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14 juin 2018 4 14 /06 /juin /2018 16:30

 

                                                  Cartoon : Patrick Chappatte / International Herald Tribune

 

 

Alors qu'au sommet de notre appareil d’État siègent actuellement un ancien membre du directoire de la banque Rothschild, flanqué d'un premier ministre qui fut il y a encore peu lobbyiste en chef du groupe nucléaire Areva, de nombreux concitoyens s'inquiètent de constater que le pouvoir des groupes de pression que sont le monde de la finance et celui du nucléaire, prend une ampleur sans précédent au point de remettre en cause le principe de fonctionnement démocratique de notre pays.

 

Ces appréhensions sont d'autant plus à prendre au sérieux que chacun sait qu'en arrière plan du nucléaire civil se cache le spectre de l'arme atomique, maudite technologie dont l'éminent Albert Einstein, invité à prendre la parole lors de la première émission télévisée hebdomadaire américaine présentée par Mme Eleanor Roosevelt (veuve du président américain éponyme) évoquait les dangers en lâchant une phrase restée célèbre : « Derrière des murailles de mystères, on perfectionne avec une hâte fébrile les moyens de destruction collective. »

 

L'étroite imbrication entre nos pouvoirs publics et les lobbies de la finance et du nucléaire, deux des piliers du capitalisme français, offre de bonnes raisons d'être interrogatif sur la façon dont les règles élémentaires d'une gouvernance démocratique sont bafouées, les initiatives et critiques issues de la société civile sont étouffées, dès lors que l'on cherche à jeter un regard critique sur la sphère du nucléaire ou de la finance.

 

Une longue note de décryptage, conjointement publiée par l'Observatoire des multinationales et l'association Attac France, analyse d'une façon édifiante ces deux lobbies particuliers qui exercent un pouvoir grandissant sur nos institutions politiques et déstabilisent peu à peu nos fondements républicains.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

                                                Lire la note dans son intégralité :

 

                        https://multinationales.org/IMG/pdf/note_nucleaire-finance-print.pdf

 

 

Voir également le documentaire intitulé "Nucléaire, l'impasse française" que la chaîne France 5 a diffusé le 30 mai 2018 à 20H50 :

 

   https://www.france.tv/france-5/le-monde-en-face/509539-nucleaire-l-impasse-francaise.html

 

 

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25 mai 2018 5 25 /05 /mai /2018 11:45

                                                Le président Macron & le chancelier Schröder caricaturés

 

                                    

 LES ÉMULES DE LA BARONNE THATCHER

 

 

Le quotidien "Le Monde" dévoilait dans son édition du 18 mai 2018 une note interne issue de la Direction du budget du Ministère de l'économie et des finances selon laquelle une remise en cause partielle des aides sociales qui représentent globalement 26% du budget de l’État pourrait faire épargner des milliards aux gestionnaires de nos finances publiques.

 

Les aides évoquées dans cette note seraient l'allocation adultes handicapés (AAH), l'allocation pour l'autonomie (APA) ainsi que les aides personnalisées au logement (APL), qui pourraient ne plus être à l'avenir attribuées que selon des critères stricts qui tiendraient largement compte du moindre patrimoine détenu par les allocataires concernés. A ces remises en cause sociales pourrait également être ajoutée une généralisation du recours aux contractuels dans la fonction publique, ce qui permettrait d'épargner d'autres milliards supplémentaires. Le projet de démantèlement social et de dérégulation salariale que notre président et ses amis argentés cherchent à instaurer pour redresser nos finances publiques n'est an fait rien d'autre qu'une copie de ce que le chancelier allemand Schröder était jadis parvenu à imposer à son pays à partir de 2002,

 

 

UN CHOIX QUI FIT LE LIT DE L’EXTRÊME DROITE ALLEMANDE

 

Manifestement moins imaginatif sur la reconversion économique de notre pays que lorsqu'il s'est agi de faire fructifier les fortunes des barons du capitalisme financier du temps où il siégeait au sein du directoire de la banque Rothschild, le président Macron se contente, depuis son arrivée au pouvoir en mai 2017, de banalement plagier les mesures anti-sociales initiées par Schröder. On retiendra que ces mesures finirent par décourager la population salariée ainsi que les retraités allemands de voter social-démocrate, au point que s'estimant trahis par ce parti et ses chefs, ces derniers allèrent grossir les rangs du mouvement " Alternative für Deutschland " (AfD), un rassemblement xénophobe, proche des vues de l'extrême droite, et qui est entre-temps devenu la troisième force politique allemande en terme de représentation parlementaire. 

 

On mesure à l'aune de ce qui s'est passé outre-Rhin à quel point il est périlleux, tant au niveau de la préservation de nos fondements démocratiques que de celui de la paix sociale, de mener une politique autoritaire, contraire aux intérêts fondamentaux des salariés et retraités, et ce dans le seul but de privilégier l'actionnariat entrepreneurial. Ce n'est pas en rognant continuellement les droits sociaux et en généralisant les emplois précaires, à l'image de ce que Schröder avait fait en copiant la tristement célèbre Margaret Thatcher, que notre président démontrera qu'il porte un tant soit peu d'estime envers les couches populaires. Il est donc grand temps que les néo-libéraux du capitalisme financier comprennent qu'ils ne peuvent indéfiniment se nourrir de l'accroissement des inégalités et des disparités sociales, sans que cela mène à une radicalisation des esprits. Le " Brexit " est l'illustration patente du chemin vers lequel mène l'accentuation des disparités sociales dans une Union européenne dont l'aveuglement social répond aux seules attentes de la classe possédante..

 

 

LOIS HARTZ : LA PAUVRETÉ INSTITUÉE PAR LOI

 

On retiendra encore du chancelier Schröder qu'il ne fut qu'un apparatchik, n'ayant jamais exercé d'autres fonctions qu'au sein de la sphère politique et qu'il méconnaissait le monde salarial au point d'avoir dû faire appel à un ancien DRH à poigne du constructeur automobile Volkswagen, Peter Hartz, pour parvenir à prendre ces mesures sociales controversées qui allaient bouleverser l'Allemagne et furent adoptées, dès la fin 2002, sous la forme de quatre lois, Hartz I à IV..

 

Avec la promulgation de la dernière de ces lois contestées, la Hartz IV, débuta une rupture profonde du consensus social qui régissait les rapports de force en Allemagne depuis 1945. Il fut dès lors imposé une réduction de 26 à 12 mois de l'assurance chômage qui était en place depuis 1927, puis une fusion de l'allocation chômage de longue durée avec le versement de l'aide sociale, ce qui revint à assimiler, au bout de 12 mois d'inactivité, tout chômeur au statut de récipiendaire de l'aide sociale, alors que ceux-ci continuaient jusqu'alors à percevoir 53% de leur salaire de référence. Ce changement fondamental de statut fut considéré comme étant d'autant moins tolérable que l'aide sociale n'est que d'un montant actuel de 416 euros, ce qui équivaut à un affront dans ce pays où le PIB est de 10% supérieur à celui de la France.

La rue pour seul domicile. Toujours plus d'Allemands ne parviennent plus à couvrir leurs besoins élémentaires et mener une vie dans la dignité. Photo : Reuters © Fabrizio Bensch                                                                

 

PLUS LA PAUVRETÉ AUGMENTE ET PLUS L'ESPÉRANCE DE VIE DIMINUE

 

On dénombrait 15,7 % de pauvres (revenus de moins de 60% du salaire médian) au sein de la population allemande en 2017. Cela correspond à 12,9 millions d'individus. Les travailleurs pauvres sont donc légion puisque le chômage officiel est 3 fois moins élevé qu'en France.  Les familles monoparentales sont particulièrement concernées par cette pauvreté galopante qui dévoile par ailleurs un aspect particulièrement hideux de l'extension des inégalités. En effet, alors que le pays est fort prospère, il n'offre plus qu'une espérance moyenne de vie de 70,1 années chez aux hommes pauvres, alors qu'elle s'établit à 80,9 ans chez les plus fortunés. Il en est de même pour les femmes où elle n'est que de 76,9 contre 85,3 années.

 

Le scandale de la politique sociale menée depuis l'entrée en application de la loi Hartz IV se mesure également au nombre de coupures de courant pratiquées pour non-paiement des factures par les foyers désargentés. Ces coupures furent de 330 000 lors des derniers pointages effectués. Par ailleurs, 6,2 millions de menaces de coupures justifiées par ces mêmes motifs ont été adressées aux contrevenants pauvres selon une réponse apportée par les instances gouvernementales à une question écrite posée par une porte-parole du groupe parlementaire " Die Linke " (La Gauche). A ces mesures s'ajoutent 44 000 cas de coupures de gaz pratiquées pour les mêmes raisons.

Longue file d'attente devant une banque alimentaire associative " La table de Dortmund "  Photo : Reuters

 

UNE ADMINISTRATION TATILLONNE ET D'INCESSANTS CONTRÔLES

 

Comment dans des conditions si draconiennes d'octroi de cette allocation de survie peut-on encore croire en un semblant de justice sociale et d'égalité entre les individus de l'Allemagne d'aujourd'hui ? Le système sociale allemand a été à un tel point démantelé qu'il ne faut désormais ne plus posséder le moindre petit patrimoine acquis au long d'une laborieuse existence salariale pour prétendre avoir recours à aux aides sociales dédiées aux chômeurs de longue durée. À cette attribution conditionnelle viennent s'ajouter les pointilleux et incessants contrôles auxquels les demandeurs d'emplois doivent se soumettre s'ils souhaitent ne pas être subitement radiés des listes d'allocataires.

 

Il n'est par exemple pas opportun de chercher à faire jouer des critères tels que l'ancienne activité exercée ou bien encore la qualification professionnelle acquise pour refuser une offre d'emploi proposée par le Job Center (Pôle emploi), partant du principe qu'après trois refus successifs on est contraint d'accepter toute proposition, même si en fin de compte  aucune des propositions faites ne correspondait en rien à l'activité précédemment exercée ou à la rémunération antérieurement perçue. La notion de distance entre le domicile et le lieu de travail étant par ailleurs devenue un critère de refus quasi-superflu, la coercition s'exerce au point que chacun(e) est désormais familiarisé(e) avec le slogan officiel qui clame que " ce n'est pas parce que l'on a jadis été ingénieur que l'on est aujourd'hui toujours en droit de prétendre ne pouvoir exercer un emploi moins valorisant ou moins rémunéré. "

               Contestation pacifique d'une chômeuse devant les guichets d'un " Job Center " (Pôle emploi)

Son manifeste : "Merde de job pour 1 € de l'heure. Je nettoie une demi-assiette puis j'attends ensuite un peu"

 

NE RIEN CÉDER AUX FAINÉANTS

 

Lors de la campagne de communication qui mena à une réforme radicale du marché du travail allemand fin 2001, le social-démocrate Schröder lança sur un ton tonitruant devant un parterre de notabilités économiques et politiques acquises au démontage social qu'il préparait, " Il n'y a pas de droit à la paresse.", propos que le président Macron transposera lors d'un déplacement officiel à Athènes le 8 septembre 2017 en termes pas plus élogieux de, " Je ne céderai rien aux fainéants ". Il est curieux de constater que 4 mois après son élection notre président semblait avoir déjà oublié qu'il n'avait recueilli que 24,01% des suffrages lors du premier tour de la présidentielle, ce qui lui accordait le droit de tempérer ses propos envers l'électorat populaire qui ne lui accorda ses voix au second tour que parce qu'il eut la sagesse de faire barrage à l'extrême droite.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

Nous suggérons à nos lecteurs de lire sur ce même thème un article publié en janvier 2013 et qui traitait déjà des changements auxquels nous devions nous attendre si les bouleversements sociaux allemands devaient par malheur être repris dans le droit français : http://hendaye.environnement.over-blog.fr/article-le-schroder-de-paris-114437917.html

 

 

 

 

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24 mai 2018 4 24 /05 /mai /2018 14:30

 

                                  " Maison de résistance à la poubelle nucléaire ", Bure (Meuse)                                            Propriété du Réseau Sortir du nucléaire http://www.sortirdunucleaire.org/

 

 

Le projet d'enfouissement en couches géologiques profondes sous le territoire de la commune de Bure des déchets radioactifs de nos 57 réacteurs nucléaires pose un problème majeur de santé publique, mais est également un défi environnemental que toujours plus de nos concitoyens contestent.

 

Un des nombreux débats organisés sur ce sujet s'est dernièrement tenu au sein de la rédaction du quotidien en ligne MEDIAPART. Il reflète que les opposants à ce projet sont d'un engagement et d'une sincérité qui suscitent le respect, tellement ces "résistants" sont conscients de la monstruosité environnementale qu'un tel projet va engendrer.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

                                                    Voir la vidéo : https://youtu.be/R4gEfJ3H1EQ

 

 

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23 avril 2018 1 23 /04 /avril /2018 20:57
L'INCROYABLE FÉBRILITÉ DES GRANDES DÉMOCRATIES OCCIDENTALES ... voir notre rubrique " RELATIONS EUROPÉENNES " - REPRÉSENTATION DU 36ième DESSOUS DE FERTILADOUR ... voir notre rubrique " NUISANCES DUES À L'ACTIVITÉ HUMAINE ".

 

LES PESTICIDES POINTÉS DU DOIGT DANS LA  DISPARITION DES OISEAUX DE NOS CAMPAGNES

 

Alors que le Jour de la Terre a été célébré partout dans le monde le 22 avril, nos responsables gouvernementaux donnent encore l'impression de croire que la disparition des oiseaux dans nos campagnes est essentiellement due à l'artificialisation des sols, engendrée par l'extension excessive de l'urbanisation.

 

Or, s'il est indéniable que le problème d'urbanisation altère profondément la vie de ces petits volatiles dans des contrées fortement urbanisées comme la capitale, les grandes métropoles de province ou encore leurs banlieues, il n'en est toutefois pas de même en ce qui concerne les lieux où dominent les paysages de terroir avec leurs sols largement cultivés. Et pourtant,  c'est justement là que les oiseaux se font de plus en plus rares, puisque environ 30 % des espèces ont disparu en une quinzaine d'années selon les comptages.

 

 

LES PHYTOSANITAIRES RESPONSABLES DU DÉCLIN DES OISEAUX

 

A la question brûlante de savoir ce qui a bien pu chasser et décimer cette population d'oiseaux de nos contrées rurales, les ornithologues et chercheurs évoquent que ces fragiles natures pâtissent de l'intensification des pratiques agricoles, larges utilisatrices de pesticides et herbicides qui ont une influence néfaste sur leur nourriture et donc leur santé. Pourquoi en est-on arrivé à ce stade de régression des espèces, sans même que les autorités françaises et celles d'autres pays prennent pleinement conscience de ce phénomène ?

 

Ces produits phytosanitaires furent pendant des décennies considérés par le monde agricole comme étant la solution miracle aux problèmes posés par la destruction partielle des récoltes due aux insectes et micro-organismes. Les producteurs de ces intrants firent alors espérer aux céréaliers, arboriculteurs, maraichers ou encore viticulteurs, que plus ils épandraient ces pesticides et fongicides sur leurs terres, plus ils auraient de chances de parvenir aux volumes de récoltes espérés. C'est ainsi que notre pays devint un des premiers consommateurs mondiaux de pesticides à l'hectare, sans même s'être un seul instant soucié de savoir si l'utilisation outrancière de cette chimie dans le temps, aboutirait un jour à dévoiler des contreparties négatives, les multinationales de l'agrochimie se permettant de leur côté de faussement rassurer tout le monde en affirmant avec audace que les produits phytosanitaires pouvaient même être considérés comme étant des régulateurs de la biodiversité !

 

Seulement voilà, la plupart des molécules chimiques contenues aussi bien dans ces pesticides qu'herbicides sont désormais répertoriées par la communauté scientifique indépendante à leurs justes valeurs, et qui ne correspondent pas nécessairement à l'idée que les producteurs d'intrants se font de leurs produits, ce qui amène ceux-ci à devoir engager des lobbyistes pour tenter de redorer leur image auprès de la société civile. Écornés par de multiples critiques, les intrants de l'agrochimie sont désignés comme représentant un danger manifeste pour l'humain et l'animal, particulièrement lorsqu'ils sont absorbés sur la durée, au même titre que le sont aussi les organismes génétiquement modifiés (OGM).

 

 

L'AGROCHIMIE EN QUÊTE D'UNE RÉHABILITATION DE SON IMAGE

 

Dans un contexte où les protestations fusent de toutes parts au sujet d'intrants du type Glyphosate (1), produit classé « cancérogène probable » par l'OMS, il n'est pas étonnant que des producteurs tels que BAYER ou BASF(2), groupes à la stature mondiale et aux immenses moyens financiers, cherchent par tous les moyens à réhabiliter leur image en essayant de discrètement influer sur le contenu des publications issues de la recherche publique française. Ainsi vient-on d'apprendre que des travaux de chercheurs du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN) sur ces produits phytosanitaires ont été ces dernière années alternativement financés par les deux mastodontes chimiques  précités, et ce du fait de manque de moyens octroyés par notre pays à la recherche scientifique,(3) alors que pendant la nuit du 13 au 14 avril dernier chaque frappe de missile Scalp (coût unitaire 850 000 euros) envoyé en forme de représailles sur la Syrie équivalait à l'occupation d'un ingénieur en chimie organique à plein temps pendant 10 années.

 

Les chercheurs indépendants qui critiquent cette façon de procéder des multinationales de l'agrochimique voient dans cette entremise une atteinte à la déontologique de leur métier. Ils craignent que soit ainsi grande ouverte une voie à des manipulations de toutes sortes qui remettraient fondamentalement en cause les principes de transparence et d'impartialité sans lesquels la recherche scientifique ne pourra plus être prise au sérieux.

                       

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

 

(1) Voir notre précédent article : http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2016/05/le-glyphosate-un-tissu-de-mensonges.html

 

(2)  L'ancien groupe agrochimique américain MONSANTO, producteur entre autres du tristement célèbre glyphosate, herbicide initialement vendu sous la marque " Roundup ", est passé sous contrôle de l'allemand BAYER, second producteur chimique mondial derrière BASF.

BAYER continue à produire ce glyphosate qui est entre temps vendu sous de multiples marques commerciales.

 

(3)   http://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/04/17/liaisons-troubles-entre-recherche-publique-et-agrochimie_5286544_1650684.html

     

          

Lire aussi  : " Où sont passés les oiseaux de champs? "

analyse présentée par Le Journal du CNRS :

 

                      https://lejournal.cnrs.fr/articles/ou-sont-passes-les-oiseaux-des-champs

 

 

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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 07:01

 

 

                       Emmanuel Todd : " Il ne s'est rien passé en Syrie ; l'Occident est perdu."

      

 

                               Écouter l'intervention d'Emmanuel Todd du sur France Culture :

                   

                                                                    https://youtu.be/iEldyA6jvJs

                                                                        

 

... ainsi que celle de Patrick Le Hyaric, vice président du Groupe confédéral de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique, devant le Parlement européen, lors de la venue

de E.Macron à Strasbourg le 17/04/2018 :

 

                                                    https://youtu.be/1UjHjjGDklk

 

 

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16 avril 2018 1 16 /04 /avril /2018 06:16

Vingt ans après, les premières mesures de la radioactivité indiquent une pollution importante des sols, le site est fermé, la direction de l’usine crie à la diffamation.

 

FERTILADOUR / Boucau  : http://fetidadour.blogspot.fr/

 

 

         Invitation à la représentation du 36ième dessous 

             Drame environnemental et humain de Fertiladour             

 
Militants écolos, syndicalistes, politiques vous êtres invités le 8 juin 20
à la représentation du 36ième dessous à Boucau le 8 juin prochain 20h. 

Théâtre documentaire bien vivant mis en scène par sociologues, acteurs et artistes qui ont retrouvé la trace de ce désastre environnemental et humain . 
 
État des lieux, lutte conduite par les écolos pour la révéler et la combattre, témoignages des ouvriers malades ou décédés de maladie incurable des suites de leur exposition aux poussières des roches broyées et aux radionucléides de la monazite. 
 
Merci à la Compagnie Cie "Si et seulement Si" qui nous sort des documents enfouis dans les armoires pour nous donner l'essentiel de ce drame.
 
Merci de votre attention
Merci de votre présence
 
Si vous le souhaitez et pouvez faites circuler l'info. Merci
 
Pour le Comité de soutien aux victimes de Fertiladour, le président, 
Jean Yves Deyris
 
 

 

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8 avril 2018 7 08 /04 /avril /2018 07:12

   Résister à l'emprisonnement des esprits est une lutte qui s'étend tout au long de l'existence.

                                                            Caricature : Cabu

 

 

TRIBUNE LIBRE

 

 

  DÉCRYPTAGE SANS PRÉTENTION  

DE LA NOVLANGUE NÉO-LIBÉRALE

 

par

 

Denis VÉRITÉ

                                                        
                                                                  8 avril 2018

 

 

Je suis récemment tombé sur une déclaration de M. Macron. Je la cite de mémoire : " On réforme partout en Europe, le monde bouge." Il m'a semblé que cette phrase méritait une petite analyse.

Prenons la première proposition. C'est ce qu'on appelle en rhétorique l'argument du précédent, utilisé fréquemment par les apôtres du marché pour nous refourguer leur brouet nauséabond. Le principe est simple : on pose le fait que partout en Europe, et ailleurs dans le monde, sont menées des réformes d'inspiration libérale. La conclusion s'impose d'elle-même : la France, viscéralement opposée, semble-t-il, à ce mouvement global et irrésistible, n'aura d'autre choix en fin de compte que de les appliquer, tôt ou tard.

A ce compte-là, si les pays européens s'avisaient un jour dans un élan d'humanisme de supprimer la liberté d'expression, de rétablir l'esclavage et d'autoriser la torture, il faudrait donc les imiter, comme des moutons de Panurge, au nom de la nécessaire adaptation à " un monde qui change ". Raisonnement totalement inepte qui ne résiste pas une seule seconde à l'analyse. Et qui balaie d'un revers de main la question fondamentale de savoir si les réformes en question sont bonnes ou mauvaises, avant d'être indispensables.

L'autre partie de la phrase nous est servie avec une régularité fastidieuse dans les débats, dans un nombre impressionnant d'essais d'économistes orthodoxes et dans les discours des élites libérales : le monde bouge, le monde change. Étrange personnification ! L'ensemble des sociétés humaines, agglomérées dans un seul corps, devient soudain comme par magie une entité vivante gouvernée dans son évolution naturelle par des lois intangibles que nous devons accepter puisque nous n'avons aucune prise sur elles.

Ce n'est plus d'économie qu'il s'agit, mais bien de biologie. Le monde est un organe. Il vit , il palpite, il respire. Et le sang qui coule dans ses veines, c'est le libéralisme, érigé en principe mécanique de fonctionnement des nations.

Mais cette vision simpliste ne reflète pas la réalité. Les sociétés humaines évoluent, se transforment, tout au long de leur histoire, c'est entendu, seulement, elles le font, dans la plupart des cas, depuis l'aube des temps, sous l'effet des politiques mises en œuvre par les classes dominantes qui s'emploient toujours à tirer profit de leur position pour s'enrichir, défendre leurs intérêts et ceux de leur classe, en écrasant le plus grand nombre. On est loin d'une espèce de processus interne de fermentation.

Hélas, quoique captieux, ces arguments, cent fois, mille fois répétés, selon la formule de Goebels, finissent par entrer dans la tête des gens et y instillent le poison de la résignation. C'est ce contre quoi nous devons lutter. Et ce combat passe aussi par la langue.

 

 

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12 mars 2018 1 12 /03 /mars /2018 16:12

   LA NOTION DE DÉPLACEMENTS DOUX     REFAIT SURFACE SUR HENDAYE

 

Vue partielle sur le parking du parc des expositions FICOBA qui est la plupart du temps vide, alors qu'il offre de nombreuses places qui pourraient être utilisées pour restreindre l'augmentation des déplacements motorisés transfrontaliers. Photo : Sirius

Vue partielle sur le parking du parc des expositions FICOBA qui est la plupart du temps vide, alors qu'il offre de nombreuses places qui pourraient être utilisées pour restreindre l'augmentation des déplacements motorisés transfrontaliers. Photo : Sirius

Plus d'une décennie après avoir suggéré à l'ancien maire de mettre un frein à l'accroissement constant de la circulation motorisée sur Hendaye, HENDAYENVIRONNEMENT(1) ne peut que se réjouir de constater que même si les problèmes de déplacements urbains n'entraient pas dans le cadre de la révision du Projet d’Aménagement et de Développement Durables (PADD) qui vient d'avoir lieu (2), nos élus semblent malgré cela avoir enfin pris conscience qu'il est devenu désormais urgent de passer aux actes pour briser la déferlante de véhicules motorisés qui envahit les moindres recoins de notre ville et celles d'ailleurs.

 

Nous ne répéterons jamais assez que les véhicules motorisés, et pas seulement les funestes diesels, émetteurs de particules fines particulièrement nocives pour la santé, ne peuvent plus continuer à submerger notre tissu urbain en déversant leur lot de rejets nocifs qui font annuellement plus de 40 000 victimes dans notre pays et causent par ailleurs la mort ou de lourds handicaps à des milliers de piétons et cyclistes. Il est d'autant plus grand temps de restreindre les déplacements en véhicules motorisés dans villes, que l'on sait que les émissions de ceux-ci portent la plus grande part de responsabilité dans le réchauffement climatique de notre planète, phénomène qui mène peu à peu à la rupture du fragile équilibre sur lequel repose notre avenir sur cette terre.

 

UNE TARDIVE MAIS LOUABLE PRISE DE CONSCIENCE

 

C'est dans le courant de l'été 2005 qu' HENDAYENVIRONNEMENT communiqua à l'ancien maire (qui n'était alors que futur candidat au poste d'édile) un dossier qui reflétait les problèmes liés aux déplacements et à la mobilité en ville, et que des suggestions de solutions lui furent avancées. Les principaux axes de cette mobilité alternative furent, par la suite, publiés sous notre site dans une série d'articles que l'on peut retrouver en cliquant sur les liens ci-dessous. Il fut malheureusement fait très peu usage de ces suggestions, au point que le problème des flux circulatoires sur Hendaye est toujours entier.

 

Lors du dernier conseil municipal du 28 février 2018, qui a uniquement été consacré à la révision du PADD, un court échange entre M. Destruhaut (élu de l'opposition) et Mme Kehrig Cottençon (1ère adjointe en charge de l'urbanisme, travaux, aménagement) nous a, après tant d'années d'immobilisme, de nouveau apporté les raisons d'espérer qu'une utilisation du grand parking attenant au parc des expositions FICOBA pourrait enfin avoir gratuitement lieu, et ainsi symboliser le démarrage d'une politique de changements en matière de déplacements et de mobilité sur Hendaye.

 

Extrait de cet échange :

HENDAYENVIRONNEMENT suggère depuis l'été 2005 de permettre aux automobilistes en déplacements transfrontaliers d'utiliser le parking généralement vide de FICOBA lorsqu'ils se dirigent vers Hendaye ou cherchent à se rendre sur Irun. L'échange entre élus rapporté ci-dessus semble indiquer que ce souhait devrait enfin être rapidement pris en compte.

HENDAYENVIRONNEMENT suggère depuis l'été 2005 de permettre aux automobilistes en déplacements transfrontaliers d'utiliser le parking généralement vide de FICOBA lorsqu'ils se dirigent vers Hendaye ou cherchent à se rendre sur Irun. L'échange entre élus rapporté ci-dessus semble indiquer que ce souhait devrait enfin être rapidement pris en compte.

Il semble qu'un pas décisif en direction de la mise en place de déplacements urbains doux sera fait avec l'ouverture à tous de ces emplacements de stationnement sur l'aire du parc d'expositions FICOBA. Ceci fait, il restera ensuite à rapidement créer des zones piétonnières, développer d'autres liaisons de transports en commun terrestres et maritimes, mais aussi ouvrir en au moins un second point d'entrée du territoire communal d'autres emplacements de stationnement pouvant absorber le plus grand nombre possible d'automobiles pour se donner une chance de transformer Hendaye en une ville où les flux circulatoires parviendraient enfin à être maîtrisés. 

 

Espérons que cette attente ne sera pas une nouvelle fois déçue et qu'Hendaye se dotera à son tour de rues piétonnes pour la plus grande satisfaction de toutes et tous.

 

La rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

 

 

(1)  Voir nos articles antérieurs à ce sujet :

 

- http://hendaye.environnement.over-blog.fr/article-vers-un-plan-communal-de-deplacements-urbains-38831130.html

 

- http://hendaye.environnement.over-blog.fr/article-deplacements-urbains-le-constat-38768158.html

 

- http://hendaye.environnement.over-blog.fr/article-deplacements-urbains-les-solutions-38827314.html

 

- http://hendaye.environnement.over-blog.fr/article-s-102771605.html

 

(2)  Voir le PADD actualisé sur le site de la mairie : http://ville.hendaye.com/?page_id=237

 

 

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 14:34

      Manifestation anti-CETA devant le Parlement européen, le 15 février 2017. Photo : Frederick Florin / AFP

                        

            LE CETA HORS-LA-LOI

 

 

Rien n'est plus difficile et rien n'exige plus de caractère que d'être en opposition directe avec son temps et de dire à haute voix, "NON ! ". Kurt Tuscholsky (1890-1935), journaliste et écrivain pacifiste allemand dont les nazis brûlèrent les livres et qui fut en 1933 déchu de sa nationalité.

 

 

 

L'accord commercial et économique global connu sous l'appellation CETA (Comprehensive Economic and Trade Agreement Agreement) est un traité de libre échange signé le 30 octobre 2016 entre la Commission européenne et le Canada qui suscite de nombreuses critiques.

 

On lui reproche de vouloir instaurer un environnement ultralibéral censé favoriser les investissements transatlantiques en dérégulant le fonctionnement des services publics, en rompant avec le droit du travail ainsi que le respect de nos normes alimentaires et sanitaires, et en ouvrant aux multinationales et autres grandes entreprises la faculté de porter devant des juridictions privées des décisions réglementaires ou législatives qui pourraient limiter leurs investissements et donc réduire les profits qu'elles escomptent soutirer de ces derniers.

 

QUID DU CONTRÔLE LÉGISLATIF ET CITOYEN ?

 

Qu'adviendra-t-il des citoyens et de leurs représentants élus face aux pouvoirs donnés aux organes exécutifs de ces entreprises à la stature mondiale ou à des coalitions catégorielles d'entrepreneurs si ce CETA devait être mis en pratique ?

Déjà aujourd'hui, les entreprises peuvent réclamer des milliards d'euros de "compensation" aux contribuables que nous sommes si un tribunal d'arbitrage leur accorde un droit à recueillir des profits qui sont pas rendus possibles suite à l'application d'une décision administrative prise au niveau communal, régional ou même gouvernemental. C'est ce que le CETA appelle dans son propre jargon « la protection des investissements ». Toute autorité administrative élue doit désormais sérieusement réfléchir à la question de savoir si les arrêtés, les réglementations ou encore les lois censés protéger notre environnement ou encore nos droits en tant que salariés et consommateurs, ne vont pas en fin de compte coûter cher au contribuable si l'insatiabilité financière d'une société privée parvient à démonter devant une telle juridiction arbitrale qu'elle aurait pu engranger plus de chiffre d'affaire (et donc de profit) sans l'existence d'une réglementation qu'elle conteste .

On comprend ainsi sans peine que ces tribunaux sont un des grands dangers qui minent le fonctionnement de notre démocratie. Mais, malgré les risques majeurs ainsi encourus, ces tribunaux arbitraux devraient à l'avenir s'octroyer des domaines de compétences encore plus étendus. En effet,  début 2018, les pays de l'UE décideront s'ils veulent ou non donner le feu vert à la Commission européenne pour parvenir à instituer une Cour multilatérale d'investissements qui viendrait bouleverser le fonctionnement juridique existant. [1]
 

Si plusieurs pays importants de l'UE parvenaient à s'opposer à ces nouvelles prérogatives formulées par les multinationales et les secteurs corporatistes coalisés, ces plans pourraient alors être enterrés. C'est pourquoi, chacun de nous est appelé à s'opposer au prolongement  déstabilisateur de ce CETA par tous les moyens légaux (pétitions, interpellation des élus, actions créatives ciblées ...), ceci afin de clairement montrer aux gouvernants européens que nous disons "non" au démantèlement de nos droits citoyens. Nos efforts doivent pour cela se concentrer sur les pays clés de l'UE que sont par exemple Allemagne, la France, l'Italie ou encore  l'Espagne. Nos chances de faire changer le cours des choses ne seraient alors pas illusoires puisque, lors de la négociation similaires du TTIP [2], nous sommes déjà parvenus à faire suspendre tout aboutissement de cet autre traité grâce à des protestations citoyennes massives.

 

COMMENT POURRAIT CONCRÈTEMENT S'EXPRIMER LE DANGER ?

 

En France, une collectivité territoriale cherche par exemple à sortir du contrat de délégation de Service public qui la lie à une grande entreprise privée quasi monopoliste de distribution de l'eau potable au prétexte d'un assainissement insuffisant de ce fluide. Cette dernière conteste cette accusation devant un tribunal arbitral, affirmant que la faute de ce manque incombe à l'agriculture productiviste, grande utilisatrice de nitrates et pesticides, cet argument pouvant lui permettre d'échapper à l'accusation d'insuffisance de résultats et donc continuer à fournir les moindres efforts matériels et financiers pour maintenir une eau de qualité au robinet. Un autre exemple, cette fois concret, est illustré par la volonté délibérée que manifestèrent les Services de l’État sous la présidence de Nicolas Sarkozy de s'adresser aux juridictions arbitrales pour régler les litiges qui impliquaient des restitutions d'argent public, comme cela a été le cas dans le contentieux opposant Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais, illustre bien le peu de confiance que l'on peut avoir en ce type de tribunaux privés. [3]

 

En Allemagne, une entreprise internationale du secteur de l'énergie fait par exemple appel au même tribunal arbitral afin de s'attaquer aux réglementations environnementales visant à protéger les cours d'eau contre la pollution. En conséquence, ce pays devra abaisser ses normes environnementales. On assiste déjà aux premières contestations arbitrales avec le cas concret du gouvernement italien qui est actuellement confronté à un tel recours alors qu'il cherche à protéger ses citoyens et l'environnement littoral d'une marée noire en Méditerranée; La compagnie pétrolière Rockhopper Exploration, spécialisée dans l'extraction pétrolière offshore,  réclame 30 millions d'euros de dommages et intérêts à ce dernier au prétexte d'une minimisation de la rentabilité des zones qu'elle exploite.

Avec les mouvements de protestations venus du monde entier, nous avons déjà mené une bataille sans précédent en Europe : ensemble, nous avons empêché que cette justice internationale parallèle ne soit inscrite sans condition dans les accords commerciaux TTIP et CETA. Les entreprises multinationales et corporatistes n'apprécient bien entendu pas cela et font tout ce qui est en leur pouvoir pour se faire entendre par le biais de leurs lobbyistes qui hantent les antichambres de la Commission européenne. Cette dernière institution réagit à cette pression en souhaitant créer une Super-cour arbitrale internationale. Celle-ci serait destinée à devenir une Cour de justice mondiale, exclusivement réservée aux entreprises. Tout nouvel accord commercial inclurait alors un recours à ce système de justice arbitrale sur laquelle le législateur n'aurait désormais plus le moindre droit de regard, façon d'échapper une fois pour toutes au contrôle démocratique des peuples et de leurs élus.

 

La Rédaction d'HENDAYENVIRONNEMENT

 

[1]]http://s2bnetwork.org/world-court-corporations-new-report-exposes-dangers-proposed-multilaterial-investment-court/

 

[2] Lire également nos articles antérieurs sur ce même sujet sous notre rubrique "Relations européennes".

 

 [3] http://www.lemonde.fr/societe/article/2017/12/20/arbitrage-dans-l-affaire-du-credit-lyonnais-bernard-tapie-renvoye-devant-le-tribunal-correctionnel_5232277_3224.html

 

Rejoignez les rangs de plus de 3 500 000 signataires de la pétition citoyenne européenne : http://www.euractiv.fr/section/commerce-industrie/news/une-petition-recueille-trois-millions-de-signatures-contre-le-ttip/

 

                                                           Initiative Européenne

                                                              Stop TTIP & CETA

                                                           https://stop-ttip.org/fr/signer/

 

 

 

 

Lire sous notre rubrique "Relations européennes" les articles antérieurs sur le même sujet.

 

 

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13 octobre 2017 5 13 /10 /octobre /2017 15:27

 

 

LES VESTIGES D'UNE FOLIE MEURTRIÈRE

L'amiral Ruge, le maréchal Rommel ainsi que le général von Osterfelder inspectent les installations fortifiées du Mur de L'Atlantique à Hendaye-plage le 9 février février 1944.  Photo : Baumann / Bundesarchiv.

 

Ancien guide polyglotte du Château Observatoire Abbadia, mais également connu pour être un habitué des lieux où sont conservées les gigantesques archives militaires allemandes, à Fribourg-en-Brisgau (Freiburg/Breisgau, Land Baden-Würtemberg), Ramón Barea Unzueta, auteur de l'ouvrage "Guipuzkoa 1940" (également paru en 2003 en version française sous le titre "Hendaia 1940"), est la cheville ouvrière de l'exposition " Baskenland " qui se tient sous l'égide de la CPIE Littoral-basque jusqu'au 22 décembre 2017 à Asporotsttipi,(1) Ce passionné de "Bunkerarchéologie" nous remémore, au travers de cette exposition consacrée à ces colosses de béton, dans lesquels étaient enfouies de puissantes canonnières, à quel point la construction du Mur de l'Atlantique (Atlantikwall) pouvait avoir le caractère d'une ambition démentielle. Ce furent en effet des milliers de ces bunkers que les nazis firent édifier tout au long de la ligne côtière de l'Atlantique qui relie le Bassin de Txingudi au nord de la Norvège, ceci dans le but de consolider, pour la durée escomptée d'un millénaire, un III.Reich honni par la totalité des nations démocratiques de notre planète.

 

L'exposition " Baskenland " est non seulement photo-documentaire, puisqu'elle nous présente un diaporama de 60 minutes qui contient de nombreuses photos souvent inconnues du grand public, mais permet aussi de découvrir des documents et objets liés à l'existence de ces monstres de béton et d'acier qui éveillèrent tant de hantises chez nos aînés. Une visite guidée, richement commentée par l'auteur, est ensuite proposée sur le chemin de crête qui longe les falaises rattachées aux 65 hectares du Domaine d'Abbadia. Elle amène le public à découvrir quelques uns de ces innombrables bunkers qui nous rappellent que les batailles d'artillerie qui se déroulèrent lors de la Seconde guerre mondiale furent, avec les horreurs de la déportation, les deux causes principales de pertes en vie humaines au cours des quelques six années que durera ce conflit.


 

Les quelques bunkers hendayais, reliés aux milliers d'autres qui constituèrent le Mur de l'Atlantique, exigèrent pour être construits l'intervention de plusieurs centaines de milliers de travailleurs qui furent dans un premier temps recrutés parmi des volontaires. Ces derniers étaient avant tout attirés par des salaires supérieurs à ceux alors versés dans le BTP, ou cherchaient encore à échapper au STO (Service du travail obligatoire) qui les envoyaient immanquablement travailler en Allemagne. Par la suite, dès que l'Organisation Todt reçu du " Führer " l'ordre de multiplier le nombre de ces bunkers, en vue de parvenir à mieux résister à un probable débarquement allié, les ouvriers employés à la construction du Mur de L'Atlantique furent alors le plus souvent arbitrairement recrutés.(2)


 

Deux cents grandes entreprises allemandes déléguèrent à environ 15 000 entreprises sous-traitantes françaises du BTP le soin d'ériger ces bunkers. On compta parmi ces dernières des grands noms du secteur, tels celui de la Société de construction des Batignolles ou encore du cimentier Lafarge, mais aussi d'innombrables petites et moyennes entreprises qui furent autant régionales que locales. La participation de celles-ci était une source inespérée de profits pour leurs dirigeants, puisqu'ils bénéficièrent d'une main-d’œuvre non seulement abondante, mais également fort peu coûteuse.

 


Élie Ducommun, journaliste et homme politique suisse, Prix Nobel de la paix de 1902, auteur de l'ouvrage  intitulé " L'inutilité des guerres démontrée par l'Histoire ", avait déjà perçu les rouages qui mènent aux conflits armés et dénoncé le rôle majeur que joue l'économie dans l'enclenchement de ceux-ci. Le désastre engendré par la Première Guerre mondiale qui allait suivre ne pourra que malheureusement confirmer ses vues.

 

La Rédaction d' HENDAYENVIRONNEMENT

 


(1)  Asporotsttipi Maison de la Corniche basque, Route de la Corniche - Hendaye

 

(2)  Lire à ce sujet le portrait ci-après : http://hendaye.environnement.over-blog.fr/2015/10/cette-rubrique-est-destinee-a-presenter-des-hendayais-es-vivants-tes-ou-disparus-ues-qui-auront-marque-la-vie-de-leur-quartier-et-de

 

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