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8 novembre 2019 5 08 /11 /novembre /2019 14:21

                                                                               Georg Elser

                                          (Hermaringen, 4 janvier 1903 – Dachau, 9 avril 1945)

                                                         Photo : Mémorial Georg Elser à Königsbronn

 

COMMÉMORATION DE LA PREMIÈRE TENTATIVE D'ATTENTAT CONTRE HITLER

 

 

Le 8 novembre 1939 à 21h20 explose une bombe à la Bürgerbräukeller de Munich. C'est dans cette brasserie populaire qu'entouré de ses plus proches collaborateurs, Adolf Hitler vient chaque année à la même date réactiver le souvenir de son putsch raté de 1923.

 

Hélas, le Reichsführer, parti onze minutes plus tôt que prévu, échappa à l’attentat commis. Comment ne pas imaginer que cet acte pathétique d'un simple ouvrier ébéniste et anti-nazi, Georg Elser, aurait peut-être pu éviter les dizaines de millions de morts de la Seconde guerre mondiale s'il avait réussi ?

 

Georg Elser paiera cette tentative avortée par sa déportation à Sachsenhausen, puis à Dachau, où il sera exécuté sur le commandement personnel d'Hitler le 9 avril 1945.

 

L'acte bouleversant de cet homme isolé sera néanmoins, tout au long de l'existence de la R.F.A., un sujet de discorde au sein de la population allemande, les nostalgiques du III. Reich ainsi que les cercles les plus conservateurs lui reprochant sa "trahison".

 

Il faudra attendre la résurgence des vieux démons nationalistes qui se manifestent de nos jours presque partout en Europe - et malheureusement aussi en Allemagne - pour que l'ensemble des forces démocratiques de ce pays s'accordent enfin à considérer comme étant héroïque l'acte que Georg Elser avait alors commis.

 

L'article de presse ci-après est un vibrant hommage rendu à cet homme d'exception.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 Voir une vidéo qui retrace l'acte héroïque de Georg Elser :

https://youtu.be/YbXMw_qmZJc

                          La Bürgerbräukeller de Munich après l'attentat. Photo : Bundesarchiv München

 

 

" Je préfère être abattu plutôt que de faire le moindre pas pour les nazis "

      aurait dit Georg Elser avant de tenter d'assassiner Hitler il y a 80 ans.

  Où a-t-il trouvé le courage d'oser essayer ?
 

                                             Par Johannes Tuchel *

                                                  Extrait de l'hebdomadaire Die Zeit

                                                                   N° 45/2019

                                     Traduit pour HENDAYENVIRONNEMENT par Sirius

 

 

Des rumeurs se répandirent rapidement au sujet du crime : aurait-il vraiment pu être commis par un seul individu ? Cet homme a-t-il vraiment, sans aucune aide, caché l'engin explosif dans une colonne creuse du Bürgerbräukeller à Munich ? Le 8 novembre 1939, la charge explosa à 21 h 20, 13 minutes trop tard. Adolf Hitler et la direction du parti national-socialiste avaient déjà quitté la salle dans laquelle les "anciens combattants" du NSDAP célébraient, comme chaque année, leur tentative de coup d’État infructueux de 1923. Huit personnes, dont une serveuse, périrent des suites de l'explosion et plusieurs autres furent blessées.
 

Tandis que la propagande national-socialiste blâmait les services secrets britanniques, les opposants allemands au régime soupçonnaient au contraire les nazis eux-mêmes de créer une atmosphère favorable à Hitler, que la "providence" avait protégé.
 

Mais, comme l'avouera Georg Elser après son arrestation à la frontière suisse : le crime avait été commis de son seul fait et sous sa propre responsabilité. Lui, Georg Elser, charpentier, avait très tôt supposé qu'Hitler et la hiérarchie national-socialiste préparaient une guerre.

 

Hormis l'attentat mené par Claus Schenk Graf von Stauffenberg le 20 juillet 1944, ce fut le seul acte qui mit directement en danger la vie du dictateur. Néanmoins, de nombreuses années s'écoulèrent avant qu'Elser soit reconnu être un opposant au régime. Les vieilles rumeurs telles celle d'être couramment dénommé « simple charpentier » véhiculaient bien du dédain à son encontre.
 

La seule photo d'Elser à avoir pendant longtemps été publiée fut celle provenant de la Gestapo qui montrait un prisonnier soupçonné d'avoir agi pour des motifs douteux. Le chancelier fédéral Helmut Kohl (CDU) évoqua pour la première fois Georg Elser en public lors d'un discours prononcé le 20 juillet 1984 au Mémorial de la Résistance allemande à Berlin. En l'actuel mois de novembre 2019, ce sera au tour de Frank-Walter Steinmeier, président fédéral, d'être le premier personnage de ce rang à visiter le Mémorial Georg Elser à Königsbronn, ville natale de Georg Elser, depuis son ouverture en 1998.
 

L'action solitaire de Georg Elser reste encore de nos jours un défi : il a vu ce que tout Allemand aurait pu voir et en a tiré une conclusion radicale, tandis que la grande majorité de ses compatriotes accepta de suivre sans contradiction les commandements nazis. Comment se fait-il qu'il ait vu et chercha à voir ce que les autres faisaient mine d'ignorer ? D'où cet homme a-t-il eu le courage d'éliminer des tyrans ? 80 ans après l'attentat de Munich, les recherches menées montrent à quel point les réponses à ces questionnements sont claires et révélatrices.
 

Le sens de la justice de Georg Elser était aussi rigoureux que sa façon de travailler.
 

Georg Elser naquit le 4 janvier 1903 à Hermaringen, localité située à proximité de Königsbronn, dans le Wurtemberg, où la famille déménagea peu après sa naissance pour y vivre dans des conditions difficiles. Son père, Ludwig Elser, né en 1872, est issu d'une famille d'agriculteurs et a 18 frères et sœurs. La mère de Georg, Maria Müller, née en 1879, est une enfant illégitime qui a été abandonnée par sa mère immédiatement après sa naissance. Jusqu'à son mariage avec Ludwig Elser, elle travaillait à la ferme paternelle. Johann Georg a alors déjà dix mois. Les naissances prénuptiales n'étaient pas rares à l'époque. Beaucoup de couples n'ont tout simplement pas l'argent pour le mariage et la fondation d'un foyer.
 

Georg Elser eut au fil des ans cinq frères et sœurs. Toutefois le mariage de ses parents fut extrêmement malheureux et sa jeunesse dure, souvent sans joie. Il en parle en 1939 lors des interrogatoires de la Gestapo, qui restent toujours la source la plus importante des renseignements retraçant sa vie. "Mon père, raconte-t-il, n'était pas très actif dans l'agriculture, il a d'abord travaillé le bois puis ensuite commencé son propre commerce avec celui-ci. Le fardeau principal de l'agriculture reposait sur ma mère. Mes frères et sœurs et moi avons dû l'aider très tôt dans l'écurie, sur le terrain et à la maison. En tant qu'aîné, j'ai toujours été la servant de mes frères et sœurs plus jeunes".
 

Ludwig Elser est souvent malade et la famille appauvrie. Mais ce sont surtout l'alcoolisme et la violence de ce père qui minent la famille.
 

La jeunesse de Georg Elser. Lui-même ne fumera pas et ne boira pas plus tard. En 1910, la mère se sépara de son mari pour une courte période, mais retournera rapidement vers lui. La même année, Elser commence l'école à Königsbronn. Une photo de classe montre la pauvreté des élèves : la plupart d'entre eux sont pieds nus ; Elser peut être vu dans l'une des rangées du fond. En 1917, troisième année de la Première Guerre mondiale, il termine l'école à l'âge de 14 ans.

 

Pendant six mois, il aida ensuite son père dans le commerce du bois et sa mère dans l'agriculture, jusqu'à ce qu'il entame un apprentissage comme tourneur sur métaux à l'usine sidérurgique de Königsbronn, en automne 1917. Mais son travail paraît surcharger sa santé, puisqu'il abandonne sa formation en 1919 et apprend la menuiserie. Il aimait particulièrement fabriquer des meubles. Au printemps 1922, il passa son examen de compagnon à l'école professionnelle de Heidenheim, selon ses propres dires.
 

Les années suivantes ont été pour Elser formatrices à bien des égards. Il devient membre de la Confrérie des travailleurs du bois. En 1928/29, il rejoint l'organisation militante antifasciste du KPD (Parti communiste allemand) dénommée Roter Frontkâmpferbund (Union des combattants du Front rouge), apparemment sans s'impliquer fortement dans ces deux organisations. Selon sa propre déclaration, il choisit le KPD comme "Parti des travailleurs". Mais c'est avant tout son métier qui le passionne.
 

Ses contemporains le décrivent comme un charpentier très consciencieux. Il examine sans relâche ce qu'il a créé. Lorsqu'il livre un lit d'enfant à un ami, il ne s'arrête pas là, mais l'inspecte encore une fois, oui, il vient même le lendemain pour un autre examen. Il est fier de son métier.
 

Au début de 1923, il se fait engager dans une usine de meubles à Aalen, où il produit des meubles de cuisine et des meubles de chambre à coucher. Cependant, en raison de l'hyperinflation qui sévit alors, il fut contraint d'abandonner son emploi à l'automne 1923 et retourne chez ses parents pour un certain temps.
 

Son sens de la justice étant aussi méticuleux que le soin donné à son travail, il s'assure être toujours adéquatement rémunéré. Dans sa vie professionnelle comme privée, il attache également à porter une grande importance à l'indépendance. Il ne se laisse pas mettre sous pression et prend ses propres décisions, qui ne sont pas toujours acceptées par les autres. Georg Elser est considéré comme une personne souvent silencieuse mais sociable. Depuis l'école, il joue de la flûte, puis de l'accordéon, et plus tard, à Constance, il apprend à jouer de la cithare.

 

Au début de 1925, il quitte Königsbronn, dans la tradition des compagnons menuisiers itinérants, ce qui lui permet de se libérer de sa situation familiale compliquée. Au cours des sept années suivantes, il travaille autour du lac de Constance, à Manzell, Constance, Bottighofen et Meersburg. Il tient maintenant fermement son destin entre ses propres mains, un homme libre et indépendant. En 1928, il rencontre la couturière Mathilde Niedermann et, deux ans plus tard, le fils unique d'Elser, Manfred, naît. Cependant, le partenariat s'effondre peu de temps après la naissance ; Elser ne veut pas se marier, mais rester sans attaches. Mathilde Niedermann doit alors élever seule son enfant.
 

A la maison, la mère d'Elser souffre de plus en plus de "l'alcool éternel" de son mari. Au printemps 1932, elle prie son fils de revenir à Königsbronn. Le temps de la liberté et de l'errance est terminé. Georg Elser aide à nouveau maman et papa.


Cependant, il a également installé un petit atelier de menuiserie dans la maison de ses parents, où il fabrique des meubles, principalement sur commande des habitants de Königsbronn, ce qui lui rapporte un peu d'argent. Son père, par contre, est très endetté. En 1935, il dut vendre sa maison et son terrain. En 1938, des différences surgissent entre Georg Elser et le reste de la famille au sujet de l'achat d'une nouvelle maison. Il déménage à Heidenheim en mai 1939 et ne reprend pas contact avec ses parents.


C'est à cette époque que Georg Elser décide d'assassiner Hitler. La décision a probablement été prise à l'automne 1938 et sera planifiée pour être mise en œuvre le 8 novembre 1939.
 

Dès le début, Elser a rejeté le national-socialisme. Il est et reste un individualiste. L'ascension sociale que pouvait apporter l'adhésion aux chemises brunes ne l'attirait aucunement et il refusait constamment le salut d'Hitler. Son frère raconte que Georg Elser quittait la maison lorsque les discours du Führer étaient retransmis à la radio. La petite amie d'Elser, Elsa Härlen, se souvient plus tard de sa réaction à une "collecte de fonds" nationale-socialiste : "Soit vous êtes pour et donnez quelque chose, soit vous êtes contre, alors vous ne donnez rien", aurait-il déclaré. Un ami rapporte les propos d' Elser en ces termes : "Je préfère être abattu plutôt que de faire un pas pour les nazis ".
 

« La situation des travailleurs s'était détériorée après 1933 », dit Georg Elser lors d'un interrogatoire de la gestapo.


Trois motifs décisifs vont mener Elser à rejoindre la résistance.

 

Il se retourne d'abord contre le régime parce qu'il veut être libre. Pour lui, la liberté ne signifie pas seulement l'indépendance personnelle, l'absence de coercition dans la vie privée ou au travail : en tant qu'homme contemporain politiquement engagé, il se réfère aux droits politiques et sociaux fondamentaux garantis depuis 1919 par la Constitution de Weimar et ont été largement abolis par les nationaux-socialistes.


En 1939, Elser évoque ouvertement devant la Gestapo : " De plus, à mon avis, la classe ouvrière subit une certaine pression depuis la " révolution nationale" (comprendre : nationalisme pangermaniste hitlérien ndlr). Le travailleur, par exemple, ne peut plus changer d'emploi comme il le veut, il n'est plus maître de ses enfants que par l'intermédiaire des Hitlerjugend (jeunesses hitlériennes), et n'est également plus aussi libre sur le plan religieux. Je pense ici en particulier aux activités des chrétiens allemands". Les restrictions à la liberté personnelle, à la liberté d'enseignement et à la liberté de croyance peuvent difficilement être exprimées plus clairement, même si l'évocation de la prise du pouvoir par les nazis et reprise sous le terme "révolution nationale" découle vraisemblablement d'un lissage de la déclaration d'Elser dans ce procès-verbal.
 

La deuxième motivation réside dans le sens subtil qu'à d'Elser de la justice. S'il se voit personnellement traité injustement, il réagit parfois de façon brutale. Sa réaction à l'injustice sociale n'en est pas moins claire. Lors de l'interrogatoire de 1939, il ne mâche pas ses mots : " À mon avis, les conditions de travail des ouvriers (...) se sont détériorées à divers égards. Par exemple, j'ai remarqué que les salaires sont devenus plus bas et les déductions plus élevées. Alors qu'en 1929, je gagnais en moyenne 50 RM (Reichsmark) par semaine à l'usine horlogère de Constance, les déductions pour les impôts, l'assurance maladie, les allocations de chômage et les timbres d'invalidité n'étaient alors que de 5 RM environ. Aujourd'hui, les déductions sont déjà tout aussi élevées avec un revenu hebdomadaire de 25,- RM. Le salaire horaire d'un charpentier s'élevait à un Reichsmark en 1929, aujourd'hui un salaire horaire de seulement 68 Pfg (Pfennig/centime) est payé."
 

Aucune personne apolitique ne parle ainsi. Elser reconnaît clairement l'hypocrisie et le manque de liberté qui prévalent, et il ne veut pas l'accepter. Il se distingue ainsi sans compromis de la "communauté nationale" qui fédéra le national-socialiste. Apparemment, des propos de ce genre devaient encore pouvoir être exprimés dans un cadre villageois dominé par l'entre-soi.
 

Elser présage que la guerre viendra si Hitler reste au pouvoir

Son motif le plus important, cependant, est autre : la prévention de la guerre. En automne 1939, il expliquera à la Gestapo qu'il savait "que l'accord de Munich ne s'arrêtait pas là, que l'Allemagne imposerait d'autres exigences à d'autres pays, en intégrerait d'autres, et donc que la guerre était inévitable". Il en était venu à la conclusion que " les conditions en Allemagne ne pouvaient être changées qu'en éliminant l'actuel pouvoir. Sous le mot pouvoir j'entends les "Obersten" (supérieurs), c'est à dire Hitler, Göring et Goebbels. Par mes réflexions, j'en suis venu à la conviction qu'en éliminant ces trois hommes, d'autres viendraient au gouvernement qui n'imposeraient aucune exigence inacceptable aux pays étrangers, qui ne chercheraient à envahir aucun pays et assureraient une amélioration des conditions sociales de la classe ouvrière. "
 

C'est certainement ce que d'autres pensent également à l'époque. Ce qui distingue Georg Elser, c'est qu'il agit comme il l'a planifié et avec la précision qu'il applique habituellement dans l'exercice de sa profession.
 

Il est parfaitement clair pour lui qu'il ne mettra pas fin à la domination nationale-socialiste par son attaque : "J'étais convaincu que le national-socialisme avait le pouvoir entre ses mains et qu'il ne le rendrait pas. J'étais simplement d'avis que l'élimination des trois hommes indiqués conduirait à une modération des objectifs politiques." Cette déclaration, bien qu'elle ait été faite rétrospectivement, est fort claire, et la plupart des historiens seraient probablement d'accord avec elle aujourd'hui : Une tentative d'assassinat réussie en novembre 1939 n'aurait pas mis un terme brutal au national-socialisme. Un régime national-socialiste sans Hitler aurait cependant été différent.
 

Au fil des décennies, de nombreux propos diffamatoires ont été proférés à l'encontre de l'homme de Königsbronn ; les uns ou les autres résonnent encore aujourd'hui.


Le charpentier Georg Elser était-il un terroriste ? Non, parce que son action était dirigée contre Hitler, un criminel au pouvoir, qui s'appuyait sur une clique d'hommes de pouvoir.
 

Georg Elser était-il un lâche qui s'est enfui après sa tentative d'assassinat ? Non, lorsqu'il a tenté de franchir la frontière, et il avait avec lui des objets qui auraient pu prouver sa culpabilité si un innocent avait été arrêté. Elser a soutenu son crime ; les archives de son interrogatoire par la Gestapo le prouvent de manière impressionnante. D'ailleurs, il se distinguait de la majorité des partisans national-socialistes qui, après 1945, affirmèrent à maintes reprises n'avoir fait que suivre des ordres.
 

Après plus de cinq ans d'isolement complet dans les bâtiments cellulaires des camps de concentration de Sachsenhausen et Dachau, Georg Elser fut abattu sur ordre personnel d'Hitler le 9 avril 1945. Son attaque avait été dirigée contre le régime nazi, qu'il reconnaissait comme un État de non-droit, alors que la société allemande soutint le régime hitlérien, le défendant parfois jusqu'à sa plus amère finalité. Néanmoins, certaines personnes peuvent avoir de nos jours - ou éprouvent encore aujourd'hui - du mal à compter Elser parmi les rares personnes courageuses qui se sont révélées être les vrais patriotes par leurs actions contre le régime nazi. Le fait que le président fédéral Frank-Walter Steinmeier visitera le lieu de naissance d'Elser et le site commémoratif de Königsbronn à l'occasion du 80e anniversaire de cet acte est plus qu'un simple hommage à un homme qui s'est trop longtemps vu refuser cette reconnaissance.

 


* Johannes Tuchel est politologue. Il dirige le Centre commémoratif de la Résistance allemande à Berlin.

 

 

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23 septembre 2019 1 23 /09 /septembre /2019 11:17

 

Cliquer sur le lien ci-après pour parvenir à la pétition :

 

https://communesanspesticides.agirpourlenvironnement.org

 

 

Fondée au début de l'année 1997 dans le but de faire évoluer les responsables politiques et décideurs économiques vers une défense réelle de notre environnement, l'association Agir pour l'Environnement mène inlassablement depuis plus de deux décennies de nombreuses campagnes de mobilisation citoyenne qui, en coordination avec tout un réseau associatif, aident peu à peu notre pays à sortir du productivisme agrochimique et créer une agriculture qui soit enfin respectueuse de la santé des consommateurs.

 

Chacun sait que la bataille qui est livrée depuis des années contre les pesticides n'aura une chance d'aboutir que si nos protestations sont déterminées et massives, puisque ce n'est apparemment pas sur un Didier Guillaume, ministre de l'agriculture et du bien-être animal, que l'on peut compter pour y parvenir, surtout lorsque l'on sait que ce dernier a été aperçu au premier rang du public lors d’une corrida, à Bayonne, le mercredi 14 août 2019.

 

Signons et faisons signer cette pétition citoyenne tout autour de nous !

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

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12 septembre 2019 4 12 /09 /septembre /2019 11:14

Devoir compter et recompter avant d'effectuer la moindre dépense est un des actes les plus courants au sein d'une importante fraction de notre population.

 

 

OBSERVATOIRE DE LA PAUVRETÉ - PRÉCARITÉ

 

  BAROMÈTRE 2019 DE LA PAUVRETÉ EN FRANCE

 

 

Ceci est le nouveau seuil subjectif de pauvreté qui ressort du baromètre 2019 Ipsos / Secours populaire. C’est la plus grande augmentation de cet indicateur en 13 ans d’existence (+75 euros en un an).
 
Découvrez les chiffres de l'enquête : 
 

 

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19 août 2019 1 19 /08 /août /2019 20:00

     Manifestation préparatoire des sympathisants du contre-sommet à Biarritz. Photo : G7 EZ !

     Biarritz, ville désertée par ses habitants après son quadrillage par des milliers de policiers.

                                                                  Photo : Sirius

 

G7 EZ ! NON AU G7 !

POUR UN AUTRE MONDE

 

 

Amis-es Lectrices et Lecteurs,

 

 

HENDAYENVIRONNEMENT se fait un devoir et une fierté de relayer le programme des multiples mobilisations, débats et conférences qui se tiendront lors du contre-sommet de Hendaye organisé par près de 200 organisations nationales et internationales en réponse au G7 ultralibéral et policé de Biarritz.

 

Les initiateurs de ce contre-G7 souhaitent, par le biais de leur engagement résolu mais pacifique, démontrer qu'un autre monde est possible et nécessaire et qu'aussi bien la justice sociale que la préservation de notre environnement sont des valeurs indissociables de notre avenir commun sur cette terre.

 

HENDAYENVIRONNEMENT exprime ses vœux de pleine réussite à ce contre-sommet qui démontrera que ce n'est pas en ordonnant de faire fermer la gare d'Hendaye pendant toute la durée du G7 ou en faisant filtrer les voies routières d'accès vers notre ville que l'on brisera la volonté des citoyennes et citoyens de ce monde à faire réellement prendre en compte la nécessité de changements.

 

 

   Accéder ci-dessous à la plateforme Pays basque
https://g7ez.eus/fr/accueil/#pll_switcher


Ainsi qu'à la plateforme nationale
https://alternativesg7.org/

 

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18 août 2019 7 18 /08 /août /2019 12:33

                 Prisonniers de guerre "indigènes" devant l'ancien casino d'Hendaye-plage

 

L'HISTOIRE MÉCONNUE DE L'ANNEXE DU CAMP DE PRISONNIERS DE GUERRE « FRONTSTALAG 222 » À HENDAYE

 

Après la défaite française de mai-juin 1940, environ 1,6 million de soldats sont faits prisonniers. Parmi eux, plus de 80 000 recrues « indigènes » originaires du Maghreb, d'Afrique noire, de Madagascar, d'Indochine ainsi que des Antilles françaises, territoires alors rattachés à notre empire colonial qui contribua grandement à défendre la France.

 

Dès le 14 novembre 1940 arrivèrent au camp de détention de Polo Beyris (en limite des communes de Bayonne et Anglet) 842 de ces soldats. Ils furent jusqu'à 4 000 par la suite, ce qui imposa de désengorger ce camp en créant des annexes à Hendaye, Labenne, Buglose et autres lieux du sud des Landes.

 

Ces prisonniers coloniaux, répartis en commandos de travail, furent contraints d'exécuter de pénibles travaux de terrassement, manutention, ainsi que des tâches agricoles et forestières tout au long de la côte et dans la forêt landaise. Leurs conditions de travail, comparables à celles de l'esclavage, furent non seulement irrespectueuses de la Convention de Genève qui traite du statut des prisonniers de guerre, mais connurent un caractère particulièrement aggravé du fait qu'ils réintégraient chaque soir ces camps où régnaient des conditions d'hygiène déplorables après n'avoir pu absorber que de maigres rations alimentaires qui menèrent au décès d'au moins 150 d'entre-eux.

 

Hendaye fut libérée de l'occupation nazie dans l'allégresse générale le 21 août 1944, alors que c'est dans une indifférence quasi totale que ces malheureux internés du « Frontstalag 222 » de Polo Beyris et ses annexes recouvrèrent leur liberté le surlendemain de cette mémorable journée.

 

 

     AVIS DE RECHERCHE

 

HENDAYENVIRONNEMEN recherche des documents et photos qui retracent l'existence de cette annexe du camp d'internement de Polo Beyris à Hendaye. Prière de nous communiquer toutes informations à ce sujet sous notre rubrique « Contact ».

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6 juillet 2019 6 06 /07 /juillet /2019 11:33

 

 

AÉROPORTS DE PARIS (ADP) :

APPEL À 4,7 MILLIONS SIGNATAIRES

 

 

Que cela soit en avant-propos clair pour toutes et tous : le présent référendum d'initiative partagée (RIP), plus populairement connu sous la dénomination référendum d'initiative citoyenne (RIC), n'est pas dans l'esprit de ses initiateurs une quelconque forme de caution apportée au développement sans fin de l'aviation civile. Si tel avait été le cas, cette démarche n'aurait pas trouvé sa place sur le site HENDAYENVIRONNEMENT.

 

Ce n'est pas l'adoption à partir de 2020 d'une dérisoire écotaxe de 1,5 à 18 € (pour l'ensemble des vols à partir de la France et selon la distance parcourue, soit par exemple 18 € pour parcourir en avion le trajet Paris-Sidney, ce qui ne représente pas plus que ce qu'encaisse en seul droit de passage le groupe VINCI sur la ligne TGV Bordeaux-Tours) que vient d'annoncer la ministre des transport lors du deuxième Conseil de défense écologique qui freinera en quoi que ce soit l'augmentation du CO2 et donc l'effet de serre responsable du réchauffement climatique.

 

On sait en effet que l'irrésistible essor du trafic aérien marchand est essentiellement à mettre au compte de l'explosion des déplacements touristiques et des échanges commerciaux, et que privatiser la gestion des aéroports signifie donc donner un élan encore plus fulgurant à la création et l'extension de nouvelles pistes ainsi qu'un étalement des plages horaires d'activité d'où résultera une toujours plus grande production de dioxyde de carbone (CO2) qui engendre le redoutable réchauffement climatique que nous déplorons.

 

Le développement tous azimuts de l'économie privatisée est ici une fois de plus synonyme de dérèglements sociétaux et de dégradations environnementales qui s'effectuent aux dépends du plus grand nombre, alors que les profits générés par ces activités ne sont bien entendu destinés qu'à combler d'aise quelques milliers d'actionnaires peu soucieux des dévastations occasionnées

 

Alors que l'on constate chaque jour un peu plus  qu'un dérèglement climatique planétaire est en train de s'opérer sous nos yeux au point de nous mener vers une remise en cause de notre avenir sur cette terre, pas même la taxation de principe du kérosène utilisé en immenses quantités  par les aéronefs ne parvient à être mise à l'ordre du jour par nos politiques du fait que cette mesure va à l'encontre des intérêts des puissants lobbys de l'aviation civile !

 

On le voit, la privatisation d'ADP et autres grands aéroports qui sont hautement bénéficiaires soulève de nombreuses convoitises qui se heurtent aux signes du temps qui nous dictent au contraire de mettre fin au règne omnipotent du libéralisme dont le mode de fonctionnement est antinomique avec la préservation de notre planète puisqu'il ne se nourrit que du consumérisme érigé en doctrine.

 

Pour parvenir à une consultation référendaire nationale susceptible de pouvoir contrer cette décision de privatisation, il sera nécessaire de recueillir dans un premier temps 4,7 millions de signatures (soit un dixième du corps électoral) d'ici au 12/03/2020, date d'expiration fixée selon les termes du dispositif prévu par l'article 11 de la révision constitutionnelle de 2008.

 

Le défi à relever s'adresse à toutes celles et tous ceux qui souhaitent pouvoir échapper à l'avenir suicidaire que nous nous réservons.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

 
Apportez votre soutien à ce refus de privatisation en cliquant sur le lien officiel ci-après :         
                         https://www.referendum.interieur.gouv.fr/soutien/etape-1
 
 
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30 avril 2019 2 30 /04 /avril /2019 11:05

L’absorption du géant agro-chimique américain Monsanto s'est révélée être une telle erreur d'appréciation que le conglomérat chimique allemand Bayer est désormais sur le point de devoir se disloquer. 

 

 

LES MALHEURS DE BAYER-MONSANTO

 

 

Un rapport de l’ONU paru ces derniers jours alerte sur la disparition en cours d’un million d’espèces animales à cause des modifications climatiques mais aussi des attaques contre la biodiversité.


Quoi de moins étonnant si l'on rapproche cette inquiétante nouvelle du fait que Monsanto, filiale du conglomérat agro-chimique allemand Bayer, vient d'être condamnée pour la énième fois afin de dédommager un agriculteur américain empoisonné par le Roundup, nom commercial d'un herbicide qu'elle commercialise depuis 1975. Ce Roundup est utilisé en épandage et contient la substance active glyphosate, considérée par le Centre international sur la recherche contre le cancer (CIRC) comme étant un produit toxique, irritant et écotoxique, par ailleurs fortement suspecté d'être cancérogène.


La pression populaire mondiale contre la poursuite de l'utilisation du glyphosate ainsi que les fortes indemnisations (elles se montent à des dizaines de millions de dollars par victime) qu'accorde la Justice des États-Unis aux personnes contaminées par l'utilisation de ce produit entraîne le groupe Bayer-Monsanto dans une chute boursière sans précédent. Ainsi, la valeur de l'action Bayer est passée de 51 milliards d’euros à 37 milliards d’euros en à peine quelques mois, soit une valeur inférieure aux 56 milliards d’euros qu’a déboursé Bayer pour acheter le géant américain Monsanto qui est par ailleurs également empêtré dans la contestation grandissante de ses semences OGM.

 

La notion de « profits avant tout » - tant prisée par nos fanatisés de néo-libéralisme - nous démontre une fois de plus combien ce système économique dominant est tout à la fois antihumaniste, antiécologique et donc finalement foncièrement auto suicidaire.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

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8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 20:20
Edouard Philippe, premier ministre, lors de son intervention du lundi 8 avril 2019. Capture d'écran : Public Sénat

Edouard Philippe, premier ministre, lors de son intervention du lundi 8 avril 2019. Capture d'écran : Public Sénat

 

 

Le premier ministre, Édouard Philippe, s'est empressé de faire ce lundi 8 avril 2019 l’exégèse des premiers résultats savamment distillés des contributions citoyennes apportées au " grand débat national " que l'exécutif a enclenché suite au soulèvement des gilets jaunes.

 

Certaines des répliques critiques soulevées par cette intervention étatique ne se sont pas dénuées de pertinence, ainsi que le prouve l'intervention ci-après faite par le coordinateur local du cercle des Amis du Monde diplomatique (AMD) de Tours, Philippe Arnaud.

 

Notre blog se fait un honneur et devoir de relayer l'analyse de ce dernier.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

 

Chers tous,

 

Aujourd'hui, au journal télévisé de 13 h de France 2, le deuxième sujet présenté était la restitution du "grand débat" et ce qui ressortait de ce "débat" était que les Français estimaient quasi unanimement qu'il y avait trop d'impôts. Pour les baisser, les solutions étaient nombreuses et parfois contradictoires, mais ce qui revenait le plus, c'est qu'il fallait baisser les dépenses de l’État et plus particulièrement les dépenses liées à la Défense et aux aides au logement", détaillait le journaliste Jean-Baptiste Marteau, depuis le Grand Palais à Paris.

 

Et le journal poursuivait ainsi :

 

Le référendum d'initiative citoyenne (RIC) et l'ISF, revendications-phares des "gilets jaunes", sont très minoritaires dans les contributions, selon les garants du grand débat. "Notre pays a atteint aujourd'hui une sorte de tolérance fiscale zéro [...] les débats nous indiquent clairement la direction à prendre : nous devons baisser et baisser plus vite les impôts", a indiqué le Premier ministre Édouard Philippe.

 

Remarque liminaire. L'ensemble de la présentation de ce sujet, d'un bout à l'autre, empeste l'idéologie de droite, la manipulation et la mauvaise foi, comme je vais le détailler ci-après.

 

Remarque 1. Tout est fait, dans ce reportage, pour présenter l'impôt comme le voient la droite et le patronat, à savoir une sorte d'indemnité de guerre, versée à un État ennemi vainqueur, dont les habitants s'appelleraient fonctionnaires (comme la France qui, après 1871, dut verser à l'Allemagne victorieuse une somme de 5 milliards de francs-or). Cependant, ce n'est pas du tout ainsi que fut pensé l'impôt lors de la Révolution de 1789 - qui éclata, il faut le rappeler, parce que les classes privilégiées, les plus riches, refusaient de participer au financement des affaires communes.

 

Remarque 2. Le budget de l’État, contrairement à ce que prétendent les idéologues ultralibéraux, n'est pas assimilable au budget des ménages, où l'on détermine les dépenses en fonction des recettes. Pour l'entité politique qu'est l’État, c'est l'inverse : l’État estime d'abord ses dépenses (donc ce qui relève de ses prérogatives) et y ajuste ensuite ses recettes (que sont les impôts). Au départ, sous l'Ancien Régime, l'impôt servait essentiellement à financer l'armée du roi. Puis, au XIXe siècle, et surtout au XXe siècle, l'impôt s'est ensuite élargi au financement de l'école, puis des infrastructures et au soutien de  la politique économique, et enfin, au XXe siècle, à la redistribution sociale vers les classes moyennes et défavorisées, qui représente le plus gros des dépenses.

 

Remarque 3. C'est à cette aune qu'il faut comprendre les criailleries des riches et du Medef contre l'impôt. Car ce n'est pas, au premier chef, le fait du prélèvement lui-même qui horripile les riches et les entreprises, c'est la destination, c'est l'usage de cet impôt. Car M. Dassault n'est pas gêné lorsque le ministre de la Défense lui achète ses avions en or massif. Car M. Bernard Arnault, n'est pas gêné lorsque, sur les 790 millions d'euros qu'il a payé son musée (La Fondation Vuitton) il a pu en déduire 518 millions de ses impôts. [Ce qui signifie que cette Fondation ultra-luxueuse a été payée, entre autres, par des pauvres vivant dans des banlieues pauvres ou des départements pauvres comme la Creuse, et qui n'y mettront sans doute jamais les pieds]. Cet usage de l'impôt, les riches n'y sont pas opposés. Ce qu'ils expriment, dans leurs diatribes (et ce qu'expriment les Dominique Seux et autres François Lenglet), ce sont des pensées autrement sordides : "Je ne veux pas payer pour soigner les pauvres. Je ne veux pas payer pour envoyer les enfants d'ouvriers à l'université. Je ne veux pas payer pour que les ouvriers ne consacrent pas toute leur paye au loyer...".

 

Remarque 4. Lorsque Édouard Philippe dit que les Français ont une tolérance fiscale zéro, il instrumentalise malhonnêtement la révolte des "Gilets jaunes", et, ce faisant, il est malhonnête de deux façons. D'abord parce que les "Gilets jaunes" n'ont contesté ni le principe de l'impôt ni son poids global sur le P.I.B. (Produit Intérieur Brut). Ils en ont contesté la répartition injuste, qui, du fait des cadeaux accordés aux riches par la suppression de l'ISF et aux entreprises par le CICE, a obligé à compenser le déficit du budget en alourdissant la taxe sur les produits pétroliers qui, comme tous les impôts indirects, pèse d'abord sur ceux qui ne pouvaient camoufler leur argent à l'étranger, sur ceux qui n'étaient pas mobiles, c'est-à-dire sur les classes moyennes et populaires. [Impôts indirects qui, on le rappelle, sont ceux qui rapportent le plus au budget général].

 

Remarque 5. L'autre malhonnêteté d’Édouard Philippe consiste à présenter la baisse des impôts sans en présenter l'inéluctable contrepartie : la diminution drastique des services publics et des transferts sociaux au bénéfice des plus défavorisés. Édouard Philippe omet de dire : vous aurez moins d'écoles dans les campagnes, moins d'hôpitaux, moins d'aides au logement, moins d'entretien des routes, des ponts et des canalisations d'eau potable. Vous aurez moins de remboursements de soins, moins de retraites. Vous aurez moins de subventions pour les collectivités locales, etc. Tout se passe comme si cette fronde anti-fiscale venait à point nommé pour justifier des coupes à la tronçonneuse dans les effectifs des fonctionnaires. D'ailleurs, dans la suite du journal télévisé, un des Gilets jaunes n'a pas été dupe. Il a déclaré : nous ne voulons pas moins de services publics, nous voulons plus de justice fiscale.

 

Remarque 6. La synthèse des remontées du "Grand débat" ferait apparaître que la demande du rétablissement de l'ISF serait fort peu fréquente. Cette estimation arrive tellement à point nommé, elle coïncide si bien avec l'idéologie du gouvernement, avec les intérêts des classes sociales qu'il représente qu'il vient des soupçons sur son authenticité. En effet, que peut rêver de mieux Emmanuel Macron ? Les Français, "largement" consultés à travers le Grand débat, se sont prononcés presque unanimement contre le rétablissement de l'ISF : quoi de plus démocratique ?

 

Remarque 7. L'autre malhonnêteté du gouvernement a été de glisser subrepticement des revendications des "Gilets jaunes" aux souhaits formulés dans le "Grand débat" et de laisser croire que les deux coïncideraient ! Comme si les deux publics étaient les mêmes ! Alors qu'on sait fort bien qu'une large partie de ceux qui ont participé à ce fameux "Grand débat" étaient justement des électeurs d'Emmanuel Macron et de LREM (et justement pas les "Gilets jaunes"). On a l'impression d'avoir face à soi un joueur de bonneteau qui, parmi plusieurs gobelets, en met un sur un dé, les manipule tous... et escamote le dé à l'endroit où on avait cru le voir disparaître !

 

Remarque 8. Il s'agit d'une remarque de vocabulaire. Édouard Philippe a dit que les Français avaient une "tolérance fiscale zéro". Cette expression de "tolérance zéro" n'est pas anodine : elle appartient au registre idéologique de la droite lorsqu'elle enfourche un de ses chevaux de bataille préférés : celui de l'insécurité, celui des "incivilités". A l'école envers les enseignants, dans l'entreprise à l'égard des cadres ou des patrons, en prison contre les "matons", etc. En parlant de "tolérance fiscale zéro", le Premier ministre ravale la perception de l'impôt, ses clés de répartition et jusqu'à son principe, au même rang que la délinquance. L'impôt, dans sa bouche, au travers de cette expression indue, est devenu illicite, voire illégitime...

 

Je vous saurais gré de vos remarques, précisions, rectifications et critiques.

 

Bien à vous

 

Philippe Arnaud, coordinateur des Amis du Monde diplomatique (AMD) - Tours

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16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 11:07

                                                                   L'Europe en voie de désintégration

 

Projet de Traité pour une démocratisation européenne

 

 

       LE SALUT DE L'EUROPE PASSERA PAR LA         DÉMOCRATISATION DE SES INSTITUTIONS

 

 

Rien ne va plus au sein des institutions européennes qui ne sont plus aux yeux d'une large majorité de citoyens des 28 États qui composent encore l'Union que l'émergence symptomatique d'un monde mené par des gestionnaires dont le rôle a très largement dévié de la gouvernance des intérêts du plus grand nombre pour ne plus se cantonner que dans celui de commissionnaires du capitalisme financier. 

 

On constate avec effarement que les organes décisionnels essentiels de l'UE, tels la Commission, l'Eurogroupe (réunions mensuelles et informelles des ministres des Finances des États de la zone euro susceptibles de coordonner les politiques économiques des pays membres) ou encore la Banque centrale européenne (BCE), échappent au contrôle du Parlement européen dont le rôle d'assemblée représentative devrait être à même de pouvoir influer dans le domaine social, budgétaire et économique de notre continent.

 

Ainsi, du fait de l'absence de possibilités légales d'intervention du Parlement européen sur le fonctionnement des organes supranationaux précités, nombreux sont ceux qui émettent d'acerbes critiques sur la façon peu démocratique dont est bâtie l'actuelle UE. C'est pour cette raison que divers projets de révision radicale des institutions de l'Union ont, depuis des décennies, été évoqués afin de parvenir à préserver les institutions européennes de la trop grande influence qu'exercent en leur sein les sphères économique et de la finance. Cette revendication tend à rechercher une démocratisation du fonctionnement institutionnel de l'UE et donc permettre de parvenir à une forte réduction des 'inégalités fiscales et distorsions de concurrence qui font qu'actuellement peu de multinationales qui prospèrent au sein de l'Union sont contraintes de s'acquitter du payement de l'impôt.

 

Le mouvement enclenché par les gilets jaunes est le puissant révélateur de ces inégalités sociales et fiscales et, si rien n'est entrepris pour combattre ces injustices criantes, nous pourrions alors être confrontés à l'inexorable montée de l'extrême droite partout en Europe et donc conséquemment assister à une dislocation des institutions de l'Union, ce qui mettrait un terme à la laborieuse tentative menée depuis la fin du Second conflit mondial de parvenir à transformer notre continent en une communauté de destins censée pouvoir éviter la résurgence des nationalismes en Europe.  

 

Certains appréhendent l'imminence de ce danger alors que nous nous trouvons à la veille des prochaines élections européennes et souhaitent parvenir à l'instauration d'un débat démocratique, franc et serein, sur la question de savoir si il ne faut pas prendre une fois pour toutes en compte le mécontentement ou la révolte de ceux qui aspirent légitimement à vivre dans un monde plus égalitaire. C'est dans la perspective d'une telle avancée qu'un manifeste flanqué d'un projet de Traité de démocratisation de l'Union en une institution au fonctionnement véritablement représentatif vient d'être lancé à l’initiative d'un cercle de citoyen-ne-s européens (1) motivés par la nécessité de parvenir à rendre l'UE plus solidaire et égalitaire.

 

L'audacieux projet ci-après présenté a nullement la prétention d'avoir vocation à être une formulation définitive d'idées pouvant mener à un renouveau démocratique de l'Union, mais pourrait toutefois servir de base de concertation pour tenter de donner une impulsion à de nouveaux fondements d'une Europe sociale et unifiée. Il s'adresse à toutes et à tous en ces temps où les perspectives d'une sortie de crise politique dans notre propre pays n'ont jamais été aussi moroses.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

(1) parmi les initiateurs de cette proposition de Traité pour un gouvernement économique et social de l'UE se trouvent de nombreux sociologues et économes qui critiquent les actuels fondements de l'Union et ne parviennent pas à s'identifier avec ces derniers.

 

 

                                                   Découvrir et soutenir le Manifeste :

                                                              http://tdem.eu/

 

        Projet de Traité de démocratisation d'un gouvernement économique et social de l'UE : 

                                                        http://tdem.eu/le-traite/

 

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15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 12:28

Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire et ancienne lobbyiste chez Danone,  vantant lors d'une rencontre économique les mérites de l'huile de palme. Voir la vidéo :  https://www.youtube.com/watch?v=hid787LT8Ao

                

 

                      UNE "INDÉPENDANCE" DE FAÇADE      

 

 

Emmanuelle Wargon et Sébastien Lecornu, deux profils fort controversés pour chapeauter le "grand débat national" voulu par le président Macron, puisqu'ils sont actuellement ministres du gouvernement Philippe II et anciens experts en communication, ce qui ne les prédispose pas pour apporter un gage d'impartialité dans leurs rôles de superviseurs de cette initiative présidentielle censée apaiser la révolte des gilet jaunes et plus généralement le mécontentement de nos citoyens face à l'existence des inégalités sociales et de l'injustice fiscale, contrôlent depuis ce mardi 15 janvier 2019 le déroulement de ce sondage qui s'étalera sur deux mois.

 

Le choix de ces deux personnages semble être d'autant plus inopportun que ces derniers se sont dans un passé récent maladroitement distingués en tenant des propos vantant les vertus diététiques de l'huile de palme (Emmanuelle Wargon) ou encore en s'attachant à mener "la chasse aux fraudeurs du RSA" (Sébastien Lecornu), comme le rapporte le site d'actualités en ligne Mediapart.

 

Qu'attendre dans pareil contexte de ce débat, même si dans une démocratie il est toujours préférable de parvenir à dialoguer plutôt que d'échanger des coups ? Seul l'avenir nous le dira !

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

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