversement politique pourrait alors engendrer d'imprévisibles réactions en chaîne dont on ne peut encore aujourd'hui évaluer tous les dangers.

 

Partant du principe que ce n'est pas en ayant une attitude attentiste que nous parviendrons à sauver nos institutions, nous invitons vivement nos visiteurs à s'impliquer dans la défense de nos institutions républicaines en commençant par cerner les contours et enjeux de la phase historique qui va se jouer dans les mois à venir sous nos yeux. Nous ouvrons en ce sens nos colonnes à la sociologue Sylvie Tissot et à l'enseignant Pierre Tevanian, auteurs qui  exposent dans un longue intervention extraite du site http://lmsi.net des analyses inédites et réflexions pertinentes sur la part de responsabilité qui incombe à nos "élites" politiques et médiatiques dans la lepénisation des esprits qui menace demain d'anéantir notre République.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

Sait-on qui gouvernera demain notre pays et quel usage sera fait d'une révision constitutionnelle qui pourrait instaurer un état d'urgence quasi-parmanent dans le pays si ce texte fondamental devait être utilisé à mauvais escient.?

Sait-on qui gouvernera demain notre pays et quel usage sera fait d'une révision constitutionnelle qui pourrait instaurer un état d'urgence quasi-parmanent dans le pays si ce texte fondamental devait être utilisé à mauvais escient.?

La lepénisation des esprits
Retour sur une histoire qui ne finit jamais

 

par Pierre Tevanian, Sylvie Tissot
5 juin 2014

 

Le texte qui suit revient sur trente ans de lepénisation, qui ont abouti, cette année à une nouvelle percée du Front national – et sur cette notion de lepénisation qui, pour analyser la vie politique française, n’a hélas pas fini de servir.

 

La présence de Jean-Marie Le Pen au second tour à l’élection présidentielle en 2002, l’existence d’une profonde discrimination selon l’origine réelle ou supposée, les profanations de lieux religieux (synagogues, mosquées, cimetières) : tous ces phénomènes et bien d’autres témoignent de la persistance d’un profond racisme en France. Depuis longtemps, philosophes, historiens, sociologues, mais aussi militants anti-racistes se sont efforcés d’expliquer ce phénomène, et depuis 2002 une explication semble s’être imposée : le racisme se nourrit des effets de la crise économique - chômage, précarité, détérioration des liens sociaux et des conditions de vie dans les quartiers populaires. Une explication insuffisante, voire pernicieuse, que le concept de "lepénisation" permet de contester.

 

Cette explication, que semble étayer le fort taux de vote pour le candidat du Front national parmi les ouvriers, présente un intérêt certain : plutôt que de renvoyer à des processus psychologiques, voire à une nature humaine invariablement méfiante par rapport à l’étranger, elle souligne l’impact de processus sociaux et économiques. Le racisme est ainsi appréhendé comme une production sociale. Pourtant, en le ramenant à un simple comportement de protestation, ce schéma ne prend pas en compte les opinions racistes comme des phénomènes autonomes, non réductibles à l’expression d’une colère sociale. Il tend également à passer sous silence les conséquences concrètes du racisme pour les populations qui le subissent. Enfin, il repose sur un certain nombre de présupposés qu’Annie Collovald s’est récemment attachée à réfuter.

 

Dans ce livre important, Le « populisme du FN », un dangereux contresens, l’auteure montre, à l’aide de données électorales précises, le caractère erroné des analyses qui voient dans les classes populaires les principaux soutiens du Front national. Intégrer l’abstention et la non inscription sur les listes électorales, beaucoup plus importantes chez les classes populaires, permet de donner une plus juste mesure du pourcentage d’électeurs FN au sein de cette population. Les commerçants et professions indépendantes apparaissent alors comme les premiers soutiens du parti d’extrême droite. Dans son livre, Annie Collovald retrace la genèse de ce sens devenu commun chez les spécialistes du commentaire politique, et surtout, elle invite à s’interroger sur ses effets sociaux. Avec cette analyse, en effet, s’impose « la figure fantasmatique d’un peuple menaçant pour la stabilité de la démocratie », « délégitimant tous ceux pour qui le “peuple“ est une cause à défendre au profit de la légitimation de ceux qui pour qui le “peuple“ est un problème à résoudre » [1]. Le peuple porterait ainsi une responsabilité, compréhensible mais écrasante, dans la persistance du racisme en France.

 

Centrant l’explication de la crise de la démocratie et de la représentation politique sur les classes populaires, cette analyse a aussi pour effet d’exonérer les élites politiques et médiatiques de toute responsabilité. Or c’est précisément le rôle joué par la classe politique et les médias dans la montée du Front national que nous voudrions souligner, ouvrant ainsi à une autre approche du racisme. Le racisme, comme nous avons voulu l’expliquer dans notre Dictionnaire de la lepénisation des esprits [2], n’est pas, ou pas spécialement, une caractéristique de la « France d’en bas » ; il est même, à beaucoup d’égards, une production de la « France d’en haut », et le résultat de la réappropriation dans ses discours de grilles d’analyse, d’arguments, de schémas de pensée d’extrême droite. À quelle réalité renvoie ce que le ministre socialiste Robert Badinter avait, le premier, qualifié de « lepénisation des esprits » ? Quelle forme a t-elle prise et jusqu’où s’est-elle étendue ?

 

Cette histoire n’est pas linéaire, mais deux épisodes marquants s’en dégagent : la politisation, à partir de la fin des années 1980, de la question de l’immigration et la focalisation des débats politiques autour du « problème de l’immigration » ; la montée en force, dans la seconde moitié des années 1990, des discours sécuritaires centrés sur les jeunes des classes populaires.

 

Le "problème de l’immigration"

 

Longtemps confinée au sein de l’administration [3], la question de l’immigration a fait l’objet, à partir de la fin des années 1970, d’une politisation croissante. Investie par les associations, les médias, la classe politique, elle est devenue un des objets de clivages politiques et de débats publics. Mais, loin d’être posée de façon « neutre », cette question a été problématisée d’une certaine manière. Alors que les mouvements et les associations de gauche et d’extrême gauche engagés dans cette cause voyaient leur influence décliner, l’analyse a été recadrée à la fin des années 1980 sur les problèmes que poseraient les immigrés (et non plus ceux qu’ils subissent), que ce soit à la France, à la situation de l’emploi, aux déficits publics ou encore au niveau de délinquance [4].

 

Outre les médias, cette évolution doit beaucoup à un certain nombre de déclarations politiques prenant pour cible les immigrés. Si des personnalités de gauche (comme le Président François Mitterrand ou le Premier Ministre Michel Rocard [5]) ont pu participer à la désignation des immigrés comme menace, la lepénisation des esprits est d’abord le fait de la droite. Jusqu’au début des années 1990, le Parti socialiste cherche à éviter la question de l’immigration, ou alors met l’accent sur le premier volet du diptyque sur lequel va reposer la politique d’immigration en France, quels que soient les gouvernements successifs : l’« intégration » des immigrés ayant vocation à rester sur le territoire français et l’éloignement des irréguliers. Au Parti communiste, les amalgames entretenus entre drogue, délinquance et immigration sont régulièrement repris par certains maires (notamment ceux de Vitry et de Montigny-lès-Cormeilles). La direction nationale, qui initialement leur apporte son soutien, évolue toutefois, à partir de la fin des années 1980, vers d’autres positions sur la question de l’immigration, soulignant la négation des droits de l’homme et l’exploitation économique des sans papiers.

 

C’est donc avant tout à droite, et depuis la décision de fermer les frontières en 1974, que se développent les discours les plus répressifs à l’encontre de l’immigration, d’abord en vue d’encourager les retours d’immigrés installés en France, ensuite, devant l’échec de cette politique, pour lutter contre les arrivées régulières et irrégulières. En 1986, le ministre de l’Intérieur, Charles Pasqua, s’illustre en procédant à l’expulsion collective de « 101 Maliens ». Des pratiques et un discours répressifs s’imposent, toujours plus médiatisés et progressivement banalisés en dépit des protestations qui peuvent s’exprimer.

 

L’orientation répressive se renforce au fur et à mesure que l’échec de la politique économique libérale « dure » menée par le gouvernement Chirac en 1986 apparaît patent. La question de l’immigration va devenir, après 1988, un vrai cheval de bataille. Un angle d’attaque privilégié est ainsi trouvé pour attaquer la gestion de la gauche. Mais l’objectif consiste aussi, en multipliant les déclarations de « fermeté » à l’encontre des immigrés, à récupérer les voix du Front national, dans les années où ce parti se développe considérablement, jusqu’à conquérir plusieurs sièges à l’Assemblée nationale et dans les conseils régionaux, ainsi que quelques mairies.

 

Au sein du discours qui se développe ainsi, deux idées, directement issues de la rhétorique d’extrême droite, reviennent sans cesse, pour gagner un caractère d’évidence de plus en plus partagée. La thématique de la menace va d’abord s’incarner dans la dénonciation d’une « invasion ».

 

Invasion

 

« Nous sommes victimes d’une invasion apparemment pacifique mais qui, évidemment, nous menace mortellement dans notre identité et notre sécurité », Jean-Marie Le Pen
« Le type de problèmes auxquels nous allons être confrontés n’est plus l’immigration, mais l’invasion
», Valérie Giscard d’Estaing, UDF

« Intrusion, occupation, invasion. Les trois mots sont exacts. Pour invasion, je suis reparti consulter le dictionnaire qui donne deux définitions : action de pénétrer et de se répandre dangereusement. Et il n’est pas innocent de le comprendre. Un million de clandestins, c’est l’effectif de cent divisions, non armées certes, mais qui pèsent lourdement sur les conditions de notre existence et de notre identité nationale », Michel Poniatowski, UDF

« Ce qui était une immigration de renfort démographique devient une immigration de substitution de peuplement », Jean-Louis Debré, RPR

« Je suis maire d’une commune dans laquelle se trouvent des écoles où il y a 60
de non francophones. Je le dis calmement avec sérénité. Cela pose des problèmes aux élus locaux et cela posera dans l’avenir aux Français des problèmes considérables (...) Dans les Bouches-du-Rhône, si l’évolution actuelle se poursuit, s’il n’y a pas de diminution de la communauté étrangère, dans quelques années (probablement avant la fin du siècle), il y aura plus d’étrangers que de Français de souche
», François Léotard, UDF

« Osons avancer une hypothèse : si 10% des 500 millions de jeunes Africains que l’Afrique comptera en 2025 venaient tenter leur chance en Europe chaque année, ce sont entre 30 et 50 millions de jeunes Africains qui arriveraient, soit la population d’un pays comme l’Espagne, c’est dire l’ampleur du problème que nous avons à gérer », Daniel Colin, RPR

« Les nations existent. Chacun défend son existence légitimement », Jean-Pierre Chevènement, MDC [6]

 

Ce vieux thème de l’extrême droite française, très prisé par Jean-Marie Le Pen, a été repris explicitement par la droite parlementaire au début des années 1980. « Il faut arrêter cette invasion », pouvait-on lire en 1983 dans un trac de Roger Chinaud et Jean-Pierre Bloch (UDF) en faveur du candidat Alain Juppé (RPR). Il est revenu en force au début des années 1990 et l’on a pu entendre le député RPR Jacques Myard prophétiser « la guerre civile » si rien n’était fait pour contenir les « hordes qui déferlent sous la pression démographique du Sud ». Ce discours fait apparaître les immigrés, non plus seulement comme des parasites ou comme un « problème » à régler, mais aussi comme des agresseurs, justifiant ainsi la violence qui leur est faite en la faisant passer pour un acte de légitime défense. Basé sur des analyses erronées (et maintes fois réfutées, notamment sur le lien entre immigration et chômage, immigration et déficits de la sécurité sociale, immigration et délinquance [7]), ce discours occulte en outre l’histoire d’une autre « migration », celle des colonisateurs français dans les pays du Maghreb et de l’Afrique noire, des violences qu’ils ont perpétrées et de la déstructuration de ces sociétés qui est aussi un des facteurs des migrations actuelles.

 

Ce discours sur l’invasion a été d’autant plus efficace qu’il est venu se greffer - deuxième thématique sur laquelle nous voudrions insister ici - sur une certaine conception de la nation française. L’immigration ne peut en effet être présentée comme un danger pour la France que parce que celle-ci est conçue comme une entité basée sur une « identité » homogène et immuable à travers des siècles. Cette nation, garantie par l’existence d’un socle de populations « de souche », héritière de valeurs communes, ne pourrait par conséquent se perpétuer qu’en limitant l’arrivant de corps « étrangers ». Cette conception nationaliste, construite sur un modèle « organiciste », nie l’histoire déjà longue de l’immigration en France, mais aussi les conditions sociales et économiques de l’intégration des immigrés. Cette vision se traduit surtout par une série de déclarations sur le « seuil de tolérance » et d’appels répétés à la mise en œuvre de « quotas ».

 

Seuil de tolérance

 

« C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité ; sinon la France ne serait plus la France. (...) Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? (...) Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-deux-Eglises, mais Colombey les deux Mosquées ! », Charles de Gaulle

« Il y a une overdose d’immigration », Jacques Chirac, RPR

« Le seuil de tolérance est franchi », Alain Juppé, RPR

« Le seuil de tolérance est dépassé depuis les années 1970 », François Mitterrand

« L’immigration est absorbable à petites doses », Jean-Pierre Chevènement [8]

 

L’insécurité et les nouvelles classes dangereuses

 

La manière de parler de l’immigration connaît certes, durant cette période, un changement positif : sans doute en raison de la légitimité acquise par les luttes de sans-papiers, la désignation du « clandestin » comme figure de la menace est devenue moins efficace, et donc moins mobilisée. Mais le contre-feu raciste ne tarde pas à se mettre en place : la « question de l’immigration » laisse la place à celle de l’« insécurité », et à la thématique de l’invasion venue de l’extérieur se substituent la mise en garde contre « la délinquance, l’insécurité et l’incivilité », l’incrimination de mineurs « de plus en plus jeunes et de plus en plus violents », la désignation de « zones de non droit où la police ne va plus » et l’invocation d’une « crise de l’autorité, des repères et des valeurs ». De cette situation, « l’angélisme et le laxisme » seraient responsables, comme on nous l’a continuellement répété à partir de 1997.

 

Cette analyse se généralise dès le début des années 1990. La politique de la ville mise en œuvre par la gauche sur les quartiers dits sensibles, axée sur la « participation » des habitants et la « restauration du lien social », fait alors l’objet de critiques virulentes. Gérard Larcher explique par exemple dans un rapport parlementaire que cette politique, trop sociale à son goût, occulte la responsabilité des habitants et notamment des jeunes dans les problèmes de ces quartiers.

 

Mais c’est, il faut bien l’admettre, le retour de la gauche au pouvoir au printemps 1997 qui marque le tournant décisif puisque cette dernière opère un spectaculaire ralliement de la gauche gouvernementale à l’idéologie dite sécuritaire. Le Parti socialiste remporte en effet les élections de juillet 2007 sur la base d’un programme énonçant « trois priorités : l’emploi, la santé et l’éducation », et quelques semaines plus tard, dans son discours d’orientation générale, le premier ministre Lionel Jospin annonce finalement « deux priorités : l’emploi et la sécurité ».

 

Il y a donc eu un choix politique délibéré : rien, ni dans les sondages ni dans le champ politique, ne pousse alors la gauche à adopter une telle politique. La droite vient de subir une cinglante défaite électorale, le Front national connaît une crise profonde en raison de la scission entre le FN et le MNR, et la délinquance n’arrive qu’au cinquième rang des « préoccupations des Français », derrière le chômage, la pauvreté, la maladie et les accidents de la route. Elle ne deviendra la première préoccupation qu’après plusieurs années d’une intense campagne médiatique et politique [9].

 

Le ralliement de la gauche gouvernementale aux dogmes sécuritaires est officialisé au colloque de Villepinte en octobre 1997 : Lionel Jospin et son ministre de l’intérieur Jean-Pierre Chevènement y déclarent que « la sécurité est une valeur de gauche », en l’inscrivant dans la filiation du « droit à la sûreté » de la Déclaration des Droits de l’Homme. Cette évolution sera légitimée par une série de tribunes, rapports et expertises fortement médiatisées : rapport sur les mineurs délinquants des députés socialistes Christine Lazerges et Jean-Pierre Balduyck publié en avril 1998 (et proposant d’instaurer un couvre-feu et de « responsabiliser les parents de délinquants » par la suppression des allocations familiales) ; manifeste lancé en septembre 1998 par neuf intellectuels, intitulé « Républicains n’ayant plus peur ! » appelant à refonder la République en « restaurant l’autorité » et en instaurant la « tolérance zéro des petites infractions » pour les mineurs des « quartiers sensibles » ; publication en 1999 d’un Que sais-je ? sur les Violences et insécurités urbaines écrit par un ancien militant d’extrême droite (Xavier Raufer) et un entrepreneur en sécurité (Alain Bauer), qui expliquent qu’« au-delà de toutes les théories d’inspiration sociologique, l’origine la plus certaine du crime, c’est le criminel lui-même ».

 

Plusieurs livres ont déjà mis en cause la pertinence du diagnostic avancé par le gouvernement Jospin pour justifier le virage sécuritaire [10]. On insistera ici sur ses conséquences. Car ce tournant sécuritaire ne se limite pas à des discours : il s’est traduit concrètement par une législation de plus en plus répressive, et une légitimation accrue des abus policiers [11]. La loi sur la sécurité quotidienne, votée à la quasi unanimité en 2001, crée par exemple un nouveau délit, la « fraude habituelle » : les personnes interpellées dix fois pour fraude dans les transports en commun sont désormais passibles de six mois de prison et de 7500 euros d’amendes. Une autre loi votée au même moment autorise les forces de police à déloger les jeunes qui se regroupent dans les halls d’immeuble, même si aucun délit n’a été commis.

 

Ce tournant sécuritaire participe de la lepénisation des esprits dans la mesure où il entretient et attise la stigmatisation des classes populaires, et plus particulièrement de la jeunesse immigrée ou issue de l’immigration, dont la présence et les comportements sont présentés comme la cause des problèmes. Et si la menace ne semble plus provenir de l’extérieur du pays, le discours sécuritaire souligne toutefois de manière quasi-systématique l’origine « étrangère » de ces populations, en la présentant comme un élément crucial des problèmes sociaux. Le rapport Bénisiti, rédigé par un député de droite en 2004, constitue l’aboutissement de ce processus : consacré aux problèmes de délinquance, il met en cause le bilinguisme des enfants issus de l’immigration et appelle à stopper l’apprentissage de tout « patois » au sein de ces familles.

 

La volonté exprimée par Sarkozy en novembre 2005 d’expulser les émeutiers étrangers hors de France procède d’une même grille de lecture : il véhicule sournoisement l’idée que les « agitateurs » sont forcément des étrangers et consacre un fonctionnement républicain qui, loin de l’indifférence aux origines dont se prévaut la République, ne cesse de produire et d’institutionnaliser des catégories ethnicisées et essentialisées. Des « sauvageons » dont parlait le ministre de l’intérieur Jean-Pierre Chevènement aux « racailles » évoqués par son homologue du gouvernement Raffarin, on retrouve ce double processus de stigmatisation caractéristique des nouvelles classes dangereuses : l’insistance sur la délinquance et la focalisation sur les origines étrangères.

 

La montée en force des grilles de lecture sécuritaires a ainsi directement conforté l’analyse de Jean-Marie Le Pen selon laquelle les problèmes sociaux renverraient aux comportements déviants d’une population étrangère mal intégrée. Cette lepénisation des esprits, qui a rendu possible la présence du leader du Front national au second tour des élections présidentielles de 2002 sans même qu’il ait besoin de faire campagne, a eu des effets redoutables pour la gauche. L’hégémonie de l’approche raciste et culturaliste des problèmes sociaux s’opère aux dépens des grilles d’analyse sociales portées par la gauche depuis le dix-neuvième siècle : l’idée que les déviances sociales ne relèvent pas simplement de comportements individuels à réprimer mais renvoient à des causes socio-économiques, sur lesquelles seule une action collective peut jouer peut jouer.

 

Et de fait, dès la fin des années 1980, il est devenu quasiment impossible au sein de la classe politique française d’aborder l’immigration sans partir du constat d’un problème posé par l’immigration à la France. C’est donc d’un même mouvement son identité sociale et son identité anti-raciste qu’abandonne le Parti socialiste : tout se passe comment si les dirigeants de ce parti avaient renoncé à voir dans les immigrés et leurs descendants des alliés ou des victimes à défendre pour les présenter avant tout comme des fauteurs de troubles. En dépit de la création par la ministre Martine Aubry de l’éphémère Groupe d’études et de lutte contre les discriminations, ce combat ne sera jamais une priorité politique, alors même que plusieurs études témoignent d’une discrimination massive, que ce soit dans l’emploi ou dans le logement, ou encore face à la police [12].

 

Le « péril islamiste »

 

Depuis lors, on observe une certaine continuité. Au sauvageon incriminé par Jean-Pierre Chevènement fait écho la racaille dénoncée par Nicolas Sarkozy. Mais une différence de taille sépare les deux discours : là où le ministre de Jospin organisait tout son propos autour d’une opposition entre « la République » porteuse de droit et d’égalité et les jeunes délinquants en perte de repères, c’est sa propre personne que Nicolas Sarkozy présente comme recours face à la « racaille ». À cet égard, ce ne sont plus seulement des relents racistes que l’on entend mais une valorisation de la figure individuelle du chef guerrier et viril (comme le sous-entend d’ailleurs la figure phallique du karcher dans la célèbre saillie du candidat Sarkozy). Une figure caractéristique du lepénisme comme de tous les fascismes.

 

Ces figures plus ou moins fantasmées autour desquelles s’est organisé le débat public – au détriment par exemple du chômeur ou de l’ouvrier – n’ont cessé d’évoluer, en se focalisant notamment sur l’Islam et sur deux figures-repoussoir : le barbu et la voilée [13]. La conception culturaliste et à relents racistes d’un « choc des civilisations » fait ici sentir son influence, renforcée après le 11 septembre et la campagne bushienne contre l’Irak. Théorisée initialement par Samuel Huntington, cette thèse s’incarne aujourd’hui dans une doxa largement reprise en France, opposant un Islam par essence dangereux, violent et obscurantiste à un Occident incarnant les valeurs de laïcité, de liberté et d’égalité.

 

Cette focalisation récente sur les populations maghrébines, d’origine maghrébine ou plus largement associées au « monde musulman » nous incite à nous interroger, au-delà de l’influence de l’extrême droite française, sur le rôle que joue, dans la persistance du racisme, l’imaginaire et l’idéologie coloniale – une idéologie qui a irrigué l’ensemble de la classe politique et de la société française [14].

 

P.-S.

Initialement paru dans la revue La Pensée en mai 2006, ce texte est repris dans le recueil Les mots sont importants, de Pierre Tevanian et Sylvie Tissot, publié en 2010 aux Éditions Libertlia.

 

Notes

[1] Annie Collovald, Le « populisme du FN », un dangereux contresens, Broissieux, Le Croquant, 2004, p 18. Sur la haine du peuple que manifeste l’incrimination de « l’individu démocratique » tout puissant, voir aussi Jacques Rancière, La haine de la démocratie, Paris, La Fabrique, 2005.

[2] Pierre Tevanian et Sylvie Tissot, Dictionnaire de la lepénisation des esprits, Paris, Esprit frappeur, 2002

[3] Sur le traitement de l’immigration dans la période 1945-1975, voir Alexis Spire, Étrangers à la carte. L’administration de l’immigration en France, Paris, Grasset, 2005

[4] Pour une analyse de cette évolution dans la presse, voir Simone Bonnafous, L’immigration prise aux mots, Paris, Kimé, 1991

[5] Le premier ayant déclaré en 1989 que le seuil de tolérance était atteint, tandis que le second estime, en 1990, que la France ne peut accueillir « toute la misère du monde ».

[6] J.-M. Le Pen, Présent, 30-31/09/1991 et 02/10/1991 cité dans M. Souchard, S. Wahnich et alii, Le Pen, les mots, Paris, Le Monde éditions, 1998 ; V. Giscard d’Estaing, Le Figaro Magazine, 21/09/ 1991 ; M. Poniatowski, cité dans l’Evénement du Jeudi, 31/10/1991 ; J.L.D Debré, Le Figaro, 97/11/1996 ; F. Léotard, France Inter, 03/10/1983, cité par M. Chemillier-Gendreau dans L’injustifiable, Bayard-Edition, 1998 ; D. Colin, Assemblée nationale, 17/12/1996, Journal Officiel, p. 8449 ; J.P. Chevènement, Le Monde, 26/02/1997.

[7] Voir sur ces points les articles « Avantages sociaux », « Chômage », « Délinquance », « Misère du monde », du Dictionnaire de la lepénisation des esprits, op.cit.

[8] Ch. De Gaulle, cité par A. Peyrefitte dans C’était de Gaulle, De Fallois, 1994 ; J. Chirac, 22/02/1991 et 21/06/1991 ; A. Juppé, La voix des Français, février 1991 ; F. Mitterrand, Antenne 2, 10/12/1989 ; Jean-Pierre Chevènement, Le Monde, 26/02/1997

[9] Cf. Pierre Tevanian, Le ministère de la peur. Réflexions sur le nouvel ordre sécuritaire, L’Esprit frappeur, 2003.

[10] Laurent Mucchielli, Violences et insécurité : fantasmes et réalités dans le débat français, La Découverte, 2002.

[11] Voir la chronologie de ces lois sur le site LMSI : « De Chevènement à Sarkozy : généalogie du nouvel ordre sécuritaire (1997-2004) ». Voir aussi Laurent Bonelli, La France a peur, La découverte, 2007.

[12] Cf. Pierre Tevanian, « Une discrimination systémique. Quelques données chiffrée sur le racisme et son impunité ».

[13] Sur ces figures voir Nacira Guenif-Souilamas et Eric Massé, Les féministes et le garçon arabe, Editions de l’aube, 2004, et Pierre Tevanian, Le voile médiatique, Raisons, d’agir, 2005, et La république du mépris, La Découverte, 2007

[14] Cf. Pierre Tevanian, La République du mépris, La découverte, 2007.

 

Source : Les mots sont importants.net  http://lmsi.net/La-lepenisation-des-esprits

Loi du 16 août 1940 limitant l'exercice de la médecine aux seuls diplômés nés d'un père français. Source :Wikipédia

Loi du 16 août 1940 limitant l'exercice de la médecine aux seuls diplômés nés d'un père français. Source :Wikipédia

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